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Blog de mes curiosités

Articles avec #theatre catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts appliqués, #Théâtre
Monaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Suffit-il réellement d’un espace vide, d’une personne qui le traverse, et d’un spectateur pour que le théâtre prenne forme ? C’est sur cette interrogation  de Peter Brook que Leslie Bourgeois, scénographe, pose sa performance, Scenophobia.  Scenophobia est un processus de travail en cours d’élaboration entre Paris et Monaco, entre Le Lieu exact et le Logoscope et qui a fait appel à deux forces extérieures Clément Peyon (comédien/auteur/metteur en scène) et Frédéric Combe (comédien/agitateur de projets). Scenophobia signifie littéralement peur de la scène et c’est bien le problème de l’écriture scénographique qui est ici posé. Qu’est-ce qu’une écriture scénographique : est-elle plastique ou théâtrale ? En fait Leslie Bourgeois fait naître de ce premier questionnement une série d’interrogations : quelle est la frontière entre les disciplines artistiques ? Y en a-t-il une ? Les spectateurs ressentent-ils la même chose ? La performance est-elle chaque fois identique ?

Le dispositif scénique est des plus simples : l’espace est occupé par un tapis de papier kraft et par une comédienne qui entrant à cour se confronte à cette masse. Mais que fait cette femme ? Qu’elle transforme la matière, qu’elle travaille le volume, est-elle dans une démarche plastique ? Qu’elle anime la masse, qu’elle la meuve dans l’espace, est-elle dans une démarche théâtrale ? Et qu’en pense le public ? Comment réagit-il ? Si les premiers spectacles de James Thierrée en particulier La Symphonie du Hanneton ou La Veillée des Abysses avait déjà posé le problème de la confrontation des deux démarches, il était cependant clair chez lui que la dimension plastique servait la dimension scénique et surtout dramaturgique. En transformant ce simple tapis de papier kraft en costume, en sculpture puis en personnage à part entière, Leslie Bourgeois emprunte cette démarche.

Mais visiblement le public dans la salle n’est pas unanime et ceux qui ont suivi la performance depuis quelques temps si ce n’est depuis ses origines, pensent que la version proposée ce soir contrairement aux précédentes prend un tour éminemment théâtral. Si l’œuvre d’art est prétexte au questionnement et au débat, Leslie Bourgeois a fait mouche. Elle rappelle ce que disait Pierre Soulages L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire. Mais pour pouvoir poursuivre ce questionnement, le donner à voir, à entendre, à ressentir à un public, Nous devons préserver les lieux de la création, les lieux du luxe de la pensée, les lieux du superficiel, les lieux de l'invention de ce qui n'existe pas encore, les lieux de l'interrogation d'hier, les lieux du questionnement comme l’affirmait fort bien Jean-Luc Lagarce.

Pierre Soulages, Jean-Luc Lagarce : le dialogue Arts Plastiques et Théâtre se poursuit. Le Lieu Exact, le Logoscope : les lieux de recherche poursuivent leur quête.

Monaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Théâtre, #Cinéma, #Littérature, #Patrimoine, #Amour
"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Une œuvre quelle que soit sa nature questionne le monde qui l’entoure. Le Barbier de Séville de Beaumarchais ne fait pas exception à la règle : il questionne la société d’ancien régime, sa nature, son déterminisme social,  ses volontés d’ascension sociale parfois contrariées, entre autres. Mis d’abord en musique en 1782 par Giovanni Paisiello, Il barbiere di Siviglia, ovvero La precauzione inutile, dramma giocoso en quatre actes sur un livret de Giuseppe Petrosellini,  est repris par Gioachino Rossini, sur un livret de Cesare Sterbini en 1816. Une œuvre aussi connue que le Barbier de Séville que cela soit en art dramatique ou en art lyrique est source de nombreuses mises en scène. Mais le souci pour un metteur en scène est au moins triple. Comment l’œuvre qu’il va créer, monter, produire, questionne les deux temps : celui de l’œuvre et celui de la production ? Comment sa mise en scène va se démarquer des précédentes voire des créations quasi-mythiques ? Quels aspects contemporains peut-il mettre en avant sans dénaturer le texte ni se lancer dans le contresens ? En un mot comme en cent, sa production doit faire sens.

A ce jeu, il semble pourtant qu’Adriano Sinivia ait perdu la boussole et se soit complètement égaré. Il avait pourtant signé en 2014 le très inspiré Elisir d’amore de Gaetano Donizetti pour lequel déjà la question était de savoir si le parti pris allait tenir ou s’il n’était que gadget. Mais fort heureusement, le parti pris esthétique l’avait alors emporté (http://un-culte-d-art.overblog.com/2014/06/musique-opera-de-monte-carlo-monaco-tout-mon-amour-dans-cet-elixir.html). Le parti pris choisi pour monter l’œuvre de Gioachino Rossini est cinématographique mais pas dans la conception de l’œuvre, Adriano Sinivia surajoute à l’œuvre une équipe de tournage dans une version Cinecittà des années 50. D’entrée, ce qui tient lieu de parti pris de mise  en scène ne fonctionne pas : le public entre dans la salle avec les studios de Cinecittà à vue, puis le rideau se ferme et rien ne se passe sur scène pendant toute l’ouverture. Pour quelle raison mystérieuse le rideau se ferme t-il ? Pourquoi ce brusque retour au spectacle vivant ? Mystère. L’équipe de tournage interviendra de manière sporadique et non en continu surajoutant des scènes aux scènes puis disparaitront quasiment du second acte comme par (dés)enchantement.

Non seulement le désenchantement intervient très rapidement  mais le contresens sur la nature même du cinéma est total. Au cinéma comme au théâtre, l’art de faire du vrai avec du faux est une constante mais elle ne se pratique pas de la même manière. Le cinéma est aussi l’art du montage. Au cinéma, un homme qui entre par une porte est immédiatement filmé des deux côtés de la porte par la magie du montage. Or dans sa mise  en scène, Adriano Sinivia se voit contraint pour maintenir son parti pris de tourner la scénographie au point d’alourdir toute l’action. Pire, comme il veut montrer toute la chaine de production, du tournage au pince-fesse en passant par la postsynchronisation, il ponctue chronologiquement la production de diverses interventions. Mais pourquoi dans ces cas-là projeter des images sur les décors dans une scène sensée filmer une action en train de se tourner ?   L’affaire devient de moins en moins crédible et le parti pris se délite.  Le cinéma représenté comme un adjuvant du spectacle vivant y perd du coup toute sa nature. Visiblement, d’un point de vue cinématographique, Adriano Sinivia a confondu captation et art.

Sur le plateau, l’ensemble est inégal. Inégal dans la durée ou inégal d’un personnage à l’autre.  Dmitry Korchak (le Comte Almaviva) semble s’être entièrement réservé pour son air final Cessa di più resistere ressemblant comme deux gouttes d’eau à l’air final de la Cenerentola. Écrit par Gioachino Rossini pour satisfaire les ténors frustrés d’être si peu honorés, il est souvent supprimé des représentations en raison de sa difficulté en fin de spectacle. Dmitry Korchak s’en sort parfaitement mais il donne l’impression de n’avoir travaillé que son final… comme s’il misait tout sur la dernière impression. Ses vocalises, amplement et copieusement savonnées, auront auparavant crispé l’auditoire.  Mario Cassi finit par redresser un peu la barre en Figaro alors qu’à ses débuts, il n’était pas en mesure avec l’orchestre faisant craindre le pire. Bruno de Simone  est un Bartolo convenu. Sa prestation est correcte mais elle est sans surprise, ne crève pas l’écran pour rester dans le ton de la pseudo mise en scène.  Annalisa Stroppa (Rosina) dans cette distribution relève largement les manques mais c’est la basse Deyan Vatchkov dont l’interprétation vocale et scénique sauve l’ensemble d’un naufrage certain qui est de loin le plus convaincant. Et à ce jeu de massacre, il faut bien dire qu’Annunziata Vestri (Berta) et Gabriele Ribis (Fiorello) tirent leur épingle du jeu.

Peut-être eût-il mieux valu que cette équipe redondante filmât Tout ça... Pour ça ! de Claude Lelouch, les Naufragés de David Charhon ou mieux ! Ridicule de Patrice Lecomte.

"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Théâtre, #Mythe, #Moyen âge, #Amour, #Jalousie, #Violence, #guerre, #Patrimoine
"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Un jour après avoir (re)découvert Elektra, mise en scène par Ruth Berghaus en 1986, le public lyonnais peut assister à une autre mise en scène mémorable : celle de Tristan et Isolde par Heiner Müller qui date de 1983. Changement notable, les musiciens ont réintégré leur fosse mais dans le public, chacun peut reconnaître des spectateurs de la veille et à la direction, ne semblant nullement éprouvé par sa performance de la veille, toujours Hartmut Haenchen.

Loin des pavillons qui claquent, des ponts de bateau construits à grand renfort de bois ou d’une chasse royale construite avec force têtes de cerf, le parti pris de mise en scène d’Heiner Müller réside dans l’épure. N’est-ce pas le propre d’ailleurs du sentiment amoureux avec ou sans filtres de se développer en dehors de tout artifice, toute démonstration, toute matérialité tapageuse ? Visiblement, Heiner Müller a souhaité faire évoluer ses personnages dans une scénographie simple modelée par la création lumière.

Le premier acte représente un pont de bateau en gros plan incliné vers la salle avec la mallette à philtre pour tout accessoire et deux quadrilatères dans lesquels sont enfermés les personnages. Veut-elle sortir, d’une palpation des mains sur une imaginaire paroi de verre, Isolde verra qu’elle ne peut s’échapper ni échapper à son destin. La lumière découpe délicatement les voiles sur la scénographie : tout est dit. La chasse royale ressemble davantage à une salle d’arme ou une armurerie, jonchée de cuirasses. Image cinématographique qui aurait toute sa place dans un péplum ou une œuvre de science fiction, elle symbolise l’intemporalité de l’œuvre. En revanche, comment ne pas voir un clin d’œil d’Heiner Müller à Samuel Beckett au troisième acte avec ce paysage dévasté, apocalyptique que ne renieraient ni  Fin de partie ni En attendant Godot, signe scénaristique des amours qui ne trouvent refuge que dans l’anéantissement.

Les chœurs n’interviendront comme la veille jamais sur scène. Ils seront toujours en coulisses. Sur scène, avec une économie appuyée du mouvement, les chanteurs se meuvent lentement. Annoncés souffrants, Ann Petersen (Isolde) et Alejandro Marco-Buhrmester (Kurwenal) étonnent… que doivent-ils être lorsqu’ils sont en forme ? L’Isolde d’Ann Petersen est à la hauteur de l’événement, joignant à une voix paradoxalement puissante et délicate, un jeu qui montre toutes les palettes du personnage : l’Isolde tour à tour hautaine, amoureuse, froide, fragile, combattante. Elle est parfaitement secondée par Ève-Maud Hubeaux (Brangäne). Quant aux deux derniers rôles qui doivent se sortir de deux terribles monologues en seconde partie : Daniel Kirch campe un Tristan parfait qui réussit un troisième acte redoutable et Christof Fischesser en Roi Marke apporte par sa voix sombre la touche juste à son personnage d’homme blessé et de mari trahi.

Les spectateurs ont-ils eu l’impression de voir une mise en scène datée ? Avec une telle épure, intrinsèquement intemporelle, visiblement non. L’intelligence de la mise en scène d’Heiner Müller fait et fera encore recette. Et puis, l’alliance de cette mise en scène mythique avec cette musique prodigieuse qui ne l’est pas moins, pillée par tous les cinéastes dont Lars van Trier pour symboliser la fin du monde dans Melancholia en 2011, nous transportent encore longtemps après que l’une s’est tue et que l’autre a disparu de notre champ de vision.

"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Mythe, #Antiquité, #Patrimoine, #Théâtre, #Violence, #mort, #Epoque contemporaine
"Elektra" de Richard Stauss - Festival mémoires - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Elektra" de Richard Stauss - Festival mémoires - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ailleurs tous vos regards, ailleurs toutes vos larmes, Aimez ce que jamais on ne verra deux fois. L’opéra de Lyon aurait-il voulu défier la Maison du Berger d’Alfred de Vigny ? Si l’opéra est un genre éphémère, si deux représentations deux soirs de suite peuvent se révéler différentes, si les mises en scène différent, il s’en trouvera toujours quelques unes qui auront marqué les esprits, leur époque, leur public. Chacun de nous a sa mise en scène d’exception dont il ne tarit pas d’éloge.

Si certaines mises en scène sont devenues mythique, l’Opéra de Lyon prend l‘énorme risque avec son festival Mémoires, de faire revivre trois œuvres créées par trois créateurs de l’école théâtrale allemande de la fin du XXème siècle aujourd’hui disparus : Elektra, mise en scène par Ruth Berghaus en 1986, Tristan et Isolde par Heiner Müller en 1983, Le Couronnement de Poppée par Klaus Michael Grüber en 1999. Proposition audacieuse qui questionne l’essence même du spectacle vivant.

Resté trente-trois ans au répertoire depuis sa création à Dresde en 1986, l’Elektra de Ruth Berghaus place les instrumentistes qui ne rentraient pas dans la petite fosse de l’Opéra de Dresde sur scène, sous la structure où évoluent les chanteurs, faisant ainsi de l’orchestre un élément du drame. La structure est une sorte de maison contemporaine à trois niveaux avec terrasses, balcons en avancée et plongeoir, qui permettent cette attente quasi messianique de celui qui résoudra le drame : Oreste. Les trois niveaux de la structure peuvent faire penser aux trois mondes de la cosmogonie grecque, à la recomposition familiale, consécutive aux drames, aux trois enfants  ou encore aux différents lieux public, privé et symbolique.

La mise en scène de Ruth Burghaus de cette œuvre expressionniste renforce la dimension symbolique : Clytemnestre apparaît en rouge sang, Chrysothémis arbore une robe dorée et Elektra porte les vêtements blafards de sa profonde mélancolie. Sa camisole se termine par un lien qui l’arrime au premier étage mais ce lien qui l’arrime fait également penser aux fileuses de destin que sont les Moires. Elektra, victime ou manipulatrice ? La mise en scène ne tranche pas mais questionne le spectateur.

La présence de l’orchestre sur scène effraie dans un premier temps ; l’orchestre couvrira-t-il les voix ? C’est évidemment mal connaître Hartmut Haenchen à la direction à la fois vigoureuse et retenue. Les cent musiciens et leur chef finissent par se fondre dans le décor et la question du sens des musiciens sur scène finit par s’estomper pour revenir pus tard. Les écrans disséminés permettent aux chanteurs de ne pas perdre des yeux le chef et le chœur invisible chante depuis les coulisses.

Chrysothémis interprétée par Katrin Kapplusch possède la froideur, la rigidité qui sied au personnage des débuts de l’œuvre avant de se rallier.  Clytemnestre (Lioba Braun) et Egisthe (Thomas Piffka) sont solides et le traitement des personnages traversés alternativement par la morgue, le doute et la peur  rejaillit dans leur interprétation.  Oreste sans Pylade (Christof Fischesser) incarne à merveille l’héroïsme de son personnage. Enfin, Elena Pankratova est une Elektra qui trouble le spectateur incarnant toutes les facettes de ce personnage ambivalent dont nul ne sait s’il est victime ou déclencheur de l’histoire.

A la question de savoir si des mises en scènes mythiques peuvent être recréées la réponse est donc positive. Si elles sont forcément datées, forcément témoins d’une époque, elles possèdent ce côté intemporel qui leur permettent de revivre. L’intemporalité de la mise en scène de Ruth Berghaus tient sans aucun doute dans ce questionnement du spectateur qui longtemps après se demande encore si…

"Elektra" de Richard Stauss - Festival mémoires - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com "Elektra" de Richard Stauss - Festival mémoires - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com "Elektra" de Richard Stauss - Festival mémoires - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Europe, #Cinéma, #Epoque contemporaine, #Racines, #Afrique
"Esperanza" d'Aziz Chouaki - mes Hovnatan Avédikian - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Esperanza" d'Aziz Chouaki - mes Hovnatan Avédikian - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

A ma droite Brûleurs, court métrage réalisé par Farid Bentoumi en 2011 et à ma droite Esperanza écrit par Aziz Chouaki en 2013 et mis en scène au Théâtre national de Nice par Hovnatan Avédikian. Les spectateurs qui ont vu les deux œuvres ont d’abord cru à une version pour la scène du court métrage tant les similitudes sont évidentes mais rien dans le programme, dans la note de mise en scène ne laisse paraître une gémellité.

Le synopsis du court métrage Brûleurs nous annonce ce qui suit : Amine, un jeune Algérien, achète un caméscope dans une boutique d’Oran. Il filme des souvenirs de sa ville, de son appartement, et une dernière fois, des images de sa fiancée et de sa mère. Avec Malik, Lotfi, Mohammed et Khalil, ils embarquent sur une barque de fortune pour traverser la Méditerranée. Caméra au poing, Amine filme les traces de leur voyage.

La présentation de la pièce Esperanza nous annonce ceci : Un groupe de migrants s’embarque pour Lampedusa sur un modeste bateau, fuyant leur pays pour une terre nouvelle. À bord de l’Esperanza, ils tentent leur chance au gré de la Méditerranée, du passeur et des garde-côtes. En pleine mer, le groupe reste soudé en dépit des tensions. Chacun révèle ses attentes, ses peurs, ses espoirs fous...

Il n’y a certes rien d’étonnant à trouver des similitudes entre deux histoires de migrants traversant la Méditerranée sur un rafiot ; l’actualité nous le rappelle hélas tristement chaque semaine. Il semble donc normal que le groupe ait ses excès, ses moments de franche rigolade, ses moments de grande tension. Le plus troublant réside dans la construction même de l’histoire, dans ses choix.

Certaines  similitudes de la traversée se retrouvent quasiment à l’identique : les migrants renient leur pays d’origine et brûlent leur passeport, craignent tous les bateaux comme autant de garde-côtes, s’angoissent de la disparition de l’un  d’eux en mer et finissent seuls dans l‘immensité. Quelques éléments en revanche sont traités différemment notamment la présence féminine qui passe de celle qui reste au pays dans le court métrage à celle qui devient passagère clandestine dans la pièce.

Cela n’enlève rien aux qualités intrinsèques des deux œuvres. Le court-métrage donne un aspect réaliste à l’histoire et filme une fiction comme un documentaire. Les comédiens tiennent de bout en bout la pièce sans temps morts grâce à une direction d’acteurs efficace. Mais là encore, dans les deux cas, le même sentiment du « c’eut pu être moi » qui émerge des deux œuvres et des déclarations des créateurs renforce cette impression de déjà vu en adoptant le même parti pris esthétique.

Vous avez dit troublant ? 

"Esperanza" d'Aziz Chouaki - mes Hovnatan Avédikian - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Amour, #Jalousie
"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le théâtre de la fin du XVIIIème avait inventé le drame bourgeois, Yasmina Reza nous invente le drame bobo. Cinq personnages  occupent la scène Boris, chef d’entreprise et  Andrea, sa maîtresse d’un côté, Françoise l’amie de sa femme, Eric, son mari et Yvonne sa belle-mère de l’autre. Tous ont eu l’idée de venir diner dans ce restaurant isolé recommandé par la femme de Boris, Andrea le lui reprochant assez.

D’un côté deux personnes souhaitent se retrouver, s’isoler, de l’autre trois personnes fêtent l’anniversaire de Maman et belle Maman. Le nœud du problème est d’une évidence, d’une clarté, d’une simplicité biblique. Que va dire Françoise à Madame ? Que va dire Boris à sa femme ? Le reste n’est que bavardage, c’est bien gentil mais c’est simpliste.

La pièce écrite par Yasmina Reza pour Thomas Ostermeier est aussi mince qu’une feuille de papier bible à la simplicité légendaire, confine parfois à l’indigence. L’écriture est soit attrape-tout soit terriblement cliché : le radotage d’Yvonne, son Alzheimer naissant, la scène de cul dans les chiottes ou les pauses-pipi sur le trône pour choquer le bourgeois, la mare aux grenouilles, le restaurant en plein-air, la maîtresse un peu vulgaire, le mari peu courageux, le fils à maman, etc.

Fort heureusement, la mise en scène de Yasmina Reza est bien plus inspirée que son écriture. Rien de révolutionnaire les scènes d’intérieur et les scènes d’extérieur se succèdent avec un changement à vue dans la pénombre au rythme de vidéo-clips sonores. La scénographie est sobre mais efficace. Les acteurs parfaitement dirigés, sont tout aussi efficaces : Emmanuelle Devos tient la pièce en gentille mégère à apprivoiser, Camille Japy se fait raide comme un piquet, Louis-Do de Lencquesaing incarne le mâle dans toute son horreur, Micha Lescot la victime consentante, Josiane Stoleru est étonnante de vérité en vieille dame radoteuse bourrée de tocs.

La salle se vide un peu, ceux qui restent regardent tranquillement leur montre, ce n’est pas que la soirée soit mauvaise mais ce n’est pas le type de spectacle qui marquera les esprits. Le drame bobo est à la hauteur de ceux qu’il représente : surfait ou factice.

"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Cirque, #Théâtre, #Patrimoine, #guerre
La Fille du Régiment de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

La Fille du Régiment de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Si la  proposition artistique de Vincent Vittoz  et son parti pris de mise en scène vous laissent totalement de marbre, il est fort possible que vous n’entriez jamais dans cet univers de La Fille du Régiment mais si vous vous laissez tenter ne serait-ce qu’une seule fois, alors vous pourrez alors goûter tout le sel  de cet opéra comique de Gaetano Donizetti.

Sur scène, surprise ! Une voiture et des soldats que l’on pourrait qualifier de fatigués avec une colline stylisée en grand plan incliné. Si le livret original situe l'action près de Bologne, à l’aube du Risorgimento (milieu du XIXème siècle) avec des soldats autrichiens, l'action se situe en 1805 dans le Tyrol, occupé par les troupes de Napoléon Ier avec des soldats français dans toutes les représentations. Pourquoi une autre guerre,  fictive, hors temps, anachronique, ne serait-elle pas possible ? Nous ne sommes ni dans le drame historique ni dans un grand réalisme. La maison contemporaine de la marquise de Berkenfield au deuxième acte toute droit sortie du cabinet de Le Corbusier confirme la tendance contemporaine du contexte.

Dans ce décor la soldatesque, œil poché, bras en écharpe, s’active autour de sa fille collective Marie. Tout le plateau joue intelligemment avec la scénographie d’Amélie Kiritzé-Topor. Le plan incliné de la maison devient praticable pour la leçon de chant, la maison toute jolie soit-elle se mue en prison pour Marie, le piano à queue de guingois est une périphrase de la leçon de chant. Le plan incliné comme les escaliers descendants dans la maison rajoutent une dimension verticale à l’ensemble. Surréaliste ? Non moins que le livret car l’adoption collective par un régiment d’une fille abandonnée qui se retrouve être la fille naturelle de la marquise de Berkenfield nous laisse loin du réalisme si ce n’est du réel.

Le premier écueil de l’opéra comique, sauf pour qui ne vient que pour les voix, réside dans la clarté de tout le texte parlé. Aucun souci avec ce plateau à la diction parfaite où même le léger accent de Marie contribue à la rendre originale.  Il faut ensuite passer le second écueil qui est le sens de la mise en scène : Vincent Vittoz ayant opté pour l’excès il va falloir… en faire des caisses. Marie semble trop délurée ? Elle a plutôt adopté les façons peu raffinées de s’assoir de la soldatesque et l’effet comique fonctionne. Le dernier écueil est bien sûr la performance vocale et le plateau fait un sans faute : le baryton-basse Frédéric Goncalves à la fois acteur et chanteur excelle comme par définition dans la duplicité qui est la sienne sur scène, Daniella Fally très à l’aise vocalement se joue des pièges et représente une vivandière plus vraie que nature sorte de Calamity Jane revue par Morris et Frédéric Antoun joue de tous les registres, de tous les codes, de son physique avantageux, passe d’un état à l’autre et aborde le célèbre Ah ! Mes amis sans difficulté.  Il se dit d’ailleurs dans les couloirs de l’opéra que la production a usé de quelques ténors avant de tenir « son » Tonio.

S’ajoutent à ce plateau trois rôles peu ou pas chantés qui accompagnent l’ensemble en forçant sur le registre comique : la mezzo-soprano Anne-Marguerite Werster en duchesse de Berkenfield, Francis Dudziak en Hortensius et Nicole Monestier en Duchesse Crakentorp. Quelques ajouts de textes accentuent l’effet comique mais après tout, l’œuvre elle-même n’a-t-elle pas emprunté à son époque et n'a-t-elle pas été pillée à son tour comme en témoigne la récurrente chanson Madame Arthur mise en musique en 1892 par la chanteuse de café-concert Yvette Guilbert jouée ici au violon.

Dans la fosse, Roberto Rizzi-Brignoli a la lourde tâche de rendre à l’œuvre toute sa brillance sans pour autant couvrir les voix, casse-tête dont il s’acquitte avec brio.

"La Fille du Régiment" de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon - Frédéric Antoun - Frédéric Goncalves - Daniela Fally©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com "La Fille du Régiment" de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon - Frédéric Antoun - Frédéric Goncalves - Daniela Fally©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com "La Fille du Régiment" de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon - Frédéric Antoun - Frédéric Goncalves - Daniela Fally©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Musique, #Antiquité, #Epoque moderne, #Politique
Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Il fut courant de dire qu’étudier Timon d’Athènes de William Shakespeare, c’était étudier l’époque du dramaturge : celle de Jacques Ier d’Angleterre, le premier Stuart. Cependant, la pièce est de plus en plus étudiée pour elle-même et non plus dans on parallélisme supposé comme si la pièce exprimait  suffisamment de choses  sans avoir à chercher ailleurs. Dans la mise en scène de  Cyril Cotinaut et Sébastien Davis, présentée au Théâtre national de Nice après la première à la salle Juliette Greco à Carros, au texte de William Shakespeare s’ajoutent quelques lignes  de La Boétie, un chant de Purcell et quelques autres extraits. 

Quelle philosophie porte Timon d’Athènes ? Timon d’Athènes au lendemain des guerres du Péloponnèse, connaît en fait deux vies : d’abord philanthrope, si bon, si prodigue, Timon couvre de ses largesses une foule d’amis d’un jour. Tous ? Non car Apemantus le cynique résiste encore et toujours, dédaigne ses largesses, méprise autant le philanthrope que ses courtisans. En un mot, Apemantus ne souhaite pas se laisser acheter. Puis Timon d’Athènes, ruiné, esseulé, abandonné, retire tous ses vêtements et part vivre au fond de la forêt non sans vouer aux gémonies la ville ingrate et ses habitants qui ne valent guère plus cher. De philanthrope, Timon d’Athènes est de venu le pire des misanthropes.

Pour porter ce drame, six comédiens qui ne sont pas en quête d’auteurs, jouent la multitude des personnages du drame.  Rachel Verdonck, la scénographe a choisi d’abord le décor chargé d’un intérieur avec quelques portants permettant d’y entreposer les vêtements pour les changements de rôle. Ce procédé permet de dépouiller progressivement le plateau comme un arbre perd ses feuilles pour arriver à la forêt symbolisée par la seule brume.  La création lumière d’Albane Augnacs module les espaces.

Dans cet espace Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot les uns comédiens musiciens, les autres habitués des productions du TAC Théâtre de Cyril Cotinaut évoluent avec aisance. Les différents lieux de résidence dont le groupe a bénéficié (Fabrique Mimont à Cannes, L’Entrepont à Nice ou l’auditorium Jean Moulin du Thor dans le Vaucluse) lui ont permis de travailler tous les rôles avant mise en commun. La direction d’acteurs est solide et la prestation de qualité.

Cependant, les ajouts comme les chants de Purcell ou les extraits d’Étienne de la Boétie pour intéressants qu’ils soient peuvent sembler superfétatoires,  le texte de William Shakespeare se suffisant à lui-même.  Plus troublant encore dans  ce spectacle est l’insistance sur la transposition avec la métonymie Timon d’Athènes-surendettement actuel de l’État grec qui ne fonctionne pas. La contemporanéité du propos de William Shakespeare saute aux oreilles du spectateur, il est aisément transposable sans qu’il soit besoin d’ajouter des points sur les i.

Hormis ce défaut maniériste,  Timon d’Athènes demeure une belle proposition théâtrale.

 

Théâtre natinal de Nice - Timon d'Athènes - mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre natinal de Nice - Timon d'Athènes - mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Théâtre natinal de Nice - Timon d'Athènes - mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre natinal de Nice - Timon d'Athènes - mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Musique
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Pour terminer l’année et la première partie de la saison, le Théâtre de Nice propose la veille des vacances Éclisse totale, spectacle musico-théâtral du Quatuor Leonis composé de quatre musiciens Guillaume Antonini  et Sébastien Richaud au violon, Alphonse Dervieux  à l’alto et Julien Decoin au violoncelle dans une mise en scène de  Manu Kroupit.

Éclisse totale  fait partie de ces spectacles qui  fleurissent depuis longtemps à mi-chemin entre le théâtre et la musique faisant appel à des musiciens professionnels confirmés sachant jouer en toute circonstance dans toutes les positions.  De ce point de vue, le quatuor est effectivement très virtuose, multiplie les péripéties, alterne  références classiques, standards de jazz, tubes de variété qui ont fait date ou nouveau genre musical.

Tout pour passer un moment agréable sauf que…

Sauf que la formule est ancienne et qu’il est donc indispensable dans ce contexte d’innover réellement. Les musiciens sont au niveau mais les gags ont parfois un goût de déjà vu. Sans innovation, le spectacle peut vite virer à l’éculé, au ressassé. La référence en la matière demeure Le Quatuor, cet ensemble musical humoristique avec Jean-Claude Camors (violon, composition), Laurent Vercambre (violon), Pierre Ganem (alto), Jean-Yves Lacombe (violoncelle et contrebasse) qui a sévi de 1980 jusqu’à 2015 (voir ci-dessous).

Le deuxième souci d’Éclisse totale tient dans son manque de dramaturgie, d’écriture dramatique. Éclisse totale, certes spectacle plaisant dans les premiers instants, tend à de venir une succession de gags répétitifs sans grande liaison entre eux si ce ne sont les acteurs eux-mêmes ; l’ensemble finit par tourner à l’ennui dans les dernières encablures. En comparaison, le délire platélien  donné l’an dernier au TNN  nommé En avant, marche ! mis en scène par Frank Van Laecke et Alain Platel sous la direction musicale de Steven Prengels  mettait la barre bien plus haut (https://admin.over-blog.com/write/79747305).

Ce spectacle, au final plus musical que théâtral, a-t-il vraiment sa place dans une institution théâtrale auquel cas il conviendrait de le rendre plus dramaturgique. Il  fait partie de ces spectacles qui ont rencontré le succès au festival off d’Avignon mais est-il adapté à la programmation d’un Centre dramatique national ? La question est ouverte.

Éclisse totale - Quatuor Leonis - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comÉclisse totale - Quatuor Leonis - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comÉclisse totale - Quatuor Leonis - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Éclisse totale - Quatuor Leonis - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Sabbioneta - Remparts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sabbioneta - Remparts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Pendant que la branche ainée des Gonzague transformait Mantova, Vespasien Gonzague, membre d’une branche cadette des Gonzague, condottière célèbre de la Renaissance, ne voulant pas être en reste, créait alors ex-nihilo à une trentaine de kilomètres de là, la ville de Sabbioneta.

Sorte de négatif de la ville de Mantova, le plan hippodamien de Sabbioneta répondait alors à l’irrégularité apparente du plan de Mantova. Construite en une seule période, elle tranchait avec les strates historiques de sa rivale. Enfin, en l’absence de protection naturelle comme pour le site de Mantova, la ville de Sabbioneta se parait de remparts.  En fait, Sabbioneta conçue comme forteresse capable de résister aux visées expansionnistes des États pontificaux, de la république de Venise et du duché de Mantoue s’affirmait également comme témoin de la volonté commune aux princes du XVIème de construire la ville idéale.

Bon sang ne sachant mentir, Sabbioneta se para en son sein d’un palais dont les plafonds à caissons rappellent ceux des palais ducaux de Mantova. Mieux, le palais abrite actuellement les statues équestres de la maison des Gonzague, comme en une sorte de défi à sa rivale ducale. Le palais abrite également des expositions temporaires de peinture mais le dialogue entre le lieu patrimonial et les œuvres présentées ne semble pas avoir été spécialement pensé.

L’essentiel de Sabbioneta est cependant ailleurs. L’Église de l'Incoronata, de plan octogonal et coiffée d'un dôme, manque de vous arracher un juron fort mal approprié au lieu tellement l’élévation surprend. Elle est en outre le mausolée de Vespasien  de Gonzague et de sa toison d’or acquise à la cour de Philippe II d’Espagne. Le teatro all’Antica (théâtre à l’antique) est le deuxième lieu qui font de Sabbioneta une ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.  Le teatro all’Antica est non seulement le deuxième plus ancien théâtre en salle du monde mais il est également avec le teatro Olimpico de Vicence et le théâtre Farnèse à Parme, l’un des trois théâtres de la Renaissance encore en fonction.

Si d’aventure comme certains, vous êtes particulièrement opiniâtre, vous pourrez toujours vous diriger vers la synagogue, témoin de l’existence d’une ancienne communauté juive  mais, autant vous l’avouer tout de suite, il est également inutile de chercher une trace de Salomone Rossi dans cette ville.

Sabbioneta ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSabbioneta ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSabbioneta ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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