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Blog de mes curiosités

Articles avec #arts appliques catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Tourisme, #Moyen âge, #arts appliqués, #Religion
Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse - Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Conservée au centre Guillaume le Conquérant où elle trône en maîtresse, qui lui est entièrement dédié, la Tapisserie de Bayeux ou Tapisserie de la reine Mathilde ou  Telle du Conquest est une broderie ou tapisserie aux points d'aiguille du XIème siècle contant les démêlés entre le roi d'Angleterre Édouard le Confesseur et  Guillaume le Conquérant pour le trône d’Angleterre que la bataille d'Hastings en 1066 allait trancher. Longue de 70 mètres sur 50 centimètres de haut, elle est l’un des plus anciens témoignages ouvragés.

Abritée dans son écrin, une galerie en équerre construite en 1952 qui ferme la cour seigneuriale du château d'Angers, la tenture de l'Apocalypse ou tapisseries de l'Apocalypse ou encore l'Apocalypse d'Angers est désormais protégée de son pire ennemi, la lumière à une température constante (19 °C), avec un éclairage limité à 40 lux et un degré d'hygrométrie maîtrisé. Si elle n’est pas la plus ancienne elle est assurément la plus vaste des tapisseries et évoque comme son nom l’indique l’Apocalypse de Saint-Jean.

A l’origine, la tenture Commandée en 1373 par le duc Louis Ier d’Anjou, mesure environ cent-quarante mètres de long et six mètres de haut, et couvre une surface totale de 850 m2. Elle se compose de six pièces ou tableaux mesurant chacun vingt et un mètres de long. La tenture est utilisée pour des occasions solennelles comme en 1400 où elle sert de décor au mariage du duc Louis II à l'archevêché d'Arles. Elle est ensuite donnée par le roi René à la cathédrale Saint-Maurice d'Angers au XVème siècle, où elle est exposée dans la nef ou le transept lors de grandes fêtes religieuses dont la Saint Maurice, patron du lieu.

Encombrante, elle est mise en vente en 1782 mais ne trouve pas preneur. Elle survit aux troubles révolutionnaires  en étant découpée puis utilisée comme couverture, protection pour les orangers en hiver, doublures de rideaux ou garnitures d'écuries. Rachetée par morceaux au XIXème par la cathédrale d’Angers, elle subit des premières restaurations mais malgré un lent travail de collecte, seuls une centaine de mètres sur les cent-quarante mètres de sa longueur d'origine et soixante-quinze tableaux dont sept partiels sur les quatre-dix d’origine sont parvenus jusqu’à nous.

Mais même amputée, découpée, reconstituée, passée, sous-éclairée par nécessité, la tenture de l'Apocalypse tout comme la Tapisserie de la reine Mathilde ou encore la Tapisserie du Livre de Judith de la cathédrale de Laval, demeurent des pièces incontournables qui continuent à nous faire méditer sur la conservation, la préservation, l’exposition au public d’ouvrages qui visiblement n’ont jamais eu l’intention de mourir sous la folie des hommes.

Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse - Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Religion, #arts appliqués, #Arts plastiques, #Moyen âge
Asnières-sur-Vègre – Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Asnières-sur-Vègre – Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Yves Morvan dans Des témoins ressuscités publié dans  Monuments historiques en 1995 disait qu’au Moyen Âge, [...] une église... n'était jamais considérée comme achevée tant que la pierre, matériau terrestre, n'avait pas été masquée par un revêtement peint digne de la « Maison de Dieu ». Toutes les églises étaient recouvertes intérieurement de peintures murales ou autres fresques, contrairement aux églises à pierre apparente ou à enduit  de l’époque contemporaine. Dans la Sarthe, l’église d’Auvers-le-Hamon a été parmi les premières en 1903 à dévoiler ses fresques retrouvées sans doute à la faveur de travaux de rénovation. Depuis dans d’autres églises, des fresques ont été également retrouvées, restaurées, conservées et l’église d’Asnières sur Vègre abrite sans doute les plus anciennes.

Retrouver des fresques, c’est aussi entrer en collision avec les mentalités collectives ancestrales.  Contempler des fresques du XIIIème siècle ou du XVème siècle nous replonge dans le quotidien des habitants de la paroisse qui, ne sachant fort majoritairement ni lire ni écrire, avaient besoin de décrypter un certain nombre d’informations sur les frontons, sur les tympans, sur les chapiteaux, sur les murs. Ainsi étaient-ils prévenus des affres de l’enfer, de la vie édifiante des saints, martyrs de préférence ou du fonctionnement normal de la société que le Très Haut leur avait imposée.

Visiblement, le parti pris des artistes de l’église d’Auvers-le-Hamon s’est porté sur l’hagiographie voire la martyrologie : aux côté de Saint-Martin sur son cheval ou de Saint-Cénéré en habit  cardinalice, Saint-André succombe sur sa croix Saint-Mamès se tient les entrailles tandis que Sainte-Apolline fait face à ses arracheurs de dents.  Belle tentative d’embarquer les fidèles dans la voie édifiante des Saints sans leur masquer le risque lié à la mission.

Autre option pour les artistes de l’église d’Asnières sur Vègre, le mur du fond de l’église, celui qui est visible lorsque les fidèles quittent l’édifice présente trois visions de l’enfer : le Cerbère à trois têtes menace les âmes, le Léviathan avale les autres tandis que d’autres encore cuisent à petit feu dans un gros chaudron. Sur le mur de droite, la société médiévale idéale  selon Adalbéron de Laon représentée dans l’ordre de lecture : les Oratores (ceux qui prient), les Bellatores (Ceux qui combattent) et les Laboratores (ceux qui travaillent) rappelle à chacun sa place… son ordre.

Si d’aventure certains fidèles remontés contre cette société imposée avaient eu quelques fugaces idées de révolte, la lecture du mur du fond était sensée les ramener à coup sûr à des pensées plus…chrétiennes.

Asnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAsnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAsnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Urbanisme, #Patrimoine, #architecture, #arts de la rue, #arts appliqués, #Tourisme
L’Île de Nantes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’Île de Nantes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

A l’époque industrielle, l’île de Nantes à quelques encablures du centre au-delà du bras de la Loire constituait un grand espace logistique et industriel. Un quartier industriel s’est d’abord développé au XIXème siècle à l’ouest de l’île autour du port reposant sur la construction navale (chantiers navals de Loire et de Bretagne), le raffinage alimentaire (l’usine Say devenue Béguin-Say en 1973 spécialisée dans la raffinerie du sucre venant des Antilles), l’emballage et la papèterie.

Monstre industriel, les chantiers navals employaient 8000 salariés et génèraient indirectement 25 000 emplois en 1950. Mais l’industrie nantaise subit la concurrence internationale comme de nombreuses villes et lors de la fermeture des chantiers navals Dubigeon en 1987, l’île devient une de ces friches industrielles qui dégradent l’image d’une ville.

Cependant, la situation de l’île qui se trouve au centre géométrique de l’agglomération et dans la continuité directe du centre ancien présente un intérêt. De plus, la situation fluviale permettant l’aménagement des rives devient un atout dans un contexte de réappropriation des bords de fleuve par les piétons et de reconnexion entre la ville et le fleuve.

Outre l’installation du Conseil régional, la construction d’un quartier d’habitation à l’Est de l’île et la préservation d’un vaste îlot sauvage à la pointe Est, les friches industrielles se sont redynamisées à grand renfort de projets émanant d’acteurs locaux. Parmi eux, beaucoup concernent l’art et la culture.

Le quai des Antilles date de 1901. Sa fonction première dès 1929 est d’accueillir les bananes débarquées de Guadeloupe, Guinée et Côte d’Ivoire. 93 grues,  6 km de quais débarquaient 3 millions de tonnes de marchandises jusqu’à ce que l’activité se délocalise vers Saint-Nazaire. Réhabilitée dès 2006, le projet a conservé chacun des hangars transformés en restaurants, bars, discothèques, salles d’exposition. Coincés entre deux grues rescapées dont la grue Titan représentant le passé, les hangars font face aux anneaux  de Daniel Buren qui représentent le contemporain.

A deux pas de là, au centre de la grande halle-verrière des chantiers navals, deux créateurs François Delarozière et Pierre Orefice construisent les Machines de l’île, véritable monde fantasmé à la croisée des mondes inventés de Jules Verne, de l’univers mécanique de Léonard de Vinci et de l’histoire industrielle de Nantes. Ainsi le Grand Eléphant, une Raie Manta, le Serpent des Mers et d’autres  embarcations incroyables sont venus peupler l’île. Les deux concepteurs ont également fait le choix de montrer l’intégralité du processus de création, présenté par leurs soins, depuis les premiers dessins de François Delarozière jusqu’à la balade en dos d’éléphant mécanique dans les anciennes Nefs Dubigeon.

A nouveau projet d’aménagement, nouveau projet fou de nos deux compères : l'Arbre aux hérons dans la carrière Miséry devrait voir le jour en 2021. D'ici 20 ans, l'ancien quartier des conserveries doit accueillir 1500 nouveaux logements et 70 000 m2 d'espaces économiques supplémentaires. Comme le Grand Éléphant sur le parc des Chantiers en 2007, l'arrivée de l'Arbre aux hérons dans la carrière Miséry marquera le renouveau du Bas-Chantenay.

L’Île de Nantes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comL’Île de Nantes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts appliqués, #architecture, #Patrimoine
Le Voyage à Nantes 2017 © photo : Olivier Metzger

Le Voyage à Nantes 2017 © photo : Olivier Metzger

Ceux qui aiment l’art viendront à Nantes proclament le visuel du Voyage à Nantes. Wherever we are is museum (Tout lieu où nous sommes est musée) répondent Eva et Adèle, les autoproclamées jumelles hermaphrodites de l’art  qui habitent le visuel, version Thelma et Louise.

Effectivement, le Voyage à Nantes est une offre artistique permanente et  dispersée  sur le périmètre de la métropole nantaise, nous faisant divaguer d’une œuvre signée par un grand artiste d’aujourd’hui à un élément remarquable du patrimoine, alternant arts plastiques, lieux conviviaux, patrimoine ou architecture. Mais dans ce voyage, les œuvres d’art dispersées dans la ville transforment Nantes en centre d’art contemporain à ciel ouvert avec des œuvres qui communient avec le patrimoine ou qui se répondent à quelques hectomètres de distance.

Au centre de Nantes, par exemple, une grande roue excavatrice tronquée intitulée la Part manquante rend hommage à la fois aux loisirs, à l’industrie du sel omniprésente dans la région, à la nature par palmiers interposés. Vous cherchez la part manquante ? Cherchez bien ! Elle vous attend sur le parcours dans un lieu qui lui est plus adapté. Les artistes Daniel Dewar et Grégory Gicquel avec le Nu et la Roche exposent à la Hab Gallery et au cours Cambronne. Leurs sculptures de marbre rose explorent la nudité des corps à travers leur lieu de prédilection : la salle de bains.

Nicolas Darrot dialogue avec lui-même et à proximité. Sur la place, Graslin, dans un chapiteau  improvisé, il vous accueille avec Hécate. En revanche, dans la salle du théâtre Galin, avec BLKNTRNTL Nicolas Darrot déploie un grand drapeau noir mécanisé qui balaie la salle de manière métronomique. Si le drapeau fait référence à Black International, premier groupe anarchiste de Londres, le drapeau mécanique sur la scène renvoie à la poupe d’un navire de pirate qui n’attend que son metteur en scène.

Au château des Ducs de Bretagne, l’art contemporain se marie avec le patrimoine et le ludique avec la découverte. Le Paysage glissé propose à l’aide d’un toboggan arrimé à la muraille de faire découvrir à tous les remparts du château comme jamais ils ne les ont vus… à la manière d’un assaillant qui prendrait la poudre d’escampette après un assaut raté… le rire en plus, l’huile bouillante et les flèches en moins !

Enfin, et la liste des artistes et des œuvres est loin d’être exhaustive, les Anneaux de Patrick bouchain et Daniel Buren au nombre de dix-huit découpent  l’espace fluvial comme autant de méga-lunettes d’observation. Ces anneaux changent de couleur à la nuit tombante devenant bleu, vert, rouge transformant encore la  perception du fleuve, véritable métonymie de l’ensemble des propositions artistiques qui  transforment notre propre perception de la ville de Nantes. 

Compliqué ? Non suivez la ligne verte matérialisée au sol et laissez-vous guider !

Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Amérique du Nord, #Amour, #arts appliqués
« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Traversant le XXème siècle et la libération sexuelle notamment homosexuelle, le finlandais Touko Laaksonen dit Tom of Finland est devenu une icône gay célébrée par tout le milieu homosexuel inspirant au passage certains autres groupes comme les Village People. Avec ses représentations fantasmatiques, fantasmagoriques et fétichistes d’hommes virils, musclés, désinhibés braillant leur fierté d’être gays à chaque page, Tom of Finland est l’objet de toutes les controverses : icône gay ou témoin d’une époque ? Artiste ou simple illustrateur ? Fantasmagorie ou pornographie ? Etc.

Avec un sujet, un homme, des modèles aussi sulfureux, le réalisateur finlandais Dome Karukoski prenait a priori des risques et faisait du même coup sortir définitivement Tom of Finland du placard mais quels aspects de la vie de Tom of Finland faire émerger ? Sa vie cachée en Finlande ? Sa virée aux États-Unis ? Les années orgiaques ? Les années SIDA ? Les années pendant lesquelles ses publications étaient symboles de libération totale ou les années de plomb au cours desquelles ses publications étaient vouées aux gémonies et pointées comme responsables de la propagation de l’épidémie ?  

Il y avait effectivement tellement de parti pris à adopter, tellement de ficelles à tirer dans cet écheveau que Dome Karukoski a fini par n’en prendre aucun  se contentant d’un biopic sans relief réel, ultra-chronologique, qui finit par transformer son personnage en un personnage lambda , plutôt vague témoin de la libération des mœurs et de la lente montée des fiertés homosexuelles qu’acteur de cette période par œuvres interposées.

Le biopic est un art difficile. Sauf à trouver l’idée de génie, la caractéristique principale du personnage central qui servira de colonne vertébrale, tout biopic normalement constitué ne finit par n’avoir pour seule colonne vertébrale que le temps qui passe. Écrasant les temporalités au point de rendre l’ensemble difficilement compréhensible pour quiconque n’aurait pas les éléments de contexte en tête, il se noie dans un flot de détail à la psychologie fumeuse comme si pour caractériser une vie, une action, une œuvre, il fallait remonter aussi loin et tout prendre en compte.

Tom of Finland n’échappe hélas pas à la règle et ce ne sont pas trois dessins érotiques et quelques rencontres dans les fourrés qui peuvent rendre compte du côté sulfureux de sa production. La grande intelligence du Jackie de Pablo Larrain ( http://un-culte-d-art.overblog.com/2017/02/cinema-le-rialto-nice-jackie-tout-sauf-un-biopic.html) résidait dans son parti pris sur la communication politique dont il avait fait la colonne vertébrale. En prenant comme seul angle la communication politique et en réduisant la vie de Jackie à ses années à la Maison Blanche de part et d’autre de l’assassinat de JFK, Pablo Larrain avait fait de son film un modèle à l’attention des futurs ciné-biographes.

Il semblerait qu’il n’ait pas encore été entendu.

 

« Tom of Finland » - Biopic, Drame de Dome Karukoski avec Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jessica Grabowsky - Finlande, Danemark, Allemagne, Suède, États-Unis - Date de sortie 19 juillet 2017 – Durée : 1h 56’

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts appliqués, #Théâtre
Monaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Suffit-il réellement d’un espace vide, d’une personne qui le traverse, et d’un spectateur pour que le théâtre prenne forme ? C’est sur cette interrogation  de Peter Brook que Leslie Bourgeois, scénographe, pose sa performance, Scenophobia.  Scenophobia est un processus de travail en cours d’élaboration entre Paris et Monaco, entre Le Lieu exact et le Logoscope et qui a fait appel à deux forces extérieures Clément Peyon (comédien/auteur/metteur en scène) et Frédéric Combe (comédien/agitateur de projets). Scenophobia signifie littéralement peur de la scène et c’est bien le problème de l’écriture scénographique qui est ici posé. Qu’est-ce qu’une écriture scénographique : est-elle plastique ou théâtrale ? En fait Leslie Bourgeois fait naître de ce premier questionnement une série d’interrogations : quelle est la frontière entre les disciplines artistiques ? Y en a-t-il une ? Les spectateurs ressentent-ils la même chose ? La performance est-elle chaque fois identique ?

Le dispositif scénique est des plus simples : l’espace est occupé par un tapis de papier kraft et par une comédienne qui entrant à cour se confronte à cette masse. Mais que fait cette femme ? Qu’elle transforme la matière, qu’elle travaille le volume, est-elle dans une démarche plastique ? Qu’elle anime la masse, qu’elle la meuve dans l’espace, est-elle dans une démarche théâtrale ? Et qu’en pense le public ? Comment réagit-il ? Si les premiers spectacles de James Thierrée en particulier La Symphonie du Hanneton ou La Veillée des Abysses avait déjà posé le problème de la confrontation des deux démarches, il était cependant clair chez lui que la dimension plastique servait la dimension scénique et surtout dramaturgique. En transformant ce simple tapis de papier kraft en costume, en sculpture puis en personnage à part entière, Leslie Bourgeois emprunte cette démarche.

Mais visiblement le public dans la salle n’est pas unanime et ceux qui ont suivi la performance depuis quelques temps si ce n’est depuis ses origines, pensent que la version proposée ce soir contrairement aux précédentes prend un tour éminemment théâtral. Si l’œuvre d’art est prétexte au questionnement et au débat, Leslie Bourgeois a fait mouche. Elle rappelle ce que disait Pierre Soulages L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire. Mais pour pouvoir poursuivre ce questionnement, le donner à voir, à entendre, à ressentir à un public, Nous devons préserver les lieux de la création, les lieux du luxe de la pensée, les lieux du superficiel, les lieux de l'invention de ce qui n'existe pas encore, les lieux de l'interrogation d'hier, les lieux du questionnement comme l’affirmait fort bien Jean-Luc Lagarce.

Pierre Soulages, Jean-Luc Lagarce : le dialogue Arts Plastiques et Théâtre se poursuit. Le Lieu Exact, le Logoscope : les lieux de recherche poursuivent leur quête.

Monaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Arts plastiques, #arts numériques, #arts appliqués, #architecture, #Patrimoine, #Urbanisme
Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Évidemment à Turin, il y a le musée égyptien qui abrite les collections pillées par Bonaparte en Égypte puis abandonnées pour rentrer plus vite à Paris mais à Turin il ya a aussi le musée national du Cinéma nettement plus original. Nul ne peut en outre le louper car il est hébergé dans la Mole Antonelliana, visible de tous les points de Turin. La Mole Antonelliana en forme de dôme d’une hauteur de plus de 160 mètres de haut, conçue par Alessandro Antonelli au XIXème devait à l'origine devenir le lieu de culte de la communauté juive de Turin. L’histoire en décida autrement et la communauté juive obtint une synagogue fort intéressante dans un autre point de la ville.

En 2000, le musée national du cinéma intègre l’édifice après transformations par l’architecte-scénographe suisse François Confino. Afin de reconstituer l’ambiance « projection », l’architecte a sciemment conçu le bâtiment comme un choc audiovisuel. A l’intérieur, la collection que  l'historienne et collectionneuse Maria Adriana Prolo a léguée à la ville en 1991 a pris place et s’est considérablement enrichie. Le musée regroupait ainsi en 2006, de 20 000 appareils, peintures et gravures, de plus de 80 000 documents photographiques, de 12 000 films, de 26 000 volumes et de 300 000 affiches venus du monde entier.

Sur une surface de 3 200 m² distribuée sur cinq étages, le musée offre des possibilités variées comme l'atrium où allongé dans des fauteuils, il est possible de regarder des films sur deux écrans géants ou encore la montée en colimaçon, le long de la paroi du bâtiment qui distribue les niches dédiées aux expositions temporaires. Plus importantes encore, les salles du rez-de-chaussée présentent des appareils optiques pré-cinématographiques comme la lanterne magique, des accessoires de cinéma anciens et modernes et des pièces provenant des premiers studios de cinéma.

Ne prenez pas de visite guidée dans un tel lieu mais faites toutes les expériences patiemment pour retrouver l’ivresse qui a dû accompagner les premiers créateurs ! Ne laissez pas un guide vous dire ce que vous devez ressentir mais fabriquez vous vos propres impressions, votre propre initiation. Quelque chose vous échappe ? Quelle importance ! Laissez-vous aller. Soyez expérimentaux et pas mouton !

Et si d’aventure vous en avez assez du cinéma, dirigez-vous vers  l’ascenseur panoramique, inauguré en 1961 et rénové en 1999, et faites-vous une frayeur dans la cabine aux parois transparentes, qui vous élève jusqu’à la plateforme panoramique du dôme 85 mètres plus haut et admirez le panorama de la ville qui se déroule à vos pieds.

Musée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Musée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts appliqués, #Urbanisme, #Photographie, #environnement, #Epoque contemporaine
Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

La nouvelle exposition de l’Hôtel des Arts de Toulon rend hommage à l’œuvre de l’artiste marseillais Richard Baquié, disparu il y a vingt ans. Présenter une vie d’artiste en quelques salles, quelques œuvres, quelques performances n’est jamais chose aisée. C’est donc par la thématique des déplacements que l’œuvre de l’artiste est présentée. Je fabrique des machines pour créer des situations. Je cherche une sculpture qui agit. Ce que l’on y projette en figure l’aperçu. La distance entre le projet et le résultat est le sens même de mon travail, disait Richard Baquié.

La première chose qui saute aux yeux des visiteurs lorsqu’ils pénètrent dans l’hôtel des Arts c’est le recyclage et le détournement d’objets ou plus exactement le recyclage de parties d’objets. Ici trainent portières de voitures, fenêtre de wagon SNCF, débris de carlingue, restes de contenants alimentaires. Richard Baquié questionne les trente glorieuses et la société de consommation à travers les déchets industrielles qu’elles nous ont laissés et qu’elles nous laissent encore.

Simple recyclage ? Non ! Richard Baquié comme ses contemporains Judith Bartolani et Claude Cayol détourne l’objet de sa fonction première, lui inflige une métamorphose parfois radicale. De contenant alimentaire, objet de vie, la boîte métallique devient mitrailleuse donc objet de mort. Souvent la métamorphose se fait moins violente plus poétique : accompagné de mots, de phrases, de citations, l’objet se met à se transformer en invitation au voyage, en invitation à l’amour. Le Via Air mail combine ainsi carlingue d’avion, cartes postales qui se défraichissent : que restera-t-il

L’exposition présente également le projet de commande publique de 1988 dans le cadre d'un programme de rénovation urbaine à la Cité des Cèdres à Marseille. Pensée pour être une installation comprenant une fontaine ainsi qu'une voiture enterrée et des lettres en métal, la fontaine devait faire apparaître sur quatre pans, une photographie panoramique de Marseille d’Yves Gallois. Minée par la malfaçon et le manque d’entretien, il ne reste de visible aujourd'hui qu'un parallélépipède de béton. Triste fin pour une œuvre publique, triste fin pour les souvenirs d’une époque, triste fin pour les souvenirs de l’époque composant l’œuvre.

Une des œuvres de Richard Baquié datée de 1985 est accompagnée de l’interrogation Que reste-t-il de ce que l’on a pensé et non dit ?... L’œuvre Via Air mail combine carlingue d’avion, cartes postales qui se défraichissent comme si chaque partie de l’œuvre avait commencé son inégal combat pour la survie… que restera-t-il tout simplement ?  

 

Richard Baquié "Déplacements" - Exposition du 4 mars au 7 mai 2017 - Hôtel des Arts – Toulon

Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comRichard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Arts plastiques, #arts appliqués, #Enfance, #Adolescence
Cinéla Mercury - Nice - David Lynch  : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéla Mercury - Nice - David Lynch : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Avec David Lynch : The Art Life, Jon Nguyen et Rick Barnes (XVII) dressent un portrait aussi ambigu, aussi surprenant que le cinéaste américain peut l’être. Le format peut déranger : le film retrace la première partie de la vie de David Lynch de sa naissance dans le Montana en 1946 à la réalisation d’Eraserhead (Labyrinth man) en 1976. Le documentaire évite ainsi soigneusement les années fastes de l’auteur et son entrée dans la cour des grands. Il plonge en revanche dans les années de construction de son imaginaire.  

Qui a vu l’exceptionnel Tarnation de Jonathan Caouette en 2003 trouvera a priori cette rétrospective fort sage avec un David Lynch qui narre en voix tantôt off tantôt in son parcours. La linéarité du documentaire déséquilibre un peu le spectateur au départ qui s’attendait à une production plus déconstruite, mélangeant les époques, faisant apparaître différentes strates spatio-temporelles. Mais non ! Le film suit sa ligne chronologique, poursuit David Lynch du Montana à l’Idaho puis sur la côte Est avant la grande épopée de la côte Ouest, hybride les images d’archives avec le travail actuel de David Lynch dans son atelier en présence de sa fille.

Il se trouve que l’intérêt du film est ailleurs. Le film se construit comme un véritable jeu de piste dont le centre de production n’est autre que l’atelier de l’artiste lui-même. Que nous donne à voir cet atelier ? Un triptyque de Jérôme Bosch au mur, des œuvres tripartites de David Lynch qui entrent souvent en écho avec  ledit triptyque. Et surtout David Lynch au travail, David Lynch dans la conception de ses œuvres plastiques, premières concrétisations de l’univers en élaboration tout droit sorti de son imaginaire. Et le David Lynch rétif à l’école, rétif aux devoirs, rétif à la discipline, rétif aux cadres, rétif à tout ce qui peut brimer son imaginaire, sa créativité prend ici tout son sens.

Toute allusion prend corps dans ce documentaire comme tout objet fait sens dans les films de David Lynch : ils sont autant d’indices, de clés pour pénétrer dans l’histoire, pas forcément la comprendre mais y pénétrer. L’atelier d’abord, lieu refuge d’un artiste qui à l’évidence ne se sent pas à l’aise en extérieur. L’atelier est au centre des préoccupations de l’artiste comme lieu d’isolement et de réflexion à l’instar de ses grandes écuries abandonnées de l’école californienne qui verront la naissance d’Eraserhead (Labyrinth man).

Mais ce ne sont pas les seuls indices du documentaire. Le film jonche toute la linéarité du récit d’indices qui évoquent  immédiatement les films cultes à venir. David Lynch est souvent filmé plongé dans ses méditations comme la plupart de ses personnages futurs. Il est nimbé de la fumée de cigarette comme les brumes d’Elephant Man, il parle dans un micro ancien et chacun s’attend à un moment à le voir entonner Blue Velvet. Ses constructions plastiques, ses modelages évoquent Dune.  En fait toute la construction repose sur les objets, les indices qu’il faut savoir repérer comme dans Mulholland Drive ou Inland Empire.

En un mot, si le film paraît linéaire il n’est jamais loin de Lost Highway.

 

 

« David Lynch : The Art Life » -  Documentaire, Biopic de Jon Nguyen, Rick Barnes (XVII) avec David Lynch – États-Unis - Date de sortie 15 février 2017 – Durée : 1h 30min

Cinéla Mercury - Nice - David Lynch  : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéla Mercury - Nice - David Lynch  : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Toulouse Centre d'Art les Abattoirs ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Toulouse Centre d'Art les Abattoirs ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Si le grand Horace affirmait dans son art poétique affirmait que Haec decies repetita placebit, le bon sens populaire le ramena de dix à deux avec bis repetita placent.  Et c’est bien l’adage qui m’est venu en arrivant à l’exposition des Abattoirs de Toulouse en m’apercevant que les œuvres de Raphaël Zarka, croisées au hasard de mes pérégrinations estivales au musée Sainte-Croix de Poitiers, étaient également à l’honneur des Abattoirs de Toulouse.

Fort heureusement, l’exposition présente non seulement d’autres œuvres de Raphaël Zarka mais elle est en plus pensée comme un regard croisé avec un autre artiste : Aurélien Froment.   A cela s’ajoutent les œuvres proposées dans le cadre de Mezzanine Sud 2016 installées comme le nom l’indique à la mezzanine, de Vincent Betbèze, Julie Chaffort, Rémi Groussin et Lou-Andréa Lassalle proposées dans le cadre du soutien à la création contemporaine du Sud-ouest. Et pour ceux qui n’auraient pas trouvé leur bonheur, L’exposition cadence]s réunit des œuvres des collections des Abattoirs - Frac Midi-Pyrénées, du Frac Languedoc-Roussillon, ainsi que des œuvres et des objets ethnographiques de la donation Daniel Cordier.

Les sculptures en bois de Raphaël Zarka questionnent : elles font entrer le spectateur dans une méga-partie de Tangram, puzzle ancestral chinois qui consiste à positionner différentes pièces  géométriques pour former une figure. En outre tout imposantes qu’elles soient, chacune livre sa faiblesse de construction. Pour mieux en souligner l’origine et la pérennité, Raphaël Zarka met en regard, entre autres, ses Cénotaphe(s)  d’Archimède avec le tableau prêté  par  le  Musée  des  Augustins de Pierre Henri de Valenciennes de 1787 intitulé Cicéron découvrant le tombeau d’Archimède.

Parmi les pièces d’Aurélien Froment présentées, Fitzcarraldo, est emblématique de son travail. Aurélien Froment utilise le cinéma, la mémoire collective et son récolement  comme autant de matériau.  Partant du film de Werner Herzog Fitzcaraldo et d’une trace vidéo familiale des vestiges du bateau utilisé pour le film, Aurélien Froment réalise un plan  relief, à l’échelle  1/100e, en  bois,  plâtre, plastique et végétaux. Aurélien Froment attiré par les utopies propose d’ailleurs dans deux autres pièces une variation-hommage sur les utopies à travers les personnages de Giulio Camillo, philosophe italien du XVIème siècle, scénarisé dans un dytique vidéo et de l’architecte Paolo Soleri, fondateur de la ville d’Arcosanti en Arizona et ses célèbres cloches.

Autre mise en regard, l’exposition cadence]s à la mezzanine met en regard un certain nombre de toiles africaines avec des œuvres d’art contemporaines . Le point commun de toutes ces pièces ? La rythmique du motif, la symétrie et la dissymétrie des figures et des symboles. Le spectateur suit cette rythmique du temps et des formes de l’Afrique précoloniale jusqu’à nos jours, des objets anthropologiques anonymes aux toiles de Claude Viallat. L’exposition offre en somme au visiteur une petite balade de plusieurs siècles en une mezzanine.  

Raphaël Zarka, Aurélien Froment, anonymes africains et Claude Viallat ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comRaphaël Zarka, Aurélien Froment, anonymes africains et Claude Viallat ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Raphaël Zarka, Aurélien Froment, anonymes africains et Claude Viallat ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comRaphaël Zarka, Aurélien Froment, anonymes africains et Claude Viallat ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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