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Blog de mes curiosités

Articles avec #patrimoine catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #architecture, #Moyen âge, #Politique, #Tourisme
Lassay-les-Châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Lassay-les-Châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. Les guides touristiques pourrait faire leur cette formule de Mathieu (Mathieu 7, 13-14) car annoncer trois châteaux et ne se consacrer qu’à un seul pose problème au point que certains se demandent même si les trois châteaux annoncés ne sont pas trois châteaux en un.

Aux confins du Maine, à proximité de la puissante Normandie et ses ducs puis à la jonction des fiefs anglais et français, la contrée fut une zone de contacts pas toujours sympathiques entre Anglais et Français pendant la guerre de Cent ans pus entre Catholiques et Protestants pendant les guerres de religion.  La région a donc conservé des traces de sa ceinture défensive et la particularité de Lassay-les-Châteaux est d’en conserver trois à quelques kilomètres de distance. 

Les guides ne parlent que de lui ! LE château de Lassay-les-Châteaux : une imposante forteresse en forme d'octogone irrégulier  avec huit tours dont deux au châtelet construite à la fin de la Guerre de Cent ans. Comme le château de Bonaguil dans le Lot et Garonne qui ne servit jamais, la forteresse née trop tard pour être pleinement opérationnelle, ne fut pas détruite par l’usage militaire. Éloignée des grands centres, elle ne servit pas non plus de carrière sous la Révolution. Appartenant au domaine privé, le château classé depuis les origines ou presque ne se découvre qu’en visite guidée.

Le second château est un peu à l’écart et pour peu que le visiteur n’insiste pas, il passe à côté d’un deuxième édifice en plus mauvais état : le château de Bois-Thibault. Sur les guides, il tient en trois lignes. Reconstruit lui aussi après la guerre de Cent ans, il fut habité jusqu’en 1830 avant de dépérir. Il ne reste du château que des vestiges classés monuments historiques en 1925, rachetés par la commune de Lassay-les-Châteaux. Le site est ouvert gratuitement au public grâce à l’action de bénévoles qui s’ingénient à le réanimer.

Le troisième château, troisième volet de la chasse au trésor est inaccessible à quiconque ne sait pas lire correctement une carte. Perdu dans la campagne mayennaise, implanté sur une propriété agricole gardée par un chien, il s’observe de la route. C’est évidemment celui qui est le plus abimé mais c’est également celui qui procure le plus de plaisir car comme le dit Milan Kundera dans La plaisanterie : On désire toujours, par dessus tout, l'inaccessible, avec avidité.

Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Tourisme, #Moyen âge, #arts appliqués, #Religion
Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse - Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Conservée au centre Guillaume le Conquérant où elle trône en maîtresse, qui lui est entièrement dédié, la Tapisserie de Bayeux ou Tapisserie de la reine Mathilde ou  Telle du Conquest est une broderie ou tapisserie aux points d'aiguille du XIème siècle contant les démêlés entre le roi d'Angleterre Édouard le Confesseur et  Guillaume le Conquérant pour le trône d’Angleterre que la bataille d'Hastings en 1066 allait trancher. Longue de 70 mètres sur 50 centimètres de haut, elle est l’un des plus anciens témoignages ouvragés.

Abritée dans son écrin, une galerie en équerre construite en 1952 qui ferme la cour seigneuriale du château d'Angers, la tenture de l'Apocalypse ou tapisseries de l'Apocalypse ou encore l'Apocalypse d'Angers est désormais protégée de son pire ennemi, la lumière à une température constante (19 °C), avec un éclairage limité à 40 lux et un degré d'hygrométrie maîtrisé. Si elle n’est pas la plus ancienne elle est assurément la plus vaste des tapisseries et évoque comme son nom l’indique l’Apocalypse de Saint-Jean.

A l’origine, la tenture Commandée en 1373 par le duc Louis Ier d’Anjou, mesure environ cent-quarante mètres de long et six mètres de haut, et couvre une surface totale de 850 m2. Elle se compose de six pièces ou tableaux mesurant chacun vingt et un mètres de long. La tenture est utilisée pour des occasions solennelles comme en 1400 où elle sert de décor au mariage du duc Louis II à l'archevêché d'Arles. Elle est ensuite donnée par le roi René à la cathédrale Saint-Maurice d'Angers au XVème siècle, où elle est exposée dans la nef ou le transept lors de grandes fêtes religieuses dont la Saint Maurice, patron du lieu.

Encombrante, elle est mise en vente en 1782 mais ne trouve pas preneur. Elle survit aux troubles révolutionnaires  en étant découpée puis utilisée comme couverture, protection pour les orangers en hiver, doublures de rideaux ou garnitures d'écuries. Rachetée par morceaux au XIXème par la cathédrale d’Angers, elle subit des premières restaurations mais malgré un lent travail de collecte, seuls une centaine de mètres sur les cent-quarante mètres de sa longueur d'origine et soixante-quinze tableaux dont sept partiels sur les quatre-dix d’origine sont parvenus jusqu’à nous.

Mais même amputée, découpée, reconstituée, passée, sous-éclairée par nécessité, la tenture de l'Apocalypse tout comme la Tapisserie de la reine Mathilde ou encore la Tapisserie du Livre de Judith de la cathédrale de Laval, demeurent des pièces incontournables qui continuent à nous faire méditer sur la conservation, la préservation, l’exposition au public d’ouvrages qui visiblement n’ont jamais eu l’intention de mourir sous la folie des hommes.

Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse - Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Moyen âge, #Urbanisme, #Patrimoine, #architecture, #Tourisme, #Politique, #Antiquité, #Religion
Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cité Plantagenêt - Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Certains se rendent au Mans pour les 24 heures du même nom, d’autres moins férus de sport mécanique, y séjournent pour s’empiffrer de rillettes mais il serait bon que les touristes délaissent les surpeuplés Saint-Malo et La Rochelle pour une ville nettement plus intéressante, se détachent des pseudo-reconstitutions en toc du Puy-du-Fou pour aller faire fonctionner leurs méninges devant du patrimoine pluri-centenaire que leur imaginaire pourra reconstruire à l’envi.

Dans un espace de neuf ha, la Cité Plantagenêt du Mans vous renvoie non seulement à l’époque de Robin des bois mais également à celle des Romains. De l’époque romaine, Le Mans a conservé une partie de l’enceinte gallo-romaine, renforcée au Moyen-âge et miraculeusement sauvegardée sans doute parce qu’elle épousait les formes topographiques de la vieille ville… Point de périphérique à construire sur les remparts !

 Du Moyen-âge, la ville transpire la présence des Plantagenêts à tous les coins de rue. Normal ! Geoffroy Plantagenêt comte d’Anjou et du Maine par mariage aura pour fils Henri II d’Angleterre le père de Richard Cœur de Lion contemporain réel de l’imaginaire Robin. L’épouse de Richard Cœur de Lion, la Reine Bérangère fondatrice de l‘abbaye de l’Épau est présente à travers la maison qui porte son nom mais qu’elle n’a jamais dû visiter dans la mesure où elle lui est antérieure de deux siècles. Visiblement au Mans, c’est comme au Far West, lorsque la légende dépasse la réalité, on écrit la légende.

Bien plus contemporaine des Plantagenêts, la Cathédrale Saint-Julien est absolument impressionnante et il est même curieux qu’elle ne soit jamais citée avec les autres joyaux gothiques de la même période. Visible de toute part, elle abrite un volume sous voûte absolument impressionnant. Le dégagement fait voir son chevet et ses entrelacs d’arcs-boutants abritant ça et là des statues.

Le Mans est décidément la ville où il fait bon de flâner le nez en l’air sur les pavés car dans ce périmètre, les maisons du XVème et les palais renaissance rivalisent entre eux. Seul bémol, la Nuit des Chimères, spectacle sons et lumières qui transforme pavés et façades de monuments historiques en écrans de projection. Là est justement le problème ! Ils servent de support à des images et à rien d’autre comme un simple écran. Les projections ne font rien ressortir du monument contrairement à la mise en valeur par la couleur de la façade de la cathédrale de Poitiers par exemple.

Le Mans est depuis longtemps labellisée "Ville d'art et d'histoire" et souhaite poursuivre la valorisation de sa cité Plantagenêt en se portant candidate au patrimoine mondial de l'Humanité auprès de l’UNESCO. Qui vote pour ?

Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cité Plantagenêt - Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Abbaye de l'Épau - Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abbaye de l'Épau - Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Qui veut comprendre la subtilité monastique du Moyen-âge peut se rendre dans la Sarthe et aller à la rencontre de deux abbayes si proches et si lointaines à la fois : l’abbaye de Solesmes et l’abbaye de l’Épau. L’une vit encore au rythme des laudes, sexte, none, vêpres et complies tandis que la seconde a adopté un rythme plus touristique. Si elles sont toutes deux bénédictines, la clunisienne Solesmes est encore habitée par les moines tandis que la cistercienne abbaye de l’Épau appartient désormais au conseil général de la Sarthe.

La plus ancienne est l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes dont les origines remontent à 1010. La charte de fondation est confirmée le 30 mars 1073 par Guillaume le Conquérant, suzerain du nouveau seigneur de Sablé, Robert le Bourguignon. Le Templier Robert de Sablé, seigneur de Sablé, grand-maitre de l'Ordre du Temple et compagnon de Richard Cœur de Lion durant la troisième croisade lui fait don d’une partie des redevances. La  dalle funéraire de ce généreux bienfaiteur est d’ailleurs toujours  visible dans l'église abbatiale.

L'abbaye de l'Épau est en revanche fondée en 1229 par la reine Bérangère veuve de Richard Cœur de Lion décédé trente ans pus tôt. Agée de 59 ans âge respectable pour l’époque, elle cherche à s’attirer avant de succomber les grâces du Très Haut qui la fera d’ailleurs passer de vie à trépas l’année suivante lui permettant de rester définitivement dans l’abbaye qu’elle a fondée.

La révolution vide les lieux de ses occupants : l’abbaye de Solesmes devient la maison de campagne d'un certain Henri Lenoir de Chantelou tandis que l’abbaye de l’Épau est transformée en gigantesque hangar agricole. Le cloître disparaît vers cette époque.

L'abbaye de l’Épau qui a failli disparaitre à plusieurs reprises se trouve définitivement sauvée par le conseil général de la Sarthe qui l’acquiert en 1958. L’abbaye de Solesmes connaît une autre trajectoire. Le 11 juillet 1833 la vie monastique reprend au prieuré de Solesmes grâce à un groupe de jeunes prêtres du diocèse du Mans emmenés par l'abbé Prosper Guéranger. Ré-expulsés au moment de la séparation de l’Église et de l’État, les moines ont la permission de revenir au cours de l'année 1922 accueillant plusieurs personnalités par la suite notamment le poète Pierre Reverdy.

L’une comme l’autre, les deux abbayes ont une mission culturelle désormais assumée dans le siècle : celle de Solesmes, haut-lieu du chant grégorien, est également connue pour les nombreux enregistrements de musiques ancienne et baroque. Si elle ne se visite que très partiellement, elle ouvre les portes de son église abbatiale pour une simple visite patrimoniale entre deux offices ou pour lesdits offices. Seul bémol, les moines que le public croise  semblent porter toute la misère du monde sur leurs frêles épaules et ça a l’air plutôt lourd à l’exception de celui qui officie au magasin et qui doit livrer quotidiennement un combat contre le démon  qui le harcèle : l’ordinateur relié à sa caisse enregistreuse.

L’abbaye de L’Épau a choisi une autre voie : des expositions photographiques accueillent le visiteur. Si abondance de biens ne nuisait pas, l’abbaye de l’Épau pourrait sembler de ce point de vue exceptionnelle. Mais le parti pris de l’accumulation d’expositions diverses et variées dans le dortoir des moines, l’église abbatiale, le scriptorium, la salle capitulaire et les jardins frise l’indigestion. Les différentes expositions sont inégales, quelques unes montrent un certain intérêt mais rien ne semble les rattacher au lieu dans lequel elles se trouvent, comme si elles étaient étrangères  en ce monde, comme une greffe qui ne prendrait pas, comme une paire de guêtres à un lapin.

Cependant, ni la mélancolie des moines de l’une, ni la surexposition de l’autre ne sauraient  détourner            le public de ces deux lieux qui invitent au calme, à la retenue et à la méditation.

abbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comabbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
abbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comabbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Religion, #arts appliqués, #Arts plastiques, #Moyen âge
Asnières-sur-Vègre – Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Asnières-sur-Vègre – Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Yves Morvan dans Des témoins ressuscités publié dans  Monuments historiques en 1995 disait qu’au Moyen Âge, [...] une église... n'était jamais considérée comme achevée tant que la pierre, matériau terrestre, n'avait pas été masquée par un revêtement peint digne de la « Maison de Dieu ». Toutes les églises étaient recouvertes intérieurement de peintures murales ou autres fresques, contrairement aux églises à pierre apparente ou à enduit  de l’époque contemporaine. Dans la Sarthe, l’église d’Auvers-le-Hamon a été parmi les premières en 1903 à dévoiler ses fresques retrouvées sans doute à la faveur de travaux de rénovation. Depuis dans d’autres églises, des fresques ont été également retrouvées, restaurées, conservées et l’église d’Asnières sur Vègre abrite sans doute les plus anciennes.

Retrouver des fresques, c’est aussi entrer en collision avec les mentalités collectives ancestrales.  Contempler des fresques du XIIIème siècle ou du XVème siècle nous replonge dans le quotidien des habitants de la paroisse qui, ne sachant fort majoritairement ni lire ni écrire, avaient besoin de décrypter un certain nombre d’informations sur les frontons, sur les tympans, sur les chapiteaux, sur les murs. Ainsi étaient-ils prévenus des affres de l’enfer, de la vie édifiante des saints, martyrs de préférence ou du fonctionnement normal de la société que le Très Haut leur avait imposée.

Visiblement, le parti pris des artistes de l’église d’Auvers-le-Hamon s’est porté sur l’hagiographie voire la martyrologie : aux côté de Saint-Martin sur son cheval ou de Saint-Cénéré en habit  cardinalice, Saint-André succombe sur sa croix Saint-Mamès se tient les entrailles tandis que Sainte-Apolline fait face à ses arracheurs de dents.  Belle tentative d’embarquer les fidèles dans la voie édifiante des Saints sans leur masquer le risque lié à la mission.

Autre option pour les artistes de l’église d’Asnières sur Vègre, le mur du fond de l’église, celui qui est visible lorsque les fidèles quittent l’édifice présente trois visions de l’enfer : le Cerbère à trois têtes menace les âmes, le Léviathan avale les autres tandis que d’autres encore cuisent à petit feu dans un gros chaudron. Sur le mur de droite, la société médiévale idéale  selon Adalbéron de Laon représentée dans l’ordre de lecture : les Oratores (ceux qui prient), les Bellatores (Ceux qui combattent) et les Laboratores (ceux qui travaillent) rappelle à chacun sa place… son ordre.

Si d’aventure certains fidèles remontés contre cette société imposée avaient eu quelques fugaces idées de révolte, la lecture du mur du fond était sensée les ramener à coup sûr à des pensées plus…chrétiennes.

Asnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAsnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAsnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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L’Île de Nantes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’Île de Nantes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

A l’époque industrielle, l’île de Nantes à quelques encablures du centre au-delà du bras de la Loire constituait un grand espace logistique et industriel. Un quartier industriel s’est d’abord développé au XIXème siècle à l’ouest de l’île autour du port reposant sur la construction navale (chantiers navals de Loire et de Bretagne), le raffinage alimentaire (l’usine Say devenue Béguin-Say en 1973 spécialisée dans la raffinerie du sucre venant des Antilles), l’emballage et la papèterie.

Monstre industriel, les chantiers navals employaient 8000 salariés et génèraient indirectement 25 000 emplois en 1950. Mais l’industrie nantaise subit la concurrence internationale comme de nombreuses villes et lors de la fermeture des chantiers navals Dubigeon en 1987, l’île devient une de ces friches industrielles qui dégradent l’image d’une ville.

Cependant, la situation de l’île qui se trouve au centre géométrique de l’agglomération et dans la continuité directe du centre ancien présente un intérêt. De plus, la situation fluviale permettant l’aménagement des rives devient un atout dans un contexte de réappropriation des bords de fleuve par les piétons et de reconnexion entre la ville et le fleuve.

Outre l’installation du Conseil régional, la construction d’un quartier d’habitation à l’Est de l’île et la préservation d’un vaste îlot sauvage à la pointe Est, les friches industrielles se sont redynamisées à grand renfort de projets émanant d’acteurs locaux. Parmi eux, beaucoup concernent l’art et la culture.

Le quai des Antilles date de 1901. Sa fonction première dès 1929 est d’accueillir les bananes débarquées de Guadeloupe, Guinée et Côte d’Ivoire. 93 grues,  6 km de quais débarquaient 3 millions de tonnes de marchandises jusqu’à ce que l’activité se délocalise vers Saint-Nazaire. Réhabilitée dès 2006, le projet a conservé chacun des hangars transformés en restaurants, bars, discothèques, salles d’exposition. Coincés entre deux grues rescapées dont la grue Titan représentant le passé, les hangars font face aux anneaux  de Daniel Buren qui représentent le contemporain.

A deux pas de là, au centre de la grande halle-verrière des chantiers navals, deux créateurs François Delarozière et Pierre Orefice construisent les Machines de l’île, véritable monde fantasmé à la croisée des mondes inventés de Jules Verne, de l’univers mécanique de Léonard de Vinci et de l’histoire industrielle de Nantes. Ainsi le Grand Eléphant, une Raie Manta, le Serpent des Mers et d’autres  embarcations incroyables sont venus peupler l’île. Les deux concepteurs ont également fait le choix de montrer l’intégralité du processus de création, présenté par leurs soins, depuis les premiers dessins de François Delarozière jusqu’à la balade en dos d’éléphant mécanique dans les anciennes Nefs Dubigeon.

A nouveau projet d’aménagement, nouveau projet fou de nos deux compères : l'Arbre aux hérons dans la carrière Miséry devrait voir le jour en 2021. D'ici 20 ans, l'ancien quartier des conserveries doit accueillir 1500 nouveaux logements et 70 000 m2 d'espaces économiques supplémentaires. Comme le Grand Éléphant sur le parc des Chantiers en 2007, l'arrivée de l'Arbre aux hérons dans la carrière Miséry marquera le renouveau du Bas-Chantenay.

L’Île de Nantes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comL’Île de Nantes ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts appliqués, #architecture, #Patrimoine
Le Voyage à Nantes 2017 © photo : Olivier Metzger

Le Voyage à Nantes 2017 © photo : Olivier Metzger

Ceux qui aiment l’art viendront à Nantes proclament le visuel du Voyage à Nantes. Wherever we are is museum (Tout lieu où nous sommes est musée) répondent Eva et Adèle, les autoproclamées jumelles hermaphrodites de l’art  qui habitent le visuel, version Thelma et Louise.

Effectivement, le Voyage à Nantes est une offre artistique permanente et  dispersée  sur le périmètre de la métropole nantaise, nous faisant divaguer d’une œuvre signée par un grand artiste d’aujourd’hui à un élément remarquable du patrimoine, alternant arts plastiques, lieux conviviaux, patrimoine ou architecture. Mais dans ce voyage, les œuvres d’art dispersées dans la ville transforment Nantes en centre d’art contemporain à ciel ouvert avec des œuvres qui communient avec le patrimoine ou qui se répondent à quelques hectomètres de distance.

Au centre de Nantes, par exemple, une grande roue excavatrice tronquée intitulée la Part manquante rend hommage à la fois aux loisirs, à l’industrie du sel omniprésente dans la région, à la nature par palmiers interposés. Vous cherchez la part manquante ? Cherchez bien ! Elle vous attend sur le parcours dans un lieu qui lui est plus adapté. Les artistes Daniel Dewar et Grégory Gicquel avec le Nu et la Roche exposent à la Hab Gallery et au cours Cambronne. Leurs sculptures de marbre rose explorent la nudité des corps à travers leur lieu de prédilection : la salle de bains.

Nicolas Darrot dialogue avec lui-même et à proximité. Sur la place, Graslin, dans un chapiteau  improvisé, il vous accueille avec Hécate. En revanche, dans la salle du théâtre Galin, avec BLKNTRNTL Nicolas Darrot déploie un grand drapeau noir mécanisé qui balaie la salle de manière métronomique. Si le drapeau fait référence à Black International, premier groupe anarchiste de Londres, le drapeau mécanique sur la scène renvoie à la poupe d’un navire de pirate qui n’attend que son metteur en scène.

Au château des Ducs de Bretagne, l’art contemporain se marie avec le patrimoine et le ludique avec la découverte. Le Paysage glissé propose à l’aide d’un toboggan arrimé à la muraille de faire découvrir à tous les remparts du château comme jamais ils ne les ont vus… à la manière d’un assaillant qui prendrait la poudre d’escampette après un assaut raté… le rire en plus, l’huile bouillante et les flèches en moins !

Enfin, et la liste des artistes et des œuvres est loin d’être exhaustive, les Anneaux de Patrick bouchain et Daniel Buren au nombre de dix-huit découpent  l’espace fluvial comme autant de méga-lunettes d’observation. Ces anneaux changent de couleur à la nuit tombante devenant bleu, vert, rouge transformant encore la  perception du fleuve, véritable métonymie de l’ensemble des propositions artistiques qui  transforment notre propre perception de la ville de Nantes. 

Compliqué ? Non suivez la ligne verte matérialisée au sol et laissez-vous guider !

Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Europe, #Afrique, #Amérique du Nord, #Amérique latine, #Violence
Nantes - Mémorial pour l'abolition de l'esclavage ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nantes - Mémorial pour l'abolition de l'esclavage ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Dès que la mémoire est en jeu, les passions se déchainent. Ce n’est pas nouveau, les querelles des mémoires de la seconde guerre mondiale tardent à s’éteindre, celles d’Algérie n’en finissent plus de se rallumer. Quelles mémoires conserver ? Honorer ? Célébrer ? Vaste question.

Il était logique de penser que l’esclavage, la traite négrière et l’abolition de l’esclavage échapperaient à ces querelles. Que nenni, il se trouve toujours dans certains milieux des hommes pour transformer les mémoires en débats sur la « repentance et la reconnaissance victimaire (sic) ». Visiblement, avoir un regard assumé sur le passé est une épreuve de force pour certains qui brandissent jusqu’aux manuels scolaires pour montrer que l’expiation est à toutes les sauces. Visiblement, l’histoire bien belle, bien propre, bien jolie au pays des bisounours a encore ses défenseurs mais l’histoire ne sert-elle pas à mettre à distance, à forger l’esprit critique et  à confronter le fantasme aux documents ?

Le Mémorial de l'abolition de l'esclavage est situé à Nantes, à 200 mètres à l'ouest de la passerelle Victor-Schœlcher… tout un symbole. Nantes fut l’un des principaux ports négriers de France : ce n’est pas une « repentance victimaire » mais une réalité. Aménagé sous une promenade de 7 000 m2, l’espace conçu par l'artiste polonais Krzysztof Wodiczko et l'architecte américano-argentin Julian Bonder se trouve presqu'au niveau de la Loire évoquant ainsi les entreponts des navires négriers.

Dans cet espace est contée l’histoire de la traite négrière, les différentes abolitions entrecoupées d’écrits de contemporains de l’esclavage, d’extraits des œuvres d’Aimé Césaire, de textes officielles comme les différentes déclarations des droits de l’homme et partout le vocable Liberté décliné dans toutes les langues. Sur le quai en surface, comme il est loisible de lire le nom des bateaux, d’innombrables plaques de verre jonchent le sol avec le nom des différents bateaux ayant œuvré à ce trafic. Certains noms marient l’oxymore à l’envi : l’Amour, l’Espoir, les Amis, la Tendre Famille.

Pour qu’un mémorial serve, il se doit de faire réfléchir… ceux qui le veulent bien. Accolé à un centre de la mémoire, à un lieu de recherche, il pose les problèmes sans chercher à tout expliquer. Ainsi conçus ils sont plus efficaces que les simples journées de commémorations qui figent les mémoires dans une espèce de mausolée alors que les mémoires sont vivantes, qu’elles évoluent, qu’elles se complètent, qu’elles se confrontent. Le mémorial pour l’abolition de l’esclavage de Nantes ne cherche pas à faire un exposé didactique de l’esclavage, de sa traite et de son abolition. En disséminant les éléments il invite à aller plus loin.

Vous avez dit devoir de mémoire ? Ne serait-ce pas plutôt une nécessité ? Une saine réflexion ?  Soit exactement l’inverse d’une « repentance et d'une reconnaissance victimaire »

Nantes - Mémorial pour l'abolition de l'esclavage ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNantes - Mémorial pour l'abolition de l'esclavage ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #arts numériques, #Musique, #Patrimoine
Ballets de Monte-Carlo - « L’Été danse » - "Massâcre" de Jeroen Verbruggen - "Memento Mori" de Sidi Larbi Cherkaoui ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ballets de Monte-Carlo - « L’Été danse » - "Massâcre" de Jeroen Verbruggen - "Memento Mori" de Sidi Larbi Cherkaoui ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Deux habitués des Ballets de Monte-Carlo proposent dans le cadre de L’Été danse deux créations mondiales avec une contrainte de plateau : base de scénographie unique : le carré du plateau contre un disque de lumière aérien. Cette scénographie en mode « quadrature du cercle », pose immédiatement l’opposition entre le carré représentant le monde créé, la matière, le savoir et le cercle symbolisant l’infini, les puissances célestes, la Connaissance. Mais comment combiner la quadrature du cercle ?  

Jeroen Verbruggen dans Massâcre revient aux fondamentaux avec une vision du Sacre du Printemps qui tranche avec les interprétations qu’ont pu en donner les grands chorégraphes de Martha Graham à Georges Momboye ou Marie Chouinard en passant par Maurice Béjart, Pina Bausch, Jean-Claude Gallotta ou Angelin Preljocaj. Le Centenaire des Ballets russes dignement fêté en 2010 en Principauté en avait proposé plusieurs interprétations.

Sur une interprétation de l’œuvre d’Igor Stravinsky arrangée par Benjamin Magnin, Jeroen Verbruggen donne le ton : il inverse la proposition et tente de faire revivre, dans d’autres conditions, la réception de l’œuvre à ses origines. Il bouscule donc les codes d’une œuvre qui les avait déjà profondément bouleversés cent ans plus tôt. L’arrangement musical de Benjamin Magnin saccade un peu plus la partition donnant aux gestes chorégraphiques cette apparente forme heurtée. A la scénographie organique, terreuse de Pina Bauch Jeroen Verbruggen opte pour une scénographie métallique, post-humanisée que l’on retrouve dans l’asepsie de certains jeux vidéos que les costumes édulcorés à la fois gomment et renforcent. L’accueil est plutôt frais pour une proposition pourtant innovante.

Memento Mori de Sidi Larbi Cherkaoui est en revanche suivie d’une ovation. Hormis le côté virtuel, tout oppose les deux propositions, ce qui explique sans doute la différence de réception. Sidi Larbi Cherkaoui joue à plein la dimension science fiction et l’imaginaire de la Guerre des Étoiles.  Contrairement à la conception de Jeroen Verbruggen, la danse se fait ici plus ronde, plus fluide, plus onctueuse. Les mouvements collectifs ou individuels s’enchainent sans heurts simplement interrompus à deux reprises par deux interventions parlées qui tombent à plat car peu audibles et en anglais… deux bonnes raisons de s’en passer ! La création musicale de Woodkid qui accompagne finit contrairement à la chorégraphie par délaisser l’onctueux pour le poisseux, elle n’offre aucun intérêt sinon de faire entendre quelque chose qui plaît à tout le monde et à personne et effectivement, vue l’ovation, ça fonctionne !

Ballets de Monte-Carlo - « L’Été danse » - "Massâcre" de Jeroen Verbruggen - "Memento Mori" de Sidi Larbi Cherkaoui ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBallets de Monte-Carlo - « L’Été danse » - "Massâcre" de Jeroen Verbruggen - "Memento Mori" de Sidi Larbi Cherkaoui ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBallets de Monte-Carlo - « L’Été danse » - "Massâcre" de Jeroen Verbruggen - "Memento Mori" de Sidi Larbi Cherkaoui ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Patrimoine, #Photographie, #environnement, #arts numériques
Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

D’entrée de jeu Agnès Varda et JR  commencent par expliquer au spectateur où ils ne se sont surtout pas rencontrés. La facétie devient donc une évidence, elle ne les quittera quasiment pas.  En sur-jouant d’entrée leur propre rôle, ils ne laissent aucun doute quant à la spontanéité savamment orchestrée de leurs propos et de leurs gestes. Agnès Varda filme, JR photographie et colle mais le montage au final a fait son œuvre.

Visages, Villages est un Tour de la France par deux enfants, le patriotisme en moins, le patrimonial en plus. Le film fixe une certaine France, celle qui tend à disparaître sans nostalgie inutile. Il célèbre la France rurale, les éleveurs, les agriculteurs qui se retrouvent bien seuls à force de concentration des terres. Puis la caméra rend hommage à la France industrielle à travers les corons du Nord ou les dockers du Havre. Symboliquement d’ailleurs la caméra capture au passage le village atlantique fantôme, celui qui a certes disparu dans ses fonctions mais qui est toujours physiquement présent.  

Visages, Villages est une question de regards. Si le film joue sur la maladie des yeux d’Agnès Varda ou sur les lunettes noires de JR, il est un regard croisé de deux artistes, de deux générations, de deux pratiques artistiques. Dans les questions de regard, la focalisation interne n’est jamais loin et le film finit par citer ses références : Guy Bourdin, Henri Cartier –Bresson, Jean-Luc Godard pour les artistes et Pierrot le Fou, les Glaneurs et la Glaneuse, la galerie du Louvres pour les œuvres.

L’esprit même du film fait penser à Raymond Depardon et son camion, à Alain Cavalier pour les jeux de rôle, à Michel Gondry dans le rapport au public mais si le film est tout cela à la fois, il déroule son identité propre et nous entraine dans son cheminement. Villages, Visages est une bouffée d’oxygène, un enchantement et déjà une référence.

 

« Visages, Villages » - Documentaire d’Agnès Varda et JR – France - Date de sortie : 28 juin 2017 – Durée : 1h 29’

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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