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Blog de mes curiosités

Articles avec #amour catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Amour, #opérette, #Europe, #Patrimoine
"Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Au commencement, il y eut le désormais incontournable Palazzetto Bru Zane qui proposa à Pierre-André Weitz la mise en scène des Chevaliers de la Table ronde de Louis-Auguste-Florimond Ronger dit Hervé. Contemporain d'Offenbach, Hervé est considéré come un des pères de l'opérette et pourtant le public n’a retenu de lui que Mam’zelle Nitouche, popularisée par le cinéma et  que le même Pierre-André Weitz décide de mettre en scène également.

Mam'zelle Nitouche est une opérette ou comédie-vaudeville en trois actes et quatre tableaux sur un livret d’Henri Meilhac et Albert Millaud mise en musique par Hervé et créée au Théâtre des Variétés à Paris le 26 janvier 1883. Elle suit les frasques de l'organiste Célestin, professeur de musique au couvent des Hirondelles qui se transforme en Floridor (Hervé se prénomme Louis-Auguste-Florimond), compositeur à succès de musique légère la nuit. Une de ses élèves la jeune Denise de Flavigny devient à son tour Mam'zelle Nitouche, chanteuse à succès séduisant sous ce déguisement son propre fiancé, le lieutenant des dragons Fernand de Champlatreux.

Comme l’a déclaré un jour Jalil Lespert lors du tournage de Pas sur la Bouche d’Alain Resnais, face à ce type d’ouvrage, « il faut en faire des caisses ». Et Pierre-André Weitz ne s’en est pas privé. Prenant appui sur une tournette qui permettra tout au long du récit de jongler avec les trois lieux de l’action : le pensionnat, la scène et ses coulisses, elle symbolise ce tourbillon de la vie ; elle deviendra d’ailleurs le carrousel, le manège de la vie sur laquelle les personnages apparaitront et disparaitront. 

Et pour imprimer du rythme à l’ensemble, Pierre-André Weitz joue à plein avec les dualités omniprésentes dans l’ouvrage : double vie de Célestin, double vie de Denise de Flavigny, double vie de Fernand de Champlatreux qui, quoique fiancé se retrouve au cabaret, dualité frère-sœur (Mais c’est mon frère, ma sœur ! s’exclame la supérieure), dualité renforcé par le duo Olivier Py/Miss Knife jouant le double rôle de Loriot et de la Supérieure empruntant au passage voix et diction à l’inénarrable Micheline Dax.

Ce personnage haut en couleur tranche avec la rigueur de Sandrine Sutter dont chacun regrette que le rôle ne soit pas un rôle chanté quoique ses talents de comédienne en fassent une sœur revêche et rigoriste à souhait. Damien Bigourdan omniprésent dans ses deux rôles de Célestin et Floridor se démène sur scène tandis que  Lara Neumann dans le rôle-titre et Samy Camps en Fernand de Champlatreux complètent avec beaucoup de charme et d’énergie un plateau dynamique à souhait. 

Rien n’est négligé, l’ensemble du plateau bouge, chante, boit, rit, danse avec une frénésie communicative multipliant les effets et les excès pour le plus grand bonheur d’une salle qui ne demandait qu’à rire. Seul  Jean-Pierre Haeck à la baguette n’a pas dû s’amuser follement, menacé jusqu’à la dernière minute par une grève potentielle des musiciens qui aurait contraint le public à entendre la musique dans une réduction à deux pianos.

Accueilli par des ouvreuses cocardées et par un coq sur scène, la proposition présentée comme un opéra révolutionnaire, n’aura finalement pas livré tous ses secrets laissant le spectateur à ses conjectures.

Opéra de Toulon  - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon  - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Opéra de Toulon  - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon  - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Toulon - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour
Cinéma Rialto - Nice - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo

Cinéma Rialto - Nice - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo

Il existe différentes manière d’aborder un film. Tout dépend de notre état d’esprit, notre humeur, notre vécu, nos traumatismes, nos souvenirs.  Pour la génération née à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, pour peu qu’ils soient passés directement de l’adolescence aux années SIDA, le risque de prendre le film de Robin Campillo 120 Battements par minute en pleine face est bien réel. Les comédiens ont leur âge, ils dansent sur leur musique, ils gueulent faux Tell me why ou Runaway Boy plus fort que les Bronski Beat voire ils ont soigné leurs malades, accompagné leurs amis ou sont passés directement dans la discothèque à peine sorti de l’enterrement… comme dans le film qui restitue bien ces années où la jeunesse  danse sur un volcan. Déjà morts, encore vivants a titré Emmanuel Burdeau dans son article sur Médiapart… c’est exactement cela.

La grande force de frappe du film de Robin Campillo tient à cette fidèle restitution des années de plomb, celle où la vie devient dans certains groupes notamment chez les accompagnants une partie réelle de chaises musicales : à chaque fois l’un se retrouve sur le carreau… Déjà morts, encore vivants. Ce réalisme des RH (réunions hebdomadaires)interminables, des engueulades à répétition, de la déchéance des corps, des soutiens à apporter, des tensions à supporter, des nécessaires moments de décompression en groupe au son de la house music omniprésente, des pouvoirs publics qui semblent tétanisés, de ces mères aimantes qui accompagnent dignement leur enfant, tout ceci renforce le lien émotionnel qui entoure le film, de son filigrane militant qui enveloppe les activistes d’Act Up-Paris. 

Mais ce n’est pas un film militant auquel cas il ne s’adresserait temporairement qu’à quelques dinosaures encore vivants. C’est un film, une œuvre, sans doute une grande qui relate avec sa chronologie, son histoire, ses partis pris, la vie de ces activistes qui ont fait prendre un tournant à toute la société occidentale. Le film débute par une RH avec accueil des nouveaux, sorte de rentrée des classes et se termine avec la mort ou plutôt par un dernier geste héroïque post-mortem comme un pied de nez à la mort. Dans l’intervalle c’est le combat, le combat entre l’entrée dans la vie, dans le groupe et l’issue fatale. Si le film colle au réel, il se construit comme une décantation, il va du général au particulier, des réunions hebdomadaires agitées à la relation plus apaisée entre Nathan et Sean. Comme la maladie, le film isole les éléments. La mise en place des personnages au début du film joue sur les temporalités : on passe d’aujourd’hui à hier avec une voix tantôt off tantôt in qui récapitule. Le passé, le présent et le futur se confondent déjà dans cette urgence de la vie, dans cette urgence à agir. Pour bien marquer l’hétérogénéité d’Act Up-Paris, Robin Campillo multiplie les points de vue en début de film : la poche de sang  qui s’écrase sur le visage d’un représentant officiel est vue de différentes manières, véritable métaphore des discussions à couteaux tirés à venir.

Le film joue avec son propre sujet. Le film suit des activistes, il les repoussera dans les derniers retranchements sans fard en jouant sur les points forts, les point faibles, les contradictions, les prises de tête, les prises de risques, les dérapages du groupe. Act Up-Paris joue sur les symboles, la communication, le film fera de même : il est à la fois œuvre majeure, outils de communication pour un réveil des consciences et élément d’une mémoire collective. Act Up-Paris  manie à la perfection la performance, le culot, la spontanéité, le film jouera avec une certaine crudité des images, la crudité des situations, la crudité des slogans. En fait, Robin Campillo réussit avec un funambulisme entre supportable et insupportable, communication et respect, activisme et écoute à restituer les mentalités collectives du groupe qui, devant l’urgence, s’essaie à toutes les tactiques.

Enfin le film est porté par une pléiade d’actrices et d’acteurs, chacun pleinement investi dans son personnage de fiction lui-même synthèse de situations réelles. Non seulement ces jeunes sont forts en gueule à la manière d’Adèle Haenel qui semble avoir fait reprendre du service à son personnage de Madeleine Beaulieu dans les Combattants mais ils engagent aussi tout leur corps dans la bataille. Antoine Reinartz (Thibault) incarne la communication, la force de frappe sans laquelle Act Up-Paris n’aurait eu cet écho. Tout en lui communique, quelle que soit la situation : il cristallise donc contentements et mécontentements, rancœurs et admiration.  Nahuel Pérez Biscayart, fantastique dans le rôle de Sean sera le maître du temps c’est par son corps supplicié que défileront les quelques mois qui lui restent à vivre passant de la trémoussante pom-pom girl à un corps supplicié par le sarcome de Kaposi. Arnaud Valois incarne Nathan qui dans la Bible est un prophète, un annonciateur. Il est tout aussi lumineux, joue en revanche sur l’ambiguïté de sa gueule d’ange : ange gardien ou ange de la mort ? Il est à l’image du film, de nous, des personnages, d’Act Up-Paris, génialement ambivalent.

Déjà morts, encore vivants disait d’eux Emmanuel Burdeau… et nous spectateurs à la fin du film sommes toujours vivants… et encore plus qu’avant !

 

 

« 120 Battements par minute » - Drame de Robin Campillo Avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel, Antoine Reinartz – France - Date de sortie : 23 août 2017 – Durée : 2h 20’

Cinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Antiquité, #Epoque contemporaine, #Amour
"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Une soixantaine d’œuvres dans le cadre de l’exposition Chagall, sculptures ont rejoint les salles du Musée National Marc Chagall de Nice prolongeant et dépassant ainsi le seul Message Biblique de la collection permanente du lieu. Issues de collections privées, elles sont exposées à Nice jusqu’au 28 août 2017 après l’exposition parisienne du Grand Palais avant de s’envoler pour le Japon.

A son installation à Vence dans les années 1950, Chagall diversifie techniques et supports. Le vitrail, la gravure, la mosaïque, la céramique et la sculpture deviennent ses nouveaux centres d’intérêt. Dans le domaine de la sculpture, il alterne comme le montre l’exposition bas-reliefs et rondes-bosses en utilisant tout type de pierre : pierre de Rognes, pierre du Gard, marbre de Carrare ou simples galets de la plage.

Les sculptures répondent parfois à des commandes qu’elles soient publiques comme les œuvres réalisées pour les fonts-baptismaux de l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d’Assy par exemple ou privées comme les pièces réalisées pour la cour intérieure de l’hôtel particulier d’Ira Kostelitz à Paris en 1966.

Le public retrouve évidemment dans les sculptures les thèmes de prédilection de Marc Chagall. Les personnages bibliques comme Jacob et son célèbre songe ou encore les amours de David et Bethsabée sont récurrents. Le bestiaire est omniprésent avec les chevaux, les coqs et les chèvres. L’hybridation homme-animal se retrouve dans beaucoup de sculptures. Mais il manque évidemment un élément fondamental dans les sculptures : la luminosité des couleurs vives de Marc Chagall, ses bleus, ses jaunes, ses rouges.

C’est sans doute la raison pour laquelle les commissaires de l’exposition Anne Dopffer, commissaire général, conservateur général du patrimoine, directrice des musées nationaux du XXème siècle des Alpes-Maritimes et Johanne Lindskog, commissaire, conservatrice du patrimoine au musée national Marc Chagall ont tenu à compléter, opposer, mettre en miroir œuvres picturales et sculptures de l’artiste. Si les œuvres dialoguent entre elles selon la formule consacrée, elles prennent certaines fois l’aspect de la présentation de l’étude et de sa réalisation picturale et ce n’était pas sans doute l’effet recherché.

"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique latine, #Amour, #Violence, #Bad boys, #fantastique
Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Que penser à la sortie d’un film lorsque plusieurs interprétations se télescopent ? Il faut dire qu’Amat Escalante surprend. Même le spectateur sûr de son fait depuis les premières minutes du film vacille finalement plus très sûr de son interprétation originelle. Car en fait deux mondes se côtoient dans La Région sauvage d’Amat Escalante : le monde du réel et l’autre monde : celui du rêve, du fantasme voire de la mort ; tout dépend.

Amat Escalante prend plaisir à mêler plusieurs registres : le drame, la comédie sociale, le policier, le fantastique pour mieux perdre son public. Côté réel, Alejandra et Angel ont deux enfants mais leur couple se distend et ce n’est pas l’envahissante belle-mère d’Angel qui va résoudre le problème. Alejandra a un frère Fabian, homosexuel notoire qui est l’amant de son beau-frère Angel. Enfin Veronica déboule dans l’histoire de chacun.

Le monde irréel est composé d’une petite maison dans un cadre bucolique tenue par Marta. Dans cette maison vit une créature spongieuse sorte de poulpe collant au corps et véritable machine à plaisir pénétrant les corps de toutes ses tentacules. Veronica semble être le trait d’union des deux mondes.

Et c’est là que les interprétations divergent : quel est ce monde ? Quelle est sa place dans l’histoire ? Est-ce un simple monde des fantasmes généré par les personnages qui n’en sont pas dénués ? Serait-ce le « moch » érotique, strate de l’au-delà imaginée par Werber   dans les Thanatonautes et que la série de meurtres permettrait de valider ?

Amat Esclalante nous invite à découvrir La Région sauvage mais tout dépend du spectateur. S’il en accepte le principe, s’il accepte de se laisser surprendre de se laisser bousculer et de suivre la crudité des situations, le spectateur réfléchira longtemps au sens de l’ensemble. Si vous visitez la Région sauvage comme des milliers de touristes déferlant au pas de charge plein de certitudes dans une civilisation autre que la leur ou dans une exposition d’art contemporain, nul doute que le voyage se fera sans vous.

 

« La Région sauvage » - Drame D’Amat Escalante avec Ruth Jazmin Ramos, Simone Bucio, Jesús Meza - Mexique, Danemark, France, Allemagne, Norvège, Suisse - Date de sortie : 19 juillet 2017 – Durée : 1h 39’

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Amérique du Nord, #Amour, #arts appliqués
« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Traversant le XXème siècle et la libération sexuelle notamment homosexuelle, le finlandais Touko Laaksonen dit Tom of Finland est devenu une icône gay célébrée par tout le milieu homosexuel inspirant au passage certains autres groupes comme les Village People. Avec ses représentations fantasmatiques, fantasmagoriques et fétichistes d’hommes virils, musclés, désinhibés braillant leur fierté d’être gays à chaque page, Tom of Finland est l’objet de toutes les controverses : icône gay ou témoin d’une époque ? Artiste ou simple illustrateur ? Fantasmagorie ou pornographie ? Etc.

Avec un sujet, un homme, des modèles aussi sulfureux, le réalisateur finlandais Dome Karukoski prenait a priori des risques et faisait du même coup sortir définitivement Tom of Finland du placard mais quels aspects de la vie de Tom of Finland faire émerger ? Sa vie cachée en Finlande ? Sa virée aux États-Unis ? Les années orgiaques ? Les années SIDA ? Les années pendant lesquelles ses publications étaient symboles de libération totale ou les années de plomb au cours desquelles ses publications étaient vouées aux gémonies et pointées comme responsables de la propagation de l’épidémie ?  

Il y avait effectivement tellement de parti pris à adopter, tellement de ficelles à tirer dans cet écheveau que Dome Karukoski a fini par n’en prendre aucun  se contentant d’un biopic sans relief réel, ultra-chronologique, qui finit par transformer son personnage en un personnage lambda , plutôt vague témoin de la libération des mœurs et de la lente montée des fiertés homosexuelles qu’acteur de cette période par œuvres interposées.

Le biopic est un art difficile. Sauf à trouver l’idée de génie, la caractéristique principale du personnage central qui servira de colonne vertébrale, tout biopic normalement constitué ne finit par n’avoir pour seule colonne vertébrale que le temps qui passe. Écrasant les temporalités au point de rendre l’ensemble difficilement compréhensible pour quiconque n’aurait pas les éléments de contexte en tête, il se noie dans un flot de détail à la psychologie fumeuse comme si pour caractériser une vie, une action, une œuvre, il fallait remonter aussi loin et tout prendre en compte.

Tom of Finland n’échappe hélas pas à la règle et ce ne sont pas trois dessins érotiques et quelques rencontres dans les fourrés qui peuvent rendre compte du côté sulfureux de sa production. La grande intelligence du Jackie de Pablo Larrain ( http://un-culte-d-art.overblog.com/2017/02/cinema-le-rialto-nice-jackie-tout-sauf-un-biopic.html) résidait dans son parti pris sur la communication politique dont il avait fait la colonne vertébrale. En prenant comme seul angle la communication politique et en réduisant la vie de Jackie à ses années à la Maison Blanche de part et d’autre de l’assassinat de JFK, Pablo Larrain avait fait de son film un modèle à l’attention des futurs ciné-biographes.

Il semblerait qu’il n’ait pas encore été entendu.

 

« Tom of Finland » - Biopic, Drame de Dome Karukoski avec Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jessica Grabowsky - Finlande, Danemark, Allemagne, Suède, États-Unis - Date de sortie 19 juillet 2017 – Durée : 1h 56’

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Amour
17èmes Musicales du Trophée à La Turbie - Concert Richard Wagner

17èmes Musicales du Trophée à La Turbie - Concert Richard Wagner

Il fallait oser… ils l’ont fait. Pour son premier concert, l’association Ars Viva dans le cadre des 17èmes Musicales du Trophée à La Turbie n’a pas lésiné. Douze musiciens, pas un de plus pas un de moins et une Mezzo soprano dirigés par la facétieux Fabrice Pierre ont interprété des œuvres de Richard Wagner dans l’église Saint-Michel de La Turbie.  Difficile de dire lequel des deux exploits est le plus osé : jouer des œuvres de Richard Wagner en formation de poche ou faire résonner des héros païens (Prélude et Mort d’Isolde et le Siegfried Idyll) et louer les amours coupables sous-tendues par les Wesendonck Lieder dans un édifice consacré. L’ensemble était présenté comme d’habitude par la talentueuse Annick Fiaschi-Dubois.

S’il est un lien entre les trois pièces proposées, c’est bien l’amour mais l’amour sous toutes ses formes. Amour paternel avec Siegfried Idyll, composé pour la naissance de Siegfried Wagner son troisième enfant conçu avec Cosima von Bülow en juin 1869. Amours coupables avec les Wesendonck Lieder, écrits sur des poèmes de Mathilde Wesendonck, femme d'un des mécènes de Wagner et fruits de leur… très étroite relation dans la serre. Et enfin amours impossibles avec le Prélude et la Mort d’Isolde.

Si certains nourrissaient des doutes légitimes sur l’interprétation, la prestation de l’orchestre de poche a fait merveille emplissant l’édifice baroque d’une musique que ses occupations habituelles ne lui laissent pas le temps d’écouter. Les douze musiciens majoritairement issus de l’orchestre philharmonique (Liza Kerob et Gianni-Battista Ermacora  au violon, Federico Hood à l’alto, Thierry Amadi au violoncelle, Mariana Vouytcheva à la contrebasse, Noëlle Fichou-Vera à la harme, Raphaëlle Truchot-Barraya à la flûte, Mathieu Bloch au hautbois, Michel Mugot au basson, Didier Favre au cor et Gérald Rolland à la trompette) ont prouvé que le grand Richard était soluble dans le nombre.

Hormis Siegfried Idyll composé dès l’origine pour 13 musiciens, les deux autres œuvres nécessitent un effectif plus important  et une Mezzo Soprano. Pauline Loncelle entourée par les musiciens donne corps à Isolde et redonne vie à Mathilde Wesendonck. Son interprétation est parfaite et l’équilibre entre musiciens et chanteuse est idéale. Il est impressionnant de constater en tant que spectateur que les réactions que provoque la Mort d’Isolde sont intactes quel que soit l’effectif.

Enfin, si d’aventure la Mort d’Isolde vous a plongé dans une profonde mélancolie, retournez au curriculum vitae du facétieux Fabrice Pierre et parcourez le. Vous y apprendrez entre autres qu’il mène une double carrière (bien connue sous le nom de carrière de Pierre) ou encore qu’il a toujours été apprécié tant pour ses interprétations raffinées et rigoureuses que pour l’appétit et le bon goût avec lesquels il affronte les périls liés aux diners après-concerts (sic) ou enfin qu’il est invité dans de grands festival internationaux (Kuhmo, Prades, … Evian, Vichy et San Pellegrino).

Émotions, talents et humour, quelle merveilleuse soirée !

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amour, #Amérique latine, #mort
Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Marina et Orlando s'aiment. Les différences sont là visibles, moins visibles ou invisibles. Marina est jeune, Marina est la pièce rapportée car Orlando commence une deuxième vie, il a une ex-femme, des enfants, etc. Marina est trans, le film aura la délicatesse ne nous épargner les détails des opérations potentielles.  

Orlando meurt brusquement et la cauchemar de Marina commence : la police enquête car Orlando est tombé dans les escaliers et présente des hématomes forcément suspects, la famille ne veut pas entendre parler de la pièce rapportée sauf à lui demander de lui ramener la voiture, de partir de l’appartement ou de ne pas apparaitre aux obsèques.

Marina hésite, se tait quand il faudrait parler, insiste lorsqu’il faudrait se taire, se laisse dépouiller lorsqu’il faudrait insister. Toutes ces réactions à contretemps prouvent le désarroi de Marina qui vient de perdre sa vie, ses rêves, ses espoirs, sa normalité en une soirée.

Sebastián Lelio tenait un sujet majeur. Dans la lignée de Navidad pour la délicatesse et de Gloria pour l’énergie, il était parfaitement aidé par l’acteur transgenre Daniela Vega sur laquelle repose tout le film. Le sujet est intéressant, la mise ne scène maîtrisée, la caméra préserve la pudeur nécessaire au sujet, ne cherche ni le graveleux ni le sensationnalisme mais…

Sebastián Lelio a une fâcheuse tendance : chercher à faire basculer le spectateur du côté de l’héroïne.  Un peu moins de parti pris aurait sans doute grandit encore davantage sa Femme fantastique.

 

 

« Une Femme fantastique » - Drame de Sebastián Lelio avec Daniela Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco – Chili, Allemagne, Espagne, États-Unis -  Date de sortie :  12 juillet 2017 - Durée : 1h 44’

Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’époque est troublée : l’affaire se déroule en Égypte lors des manifestations Place Tahir de janvier 2011 dans ce que l’Histoire nomme désormais les Printemps arabes. Si la politique n’est pas le sujet du film, elle est omniprésente par ses événements, les manifestations sur lesquelles se termine le film et par la corruption décrite comme un véritable sport national.

Sur fond de meurtre, de chantage et de corruption, le film suit le personnage  Noureddine, l’éternel inspecteur rebelle des thrillers chargé de l’enquête, sorte d’Inspecteur Harry version égyptienne. Dans un système policier mafieux, Noureddine enquête sur le meurtre d’une  chanteuse dans un hôtel et remonte le fil jusqu’à un proche de Moubarak.

Pot de terre contre pot de fer, puissant contre petit fonctionnaire, riche contre pauvre, corrupteur contre corruptible, inspecteur pas très normé contre intouchable, tout les ingrédients du thriller sont présents et cela fonctionne plutôt bien notamment en raison de la présence de Fares Fares qui porte le film à bout de bras, de bout en bout, qui lui imprime son rythme, sa marque, son tempo, son ambiance, ses rebondissements.

Régulièrement, la caméra lâche temporairement l’enquête pour capter l’ambiance du régime vacillant. Même si son héros n’est jamais bien loin, elle sonde tous les maux de la société égyptienne. La caméra suit les migrations, la pauvreté, la corruption, les contrastes sociaux, le manque d’eau, etc. Cela peut agacer comme cela peut intéresser. Mais cette promenade dans les vices de la société égyptienne impose un pessimisme et un fatalisme sur cette société qui présage déjà le sort fatal de l’Égypte et sa normalisation par coup d’État. Mektoub !

 

« Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh avec Fares Fares, Mari Malek, Yasser Ali Maher - suède, Allemagne, Danemark - Date de sortie : 5 juillet 2017 – Durée : 1h50’

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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[Cinéma – Cinéma Mercury – Nice] Hong Sang-Soo : "le jour d’après"… est peu reluisant !

Le titre sonne comme un titre de film post apocalyptique sauf qu’en général chez Hong Sang-Soo l’apocalypse est dans les âmes, dans les têtes, dans les cœurs. Un film d’Hong Sang-Soo ressemble souvent à cette caricature de Caran d’Ache sur l’affaire Dreyfus représentant le diner de famille avant et après le pugilat avec ce titre Ne Parlons pas de l’affaire puis Ils en ont parlé. Sauf que comme à l’accoutumée les films de Hong Sang-Soo « ressemblent à » pour mieux s’en démarquer et ne ressembler à rien d'autre.

Ce pourrait être un hommage à Quadrille de Sacha Guitry et le parti pris de tourner en noir et blanc renforce ce qui ressemblerait à un clin d’œil. C’est assurément du Hong Sang-Soo avec ses longs plans séquences, ses interminables repas arrosés, ses petits mensonges qui embrouillent à plaisir, ses rebondissements, la neige sur Séoul et surtout sa construction.

L’affaire est apparemment simple : Bongwan, patron d’une petite maison d’édition est partagé entre sa femme acariâtre et sa maîtresse sans pitié qu’il a embauchée. Sa maîtresse le quitte, il embauche Areum pour la remplacer, la baratine et, fatalement, sa femme vient demander violemment des comptes à celle qu’elle prend pour la maîtresse. La maîtresse revient, Areum part, etc. Ne manquent que les portes qui claquent sauf que de cette histoire limpide, Hong Sang-Soo privilégie la déconstruction du récit qui promène le visiteur dans les méandres du temps.  

Sous des dehors de marivaudage, de pièce de boulevard, le ton se fait plus acide : le public entre assez vite en empathie avec Areum, finit par fulminer aux mensonges de Bongwan et se lasse de ce Dom Juan de pacotille, déteste cette acariâtre épouse et rejette cette égoïste maîtresse. Comme d’habitude, Hong Sang-Soo sonde les âmes, interroge le ressort amoureux, complexifie les rapports humains et sort de ce cycle par une pirouette inattendue pour notre plus grand bonheur.

 

« Le Jour d'après » - Drame de Hong Sang-soo avec Kim Min-Hee, Hae-hyo Kwon, Kim Saeybuk – Corée du Sud - Date de sortie : 7 juin 2017 – durée : 1h 32min

Nice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Evénement au Capitole de Toulouse et retour indirect de Voltaire après Candide (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/12/musique-theatre-du-capitole-toulouse-candide-energie-joie-et-optimisme-pour-la-fin-de-l-annee.html) avec la résurrection du Prophète, opéra en cinq actes de Giacomo Meyerbeer sur un livret d'Eugène Scribe et Émile Deschamps d'après l'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations  de Voltaire. Véritable phénomène au cours du XIXème siècle, Le Prophète a finalement déserté les scènes françaises notamment en raison de ses coûts de production.

L’intrigue suit la vie de Jean de Leyde entre Dordrecht et Münster en Allemagne à l’époque du grand déchirement entre catholiques et protestants en Europe au XVIème siècle. Jean de Leyde, chef protestant des anabaptistes et autoproclamé « roi de Sion », directement inspiré par ses visions divines affirmées, administra la communauté anabaptiste de Münster de  février 1534 à juin 1535 en autocrate dans un climat délirant loin de toute préoccupation religieuse sérieuse. Marguerite Yourcenar dans L’œuvre au noir retrace également  cet épisode.

Dans la fosse, Claus Peter Flor, invité régulier du théâtre du Capitole et spécialiste des répertoires allemand et autrichien, montre toute son habileté dans le grand opéra français. Pendant trois heures quarante, il fait résonner l’orchestre faisant ressortir toutes les couleurs de l’œuvre.  Sur scène, le plateau n’est pas franchement francophone mais, heureuse surprise, la diction est parfaite même si elle s’épuise pour certains à la fin de l’œuvre.  John Osborn  toujours  en forme tient le rôle titre, sa mère scénique Fidès et sa fiancée scénique Berthe sont remarquablement interprétées par Kate Aldrich et Sofia Fomina. Les trois anabaptistes, Zacharie, Mathisen et Jonas qui reviennent de manière récurrente sont respectivement et parfaitement incarnés par Dimitry Ivashchenko, Thomas Dear (le seul francophone du groupe) et Mikeldi Atxalandabaso. Seul Leonardo Estévez fait une entrée catastrophique en Comte d’Oberthal avant de se rattraper dans le peu qu’il  lui reste à chanter.

Stefano Vizioli signe la mise en scène et c’est sans doute la partie la plus fragile de l’œuvre. Sa conception offre un certain nombre de qualités, il est notamment bien secondé par Alessandro Ciammarughi pour les décors et les costumes et par Guido Petzold qui module les espaces avec ses lumières. Les mouvements chorégraphiques très marqués par l’époque de l’œuvre même retravaillés par Pierluigi Vanelli  font anachroniques mais, surtout, sans travail et sans pensée réelle sur l’ambivalence de Jean de Leyde, véritable despote aux visions mystiques, Stefano Vizioli en fait un simple opportuniste alors que son personnage est beaucoup plus tourmenté. Cela ne lui permet pas de  travailler les tunnels de l’œuvre notamment dans sa dernière partie.  Cependant, le fait même de voir l’œuvre ressurgir atténue fortement ce bémol sur la conception du personnage central.

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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