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Blog de mes curiosités

Articles avec #cinema catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #environnement, #Nature
« Petit Paysan » d’Hubert Charuel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Petit Paysan » d’Hubert Charuel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Il rêve. Mais à quoi peut rêver Pierre, la trentaine, éleveur dans ces régions de l’Est de la France durement touchées par la déprise rurale et où le Front national prolifère ? Mais à l’épidémie potentielle qui ruinerait ses espoirs, son entreprise, son mode de vie, ses choix. Là s’arrêtera la comparaison avec le film précédent  Patti Cake$ même s’ils débutent tous les deux par le même procédé stylistique.

Ils débutent effectivement par un rêve heureux ou malheureux mais prémonitoire. Mais là où Patti Cake$ peine à convaincre faute d’une ligne et d’un parti pris forts, Petit Paysan d’Hubert Charuel est un premier film tout en maîtrise. Il a certes des défauts mais sur un sujet aussi brûlant, Hubert Charuel réussit à pousser un cri d’adieu aux campagnes françaises sans sombrer dans le nostalgique « C’était mieux avant » ou dans le réquisitoire.

Pourtant tous les ingrédients qui auraient pu y conduire sont présents dans le film : l’opposition entre deux fermes antagonistes : la traditionnelle et la mondialisée, l’absence totale d’humanité et d’animalité des services vétérinaires, l’absence totale de l’État et des pouvoirs publics face au drame qui se joue laissant un Pierre désespérément seul. Tout y est mais le film en maniant réalisme et mise à distance, en empruntant les codes au drame social et au thriller psychologique évite ces écueils.

La personnalité de Swan Arlaud que le réalisateur filme pas à pas contribue  énormément au succès du film. Isolé dans  sa campagne, isolé dans sa vie, son seul salut semble provenir des réseaux sociaux dont il découvre finalement l‘inanité dans le personnage fantasque incarné par Bouli Lanners. Petit à petit, le film glisse tranquillement vers sa tragique conclusion pendant que les spectateurs espèrent toujours vainement… et c’est aussi un indice de la réussite du film.

 

 

« Petit Paysan » - Drame d’Hubert Charuel avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners – France - Date de sortie 30 août 2017 – Durée 1h 30min

Nice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Amérique du Nord
" Patti Cake$ "  de Geremy Jasper ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

" Patti Cake$ " de Geremy Jasper ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Elle rêve. Mais à quoi peut rêver Patricia Dombrowski, alias Patti Cake$, 23 ans, serveuse dans un bar miteux dans sa petite ville du New Jersey ? Mais de devenir une star pardi ! Et pas n’importe quelle star, une star qui se jette dans le public en délire qui l’acclame sous le feu des projecteurs. Ce qui pourrait n’être qu’une entame banale finit pourtant par symboliser le film tout entier.   

En plus d’être évidemment serveuse dans un bar évidemment miteux, Patti Cake$ doit s’occuper de sa grand-mère à la santé évidemment chancelante dont la couverture santé ne tient qu’à un évident fil. De plus, elle doit supporter une mère chanteuse évidemment ratée et évidemment instable. Et certains critiques parlent encore d’un film qui piétine les clichés…

Tant d’évidences pourraient être un prétexte à montrer l’Amérique sans le rêve, l’Amérique sans le  « way of live », les États-Unis des déclassés, les États-Unis qui n’ont plus que leur rêve pour survivre sauf que le plus « feel good movie »  de l’année vient nous parachever l’évidence avec un « happy end » à la conte de fée qui contredit tout le propos. Certes Patti Cake$ se fait lourder de son travail, perd la couverture santé de sa grand-mère, part dans un concours musical fort mal outillée, le perd mais récupère tout à la fin : sa mère, l’argent, le contrat avec une maison de disque … tout !

La musique aurait pu sauver l’ensemble mais même sur ce chapitre, le film ne nous livre uniquement ce que la création musicale peut produire de plus vulgaire. Loin de la performance cinématographique et musicale de Sonita de Rokhsareh Ghaem Maghami, sorti l’an dernier le rap et le slam de Patti Cake$ dans ses « battles » sur parking deviennent une performance carrément en dessous de la ceinture. Verbiage d’insultes et de grossièretés, il ne sauve pas l’ensemble.

 

 « Patti Cake$ » - Drame musical de Geremy Jasper avec Danielle Macdonald, Bridget Everett, Siddharth Dhananjay – États-Unis - Date de sortie 30 août 2017 – Durée : 1h 49min

Nice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Afrique, #Europe
"Lola Pater" de Nadir Moknèche

"Lola Pater" de Nadir Moknèche

Pas de chance pour le film Lola Pater vu dans la même journée que 120 Battements par minute de Robin Campillo. Passer après ce qui est un des meilleurs films de l’année c’est un peu passer un oral après le premier de la classe… le handicap est lourd.

Dans son film Lola Pater, le réalisateur Nadir Moknèche questionne à la fois la paternité et l’identité sexuelle. Comme dans Le Fils de Jean de Philippe Lloret, la mort de la mère amène évidemment la question du père disparu. Si Philippe Lloret nous embarque au Canada pour rechercher un père qui n’est pas celui attendu, la quête de Zino dans Lola Pater ne l’amène pas en Algérie mais dans le sud de la France. Le père n’est pas non plus celui attendu : il se nomme désormais Lola.

Allier dans le même film quête du père et quête de son identité sexuelle était un pari assez gonflé et Nadir Moknèche n’y va pas de main morte quitte à bousculer certaine idées reçues. L‘ensemble souffre cruellement de rythme et de réelles surprises. C’est quelquefois extrêmement maladroit, pas toujours très loin du poncif à certaines reprises mais l’idée est originale, l’histoire se tient et le pari est presque réussi.

Tewfik Jallab dans le rôle de Zino crève l’écran. Il porte réellement le film, incarne à la perfection ce jeune adulte qui voit ses repères, son monde, ses certitudes, ses rêves, son père fantasmé  s’effondrer en l’espace de quelques mois. Tout son jeu est au service de ce personnage plein de doute, en plein désarroi. Il a d’autant plus de mérite qu’en face Fanny Ardant en fait des tonnes. Si elle a tous les atouts du rôle, son manque de naturel, son maniérisme empêche de croire de manière récurrente à son personnage… dommage !

 

« Lola Pater » - Comédie dramatique de Nadir Moknèche avec Fanny Ardant, Tewfik Jallab, Nadia Kaci – France, Belgique - Date de sortie : 9 août 2017 – Durée : 1h 35’

Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour
Cinéma Rialto - Nice - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo

Cinéma Rialto - Nice - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo

Il existe différentes manière d’aborder un film. Tout dépend de notre état d’esprit, notre humeur, notre vécu, nos traumatismes, nos souvenirs.  Pour la génération née à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, pour peu qu’ils soient passés directement de l’adolescence aux années SIDA, le risque de prendre le film de Robin Campillo 120 Battements par minute en pleine face est bien réel. Les comédiens ont leur âge, ils dansent sur leur musique, ils gueulent faux Tell me why ou Runaway Boy plus fort que les Bronski Beat voire ils ont soigné leurs malades, accompagné leurs amis ou sont passés directement dans la discothèque à peine sorti de l’enterrement… comme dans le film qui restitue bien ces années où la jeunesse  danse sur un volcan. Déjà morts, encore vivants a titré Emmanuel Burdeau dans son article sur Médiapart… c’est exactement cela.

La grande force de frappe du film de Robin Campillo tient à cette fidèle restitution des années de plomb, celle où la vie devient dans certains groupes notamment chez les accompagnants une partie réelle de chaises musicales : à chaque fois l’un se retrouve sur le carreau… Déjà morts, encore vivants. Ce réalisme des RH (réunions hebdomadaires)interminables, des engueulades à répétition, de la déchéance des corps, des soutiens à apporter, des tensions à supporter, des nécessaires moments de décompression en groupe au son de la house music omniprésente, des pouvoirs publics qui semblent tétanisés, de ces mères aimantes qui accompagnent dignement leur enfant, tout ceci renforce le lien émotionnel qui entoure le film, de son filigrane militant qui enveloppe les activistes d’Act Up-Paris. 

Mais ce n’est pas un film militant auquel cas il ne s’adresserait temporairement qu’à quelques dinosaures encore vivants. C’est un film, une œuvre, sans doute une grande qui relate avec sa chronologie, son histoire, ses partis pris, la vie de ces activistes qui ont fait prendre un tournant à toute la société occidentale. Le film débute par une RH avec accueil des nouveaux, sorte de rentrée des classes et se termine avec la mort ou plutôt par un dernier geste héroïque post-mortem comme un pied de nez à la mort. Dans l’intervalle c’est le combat, le combat entre l’entrée dans la vie, dans le groupe et l’issue fatale. Si le film colle au réel, il se construit comme une décantation, il va du général au particulier, des réunions hebdomadaires agitées à la relation plus apaisée entre Nathan et Sean. Comme la maladie, le film isole les éléments. La mise en place des personnages au début du film joue sur les temporalités : on passe d’aujourd’hui à hier avec une voix tantôt off tantôt in qui récapitule. Le passé, le présent et le futur se confondent déjà dans cette urgence de la vie, dans cette urgence à agir. Pour bien marquer l’hétérogénéité d’Act Up-Paris, Robin Campillo multiplie les points de vue en début de film : la poche de sang  qui s’écrase sur le visage d’un représentant officiel est vue de différentes manières, véritable métaphore des discussions à couteaux tirés à venir.

Le film joue avec son propre sujet. Le film suit des activistes, il les repoussera dans les derniers retranchements sans fard en jouant sur les points forts, les point faibles, les contradictions, les prises de tête, les prises de risques, les dérapages du groupe. Act Up-Paris joue sur les symboles, la communication, le film fera de même : il est à la fois œuvre majeure, outils de communication pour un réveil des consciences et élément d’une mémoire collective. Act Up-Paris  manie à la perfection la performance, le culot, la spontanéité, le film jouera avec une certaine crudité des images, la crudité des situations, la crudité des slogans. En fait, Robin Campillo réussit avec un funambulisme entre supportable et insupportable, communication et respect, activisme et écoute à restituer les mentalités collectives du groupe qui, devant l’urgence, s’essaie à toutes les tactiques.

Enfin le film est porté par une pléiade d’actrices et d’acteurs, chacun pleinement investi dans son personnage de fiction lui-même synthèse de situations réelles. Non seulement ces jeunes sont forts en gueule à la manière d’Adèle Haenel qui semble avoir fait reprendre du service à son personnage de Madeleine Beaulieu dans les Combattants mais ils engagent aussi tout leur corps dans la bataille. Antoine Reinartz (Thibault) incarne la communication, la force de frappe sans laquelle Act Up-Paris n’aurait eu cet écho. Tout en lui communique, quelle que soit la situation : il cristallise donc contentements et mécontentements, rancœurs et admiration.  Nahuel Pérez Biscayart, fantastique dans le rôle de Sean sera le maître du temps c’est par son corps supplicié que défileront les quelques mois qui lui restent à vivre passant de la trémoussante pom-pom girl à un corps supplicié par le sarcome de Kaposi. Arnaud Valois incarne Nathan qui dans la Bible est un prophète, un annonciateur. Il est tout aussi lumineux, joue en revanche sur l’ambiguïté de sa gueule d’ange : ange gardien ou ange de la mort ? Il est à l’image du film, de nous, des personnages, d’Act Up-Paris, génialement ambivalent.

Déjà morts, encore vivants disait d’eux Emmanuel Burdeau… et nous spectateurs à la fin du film sommes toujours vivants… et encore plus qu’avant !

 

 

« 120 Battements par minute » - Drame de Robin Campillo Avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel, Antoine Reinartz – France - Date de sortie : 23 août 2017 – Durée : 2h 20’

Cinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique latine, #Amour, #Violence, #Bad boys, #fantastique
Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Que penser à la sortie d’un film lorsque plusieurs interprétations se télescopent ? Il faut dire qu’Amat Escalante surprend. Même le spectateur sûr de son fait depuis les premières minutes du film vacille finalement plus très sûr de son interprétation originelle. Car en fait deux mondes se côtoient dans La Région sauvage d’Amat Escalante : le monde du réel et l’autre monde : celui du rêve, du fantasme voire de la mort ; tout dépend.

Amat Escalante prend plaisir à mêler plusieurs registres : le drame, la comédie sociale, le policier, le fantastique pour mieux perdre son public. Côté réel, Alejandra et Angel ont deux enfants mais leur couple se distend et ce n’est pas l’envahissante belle-mère d’Angel qui va résoudre le problème. Alejandra a un frère Fabian, homosexuel notoire qui est l’amant de son beau-frère Angel. Enfin Veronica déboule dans l’histoire de chacun.

Le monde irréel est composé d’une petite maison dans un cadre bucolique tenue par Marta. Dans cette maison vit une créature spongieuse sorte de poulpe collant au corps et véritable machine à plaisir pénétrant les corps de toutes ses tentacules. Veronica semble être le trait d’union des deux mondes.

Et c’est là que les interprétations divergent : quel est ce monde ? Quelle est sa place dans l’histoire ? Est-ce un simple monde des fantasmes généré par les personnages qui n’en sont pas dénués ? Serait-ce le « moch » érotique, strate de l’au-delà imaginée par Werber   dans les Thanatonautes et que la série de meurtres permettrait de valider ?

Amat Esclalante nous invite à découvrir La Région sauvage mais tout dépend du spectateur. S’il en accepte le principe, s’il accepte de se laisser surprendre de se laisser bousculer et de suivre la crudité des situations, le spectateur réfléchira longtemps au sens de l’ensemble. Si vous visitez la Région sauvage comme des milliers de touristes déferlant au pas de charge plein de certitudes dans une civilisation autre que la leur ou dans une exposition d’art contemporain, nul doute que le voyage se fera sans vous.

 

« La Région sauvage » - Drame D’Amat Escalante avec Ruth Jazmin Ramos, Simone Bucio, Jesús Meza - Mexique, Danemark, France, Allemagne, Norvège, Suisse - Date de sortie : 19 juillet 2017 – Durée : 1h 39’

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Amérique du Nord, #Amour, #arts appliqués
« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Traversant le XXème siècle et la libération sexuelle notamment homosexuelle, le finlandais Touko Laaksonen dit Tom of Finland est devenu une icône gay célébrée par tout le milieu homosexuel inspirant au passage certains autres groupes comme les Village People. Avec ses représentations fantasmatiques, fantasmagoriques et fétichistes d’hommes virils, musclés, désinhibés braillant leur fierté d’être gays à chaque page, Tom of Finland est l’objet de toutes les controverses : icône gay ou témoin d’une époque ? Artiste ou simple illustrateur ? Fantasmagorie ou pornographie ? Etc.

Avec un sujet, un homme, des modèles aussi sulfureux, le réalisateur finlandais Dome Karukoski prenait a priori des risques et faisait du même coup sortir définitivement Tom of Finland du placard mais quels aspects de la vie de Tom of Finland faire émerger ? Sa vie cachée en Finlande ? Sa virée aux États-Unis ? Les années orgiaques ? Les années SIDA ? Les années pendant lesquelles ses publications étaient symboles de libération totale ou les années de plomb au cours desquelles ses publications étaient vouées aux gémonies et pointées comme responsables de la propagation de l’épidémie ?  

Il y avait effectivement tellement de parti pris à adopter, tellement de ficelles à tirer dans cet écheveau que Dome Karukoski a fini par n’en prendre aucun  se contentant d’un biopic sans relief réel, ultra-chronologique, qui finit par transformer son personnage en un personnage lambda , plutôt vague témoin de la libération des mœurs et de la lente montée des fiertés homosexuelles qu’acteur de cette période par œuvres interposées.

Le biopic est un art difficile. Sauf à trouver l’idée de génie, la caractéristique principale du personnage central qui servira de colonne vertébrale, tout biopic normalement constitué ne finit par n’avoir pour seule colonne vertébrale que le temps qui passe. Écrasant les temporalités au point de rendre l’ensemble difficilement compréhensible pour quiconque n’aurait pas les éléments de contexte en tête, il se noie dans un flot de détail à la psychologie fumeuse comme si pour caractériser une vie, une action, une œuvre, il fallait remonter aussi loin et tout prendre en compte.

Tom of Finland n’échappe hélas pas à la règle et ce ne sont pas trois dessins érotiques et quelques rencontres dans les fourrés qui peuvent rendre compte du côté sulfureux de sa production. La grande intelligence du Jackie de Pablo Larrain ( http://un-culte-d-art.overblog.com/2017/02/cinema-le-rialto-nice-jackie-tout-sauf-un-biopic.html) résidait dans son parti pris sur la communication politique dont il avait fait la colonne vertébrale. En prenant comme seul angle la communication politique et en réduisant la vie de Jackie à ses années à la Maison Blanche de part et d’autre de l’assassinat de JFK, Pablo Larrain avait fait de son film un modèle à l’attention des futurs ciné-biographes.

Il semblerait qu’il n’ait pas encore été entendu.

 

« Tom of Finland » - Biopic, Drame de Dome Karukoski avec Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jessica Grabowsky - Finlande, Danemark, Allemagne, Suède, États-Unis - Date de sortie 19 juillet 2017 – Durée : 1h 56’

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Patrimoine, #Photographie, #environnement, #arts numériques
Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

D’entrée de jeu Agnès Varda et JR  commencent par expliquer au spectateur où ils ne se sont surtout pas rencontrés. La facétie devient donc une évidence, elle ne les quittera quasiment pas.  En sur-jouant d’entrée leur propre rôle, ils ne laissent aucun doute quant à la spontanéité savamment orchestrée de leurs propos et de leurs gestes. Agnès Varda filme, JR photographie et colle mais le montage au final a fait son œuvre.

Visages, Villages est un Tour de la France par deux enfants, le patriotisme en moins, le patrimonial en plus. Le film fixe une certaine France, celle qui tend à disparaître sans nostalgie inutile. Il célèbre la France rurale, les éleveurs, les agriculteurs qui se retrouvent bien seuls à force de concentration des terres. Puis la caméra rend hommage à la France industrielle à travers les corons du Nord ou les dockers du Havre. Symboliquement d’ailleurs la caméra capture au passage le village atlantique fantôme, celui qui a certes disparu dans ses fonctions mais qui est toujours physiquement présent.  

Visages, Villages est une question de regards. Si le film joue sur la maladie des yeux d’Agnès Varda ou sur les lunettes noires de JR, il est un regard croisé de deux artistes, de deux générations, de deux pratiques artistiques. Dans les questions de regard, la focalisation interne n’est jamais loin et le film finit par citer ses références : Guy Bourdin, Henri Cartier –Bresson, Jean-Luc Godard pour les artistes et Pierrot le Fou, les Glaneurs et la Glaneuse, la galerie du Louvres pour les œuvres.

L’esprit même du film fait penser à Raymond Depardon et son camion, à Alain Cavalier pour les jeux de rôle, à Michel Gondry dans le rapport au public mais si le film est tout cela à la fois, il déroule son identité propre et nous entraine dans son cheminement. Villages, Visages est une bouffée d’oxygène, un enchantement et déjà une référence.

 

« Visages, Villages » - Documentaire d’Agnès Varda et JR – France - Date de sortie : 28 juin 2017 – Durée : 1h 29’

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amour, #Amérique latine, #mort
Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Marina et Orlando s'aiment. Les différences sont là visibles, moins visibles ou invisibles. Marina est jeune, Marina est la pièce rapportée car Orlando commence une deuxième vie, il a une ex-femme, des enfants, etc. Marina est trans, le film aura la délicatesse ne nous épargner les détails des opérations potentielles.  

Orlando meurt brusquement et la cauchemar de Marina commence : la police enquête car Orlando est tombé dans les escaliers et présente des hématomes forcément suspects, la famille ne veut pas entendre parler de la pièce rapportée sauf à lui demander de lui ramener la voiture, de partir de l’appartement ou de ne pas apparaitre aux obsèques.

Marina hésite, se tait quand il faudrait parler, insiste lorsqu’il faudrait se taire, se laisse dépouiller lorsqu’il faudrait insister. Toutes ces réactions à contretemps prouvent le désarroi de Marina qui vient de perdre sa vie, ses rêves, ses espoirs, sa normalité en une soirée.

Sebastián Lelio tenait un sujet majeur. Dans la lignée de Navidad pour la délicatesse et de Gloria pour l’énergie, il était parfaitement aidé par l’acteur transgenre Daniela Vega sur laquelle repose tout le film. Le sujet est intéressant, la mise ne scène maîtrisée, la caméra préserve la pudeur nécessaire au sujet, ne cherche ni le graveleux ni le sensationnalisme mais…

Sebastián Lelio a une fâcheuse tendance : chercher à faire basculer le spectateur du côté de l’héroïne.  Un peu moins de parti pris aurait sans doute grandit encore davantage sa Femme fantastique.

 

 

« Une Femme fantastique » - Drame de Sebastián Lelio avec Daniela Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco – Chili, Allemagne, Espagne, États-Unis -  Date de sortie :  12 juillet 2017 - Durée : 1h 44’

Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Proche orient, #Violence, #Amour, #Bad boys, #Epoque contemporaine, #Politique
Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’époque est troublée : l’affaire se déroule en Égypte lors des manifestations Place Tahir de janvier 2011 dans ce que l’Histoire nomme désormais les Printemps arabes. Si la politique n’est pas le sujet du film, elle est omniprésente par ses événements, les manifestations sur lesquelles se termine le film et par la corruption décrite comme un véritable sport national.

Sur fond de meurtre, de chantage et de corruption, le film suit le personnage  Noureddine, l’éternel inspecteur rebelle des thrillers chargé de l’enquête, sorte d’Inspecteur Harry version égyptienne. Dans un système policier mafieux, Noureddine enquête sur le meurtre d’une  chanteuse dans un hôtel et remonte le fil jusqu’à un proche de Moubarak.

Pot de terre contre pot de fer, puissant contre petit fonctionnaire, riche contre pauvre, corrupteur contre corruptible, inspecteur pas très normé contre intouchable, tout les ingrédients du thriller sont présents et cela fonctionne plutôt bien notamment en raison de la présence de Fares Fares qui porte le film à bout de bras, de bout en bout, qui lui imprime son rythme, sa marque, son tempo, son ambiance, ses rebondissements.

Régulièrement, la caméra lâche temporairement l’enquête pour capter l’ambiance du régime vacillant. Même si son héros n’est jamais bien loin, elle sonde tous les maux de la société égyptienne. La caméra suit les migrations, la pauvreté, la corruption, les contrastes sociaux, le manque d’eau, etc. Cela peut agacer comme cela peut intéresser. Mais cette promenade dans les vices de la société égyptienne impose un pessimisme et un fatalisme sur cette société qui présage déjà le sort fatal de l’Égypte et sa normalisation par coup d’État. Mektoub !

 

« Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh avec Fares Fares, Mari Malek, Yasser Ali Maher - suède, Allemagne, Danemark - Date de sortie : 5 juillet 2017 – Durée : 1h50’

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Cinéma
Archives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Archives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Pour pouvoir montrer une œuvre ancienne, il faut d’abord qu’elle existe, c'est-à-dire qu’il faut l’avoir conservée. Pour pouvoir la conserver, il faut d’abord l’avoir collectée. La formule d’Henri Langlois, fondateur de la Cinémathèque française, tombe tellement  sous le sens qu’il se trouve encore des pays, des contrées, des régions qui ne l’ont pas mise en application. Pourtant La science de ton passé est ton passeport pour l'avenir comme se plaisait à le dire Christine de Suède.

A Monaco, les archives audiovisuelles ont vingt ans : c’est beaucoup et c’est peu à la fois. C’est peu si la référence est la collection considérable et fort ancienne des archives du Palais princier, c’est beaucoup à la seule mesure du travail qui a été réalisé pour la collecte, la conservation, la restauration et la valorisation du patrimoine en si peu de temps.  C’est énorme pour peu que l’auditoire imagine les traces audiovisuelles qui ont fleuri au XXème siècle.  

Pour célébrer sa juvénilité, l’équipe des archives au grand complet a œuvré et la soirée qui a été proposée au public monégasque en présence de Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II et de Son Altesse Royale la Princesse de Hanovre, s’est révélée très riche, très variée et fort instructive. Passés les discours protocolaires, Vincent Vatrican, Laurent Trancy et Christian Roti ont animé la soirée sans temps mort sautant allégrement de la conservation à la restauration, des archives sonores aux archives audiovisuelles, du noir et blanc à la couleur, de l’archive privée à l’archive publique.

Au final, le public aura revu des images d’archives qu’il avait pu voir ça et là au gré des actions des archives audiovisuelles,  découvrir des petits bijoux d’archives comme la présence de Max Linder à Monaco ou quelques scènes de rue du XIXème siècle, entendre la voix de Colette sortir des limbes ou encore entendre l’équipe du Prince Albert Ier de Monaco sur les quais du Havre en 1899 après une expédition aux Spitzberg.

Et pour que le public comprenne l’ampleur de la tâche, les interventions récurrentes de Laurent Trancy sur la restauration des images, sur la restauration des bandes son, sur les limites du  travail de restauration, sur l’évolution permanente du métier et des techniques ont apporté un éclairage captivant. La valorisation des archives est un aspect important de la mission : il permet de ne pas gélifier le passé, de ne pas le transformer en mausolée mais bien de les transformer en objets visibles pour que chacun se les approprie comme il s’approprie son espace.

L’équipe des archives audiovisuelles de Monaco déménagera en août 2018 dans des locaux neufs et beaucoup plus vastes dans  l’immeuble l’Engelin, en face de la villa Paloma, passant de 250 m2 à quasiment 800 m2 avec des locaux de stockage d’environ 450 m2. De quoi collecter, stocker, restaurer et valoriser encore et encore. L’équipe au grand complet des archives audiovisuelles présente sur le plateau a reçu une ovation comme une invitation à poursuivre et à nous émerveiller encore.

Archives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArchives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArchives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Archives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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