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Blog de mes curiosités

Articles avec #epoque contemporaine catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Epoque moderne, #Epoque contemporaine, #Europe
Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sont-ils venus pour la grande violoniste Anne-Sophie Mutter ? Sont-ils venus pour le Concerto pour violon n°1 KV 207 de Wolfgang Amadeus Mozart ? Sont-ils venus pour la Symphonie n° 9  D. 944, La Grande de Franz Schubert ? Seraient-ils venus pour Sur le même accord, Nocturne pour violon et orchestre d’Henri Dutilleux ? Toujours est-il qu’il n’y a plus aucune place à la location depuis des semaines pour le concert exceptionnel d’Anne-Sophie Mutter avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la direction de Lawrence Foster.

Les amoureux de la musique de notre temps auront été ravis d’entendre  Sur le même accord, Nocturne pour violon et orchestre d’Henri Dutilleux, commande de l’Orchestre Philharmonique de Londres, composé au début de notre siècle, dont Anne-Sophie Mutter est dédicataire. Cette pièce, créée le 28 avril 2002 au Royal Festival Hall de Londres par Anne-Sophie Mutter elle-même et le London Philharmonic Orchestra sous la direction de Kurt Masur, n’est pas une première en Principauté car interprétée par David Lefebvre et l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la baguette de Lawrence Foster il y a cinq ans.

Pour récompenser les amoureux de la musique patrimoniale qui ont attendu bien sagement pendant ces dix minutes contemporaines, deux valeurs sûres :  le Concerto pour violon n°1 KV 207 de Wolfgang Amadeus Mozart et la Symphonie n° 9  D. 944, La Grande de Franz Schubert. Comme le violon a l’air d’une simplicité extrême avec Anne-Sophie Mutter. C’est le secret des Grand-e-s de nous faire apparaître comme simples des gestes qui ont demandé des années de travail assidu et acharné. Quoiqu’elle joue, le calme visiblement imperturbable d’Anne-Sophie Mutter, sa parfaite maîtrise impressionnent une grande partie du public tout en laissant certains autres de marbre.

Sans doute l’interprétation de la symphonie de Franz Schubert a-t’elle été remarquablement dirigée par Lawrence Foster et brillamment interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo mais placée en seconde partie après une telle prestation, elle a semblé passer inaperçue ; Anne-Sophie Mutter avait mis au prélable presque tout le monde Sur le même accord.

Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAuditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAuditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Epoque contemporaine, #Amérique latine, #Europe
Théâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Dans le cadre de ses activités, l’association pour la Promotion et le Développement de l’Accordéon et du Bandonéon, rarement à court d’idées, a accueilli salle Michel Daner à Beausoleil le samedi 30 septembre 2017 l’ensemble ATriango pour un concert intitulé Aux Couleurs du Pays. Ce trio composé d’Ariane Granjon au violon, Javier Estrella aux percussions et de Max Bonnay à l’accordéon et au bandonéon est original à plus d’un titre.

La première originalité de ce trio tient à sa composition même. Si le public est habitué aux ensembles piano, cordes et accordéon/bandonéon, l’alliance des percussions avec le violon, l’accordéon et le bandonéon est nettement plus rare. Partant de ce constat, rares sont les œuvres écrites pour ce type de formation et c’est donc à un gigantesque travail d’arrangement préalable qu’a dû se livrer le trio.

La seconde originalité de la soirée est venue du programme lui-même ; Aux couleurs du pays aurait pu s’appeler également Aux couleurs des époques tant la proposition est un voyage dans le temps et dans l’espace. Dans l’espace d’abord car si certains compositeurs sont latino-américains (Astor Piazzola, Paquito D’Rivera), d’autres sont issus d’Espagne (Manuel de Falla) et même d’Europe de l’Est (Bohuslav Martinu, Igor Stravinsky) quand d’autres encore ont un pied en Amérique latine, un pied en Europe (Gustavo Beytelmann, Lalo Zanelli). Mais le temps s’invite aussi dans ce voyage entre compositeurs nés au XIXème siècle (Manuel de Falla, Igor Stravinsky) et compositeurs encore en activité (Paquito D’Rivera, Gustavo Beytelmann, Lalo Zanelli).

Enfin la dernière originalité du trio et de ce concert réside en sa capacité à faire entendre un programme exigent, en l’interprétant magistralement tout en accompagnant le public pas à pas soit en présentant les compositeurs soit en distillant une histoire de la musique, des instruments ou du trio lui-même. Et encore merci pour cette triple originalité.  

Théâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Epoque contemporaine, #Danse
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Grimaldi Forum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Grimaldi Forum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinq jours après le Concert de Gala des Amis de l'Orchestre avec  Evgeny Kissin au Piano sous la direction de Lawrence Foster, le concert d’ouverture de la saison de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo  lui répondait avec un autre pianiste de renom : Boris Berezovsky sous la direction du Maître des lieux : Kazuki Yamada. La saison 2017-2018 de l’Orchestre philharmonique de la Principauté s’annonçait donc sous les meilleurs auspices.

Le programme proposé par Boris Berezovsky comprenait le Concerto n°1 pour piano de Frantz Liszt et Totentanz, l’une des pièces les plus difficiles du répertoire. Consciencieusement installé, le public attendait donc ce moment en toute confiance, la réputation de Boris Berezovsky n’étant plus à faire. Et pourtant… certains, peu nombreux il est vrai, ont frémi dès les premières mesures : l’entame est plutôt brouillonne, pas inintéressante mais brouillonne. Fort heureusement, très rapidement,  à peine quelques mesures plus loin, Boris Berezovsky avait repris le total contrôle de son concert et nous réservait une prestation qui restera dans les annales de l’orchestre.

Pour ceux qui commencent à connaître Kazuki Yamada, rien d’étonnant que la prestation lisztienne de Boris Berezovsky soit encadrée par deux chefs d’œuvres de la musique française que le maestro a ramenée avec lui lors de sa nomination. En forme de mise ne bouche,  Gigues la première des trois Images pour orchestre écrites par Claude-Achille Debussy au début du siècle fascine toujours plus de cent ans après sa création. Les amateurs de musique française et de Claude Debussy en particulier ont simplement regretté qu’Iberia et Rondes de Printemps les deux autres Images n’aient pas accompagné Gigues.

Comme les Images pour orchestre sont les dernières œuvres de Claude Debussy avant les compositions destinées au ballet, Daphnis et Chloé, symphonie chorégraphique pour chœur et orchestre de Maurice Ravel semblait s’imposer naturellement pour compléter un programme riche en surprises.  Si Kazuki Yamada aime la musique française, elle lui  sied à ravir et ce concert d’ouverture l’a une nouvelle fois démontré.

Et ces trente seconde d’angoisse n’auront donc servi qu’à épicer deux heures de pur bonheur.

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOrchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOrchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour
Cinéma Rialto - Nice - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo

Cinéma Rialto - Nice - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo

Il existe différentes manière d’aborder un film. Tout dépend de notre état d’esprit, notre humeur, notre vécu, nos traumatismes, nos souvenirs.  Pour la génération née à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, pour peu qu’ils soient passés directement de l’adolescence aux années SIDA, le risque de prendre le film de Robin Campillo 120 Battements par minute en pleine face est bien réel. Les comédiens ont leur âge, ils dansent sur leur musique, ils gueulent faux Tell me why ou Runaway Boy plus fort que les Bronski Beat voire ils ont soigné leurs malades, accompagné leurs amis ou sont passés directement dans la discothèque à peine sorti de l’enterrement… comme dans le film qui restitue bien ces années où la jeunesse  danse sur un volcan. Déjà morts, encore vivants a titré Emmanuel Burdeau dans son article sur Médiapart… c’est exactement cela.

La grande force de frappe du film de Robin Campillo tient à cette fidèle restitution des années de plomb, celle où la vie devient dans certains groupes notamment chez les accompagnants une partie réelle de chaises musicales : à chaque fois l’un se retrouve sur le carreau… Déjà morts, encore vivants. Ce réalisme des RH (réunions hebdomadaires)interminables, des engueulades à répétition, de la déchéance des corps, des soutiens à apporter, des tensions à supporter, des nécessaires moments de décompression en groupe au son de la house music omniprésente, des pouvoirs publics qui semblent tétanisés, de ces mères aimantes qui accompagnent dignement leur enfant, tout ceci renforce le lien émotionnel qui entoure le film, de son filigrane militant qui enveloppe les activistes d’Act Up-Paris. 

Mais ce n’est pas un film militant auquel cas il ne s’adresserait temporairement qu’à quelques dinosaures encore vivants. C’est un film, une œuvre, sans doute une grande qui relate avec sa chronologie, son histoire, ses partis pris, la vie de ces activistes qui ont fait prendre un tournant à toute la société occidentale. Le film débute par une RH avec accueil des nouveaux, sorte de rentrée des classes et se termine avec la mort ou plutôt par un dernier geste héroïque post-mortem comme un pied de nez à la mort. Dans l’intervalle c’est le combat, le combat entre l’entrée dans la vie, dans le groupe et l’issue fatale. Si le film colle au réel, il se construit comme une décantation, il va du général au particulier, des réunions hebdomadaires agitées à la relation plus apaisée entre Nathan et Sean. Comme la maladie, le film isole les éléments. La mise en place des personnages au début du film joue sur les temporalités : on passe d’aujourd’hui à hier avec une voix tantôt off tantôt in qui récapitule. Le passé, le présent et le futur se confondent déjà dans cette urgence de la vie, dans cette urgence à agir. Pour bien marquer l’hétérogénéité d’Act Up-Paris, Robin Campillo multiplie les points de vue en début de film : la poche de sang  qui s’écrase sur le visage d’un représentant officiel est vue de différentes manières, véritable métaphore des discussions à couteaux tirés à venir.

Le film joue avec son propre sujet. Le film suit des activistes, il les repoussera dans les derniers retranchements sans fard en jouant sur les points forts, les point faibles, les contradictions, les prises de tête, les prises de risques, les dérapages du groupe. Act Up-Paris joue sur les symboles, la communication, le film fera de même : il est à la fois œuvre majeure, outils de communication pour un réveil des consciences et élément d’une mémoire collective. Act Up-Paris  manie à la perfection la performance, le culot, la spontanéité, le film jouera avec une certaine crudité des images, la crudité des situations, la crudité des slogans. En fait, Robin Campillo réussit avec un funambulisme entre supportable et insupportable, communication et respect, activisme et écoute à restituer les mentalités collectives du groupe qui, devant l’urgence, s’essaie à toutes les tactiques.

Enfin le film est porté par une pléiade d’actrices et d’acteurs, chacun pleinement investi dans son personnage de fiction lui-même synthèse de situations réelles. Non seulement ces jeunes sont forts en gueule à la manière d’Adèle Haenel qui semble avoir fait reprendre du service à son personnage de Madeleine Beaulieu dans les Combattants mais ils engagent aussi tout leur corps dans la bataille. Antoine Reinartz (Thibault) incarne la communication, la force de frappe sans laquelle Act Up-Paris n’aurait eu cet écho. Tout en lui communique, quelle que soit la situation : il cristallise donc contentements et mécontentements, rancœurs et admiration.  Nahuel Pérez Biscayart, fantastique dans le rôle de Sean sera le maître du temps c’est par son corps supplicié que défileront les quelques mois qui lui restent à vivre passant de la trémoussante pom-pom girl à un corps supplicié par le sarcome de Kaposi. Arnaud Valois incarne Nathan qui dans la Bible est un prophète, un annonciateur. Il est tout aussi lumineux, joue en revanche sur l’ambiguïté de sa gueule d’ange : ange gardien ou ange de la mort ? Il est à l’image du film, de nous, des personnages, d’Act Up-Paris, génialement ambivalent.

Déjà morts, encore vivants disait d’eux Emmanuel Burdeau… et nous spectateurs à la fin du film sommes toujours vivants… et encore plus qu’avant !

 

 

« 120 Battements par minute » - Drame de Robin Campillo Avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel, Antoine Reinartz – France - Date de sortie : 23 août 2017 – Durée : 2h 20’

Cinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Antiquité, #Epoque contemporaine, #Amour
"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Une soixantaine d’œuvres dans le cadre de l’exposition Chagall, sculptures ont rejoint les salles du Musée National Marc Chagall de Nice prolongeant et dépassant ainsi le seul Message Biblique de la collection permanente du lieu. Issues de collections privées, elles sont exposées à Nice jusqu’au 28 août 2017 après l’exposition parisienne du Grand Palais avant de s’envoler pour le Japon.

A son installation à Vence dans les années 1950, Chagall diversifie techniques et supports. Le vitrail, la gravure, la mosaïque, la céramique et la sculpture deviennent ses nouveaux centres d’intérêt. Dans le domaine de la sculpture, il alterne comme le montre l’exposition bas-reliefs et rondes-bosses en utilisant tout type de pierre : pierre de Rognes, pierre du Gard, marbre de Carrare ou simples galets de la plage.

Les sculptures répondent parfois à des commandes qu’elles soient publiques comme les œuvres réalisées pour les fonts-baptismaux de l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d’Assy par exemple ou privées comme les pièces réalisées pour la cour intérieure de l’hôtel particulier d’Ira Kostelitz à Paris en 1966.

Le public retrouve évidemment dans les sculptures les thèmes de prédilection de Marc Chagall. Les personnages bibliques comme Jacob et son célèbre songe ou encore les amours de David et Bethsabée sont récurrents. Le bestiaire est omniprésent avec les chevaux, les coqs et les chèvres. L’hybridation homme-animal se retrouve dans beaucoup de sculptures. Mais il manque évidemment un élément fondamental dans les sculptures : la luminosité des couleurs vives de Marc Chagall, ses bleus, ses jaunes, ses rouges.

C’est sans doute la raison pour laquelle les commissaires de l’exposition Anne Dopffer, commissaire général, conservateur général du patrimoine, directrice des musées nationaux du XXème siècle des Alpes-Maritimes et Johanne Lindskog, commissaire, conservatrice du patrimoine au musée national Marc Chagall ont tenu à compléter, opposer, mettre en miroir œuvres picturales et sculptures de l’artiste. Si les œuvres dialoguent entre elles selon la formule consacrée, elles prennent certaines fois l’aspect de la présentation de l’étude et de sa réalisation picturale et ce n’était pas sans doute l’effet recherché.

"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Arts plastiques, #Epoque contemporaine
Nice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Comme les années passées, la Ville de Nice propose une exposition estivale et automnale d’envergure du 24 juin au 15 octobre 2017 intitulée Nice 2017, Ecole(S) de Nice dont le commissariat général est assuré par Jean-Jacques Aillagon. Cette exposition générique regroupe quatre expositions dans quatre lieux emblématiques de l’art dans Nice: Le MAMAC (Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain), le Musée Masséna, la Galerie des Ponchettes et le 109.

Si l’ensemble des expositions marque les 70 ans de l‘École de Nice, celle du MAMAC intitulée A propos de Nice constitue un double clin d’œil : clin d’œil à l’exposition A propos de Nice en 1977 à l’ouverture du Centre Pompidou qui fête ses quarante ans et clin d’œil à l’emblématique film éponyme de Jean Vigo lui-même source d’encyclies avec le film A propos de Nice, la suite réalisé par sept cinéastes en 1995.

Dans une exposition de ce type qui traite  de l’art réalisé sur le territoire de l’exposition, le public cherche souvent voire toujours  à reconnaître tel ou tel artiste, tel ou tel acteur qu’il a connus. Mais au fait ? Qu’est-ce que l’École de Nice ? Selon Wikipedia, L'École de Nice est un courant artistique qui s'est développé à Nice à partir de la fin des années 1950 et qui a regroupé de nombreux artistes devenus internationaux. Elle s'inscrit à la croisée de plusieurs mouvements comme le Nouveau réalisme, Fluxus, Supports/Surfaces...

Pour définir l’École de Nice, le choix s’est porté sur quelqu’un que nous sommes légion à avoir cherché en photo dans l’exposition,  Raphaël Monticelli.  Raphaël Monticelli a défini en son temps l’École de Nice par son inverse : elle n’est pas l’ensemble de tous les artistes qui œuvrent dans la région niçoise. En revanche elle regroupe tout artiste distant de tout académisme, de toute convention, qui a réalisé une partie significative de son travail à Nice ou dans sa région, qui est un initiateur ou moteur, et non suiveur d’un mouvement et, enfin, qui s’inscrit dans une problématique contemporaine.

L’exposition jongle avec tout cela. Dans une salle, les pin-up de Martial Raysse sur installation de plage dialoguent avec A propos de Nice de Jean Vigo et avec un extrait de Du Côté de la Côte d’Agnès Varda contemporaine du mouvement. Au centre les chaises bleues de la promenade permettent de méditer la formule d’Yves Klein : Bien que nous, c'est à dire artistes de Nice, soyons toujours en vacances, nous ne sommes pas des touristes. C'est là le point essentiel. Les touristes viennent chez nous pour les vacances, nous, nous vivons sur cette terre de vacances, ce qui nous donne cet esprit de folie. Nous nous amusons sans penser ni à la religion, ni à l'art, ni à la science.

De part et d’autres, les différents mouvements foisonnent. Le nouveau réalisme avec Martial Raysse, Arman ou le crucifix de Nikki de Saint-Phalle étrillent la société de consommation et la supermarchisation de la société. Qu’il soit en vidéo, en interview, sur plan avec son atelier légendaire ou présent dans sa maison de la collection permanente, Ben est omniprésent. Il occupe l’espace et les transports pour y venir(les stations du tramway) sans qu’il ait besoin d’apparaître. A lui seul, il est le chantre de Fluxus de cette exposition. Enfin, troisième courant Support-surface est présent à travers les œuvres de Noel Dolla même si une exposition spéciale lui est consacrée à la galerie des Ponchettes ou celles de Bernard Pagès ou encore de Claude Viallat dans la collection permanente.

Le lien entre collection permanente et collection temporaire pose justement question dans cette exposition. Les œuvres de la collection permanente sont étrangement restées à leur étage et n’ont pas été intégrées pour les plus emblématiques d’entre elles dans la collection temporaire. Certes chacun peut y voir comme une invitation à aller plus loin, plus haut mais cela crée une distorsion préjudiciable à l’ensemble d’autant que la collection permanente est suffisamment riches pour présenter en plus de la temporaire soit les inclassables, soit les rattachés tardivement à l’École de Nice, soit ceux comme Claude Vialat qui sans être rattaché à l’École de Nice appartiennent à un courant qui s’y rattache.

A ce détail près, l’ensemble de l’exposition par son esprit d’à propos mérite réellement plus que le détour.   

Nice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Nice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Europe, #Epoque contemporaine, #guerre, #Politique
Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abandonnant temporairement sa programmation très grand public, le Cinéma Les Beaux Arts de Monaco propose Dunkerque de Christopher Nolan hélas en version française. Christopher Nolan interrompant ses combats intergalactiques retrouve le plancher des vaches et se polarise sur un événement historique majeur : l’évacuation en urgence de la poche de Dunkerque en 1940 pendant la campagne de France. S’intéresser à ces réflexes historiques qui vous transforment une défaite en victoire par une idée de génie comme les Taxis de la Marne en 1914 ou la grande armada des petits bateaux de 1940 est effectivement éminemment cinématographique.

Dunkerque est un film de guerre, Dunkerque est un film sur un événement historique, Dunkerque possède tous les traits du film de guerre, batailles, héroïsme, petites lâchetés, gros lâchages, sacrifices, honneurs, etc. De ce point de vue il se place dans la foulée de Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg. Dunkerque casse régulièrement les grands espaces par des espaces extrêmement contraints, anxiogènes jouant avec la respiration du public. Comme tous les films de guerre, Dunkerque vise au réalisme mais souligne certaines situations, fait des choix, n’évite pas certains défauts comme  l’héroïque atterrissage sur la plage en fin de film mais il fonctionne.

Le principal atout de Dunkerque est qu’il tient en haleine et en émotion en jouant sur six strates spatio-temporelles qui s’entrecroisent. Dunkerque montre bien la conjonction des trois éléments la mer, la terre et l’air pour comprendre les enjeux de cette bataille. Hormis quelques scènes en début de film, Dunkerque ignore superbement la ville dont il porte le nom pour se concentrer sur les interfaces aéro-maritimo-terrestre, là où tout se joue. Dunkerque joue aussi avec trois temps : les deux jours de l’évacuation, la nuit de la traversée de la grande armada et les quarante-cinq minutes de carburant qu’il reste au pilote pour nettoyer le ciel. En passant d’une strate à l’autre, en faisant de l’interface spatiale le point de convergence de l’interface temporelle, Christopher Nolan fait mouche et rend le film dynamique et émouvant.

Certes le film oublie Dunkerque, les forces françaises, les Allemands présents uniquement par les balles et les bombardements assez lâches puis vaguement visibles dans les dernières scènes, mais Dunkerque reste un film très réussi pou peu que le public se laisse porter par le film de guerre. Pour un atterrissage après des années dans l’espace, Christopher Nolan s’en sort fort bien.

 

 

« Dunkerque » - Film de guerre de Christopher Nolan avec Fionn Whitehead, Tom Glynn-Carney, Jack Lowden – États-Unis, France, Royaume-Uni, Pays-Bas - Date de sortie : 19 juillet 2017 – Durée : 1h 47min

Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Cinéma, #Proche orient, #Violence, #Amour, #Bad boys, #Epoque contemporaine, #Politique
Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’époque est troublée : l’affaire se déroule en Égypte lors des manifestations Place Tahir de janvier 2011 dans ce que l’Histoire nomme désormais les Printemps arabes. Si la politique n’est pas le sujet du film, elle est omniprésente par ses événements, les manifestations sur lesquelles se termine le film et par la corruption décrite comme un véritable sport national.

Sur fond de meurtre, de chantage et de corruption, le film suit le personnage  Noureddine, l’éternel inspecteur rebelle des thrillers chargé de l’enquête, sorte d’Inspecteur Harry version égyptienne. Dans un système policier mafieux, Noureddine enquête sur le meurtre d’une  chanteuse dans un hôtel et remonte le fil jusqu’à un proche de Moubarak.

Pot de terre contre pot de fer, puissant contre petit fonctionnaire, riche contre pauvre, corrupteur contre corruptible, inspecteur pas très normé contre intouchable, tout les ingrédients du thriller sont présents et cela fonctionne plutôt bien notamment en raison de la présence de Fares Fares qui porte le film à bout de bras, de bout en bout, qui lui imprime son rythme, sa marque, son tempo, son ambiance, ses rebondissements.

Régulièrement, la caméra lâche temporairement l’enquête pour capter l’ambiance du régime vacillant. Même si son héros n’est jamais bien loin, elle sonde tous les maux de la société égyptienne. La caméra suit les migrations, la pauvreté, la corruption, les contrastes sociaux, le manque d’eau, etc. Cela peut agacer comme cela peut intéresser. Mais cette promenade dans les vices de la société égyptienne impose un pessimisme et un fatalisme sur cette société qui présage déjà le sort fatal de l’Égypte et sa normalisation par coup d’État. Mektoub !

 

« Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh avec Fares Fares, Mari Malek, Yasser Ali Maher - suède, Allemagne, Danemark - Date de sortie : 5 juillet 2017 – Durée : 1h50’

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Epoque contemporaine, #Patrimoine, #Europe, #Amérique du Nord
Auditorium Rainier III - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Auditorium Rainier III - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Pour fêter, le printemps qui s’achève, l’été qui vient, les vacances qui approchent, la saison qui se termine, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo a décidé de faire son show ! Le programme allie découvertes avec le Concerto pour percussion et orchestre de Friedrich Cerha et Tuning up d’Edgard Varèse pour deux premières exécutions à Monaco, musique festive très connue avec La Marche de Radetzky, opus 228 de Johann Strauss ou Mambo extrait de West Side Story de Leonard Bernstein et des œuvres festives plus rares comme les Œuvres orchestrales de Leroy Anderson ou encore la célèbre Symphonie n°45 en fa dièse mineur dite « Les Adieux » de Joseph Haydn.

Pour éviter la fuite du public les deux œuvres les moins connues sont placées en milieu de première partie et en début de seconde, le concert s’ouvre et se ferme par les deux « tubes » du classique : la Marche de Radetzky où le public qui se croit à Vienne le premier janvier peut taper (mal) dans ses mains ouvre le concert et Mambo où le public peut crier en toute impunité clôt le concert.

La Symphonie « Les Adieux » de Joseph Haydn véritable mise en scène de la rébellion de l’orchestre se taille toujours son petit succès. A l’origine ce fut pour suggérer subtilement au Prince Nicolas Esterházy que le séjour dans son palais d’été était un peu long que chaque musicien, l'un après l'autre, s'arrêta de jouer, souffla la chandelle de son pupitre et quitta la salle. O tempora ! O mores ! C’est désormais le technicien qui baisse l’intensité lumineuse à chaque départ de musicien jusqu’à ce que le noir tombe sur les deux violons muets.

Si l’orchestre s’est défoulé dans les Œuvres orchestrales de Leroy Anderson, chaque pupitre y allant de sa petite mise en scène et s’il a rendu hommage aux orchestres et au cinéma dans la courte pièce d’Edgard Varese, c’est bien la performance (plus que l’exécution) de Simone Rubino dans le Concerto pour percussion et orchestre de Friedrich Cerha qui a le plus impressionné.

Le Concerto pour percussion et orchestre de Friedrich Cerha est la plus récente des œuvres jouées ce soir et la plus originale. Il est en effet rare de voir autant de percussions différentes sur scène mais les voir devant l’orchestre est encore plus étonnant. Passé le premier étonnement, l’oreille s’intéresse à l’ensemble, à l’intégration des percussions dans l’ensemble harmonique, aux différentes sonorités des percussions. Après la découverte de La Boda de Luis Alonso, pour castagnettes et orchestre interprétée à la folle Journée de Nantes en 2013 par Lucero Tena1 et l’Orchestre Lamoureux dirigé par Fayçal Karoui, le public était ainsi convié à découvrir un autre type de concerto.

Mais l’Homme aux baskets rouges, Simone Rubino pour répondre à l’ovation du public a entrepris une autre performance en soliste laissant l’ensemble de la salle pantoise devant tant d’énergie, tant de technique et surtout tant de musicalité.

1 Lucero Tena se produira en concert dans le cadre de la programmation de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo le dimanche 18 février, à 11h00  à l’Opéra de Monte-Carlo - Salle Garnier

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique du Nord, #Epoque contemporaine, #Patrimoine, #environnement, #Mythe
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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New Far-ouest et post-western s’invitent à la Quinzaine des réalisateurs avec The Rider de Chloé Zhao. Tourné dans le Dakota du Sud, The Rider suit le personnage de Brady, entraineur de chevaux et étoile montante du rodéo, qui voit sa vie basculer après qu’un cheval lui a écrasé le crâne au cours d’un rodéo. Tout y est les grands espaces, les chevaux, l’amitié virile, le rodéo, les pom-pom girls, tout ce qu’un spectateur relativement anti-américaniste primaire pourrait fuir.

Et pourtant !  Plus le film avance plus il nous touche. Plus le film mène sa quête plus le spectateur mène la sienne. Plus le héros a des doutes, plus le spectateur en a lui aussi. The Rider est l’histoire d’un rêve qui s’envole d’un idéal qui s’efface. Brady ne peut plus, ne pourra plus monter un cheval de rodéo ; d’une seule ruade, tout son avenir s’est assombri au point de se demander s’il n’envie pas le sort de son camarade cloué à jamais sur son lit d’hôpital.

The Rider possède outre cette histoire personnelle une charge symbolique évidente. Dans cet état où Donald Trump a raflé les deux-tiers des voix, c’est bien l’effacement d’une époque qui a joué en sa faveur.  The Rider à travers son héros nous parle d’abandon, de paradis mythiques perdus, d’âge d’or fantasmé qui ne reviendront plus, d’une évidente détresse humaine loin des côtes américaines.

Ils pourront sembler stupides, dépassés, surannés, arriérés mais ils existent et ils votent. The Rider ne réconciliera absolument personne avec l’Amérique de Trump mais éclairera d’un jour nouveau la situation. Comme L’Homme qui tua Liberty Valance de John Ford,  The Rider nous aide à comprendre la difficile mutation de ces contrées des États-Unis, dont les habitants, désespérés,  risquent de se réveiller prochainement victimes d’une Trumperie sur la marchandise.

 

« The Rider » - Drame de Chloé Zhao avec Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau – États-Unis - Date de sortie inconnue à ce jour – Durée : 1h 45min

Quinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comQuinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comQuinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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