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Blog de mes curiosités

Articles avec #cinema catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique latine, #Amour, #Violence, #Bad boys, #fantastique
Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Que penser à la sortie d’un film lorsque plusieurs interprétations se télescopent ? Il faut dire qu’Amat Escalante surprend. Même le spectateur sûr de son fait depuis les premières minutes du film vacille finalement plus très sûr de son interprétation originelle. Car en fait deux mondes se côtoient dans La Région sauvage d’Amat Escalante : le monde du réel et l’autre monde : celui du rêve, du fantasme voire de la mort ; tout dépend.

Amat Escalante prend plaisir à mêler plusieurs registres : le drame, la comédie sociale, le policier, le fantastique pour mieux perdre son public. Côté réel, Alejandra et Angel ont deux enfants mais leur couple se distend et ce n’est pas l’envahissante belle-mère d’Angel qui va résoudre le problème. Alejandra a un frère Fabian, homosexuel notoire qui est l’amant de son beau-frère Angel. Enfin Veronica déboule dans l’histoire de chacun.

Le monde irréel est composé d’une petite maison dans un cadre bucolique tenue par Marta. Dans cette maison vit une créature spongieuse sorte de poulpe collant au corps et véritable machine à plaisir pénétrant les corps de toutes ses tentacules. Veronica semble être le trait d’union des deux mondes.

Et c’est là que les interprétations divergent : quel est ce monde ? Quelle est sa place dans l’histoire ? Est-ce un simple monde des fantasmes généré par les personnages qui n’en sont pas dénués ? Serait-ce le « moch » érotique, strate de l’au-delà imaginée par Werber   dans les Thanatonautes et que la série de meurtres permettrait de valider ?

Amat Esclalante nous invite à découvrir La Région sauvage mais tout dépend du spectateur. S’il en accepte le principe, s’il accepte de se laisser surprendre de se laisser bousculer et de suivre la crudité des situations, le spectateur réfléchira longtemps au sens de l’ensemble. Si vous visitez la Région sauvage comme des milliers de touristes déferlant au pas de charge plein de certitudes dans une civilisation autre que la leur ou dans une exposition d’art contemporain, nul doute que le voyage se fera sans vous.

 

« La Région sauvage » - Drame D’Amat Escalante avec Ruth Jazmin Ramos, Simone Bucio, Jesús Meza - Mexique, Danemark, France, Allemagne, Norvège, Suisse - Date de sortie : 19 juillet 2017 – Durée : 1h 39’

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Amérique du Nord, #Amour, #arts appliqués
« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Traversant le XXème siècle et la libération sexuelle notamment homosexuelle, le finlandais Touko Laaksonen dit Tom of Finland est devenu une icône gay célébrée par tout le milieu homosexuel inspirant au passage certains autres groupes comme les Village People. Avec ses représentations fantasmatiques, fantasmagoriques et fétichistes d’hommes virils, musclés, désinhibés braillant leur fierté d’être gays à chaque page, Tom of Finland est l’objet de toutes les controverses : icône gay ou témoin d’une époque ? Artiste ou simple illustrateur ? Fantasmagorie ou pornographie ? Etc.

Avec un sujet, un homme, des modèles aussi sulfureux, le réalisateur finlandais Dome Karukoski prenait a priori des risques et faisait du même coup sortir définitivement Tom of Finland du placard mais quels aspects de la vie de Tom of Finland faire émerger ? Sa vie cachée en Finlande ? Sa virée aux États-Unis ? Les années orgiaques ? Les années SIDA ? Les années pendant lesquelles ses publications étaient symboles de libération totale ou les années de plomb au cours desquelles ses publications étaient vouées aux gémonies et pointées comme responsables de la propagation de l’épidémie ?  

Il y avait effectivement tellement de parti pris à adopter, tellement de ficelles à tirer dans cet écheveau que Dome Karukoski a fini par n’en prendre aucun  se contentant d’un biopic sans relief réel, ultra-chronologique, qui finit par transformer son personnage en un personnage lambda , plutôt vague témoin de la libération des mœurs et de la lente montée des fiertés homosexuelles qu’acteur de cette période par œuvres interposées.

Le biopic est un art difficile. Sauf à trouver l’idée de génie, la caractéristique principale du personnage central qui servira de colonne vertébrale, tout biopic normalement constitué ne finit par n’avoir pour seule colonne vertébrale que le temps qui passe. Écrasant les temporalités au point de rendre l’ensemble difficilement compréhensible pour quiconque n’aurait pas les éléments de contexte en tête, il se noie dans un flot de détail à la psychologie fumeuse comme si pour caractériser une vie, une action, une œuvre, il fallait remonter aussi loin et tout prendre en compte.

Tom of Finland n’échappe hélas pas à la règle et ce ne sont pas trois dessins érotiques et quelques rencontres dans les fourrés qui peuvent rendre compte du côté sulfureux de sa production. La grande intelligence du Jackie de Pablo Larrain ( http://un-culte-d-art.overblog.com/2017/02/cinema-le-rialto-nice-jackie-tout-sauf-un-biopic.html) résidait dans son parti pris sur la communication politique dont il avait fait la colonne vertébrale. En prenant comme seul angle la communication politique et en réduisant la vie de Jackie à ses années à la Maison Blanche de part et d’autre de l’assassinat de JFK, Pablo Larrain avait fait de son film un modèle à l’attention des futurs ciné-biographes.

Il semblerait qu’il n’ait pas encore été entendu.

 

« Tom of Finland » - Biopic, Drame de Dome Karukoski avec Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jessica Grabowsky - Finlande, Danemark, Allemagne, Suède, États-Unis - Date de sortie 19 juillet 2017 – Durée : 1h 56’

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Patrimoine, #Photographie, #environnement, #arts numériques
Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

D’entrée de jeu Agnès Varda et JR  commencent par expliquer au spectateur où ils ne se sont surtout pas rencontrés. La facétie devient donc une évidence, elle ne les quittera quasiment pas.  En sur-jouant d’entrée leur propre rôle, ils ne laissent aucun doute quant à la spontanéité savamment orchestrée de leurs propos et de leurs gestes. Agnès Varda filme, JR photographie et colle mais le montage au final a fait son œuvre.

Visages, Villages est un Tour de la France par deux enfants, le patriotisme en moins, le patrimonial en plus. Le film fixe une certaine France, celle qui tend à disparaître sans nostalgie inutile. Il célèbre la France rurale, les éleveurs, les agriculteurs qui se retrouvent bien seuls à force de concentration des terres. Puis la caméra rend hommage à la France industrielle à travers les corons du Nord ou les dockers du Havre. Symboliquement d’ailleurs la caméra capture au passage le village atlantique fantôme, celui qui a certes disparu dans ses fonctions mais qui est toujours physiquement présent.  

Visages, Villages est une question de regards. Si le film joue sur la maladie des yeux d’Agnès Varda ou sur les lunettes noires de JR, il est un regard croisé de deux artistes, de deux générations, de deux pratiques artistiques. Dans les questions de regard, la focalisation interne n’est jamais loin et le film finit par citer ses références : Guy Bourdin, Henri Cartier –Bresson, Jean-Luc Godard pour les artistes et Pierrot le Fou, les Glaneurs et la Glaneuse, la galerie du Louvres pour les œuvres.

L’esprit même du film fait penser à Raymond Depardon et son camion, à Alain Cavalier pour les jeux de rôle, à Michel Gondry dans le rapport au public mais si le film est tout cela à la fois, il déroule son identité propre et nous entraine dans son cheminement. Villages, Visages est une bouffée d’oxygène, un enchantement et déjà une référence.

 

« Visages, Villages » - Documentaire d’Agnès Varda et JR – France - Date de sortie : 28 juin 2017 – Durée : 1h 29’

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amour, #Amérique latine, #mort
Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Marina et Orlando s'aiment. Les différences sont là visibles, moins visibles ou invisibles. Marina est jeune, Marina est la pièce rapportée car Orlando commence une deuxième vie, il a une ex-femme, des enfants, etc. Marina est trans, le film aura la délicatesse ne nous épargner les détails des opérations potentielles.  

Orlando meurt brusquement et la cauchemar de Marina commence : la police enquête car Orlando est tombé dans les escaliers et présente des hématomes forcément suspects, la famille ne veut pas entendre parler de la pièce rapportée sauf à lui demander de lui ramener la voiture, de partir de l’appartement ou de ne pas apparaitre aux obsèques.

Marina hésite, se tait quand il faudrait parler, insiste lorsqu’il faudrait se taire, se laisse dépouiller lorsqu’il faudrait insister. Toutes ces réactions à contretemps prouvent le désarroi de Marina qui vient de perdre sa vie, ses rêves, ses espoirs, sa normalité en une soirée.

Sebastián Lelio tenait un sujet majeur. Dans la lignée de Navidad pour la délicatesse et de Gloria pour l’énergie, il était parfaitement aidé par l’acteur transgenre Daniela Vega sur laquelle repose tout le film. Le sujet est intéressant, la mise ne scène maîtrisée, la caméra préserve la pudeur nécessaire au sujet, ne cherche ni le graveleux ni le sensationnalisme mais…

Sebastián Lelio a une fâcheuse tendance : chercher à faire basculer le spectateur du côté de l’héroïne.  Un peu moins de parti pris aurait sans doute grandit encore davantage sa Femme fantastique.

 

 

« Une Femme fantastique » - Drame de Sebastián Lelio avec Daniela Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco – Chili, Allemagne, Espagne, États-Unis -  Date de sortie :  12 juillet 2017 - Durée : 1h 44’

Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Une Femme fantastique » de Sebastián Lelio ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Proche orient, #Violence, #Amour, #Bad boys, #Epoque contemporaine, #Politique
Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’époque est troublée : l’affaire se déroule en Égypte lors des manifestations Place Tahir de janvier 2011 dans ce que l’Histoire nomme désormais les Printemps arabes. Si la politique n’est pas le sujet du film, elle est omniprésente par ses événements, les manifestations sur lesquelles se termine le film et par la corruption décrite comme un véritable sport national.

Sur fond de meurtre, de chantage et de corruption, le film suit le personnage  Noureddine, l’éternel inspecteur rebelle des thrillers chargé de l’enquête, sorte d’Inspecteur Harry version égyptienne. Dans un système policier mafieux, Noureddine enquête sur le meurtre d’une  chanteuse dans un hôtel et remonte le fil jusqu’à un proche de Moubarak.

Pot de terre contre pot de fer, puissant contre petit fonctionnaire, riche contre pauvre, corrupteur contre corruptible, inspecteur pas très normé contre intouchable, tout les ingrédients du thriller sont présents et cela fonctionne plutôt bien notamment en raison de la présence de Fares Fares qui porte le film à bout de bras, de bout en bout, qui lui imprime son rythme, sa marque, son tempo, son ambiance, ses rebondissements.

Régulièrement, la caméra lâche temporairement l’enquête pour capter l’ambiance du régime vacillant. Même si son héros n’est jamais bien loin, elle sonde tous les maux de la société égyptienne. La caméra suit les migrations, la pauvreté, la corruption, les contrastes sociaux, le manque d’eau, etc. Cela peut agacer comme cela peut intéresser. Mais cette promenade dans les vices de la société égyptienne impose un pessimisme et un fatalisme sur cette société qui présage déjà le sort fatal de l’Égypte et sa normalisation par coup d’État. Mektoub !

 

« Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh avec Fares Fares, Mari Malek, Yasser Ali Maher - suède, Allemagne, Danemark - Date de sortie : 5 juillet 2017 – Durée : 1h50’

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Cinéma
Archives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Archives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Pour pouvoir montrer une œuvre ancienne, il faut d’abord qu’elle existe, c'est-à-dire qu’il faut l’avoir conservée. Pour pouvoir la conserver, il faut d’abord l’avoir collectée. La formule d’Henri Langlois, fondateur de la Cinémathèque française, tombe tellement  sous le sens qu’il se trouve encore des pays, des contrées, des régions qui ne l’ont pas mise en application. Pourtant La science de ton passé est ton passeport pour l'avenir comme se plaisait à le dire Christine de Suède.

A Monaco, les archives audiovisuelles ont vingt ans : c’est beaucoup et c’est peu à la fois. C’est peu si la référence est la collection considérable et fort ancienne des archives du Palais princier, c’est beaucoup à la seule mesure du travail qui a été réalisé pour la collecte, la conservation, la restauration et la valorisation du patrimoine en si peu de temps.  C’est énorme pour peu que l’auditoire imagine les traces audiovisuelles qui ont fleuri au XXème siècle.  

Pour célébrer sa juvénilité, l’équipe des archives au grand complet a œuvré et la soirée qui a été proposée au public monégasque en présence de Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II et de Son Altesse Royale la Princesse de Hanovre, s’est révélée très riche, très variée et fort instructive. Passés les discours protocolaires, Vincent Vatrican, Laurent Trancy et Christian Roti ont animé la soirée sans temps mort sautant allégrement de la conservation à la restauration, des archives sonores aux archives audiovisuelles, du noir et blanc à la couleur, de l’archive privée à l’archive publique.

Au final, le public aura revu des images d’archives qu’il avait pu voir ça et là au gré des actions des archives audiovisuelles,  découvrir des petits bijoux d’archives comme la présence de Max Linder à Monaco ou quelques scènes de rue du XIXème siècle, entendre la voix de Colette sortir des limbes ou encore entendre l’équipe du Prince Albert Ier de Monaco sur les quais du Havre en 1899 après une expédition aux Spitzberg.

Et pour que le public comprenne l’ampleur de la tâche, les interventions récurrentes de Laurent Trancy sur la restauration des images, sur la restauration des bandes son, sur les limites du  travail de restauration, sur l’évolution permanente du métier et des techniques ont apporté un éclairage captivant. La valorisation des archives est un aspect important de la mission : il permet de ne pas gélifier le passé, de ne pas le transformer en mausolée mais bien de les transformer en objets visibles pour que chacun se les approprie comme il s’approprie son espace.

L’équipe des archives audiovisuelles de Monaco déménagera en août 2018 dans des locaux neufs et beaucoup plus vastes dans  l’immeuble l’Engelin, en face de la villa Paloma, passant de 250 m2 à quasiment 800 m2 avec des locaux de stockage d’environ 450 m2. De quoi collecter, stocker, restaurer et valoriser encore et encore. L’équipe au grand complet des archives audiovisuelles présente sur le plateau a reçu une ovation comme une invitation à poursuivre et à nous émerveiller encore.

Archives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArchives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArchives audiovisuelles de Monaco - "Les Archives racontent leurs vingt ans" ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #cinéma, #Extrême orient, #Amour, #Violence, #Jalousie
[Cinéma – Cinéma Mercury – Nice] Hong Sang-Soo : "le jour d’après"… est peu reluisant !

Le titre sonne comme un titre de film post apocalyptique sauf qu’en général chez Hong Sang-Soo l’apocalypse est dans les âmes, dans les têtes, dans les cœurs. Un film d’Hong Sang-Soo ressemble souvent à cette caricature de Caran d’Ache sur l’affaire Dreyfus représentant le diner de famille avant et après le pugilat avec ce titre Ne Parlons pas de l’affaire puis Ils en ont parlé. Sauf que comme à l’accoutumée les films de Hong Sang-Soo « ressemblent à » pour mieux s’en démarquer et ne ressembler à rien d'autre.

Ce pourrait être un hommage à Quadrille de Sacha Guitry et le parti pris de tourner en noir et blanc renforce ce qui ressemblerait à un clin d’œil. C’est assurément du Hong Sang-Soo avec ses longs plans séquences, ses interminables repas arrosés, ses petits mensonges qui embrouillent à plaisir, ses rebondissements, la neige sur Séoul et surtout sa construction.

L’affaire est apparemment simple : Bongwan, patron d’une petite maison d’édition est partagé entre sa femme acariâtre et sa maîtresse sans pitié qu’il a embauchée. Sa maîtresse le quitte, il embauche Areum pour la remplacer, la baratine et, fatalement, sa femme vient demander violemment des comptes à celle qu’elle prend pour la maîtresse. La maîtresse revient, Areum part, etc. Ne manquent que les portes qui claquent sauf que de cette histoire limpide, Hong Sang-Soo privilégie la déconstruction du récit qui promène le visiteur dans les méandres du temps.  

Sous des dehors de marivaudage, de pièce de boulevard, le ton se fait plus acide : le public entre assez vite en empathie avec Areum, finit par fulminer aux mensonges de Bongwan et se lasse de ce Dom Juan de pacotille, déteste cette acariâtre épouse et rejette cette égoïste maîtresse. Comme d’habitude, Hong Sang-Soo sonde les âmes, interroge le ressort amoureux, complexifie les rapports humains et sort de ce cycle par une pirouette inattendue pour notre plus grand bonheur.

 

« Le Jour d'après » - Drame de Hong Sang-soo avec Kim Min-Hee, Hae-hyo Kwon, Kim Saeybuk – Corée du Sud - Date de sortie : 7 juin 2017 – durée : 1h 32min

Nice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Arts plastiques, #arts numériques, #arts appliqués, #architecture, #Patrimoine, #Urbanisme
Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Évidemment à Turin, il y a le musée égyptien qui abrite les collections pillées par Bonaparte en Égypte puis abandonnées pour rentrer plus vite à Paris mais à Turin il ya a aussi le musée national du Cinéma nettement plus original. Nul ne peut en outre le louper car il est hébergé dans la Mole Antonelliana, visible de tous les points de Turin. La Mole Antonelliana en forme de dôme d’une hauteur de plus de 160 mètres de haut, conçue par Alessandro Antonelli au XIXème devait à l'origine devenir le lieu de culte de la communauté juive de Turin. L’histoire en décida autrement et la communauté juive obtint une synagogue fort intéressante dans un autre point de la ville.

En 2000, le musée national du cinéma intègre l’édifice après transformations par l’architecte-scénographe suisse François Confino. Afin de reconstituer l’ambiance « projection », l’architecte a sciemment conçu le bâtiment comme un choc audiovisuel. A l’intérieur, la collection que  l'historienne et collectionneuse Maria Adriana Prolo a léguée à la ville en 1991 a pris place et s’est considérablement enrichie. Le musée regroupait ainsi en 2006, de 20 000 appareils, peintures et gravures, de plus de 80 000 documents photographiques, de 12 000 films, de 26 000 volumes et de 300 000 affiches venus du monde entier.

Sur une surface de 3 200 m² distribuée sur cinq étages, le musée offre des possibilités variées comme l'atrium où allongé dans des fauteuils, il est possible de regarder des films sur deux écrans géants ou encore la montée en colimaçon, le long de la paroi du bâtiment qui distribue les niches dédiées aux expositions temporaires. Plus importantes encore, les salles du rez-de-chaussée présentent des appareils optiques pré-cinématographiques comme la lanterne magique, des accessoires de cinéma anciens et modernes et des pièces provenant des premiers studios de cinéma.

Ne prenez pas de visite guidée dans un tel lieu mais faites toutes les expériences patiemment pour retrouver l’ivresse qui a dû accompagner les premiers créateurs ! Ne laissez pas un guide vous dire ce que vous devez ressentir mais fabriquez vous vos propres impressions, votre propre initiation. Quelque chose vous échappe ? Quelle importance ! Laissez-vous aller. Soyez expérimentaux et pas mouton !

Et si d’aventure vous en avez assez du cinéma, dirigez-vous vers  l’ascenseur panoramique, inauguré en 1961 et rénové en 1999, et faites-vous une frayeur dans la cabine aux parois transparentes, qui vous élève jusqu’à la plateforme panoramique du dôme 85 mètres plus haut et admirez le panorama de la ville qui se déroule à vos pieds.

Musée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Musée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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New Far-ouest et post-western s’invitent à la Quinzaine des réalisateurs avec The Rider de Chloé Zhao. Tourné dans le Dakota du Sud, The Rider suit le personnage de Brady, entraineur de chevaux et étoile montante du rodéo, qui voit sa vie basculer après qu’un cheval lui a écrasé le crâne au cours d’un rodéo. Tout y est les grands espaces, les chevaux, l’amitié virile, le rodéo, les pom-pom girls, tout ce qu’un spectateur relativement anti-américaniste primaire pourrait fuir.

Et pourtant !  Plus le film avance plus il nous touche. Plus le film mène sa quête plus le spectateur mène la sienne. Plus le héros a des doutes, plus le spectateur en a lui aussi. The Rider est l’histoire d’un rêve qui s’envole d’un idéal qui s’efface. Brady ne peut plus, ne pourra plus monter un cheval de rodéo ; d’une seule ruade, tout son avenir s’est assombri au point de se demander s’il n’envie pas le sort de son camarade cloué à jamais sur son lit d’hôpital.

The Rider possède outre cette histoire personnelle une charge symbolique évidente. Dans cet état où Donald Trump a raflé les deux-tiers des voix, c’est bien l’effacement d’une époque qui a joué en sa faveur.  The Rider à travers son héros nous parle d’abandon, de paradis mythiques perdus, d’âge d’or fantasmé qui ne reviendront plus, d’une évidente détresse humaine loin des côtes américaines.

Ils pourront sembler stupides, dépassés, surannés, arriérés mais ils existent et ils votent. The Rider ne réconciliera absolument personne avec l’Amérique de Trump mais éclairera d’un jour nouveau la situation. Comme L’Homme qui tua Liberty Valance de John Ford,  The Rider nous aide à comprendre la difficile mutation de ces contrées des États-Unis, dont les habitants, désespérés,  risquent de se réveiller prochainement victimes d’une Trumperie sur la marchandise.

 

« The Rider » - Drame de Chloé Zhao avec Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau – États-Unis - Date de sortie inconnue à ce jour – Durée : 1h 45min

Quinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comQuinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comQuinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Quinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Pas facile d’entrer à la Quinzaine des réalisateurs 2017 surtout avec un accès très peu prioritaire mais tout le monde s’étant précipité à l’ouverture pour voir le film de Claire Denis Un beau Soleil intérieur l’affaire se révèle relativement simple. Le film suit Isabelle, divorcée, un enfant, quinquagénaire, qui se cherche un amour, un vrai ! Isabelle a ses hommes : un mari qui retente sa chance, un banquier plus doué pour la relation physique que sentimentale, un acteur en représentation permanente et un voisin de quartier qui comme Michel Blanc dans les Bronzés attend indéfiniment l’ouverture.  

A la direction deux femmes, Claire Denis qui, à la réalisation, signe son grand retour et Christine Angot, coscénariste, coadaptatrice et co-dialoguiste du film. Pour incarner la créature issue de leur cogitation, Juliette Binoche s’est sans doute imposée comme une évidence. Et pour papillonner autour d’elle,  Laurent Grevill en mari-amant éconduit, Xavier Beauvois en banquier goujat, Nicolas Duvauchelle en « Monsieur Je m’embrasse tous les matins devant la glace » et Philippe Katryn, voisin sans illusion font mouche.

Le spectateur qui pensait avoir fait le tour du plateau,  voyait soudain débarquer à l’écran,  outre Josiane Blasko, Alex Descas, Bruno Podalydes ou encore Valeria Bruni-Tedechi, un Gérard Depardieu en très grande forme, irrésistible dans son rôle de bonimenteur extra-lucide manipulateur qui clôt le film en poursuivant son dialogue hallucinant avec une Juliette Binoche embobinée sur le générique du film.

Ici repose bien sûr la grande force d’Un beau Soleil intérieur qui, crescendo, finit par faire gondoler la salle alors que le sujet de la solitude, de la frustration, n’est pas forcément l’un des plus drôles en soi. Le film aurait pu également tomber dans le travers du film à sketchs ou du numéro d’acteurs qui entrent à cour, font leur show puis sortent à jardin mais c’était sans compter sur la grande maîtrise de Claire Denis qui  instille sentiments et grande fluidité dans sa réalisation. Retour gagnant donc pour Claire Denis et rendez-vous en septembre pour la sortie en salle.

 

« Un beau Soleil intérieur » - Comédie dramatique de Claire Denis avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine, Gérard Depardieu – France - Date de sortie 27 septembre 2017 – Durée : 1 h 34’

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