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Blog de mes curiosités

Articles avec #arts plastiques catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Religion, #arts appliqués, #Arts plastiques, #Moyen âge
Asnières-sur-Vègre – Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Asnières-sur-Vègre – Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Yves Morvan dans Des témoins ressuscités publié dans  Monuments historiques en 1995 disait qu’au Moyen Âge, [...] une église... n'était jamais considérée comme achevée tant que la pierre, matériau terrestre, n'avait pas été masquée par un revêtement peint digne de la « Maison de Dieu ». Toutes les églises étaient recouvertes intérieurement de peintures murales ou autres fresques, contrairement aux églises à pierre apparente ou à enduit  de l’époque contemporaine. Dans la Sarthe, l’église d’Auvers-le-Hamon a été parmi les premières en 1903 à dévoiler ses fresques retrouvées sans doute à la faveur de travaux de rénovation. Depuis dans d’autres églises, des fresques ont été également retrouvées, restaurées, conservées et l’église d’Asnières sur Vègre abrite sans doute les plus anciennes.

Retrouver des fresques, c’est aussi entrer en collision avec les mentalités collectives ancestrales.  Contempler des fresques du XIIIème siècle ou du XVème siècle nous replonge dans le quotidien des habitants de la paroisse qui, ne sachant fort majoritairement ni lire ni écrire, avaient besoin de décrypter un certain nombre d’informations sur les frontons, sur les tympans, sur les chapiteaux, sur les murs. Ainsi étaient-ils prévenus des affres de l’enfer, de la vie édifiante des saints, martyrs de préférence ou du fonctionnement normal de la société que le Très Haut leur avait imposée.

Visiblement, le parti pris des artistes de l’église d’Auvers-le-Hamon s’est porté sur l’hagiographie voire la martyrologie : aux côté de Saint-Martin sur son cheval ou de Saint-Cénéré en habit  cardinalice, Saint-André succombe sur sa croix Saint-Mamès se tient les entrailles tandis que Sainte-Apolline fait face à ses arracheurs de dents.  Belle tentative d’embarquer les fidèles dans la voie édifiante des Saints sans leur masquer le risque lié à la mission.

Autre option pour les artistes de l’église d’Asnières sur Vègre, le mur du fond de l’église, celui qui est visible lorsque les fidèles quittent l’édifice présente trois visions de l’enfer : le Cerbère à trois têtes menace les âmes, le Léviathan avale les autres tandis que d’autres encore cuisent à petit feu dans un gros chaudron. Sur le mur de droite, la société médiévale idéale  selon Adalbéron de Laon représentée dans l’ordre de lecture : les Oratores (ceux qui prient), les Bellatores (Ceux qui combattent) et les Laboratores (ceux qui travaillent) rappelle à chacun sa place… son ordre.

Si d’aventure certains fidèles remontés contre cette société imposée avaient eu quelques fugaces idées de révolte, la lecture du mur du fond était sensée les ramener à coup sûr à des pensées plus…chrétiennes.

Asnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAsnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAsnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Asnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAsnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAsnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Asnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon- Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts appliqués, #architecture, #Patrimoine
Le Voyage à Nantes 2017 © photo : Olivier Metzger

Le Voyage à Nantes 2017 © photo : Olivier Metzger

Ceux qui aiment l’art viendront à Nantes proclament le visuel du Voyage à Nantes. Wherever we are is museum (Tout lieu où nous sommes est musée) répondent Eva et Adèle, les autoproclamées jumelles hermaphrodites de l’art  qui habitent le visuel, version Thelma et Louise.

Effectivement, le Voyage à Nantes est une offre artistique permanente et  dispersée  sur le périmètre de la métropole nantaise, nous faisant divaguer d’une œuvre signée par un grand artiste d’aujourd’hui à un élément remarquable du patrimoine, alternant arts plastiques, lieux conviviaux, patrimoine ou architecture. Mais dans ce voyage, les œuvres d’art dispersées dans la ville transforment Nantes en centre d’art contemporain à ciel ouvert avec des œuvres qui communient avec le patrimoine ou qui se répondent à quelques hectomètres de distance.

Au centre de Nantes, par exemple, une grande roue excavatrice tronquée intitulée la Part manquante rend hommage à la fois aux loisirs, à l’industrie du sel omniprésente dans la région, à la nature par palmiers interposés. Vous cherchez la part manquante ? Cherchez bien ! Elle vous attend sur le parcours dans un lieu qui lui est plus adapté. Les artistes Daniel Dewar et Grégory Gicquel avec le Nu et la Roche exposent à la Hab Gallery et au cours Cambronne. Leurs sculptures de marbre rose explorent la nudité des corps à travers leur lieu de prédilection : la salle de bains.

Nicolas Darrot dialogue avec lui-même et à proximité. Sur la place, Graslin, dans un chapiteau  improvisé, il vous accueille avec Hécate. En revanche, dans la salle du théâtre Galin, avec BLKNTRNTL Nicolas Darrot déploie un grand drapeau noir mécanisé qui balaie la salle de manière métronomique. Si le drapeau fait référence à Black International, premier groupe anarchiste de Londres, le drapeau mécanique sur la scène renvoie à la poupe d’un navire de pirate qui n’attend que son metteur en scène.

Au château des Ducs de Bretagne, l’art contemporain se marie avec le patrimoine et le ludique avec la découverte. Le Paysage glissé propose à l’aide d’un toboggan arrimé à la muraille de faire découvrir à tous les remparts du château comme jamais ils ne les ont vus… à la manière d’un assaillant qui prendrait la poudre d’escampette après un assaut raté… le rire en plus, l’huile bouillante et les flèches en moins !

Enfin, et la liste des artistes et des œuvres est loin d’être exhaustive, les Anneaux de Patrick bouchain et Daniel Buren au nombre de dix-huit découpent  l’espace fluvial comme autant de méga-lunettes d’observation. Ces anneaux changent de couleur à la nuit tombante devenant bleu, vert, rouge transformant encore la  perception du fleuve, véritable métonymie de l’ensemble des propositions artistiques qui  transforment notre propre perception de la ville de Nantes. 

Compliqué ? Non suivez la ligne verte matérialisée au sol et laissez-vous guider !

Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Le Voyage à Nantes 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Antiquité, #Epoque contemporaine, #Amour
"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Une soixantaine d’œuvres dans le cadre de l’exposition Chagall, sculptures ont rejoint les salles du Musée National Marc Chagall de Nice prolongeant et dépassant ainsi le seul Message Biblique de la collection permanente du lieu. Issues de collections privées, elles sont exposées à Nice jusqu’au 28 août 2017 après l’exposition parisienne du Grand Palais avant de s’envoler pour le Japon.

A son installation à Vence dans les années 1950, Chagall diversifie techniques et supports. Le vitrail, la gravure, la mosaïque, la céramique et la sculpture deviennent ses nouveaux centres d’intérêt. Dans le domaine de la sculpture, il alterne comme le montre l’exposition bas-reliefs et rondes-bosses en utilisant tout type de pierre : pierre de Rognes, pierre du Gard, marbre de Carrare ou simples galets de la plage.

Les sculptures répondent parfois à des commandes qu’elles soient publiques comme les œuvres réalisées pour les fonts-baptismaux de l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d’Assy par exemple ou privées comme les pièces réalisées pour la cour intérieure de l’hôtel particulier d’Ira Kostelitz à Paris en 1966.

Le public retrouve évidemment dans les sculptures les thèmes de prédilection de Marc Chagall. Les personnages bibliques comme Jacob et son célèbre songe ou encore les amours de David et Bethsabée sont récurrents. Le bestiaire est omniprésent avec les chevaux, les coqs et les chèvres. L’hybridation homme-animal se retrouve dans beaucoup de sculptures. Mais il manque évidemment un élément fondamental dans les sculptures : la luminosité des couleurs vives de Marc Chagall, ses bleus, ses jaunes, ses rouges.

C’est sans doute la raison pour laquelle les commissaires de l’exposition Anne Dopffer, commissaire général, conservateur général du patrimoine, directrice des musées nationaux du XXème siècle des Alpes-Maritimes et Johanne Lindskog, commissaire, conservatrice du patrimoine au musée national Marc Chagall ont tenu à compléter, opposer, mettre en miroir œuvres picturales et sculptures de l’artiste. Si les œuvres dialoguent entre elles selon la formule consacrée, elles prennent certaines fois l’aspect de la présentation de l’étude et de sa réalisation picturale et ce n’était pas sans doute l’effet recherché.

"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Epoque contemporaine
Nice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Comme les années passées, la Ville de Nice propose une exposition estivale et automnale d’envergure du 24 juin au 15 octobre 2017 intitulée Nice 2017, Ecole(S) de Nice dont le commissariat général est assuré par Jean-Jacques Aillagon. Cette exposition générique regroupe quatre expositions dans quatre lieux emblématiques de l’art dans Nice: Le MAMAC (Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain), le Musée Masséna, la Galerie des Ponchettes et le 109.

Si l’ensemble des expositions marque les 70 ans de l‘École de Nice, celle du MAMAC intitulée A propos de Nice constitue un double clin d’œil : clin d’œil à l’exposition A propos de Nice en 1977 à l’ouverture du Centre Pompidou qui fête ses quarante ans et clin d’œil à l’emblématique film éponyme de Jean Vigo lui-même source d’encyclies avec le film A propos de Nice, la suite réalisé par sept cinéastes en 1995.

Dans une exposition de ce type qui traite  de l’art réalisé sur le territoire de l’exposition, le public cherche souvent voire toujours  à reconnaître tel ou tel artiste, tel ou tel acteur qu’il a connus. Mais au fait ? Qu’est-ce que l’École de Nice ? Selon Wikipedia, L'École de Nice est un courant artistique qui s'est développé à Nice à partir de la fin des années 1950 et qui a regroupé de nombreux artistes devenus internationaux. Elle s'inscrit à la croisée de plusieurs mouvements comme le Nouveau réalisme, Fluxus, Supports/Surfaces...

Pour définir l’École de Nice, le choix s’est porté sur quelqu’un que nous sommes légion à avoir cherché en photo dans l’exposition,  Raphaël Monticelli.  Raphaël Monticelli a défini en son temps l’École de Nice par son inverse : elle n’est pas l’ensemble de tous les artistes qui œuvrent dans la région niçoise. En revanche elle regroupe tout artiste distant de tout académisme, de toute convention, qui a réalisé une partie significative de son travail à Nice ou dans sa région, qui est un initiateur ou moteur, et non suiveur d’un mouvement et, enfin, qui s’inscrit dans une problématique contemporaine.

L’exposition jongle avec tout cela. Dans une salle, les pin-up de Martial Raysse sur installation de plage dialoguent avec A propos de Nice de Jean Vigo et avec un extrait de Du Côté de la Côte d’Agnès Varda contemporaine du mouvement. Au centre les chaises bleues de la promenade permettent de méditer la formule d’Yves Klein : Bien que nous, c'est à dire artistes de Nice, soyons toujours en vacances, nous ne sommes pas des touristes. C'est là le point essentiel. Les touristes viennent chez nous pour les vacances, nous, nous vivons sur cette terre de vacances, ce qui nous donne cet esprit de folie. Nous nous amusons sans penser ni à la religion, ni à l'art, ni à la science.

De part et d’autres, les différents mouvements foisonnent. Le nouveau réalisme avec Martial Raysse, Arman ou le crucifix de Nikki de Saint-Phalle étrillent la société de consommation et la supermarchisation de la société. Qu’il soit en vidéo, en interview, sur plan avec son atelier légendaire ou présent dans sa maison de la collection permanente, Ben est omniprésent. Il occupe l’espace et les transports pour y venir(les stations du tramway) sans qu’il ait besoin d’apparaître. A lui seul, il est le chantre de Fluxus de cette exposition. Enfin, troisième courant Support-surface est présent à travers les œuvres de Noel Dolla même si une exposition spéciale lui est consacrée à la galerie des Ponchettes ou celles de Bernard Pagès ou encore de Claude Viallat dans la collection permanente.

Le lien entre collection permanente et collection temporaire pose justement question dans cette exposition. Les œuvres de la collection permanente sont étrangement restées à leur étage et n’ont pas été intégrées pour les plus emblématiques d’entre elles dans la collection temporaire. Certes chacun peut y voir comme une invitation à aller plus loin, plus haut mais cela crée une distorsion préjudiciable à l’ensemble d’autant que la collection permanente est suffisamment riches pour présenter en plus de la temporaire soit les inclassables, soit les rattachés tardivement à l’École de Nice, soit ceux comme Claude Vialat qui sans être rattaché à l’École de Nice appartiennent à un courant qui s’y rattache.

A ce détail près, l’ensemble de l’exposition par son esprit d’à propos mérite réellement plus que le détour.   

Nice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Nice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Nice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice 2017, Ecole(S) de Nice - MAMAC - Nice - A propos de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts appliqués, #Théâtre
Monaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Suffit-il réellement d’un espace vide, d’une personne qui le traverse, et d’un spectateur pour que le théâtre prenne forme ? C’est sur cette interrogation  de Peter Brook que Leslie Bourgeois, scénographe, pose sa performance, Scenophobia.  Scenophobia est un processus de travail en cours d’élaboration entre Paris et Monaco, entre Le Lieu exact et le Logoscope et qui a fait appel à deux forces extérieures Clément Peyon (comédien/auteur/metteur en scène) et Frédéric Combe (comédien/agitateur de projets). Scenophobia signifie littéralement peur de la scène et c’est bien le problème de l’écriture scénographique qui est ici posé. Qu’est-ce qu’une écriture scénographique : est-elle plastique ou théâtrale ? En fait Leslie Bourgeois fait naître de ce premier questionnement une série d’interrogations : quelle est la frontière entre les disciplines artistiques ? Y en a-t-il une ? Les spectateurs ressentent-ils la même chose ? La performance est-elle chaque fois identique ?

Le dispositif scénique est des plus simples : l’espace est occupé par un tapis de papier kraft et par une comédienne qui entrant à cour se confronte à cette masse. Mais que fait cette femme ? Qu’elle transforme la matière, qu’elle travaille le volume, est-elle dans une démarche plastique ? Qu’elle anime la masse, qu’elle la meuve dans l’espace, est-elle dans une démarche théâtrale ? Et qu’en pense le public ? Comment réagit-il ? Si les premiers spectacles de James Thierrée en particulier La Symphonie du Hanneton ou La Veillée des Abysses avait déjà posé le problème de la confrontation des deux démarches, il était cependant clair chez lui que la dimension plastique servait la dimension scénique et surtout dramaturgique. En transformant ce simple tapis de papier kraft en costume, en sculpture puis en personnage à part entière, Leslie Bourgeois emprunte cette démarche.

Mais visiblement le public dans la salle n’est pas unanime et ceux qui ont suivi la performance depuis quelques temps si ce n’est depuis ses origines, pensent que la version proposée ce soir contrairement aux précédentes prend un tour éminemment théâtral. Si l’œuvre d’art est prétexte au questionnement et au débat, Leslie Bourgeois a fait mouche. Elle rappelle ce que disait Pierre Soulages L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire. Mais pour pouvoir poursuivre ce questionnement, le donner à voir, à entendre, à ressentir à un public, Nous devons préserver les lieux de la création, les lieux du luxe de la pensée, les lieux du superficiel, les lieux de l'invention de ce qui n'existe pas encore, les lieux de l'interrogation d'hier, les lieux du questionnement comme l’affirmait fort bien Jean-Luc Lagarce.

Pierre Soulages, Jean-Luc Lagarce : le dialogue Arts Plastiques et Théâtre se poursuit. Le Lieu Exact, le Logoscope : les lieux de recherche poursuivent leur quête.

Monaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Théâtre des Variétés - Scenophobia - Lelie Bourgeois ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Arts plastiques, #arts numériques, #arts appliqués, #architecture, #Patrimoine, #Urbanisme
Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Évidemment à Turin, il y a le musée égyptien qui abrite les collections pillées par Bonaparte en Égypte puis abandonnées pour rentrer plus vite à Paris mais à Turin il ya a aussi le musée national du Cinéma nettement plus original. Nul ne peut en outre le louper car il est hébergé dans la Mole Antonelliana, visible de tous les points de Turin. La Mole Antonelliana en forme de dôme d’une hauteur de plus de 160 mètres de haut, conçue par Alessandro Antonelli au XIXème devait à l'origine devenir le lieu de culte de la communauté juive de Turin. L’histoire en décida autrement et la communauté juive obtint une synagogue fort intéressante dans un autre point de la ville.

En 2000, le musée national du cinéma intègre l’édifice après transformations par l’architecte-scénographe suisse François Confino. Afin de reconstituer l’ambiance « projection », l’architecte a sciemment conçu le bâtiment comme un choc audiovisuel. A l’intérieur, la collection que  l'historienne et collectionneuse Maria Adriana Prolo a léguée à la ville en 1991 a pris place et s’est considérablement enrichie. Le musée regroupait ainsi en 2006, de 20 000 appareils, peintures et gravures, de plus de 80 000 documents photographiques, de 12 000 films, de 26 000 volumes et de 300 000 affiches venus du monde entier.

Sur une surface de 3 200 m² distribuée sur cinq étages, le musée offre des possibilités variées comme l'atrium où allongé dans des fauteuils, il est possible de regarder des films sur deux écrans géants ou encore la montée en colimaçon, le long de la paroi du bâtiment qui distribue les niches dédiées aux expositions temporaires. Plus importantes encore, les salles du rez-de-chaussée présentent des appareils optiques pré-cinématographiques comme la lanterne magique, des accessoires de cinéma anciens et modernes et des pièces provenant des premiers studios de cinéma.

Ne prenez pas de visite guidée dans un tel lieu mais faites toutes les expériences patiemment pour retrouver l’ivresse qui a dû accompagner les premiers créateurs ! Ne laissez pas un guide vous dire ce que vous devez ressentir mais fabriquez vous vos propres impressions, votre propre initiation. Quelque chose vous échappe ? Quelle importance ! Laissez-vous aller. Soyez expérimentaux et pas mouton !

Et si d’aventure vous en avez assez du cinéma, dirigez-vous vers  l’ascenseur panoramique, inauguré en 1961 et rénové en 1999, et faites-vous une frayeur dans la cabine aux parois transparentes, qui vous élève jusqu’à la plateforme panoramique du dôme 85 mètres plus haut et admirez le panorama de la ville qui se déroule à vos pieds.

Musée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Photographie, #Opéra
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Pour tous ceux qui par habitude lisent les programmes de l’opéra de Monte-Carlo dans les moindres recoins ou qui sur le site prennent l’habitude de jeter un œil sur le copyright des visuels, il est loin d’être un inconnu. Mais il reste un nom, un indice, une patte car peu de personnes sauraient le reconnaître. Alain Hanel est un photographe spécialisé dans les portraits d'artistes en représentation, danseurs ou chanteurs lyriques. Il pose ainsi son regard sur les scènes de la principauté en général et depuis dix ans de l’Opéra de Monte-Carlo en particulier.

Pour célébrer cet anniversaire, le choix de présenter une infime partie de son travail avec l’Opéra aurait pu être montré dans l’atrium du casino, le hall du Grimaldi forum ou encore le hall de l’auditorium Rainier III… au risque d’être vu uniquement par ceux qui fréquentent habituellement les institutions culturelles de la Principauté au détriment du plus grand nombre. Si d’aventure vous observez les flux pendulaires de migration à Monaco, vous vous rendrez vite compte que l’un des endroits le plus courus (au sens propre) de la Principauté se trouve être la galerie qui mène des ascenseurs de la promenade Honoré II au centre commercial de Fontvieille.  

C’est certes une gageure de placer des œuvres dans un endroit de passage privé de toute lumière naturelle mais cela fait sens. Non seulement une présence artistique dans ce non-lieu qu’est ce couloir marmoréen est déjà un embryon de vie en soi mais en plus, les œuvres d’Alain Hanel sont ainsi mises à disposition du plus grand nombre. Quand bien même l’endroit est traversé au pas de charge par  une population toujours pressée, gageons que la présence des photos aura ralenti,  le flux voire l’aura temporairement arrêté dans une un instant fugace de surprise artistique.

Et c’est là que le parti pris esthétique d’Alain Hanel croise le public visé. Comme le public visé, Alain Hanel doit travailler sur le mouvement rapide, comme le public visé, il est contraint par la lumière artificielle du lieu, comme pour le public visé, Alain Hanel doit arrêter le mouvement, comme pour le public visé, Alain Hanel doit capter le mouvement. En résumé, pour ses œuvres comme pour le public visé, Alain Hanel est l’artiste du fugace, de l’éphémère, celui qui doit capter l’instant, l’attention de personnes artistes ou non qu’il ne connaît pas forcément.

Quelle place occupe réellement l’Art dans notre société en dehors de ses lieux de représentation ? C’est bien toute la question posée par cette initiative de remettre des œuvres dans la ville, dans des lieux qui font sens. Souhaitons simplement que cette expérience se renouvelle et s’amplifie.

Galerie Carrefour - Exposition Alain Hanel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGalerie Carrefour - Exposition Alain Hanel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGalerie Carrefour - Exposition Alain Hanel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Protégée de la folie des hommes par son accès délicat, l’abbaye de Silvacane, troisième sœur cistercienne provençale est revenue en pleine lumière en partie grâce au festival de piano de la Roque d’Anthéron, commune qui assume désormais la gestion de l’abbaye.

Silva Cana signifie forêt de roseaux. C’est en 1144 que des moines venus de l’abbaye de Morimond, elle-même fille de Cîteaux, occupent le gué de Gontard sur la Durance, drainent le territoire et y développent l’agriculture. Florissante aux XIIème et XIIIème siècles, l’abbaye souffre à la fois de la folie meurtrière des hommes (Guerre de Cent ans et Guerres de religion), des cataclysmes (peste noire du XIVème siècle) et de l’évolution technique, l’imprimerie rendant illusoire le travail des moines copistes.

Déclarée bien national sous la Révolution française, l'abbaye redevient exploitation agricole évitant ainsi sa destruction par transformation en carrière de pierre. L'ensemble, classé au titre des Monuments Historiques, est acquis par l'État en 1945 avant d’être rétrocédé par décentralisation à la commune de La Roque d’Anthéron.

Ce qui surprend le plus à Silvacane c’est le silence, le calme et la sérénité qui se dégagent du site mais peut-être que l’heure et le jour furent propices : peu de visiteurs et juste un groupe en fin de visite.  Contrairement à Sénanque, Silvacane n’est plus occupée et se visite en continu avec ces éléments traditionnels propres aux abbayes : l’église abbatiale, le dortoir des moines, la salle capitulaire, le scriptorium, le chauffoir et le réfectoire.

Le réfectoire est le lieu dédié à l’art et notamment à l’art contemporain. L’exposition du moment est dédiée aux œuvres de Jacob Reymond qui se trouve être l’artiste idoine pour les lieux. Jacob Reymond travaille sur la métamorphose, l’empreinte, le signe. Il aime également la performance qui permet le croisement avec les autres formes d’expression artistique. Le travail présenté à Silvacane s’appelle partitions et exprime son ressenti  intime et sensible à l’écoute d’une œuvre musicale. Il transcrit ainsi sur toile ce que nombre d’entre nous sommes incapables de traduire : les vibrations que le son et la musique produisent en nous.

Silvacane, abbaye qui historiquement a résonné du chant des moines, accueille de manière récurrente des formations musicales et ouvre aujourd’hui ses portes à un artiste plasticien travaillant sur la transcription plastique des vibrations musicales qu’il ressent. Dans ce lieu l’exposition fait sens et raccroche intelligemment le patrimoine, le passé, les racines à des expressions artistiques d’aujourd’hui.  

"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts appliqués, #Urbanisme, #Photographie, #environnement, #Epoque contemporaine
Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

La nouvelle exposition de l’Hôtel des Arts de Toulon rend hommage à l’œuvre de l’artiste marseillais Richard Baquié, disparu il y a vingt ans. Présenter une vie d’artiste en quelques salles, quelques œuvres, quelques performances n’est jamais chose aisée. C’est donc par la thématique des déplacements que l’œuvre de l’artiste est présentée. Je fabrique des machines pour créer des situations. Je cherche une sculpture qui agit. Ce que l’on y projette en figure l’aperçu. La distance entre le projet et le résultat est le sens même de mon travail, disait Richard Baquié.

La première chose qui saute aux yeux des visiteurs lorsqu’ils pénètrent dans l’hôtel des Arts c’est le recyclage et le détournement d’objets ou plus exactement le recyclage de parties d’objets. Ici trainent portières de voitures, fenêtre de wagon SNCF, débris de carlingue, restes de contenants alimentaires. Richard Baquié questionne les trente glorieuses et la société de consommation à travers les déchets industrielles qu’elles nous ont laissés et qu’elles nous laissent encore.

Simple recyclage ? Non ! Richard Baquié comme ses contemporains Judith Bartolani et Claude Cayol détourne l’objet de sa fonction première, lui inflige une métamorphose parfois radicale. De contenant alimentaire, objet de vie, la boîte métallique devient mitrailleuse donc objet de mort. Souvent la métamorphose se fait moins violente plus poétique : accompagné de mots, de phrases, de citations, l’objet se met à se transformer en invitation au voyage, en invitation à l’amour. Le Via Air mail combine ainsi carlingue d’avion, cartes postales qui se défraichissent : que restera-t-il

L’exposition présente également le projet de commande publique de 1988 dans le cadre d'un programme de rénovation urbaine à la Cité des Cèdres à Marseille. Pensée pour être une installation comprenant une fontaine ainsi qu'une voiture enterrée et des lettres en métal, la fontaine devait faire apparaître sur quatre pans, une photographie panoramique de Marseille d’Yves Gallois. Minée par la malfaçon et le manque d’entretien, il ne reste de visible aujourd'hui qu'un parallélépipède de béton. Triste fin pour une œuvre publique, triste fin pour les souvenirs d’une époque, triste fin pour les souvenirs de l’époque composant l’œuvre.

Une des œuvres de Richard Baquié datée de 1985 est accompagnée de l’interrogation Que reste-t-il de ce que l’on a pensé et non dit ?... L’œuvre Via Air mail combine carlingue d’avion, cartes postales qui se défraichissent comme si chaque partie de l’œuvre avait commencé son inégal combat pour la survie… que restera-t-il tout simplement ?  

 

Richard Baquié "Déplacements" - Exposition du 4 mars au 7 mai 2017 - Hôtel des Arts – Toulon

Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comRichard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Arts plastiques, #arts appliqués, #Enfance, #Adolescence
Cinéla Mercury - Nice - David Lynch  : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéla Mercury - Nice - David Lynch : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Avec David Lynch : The Art Life, Jon Nguyen et Rick Barnes (XVII) dressent un portrait aussi ambigu, aussi surprenant que le cinéaste américain peut l’être. Le format peut déranger : le film retrace la première partie de la vie de David Lynch de sa naissance dans le Montana en 1946 à la réalisation d’Eraserhead (Labyrinth man) en 1976. Le documentaire évite ainsi soigneusement les années fastes de l’auteur et son entrée dans la cour des grands. Il plonge en revanche dans les années de construction de son imaginaire.  

Qui a vu l’exceptionnel Tarnation de Jonathan Caouette en 2003 trouvera a priori cette rétrospective fort sage avec un David Lynch qui narre en voix tantôt off tantôt in son parcours. La linéarité du documentaire déséquilibre un peu le spectateur au départ qui s’attendait à une production plus déconstruite, mélangeant les époques, faisant apparaître différentes strates spatio-temporelles. Mais non ! Le film suit sa ligne chronologique, poursuit David Lynch du Montana à l’Idaho puis sur la côte Est avant la grande épopée de la côte Ouest, hybride les images d’archives avec le travail actuel de David Lynch dans son atelier en présence de sa fille.

Il se trouve que l’intérêt du film est ailleurs. Le film se construit comme un véritable jeu de piste dont le centre de production n’est autre que l’atelier de l’artiste lui-même. Que nous donne à voir cet atelier ? Un triptyque de Jérôme Bosch au mur, des œuvres tripartites de David Lynch qui entrent souvent en écho avec  ledit triptyque. Et surtout David Lynch au travail, David Lynch dans la conception de ses œuvres plastiques, premières concrétisations de l’univers en élaboration tout droit sorti de son imaginaire. Et le David Lynch rétif à l’école, rétif aux devoirs, rétif à la discipline, rétif aux cadres, rétif à tout ce qui peut brimer son imaginaire, sa créativité prend ici tout son sens.

Toute allusion prend corps dans ce documentaire comme tout objet fait sens dans les films de David Lynch : ils sont autant d’indices, de clés pour pénétrer dans l’histoire, pas forcément la comprendre mais y pénétrer. L’atelier d’abord, lieu refuge d’un artiste qui à l’évidence ne se sent pas à l’aise en extérieur. L’atelier est au centre des préoccupations de l’artiste comme lieu d’isolement et de réflexion à l’instar de ses grandes écuries abandonnées de l’école californienne qui verront la naissance d’Eraserhead (Labyrinth man).

Mais ce ne sont pas les seuls indices du documentaire. Le film jonche toute la linéarité du récit d’indices qui évoquent  immédiatement les films cultes à venir. David Lynch est souvent filmé plongé dans ses méditations comme la plupart de ses personnages futurs. Il est nimbé de la fumée de cigarette comme les brumes d’Elephant Man, il parle dans un micro ancien et chacun s’attend à un moment à le voir entonner Blue Velvet. Ses constructions plastiques, ses modelages évoquent Dune.  En fait toute la construction repose sur les objets, les indices qu’il faut savoir repérer comme dans Mulholland Drive ou Inland Empire.

En un mot, si le film paraît linéaire il n’est jamais loin de Lost Highway.

 

 

« David Lynch : The Art Life » -  Documentaire, Biopic de Jon Nguyen, Rick Barnes (XVII) avec David Lynch – États-Unis - Date de sortie 15 février 2017 – Durée : 1h 30min

Cinéla Mercury - Nice - David Lynch  : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéla Mercury - Nice - David Lynch  : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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