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Blog de mes curiosités

Articles avec #cirque catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Cirque, #Théâtre, #Patrimoine, #guerre
La Fille du Régiment de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

La Fille du Régiment de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Si la  proposition artistique de Vincent Vittoz  et son parti pris de mise en scène vous laissent totalement de marbre, il est fort possible que vous n’entriez jamais dans cet univers de La Fille du Régiment mais si vous vous laissez tenter ne serait-ce qu’une seule fois, alors vous pourrez alors goûter tout le sel  de cet opéra comique de Gaetano Donizetti.

Sur scène, surprise ! Une voiture et des soldats que l’on pourrait qualifier de fatigués avec une colline stylisée en grand plan incliné. Si le livret original situe l'action près de Bologne, à l’aube du Risorgimento (milieu du XIXème siècle) avec des soldats autrichiens, l'action se situe en 1805 dans le Tyrol, occupé par les troupes de Napoléon Ier avec des soldats français dans toutes les représentations. Pourquoi une autre guerre,  fictive, hors temps, anachronique, ne serait-elle pas possible ? Nous ne sommes ni dans le drame historique ni dans un grand réalisme. La maison contemporaine de la marquise de Berkenfield au deuxième acte toute droit sortie du cabinet de Le Corbusier confirme la tendance contemporaine du contexte.

Dans ce décor la soldatesque, œil poché, bras en écharpe, s’active autour de sa fille collective Marie. Tout le plateau joue intelligemment avec la scénographie d’Amélie Kiritzé-Topor. Le plan incliné de la maison devient praticable pour la leçon de chant, la maison toute jolie soit-elle se mue en prison pour Marie, le piano à queue de guingois est une périphrase de la leçon de chant. Le plan incliné comme les escaliers descendants dans la maison rajoutent une dimension verticale à l’ensemble. Surréaliste ? Non moins que le livret car l’adoption collective par un régiment d’une fille abandonnée qui se retrouve être la fille naturelle de la marquise de Berkenfield nous laisse loin du réalisme si ce n’est du réel.

Le premier écueil de l’opéra comique, sauf pour qui ne vient que pour les voix, réside dans la clarté de tout le texte parlé. Aucun souci avec ce plateau à la diction parfaite où même le léger accent de Marie contribue à la rendre originale.  Il faut ensuite passer le second écueil qui est le sens de la mise en scène : Vincent Vittoz ayant opté pour l’excès il va falloir… en faire des caisses. Marie semble trop délurée ? Elle a plutôt adopté les façons peu raffinées de s’assoir de la soldatesque et l’effet comique fonctionne. Le dernier écueil est bien sûr la performance vocale et le plateau fait un sans faute : le baryton-basse Frédéric Goncalves à la fois acteur et chanteur excelle comme par définition dans la duplicité qui est la sienne sur scène, Daniella Fally très à l’aise vocalement se joue des pièges et représente une vivandière plus vraie que nature sorte de Calamity Jane revue par Morris et Frédéric Antoun joue de tous les registres, de tous les codes, de son physique avantageux, passe d’un état à l’autre et aborde le célèbre Ah ! Mes amis sans difficulté.  Il se dit d’ailleurs dans les couloirs de l’opéra que la production a usé de quelques ténors avant de tenir « son » Tonio.

S’ajoutent à ce plateau trois rôles peu ou pas chantés qui accompagnent l’ensemble en forçant sur le registre comique : la mezzo-soprano Anne-Marguerite Werster en duchesse de Berkenfield, Francis Dudziak en Hortensius et Nicole Monestier en Duchesse Crakentorp. Quelques ajouts de textes accentuent l’effet comique mais après tout, l’œuvre elle-même n’a-t-elle pas emprunté à son époque et n'a-t-elle pas été pillée à son tour comme en témoigne la récurrente chanson Madame Arthur mise en musique en 1892 par la chanteuse de café-concert Yvette Guilbert jouée ici au violon.

Dans la fosse, Roberto Rizzi-Brignoli a la lourde tâche de rendre à l’œuvre toute sa brillance sans pour autant couvrir les voix, casse-tête dont il s’acquitte avec brio.

"La Fille du Régiment" de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon - Frédéric Antoun - Frédéric Goncalves - Daniela Fally©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com "La Fille du Régiment" de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon - Frédéric Antoun - Frédéric Goncalves - Daniela Fally©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com "La Fille du Régiment" de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon - Frédéric Antoun - Frédéric Goncalves - Daniela Fally©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Racines, #Violence, #racisme, #Cirque, #Théâtre
[Cinéma – Cinéma les Beaux-arts – Monaco] Pourquoi Chocolat finit par nous emporter

Le film est maîtrisé, trop peut-être, ressemble à une grande fresque historique. Il est très linéaire, fortement pédagogique, pratique volontiers le premier degré, surligne les problèmes du racisme dans la France de la IIIème République et pourtant Chocolat fonctionne.

Le propos déjà est novateur. Souvent l’histoire de l’esclavage, la ségrégation et le racisme ordinaire ont été montrés à l’écran … mais aux États-Unis de Gone with the Wind de Victor Fleming en 1939 à 12 Years a Slave de Steve McQueen en 2013. Rarement voire jamais n’ont été présentés les problèmes du rapport Blancs-Noirs dans la France hexagonale. Chocolat comble donc déjà un vide et remet la France républicaine au centre de ses contradictions avec l’origine de la question coloniale et le débat enflammé de juillet 1885 que se livrèrent à la chambre des députés le très colonisateur Jules Ferry et le très anticolonial Georges Clemenceau.

Le film ensuite évite l’écueil du simple biopic pour prendre certaines libertés avec son original. Footit n’est pas le célibataire décrit par le film, ce n’est pas Chocolat qui part jouer Shakespeare mais Footit, ce n’est pas davantage Chocolat qui fuit Footit mais Footit qui cherche à relancer sa carrière avec son fils, etc. Prenant ces libertés, il peut se permettre des clins d’œil, clins d’œil à la bataille d’Hernani lors des représentations d’Othello, clin d’œil à Victor Schœlcher, à Aimé Césaire et à Franz Fanon à travers le personnage de Victor le révolté.

Pour réaliser sa fresque, Roschdy Zem n’a pas lésiné sur le plateau. Rien n’est négligé surtout pas les seconds rôles. Le film repose sur Olivier Gourmet en Joseph Oller, Noémie Lvovsky en Madame Delvaux, Denis et Bruno Podalydès en Frères Lumière, Xavier Beauvois en Félix Potin ou encore Clotilde Hesme en Marie. Le film repose sur un duo de clowns et repose sur un Omar Sy très inspiré dans son rôle et surtout un James Thierrée étincelant avec sa sempiternelle rigueur et précision d’horloger. Même s’il pratique volontiers le premier degré le film joue intelligemment sur les nuances : Chocolat brille mais se détruit, Footit séduit mais sa jalousie ne fait pas l’ombre d’un doute.

Rarement enfin un film comme Chocolat de Roschdy Zem n’aura mis en pratique la mise en abyme à un tel degré. La carrière d’Omar Sy a débuté à la télévision avec le blanc Fred Testot, elle se poursuit au cirque avec le blanc James Thierrée. Footit enseigne à Chocolat les ficelles du métier, le merveilleux circassien qu’est James Thierrée enseigne toutes les ficelles de la retenue à Omar Sy qui n’en fait pas plus qu’il n’en faut. Le racisme ordinaire est mis en scène, Roschdy Zem le poussera jusqu’à la scène dans l’interprétation d’Othello de Shakespeare. Le film convoque enfin ses propres créateurs les frères Lumières et re-scénarise les images captées au début du siècle jusqu’à la sortie de cadre des protagonistes avant de nous renvoyer en fin de film les images réelles de Footit et Chocolat beaucoup moins athlétique qu’Omar Sy.

Ne prenons pas Chocolat pour ce qu’il nous montre de prime abord. Chocolat sera sans doute un grand succès populaire beaucoup plus fin que la première impression peut nous laisser. Il se déguste lentement, revient en bouche, est amer… autre mise en abyme.

Chocolat de Roschdy Zem avec Omar Sy, James Thiérrée, Clotilde Hesme – Biopic – France - Date de sortie : 3 février 2016 - 1h 50

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Cirque, #Musique, #Jeune public
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Passer de la compagnie Pina Bausch à la compagnie Gorgomar, passer de Vollmond à Monsieur Mouche confinent au choc thermique, certains artistes n’ont décidément pas de chance au tirage au sort. Mais il suffit de connaître Monsieur Mouche pour que cela semble inévitable ! Portrait.

Monsieur Mouche, outre l’image que la jeunesse en a à travers le Peter Pan de Walt Disney, est dans le civil une sorte de factotum du théâtre. Outre sa fonction, Monsieur Mouche possède deux qualités rigoureusement inverses qui le tiraillent à longueur de temps.

Monsieur Mouche est d’abord et avant tout d’une extrême musicalité pour ne pas dire qu’il est la musique incarnée. Il peut tour à tour chanter, s’accompagner à l’Ukulélé, diriger un trio ukulélé, kazou, feuille de papier, faire une démonstration de scie musicale ou encore entonner Ce n’est qu’un au revoir avec une simple baudruche. Monsieur Mouche y excelle au point de se demander comment Monsieur Mouche n’a pas fait carrière.

Il faut bien avouer que Monsieur Mouche a une facette bien plus terrible qui l’en empêche au point que son surnom pourrait être « on l’appelle catastrophe ». S’il était un héros de cinéma, Monsieur Mouche serait Monsieur Hulot, s’il était un acteur, il serait Pierre Richard dans la Chèvre, s’il était personnage de bande dessinée, il serait Gaston Lagaffe, s’il était un amuseur, il serait Mister Bean. Il est un peu tout cela à la fois et néanmoins unique. Affublé d’un tic qui le pousse à apostropher tout le monde d’un « hello » accompagné d’un salut militaire, il provoque des catastrophes en tout genre dès qu’il touche quoi que ce soit.

Si le genre et le personnage ne sont pas révolutionnaires, monsieur Mouche devient malgré tout immensément sympathique à mesure que le récit avance lorsque le spectateur se rend compte que toute l’équipe du théâtre, qui en a manifestement soupé de ses frasques, ne se donne même plus la peine de lui répondre voire même de s’énerver.

Outre la musique, Monsieur Mouche est un immense spécialiste des chutes en tout genre qui finissent par tout emporter sur leur passage. Monsieur Mouche emporte cruellement l’adhésion et le rire dès que la situation vire au grand guignol. Monsieur Mouche ne manque donc pas d’idées, ni de surprises, il manque encore un peu de rythme.

Théâtre national de Nice - Compagnie Gorgomar - Monsieur Mouche - Thomas Garcia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre national de Nice - Compagnie Gorgomar - Monsieur Mouche - Thomas Garcia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre national de Nice - Compagnie Gorgomar - Monsieur Mouche - Thomas Garcia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre national de Nice - Compagnie Gorgomar - Monsieur Mouche - Thomas Garcia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #environnement, #Danse, #Cirque, #Musique, #Epoque contemporaine
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Le croisement des différents langages artistiques est toujours un exercice périlleux pouvant se solder dans le pire des cas par une espèce de suraccumulation d’écritures esthétiques sans interactions entre elles. Le traitement d’une actualité immédiate peut se révéler tout aussi suicidaire si un parti pris fort ne le porte pas. Et pourtant, David Lescot a tenu le pari de s’attaquer à un sujet d’immédiate actualité (la COP21) en croisant les écritures artistiques. Porté ici par une dramaturgie solide, le croisement des arts loin d’affaiblir le propos le renforce.En devenant volontairement cacophonique, il est la parfaite interprétation de ce que génèrent ces grands messes médiatiques … Much Ado About Nothing autrement dit Beaucoup de Bruit pour rien comme le disait déjà William Shakespeare.

Pour éviter l’écueil de l’immédiateté, la pièce Glaciers grondants est viscéralement naturaliste. Elle puise incontestablement chez Emile Zola et ses Carnets d’enquête. Elle a d’ailleurs été conçue selon un processus enquête préalable, écriture, dramaturgie et mise en espace. Pour marquer le trait, certains comédiens conservent d’ailleurs leur identité à la scène comme à la ville : Éric Caruso est Éric Caruso, Théo Touvet est Théo Touvet. La pièce se pose en témoin de notre temps. L’enjeu climatique transcende tout, imprègne les débats, envahit la vie quotidienne, questionne la représentation.

Certes naturaliste, la pièce fonctionne également par clins d’œil théâtraux. La tentative de rencontre entre Éric Caruso et Jean Jouzel, climatologue et glaciologue français de renom, vice-président du GIEC et à ce titre récipiendaire du prix Nobel de la Paix collectif attribué en 2007, tourne à la péripétie calendaire. Jean Jouzel est annoncé, attendu comme Godot, n’apparait jamais évidemment et finit par n’être plus qu’une voix mais quelle voix, celle qui rompt avec la cacophonie ambiante. Comment ne pas voir également un clin d’œil, pire une citation, à Eugène Ionesco et aux Chaises dans le final de Glaciers grondants. Dans Les Chaises, au milieu d’un fatras de chaises sur-accumulées, le vieux et la vieille après avoir accueilli l’orateur se suicident. Dans Glaciers grondants, plus les gens parlent sur scène, plus les frigos envahissent la pièce jusqu’à se muer en écrans pour clips de témoignages, certes tous plus justes les uns que les autres mais tous plus inaudibles les uns que les autres dans cette débauche de paroles, de mots, de unes, de vrais-faux débats, de fausses vraies bonnes idées. Le problème de communication cher à Eugène Ionesco revient en force.

La mise en abyme se fait permanente et le dérèglement climatique touche également le couple avec ses ciels sereins, ses orages, ses tempêtes, ses bourrasques.

Comme un flot grossi par la fonte

Des glaciers grondants,

Quand l'eau de ta bouche remonte

Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,

Amer et vainqueur,

Un ciel liquide qui parsème

D’étoiles mon cœur !

Le Serpent qui danse tiré des Fleurs du mal de Charles Baudelaire donne non seulement son titre à la pièce mais permet également à la pièce de suivre en parallèle dérèglement climatique et dérèglement amoureux, d’aborder subtilement le thème de la durée et du temps qui passe, de combiner urgence et insouciance et de mettre en lumières calme séculaire et éruptions soudaines. Mais la mise en abyme ne s’arrête pas à ce parallèle : Théo Touvet est bien comédien et circassien sauf que Théo Touvet est également physicien et la rencontre avec Éric Caruso dans la pièce évoque la rencontre dans la vie entre un metteur en scène avide de comprendre les enjeux climatiques et un artiste –physicien non moins avide de participer à une aventure collective. La pièce enfin se met en abyme avec le Conte d’hiver de William Shakespeare. Comme son nom l’indique, Le Conte d’hiver est très marqué par les saisons et interroge l’influence du climat sur nos passions. Le Conte d’hiver devient donc à la fois la pièce caution culturelle de la COP 21 dans Glaciers grondants et la mise en abyme interne de la pièce avec une rencontre amoureuse entre un journaliste et une comédienne jouant la pièce. Le seul regret est que la mise en abyme ne soit pas entièrement exploitée, reprise jusqu’à son terme, pour questionner le parallèle entre le remords du Roi Leonte pour sa folie et le remords (ou son absence) des hommes face aux dégâts climatiques.

La pièce enfin dans sa conception même ne nous épargne rien sur l’aveuglement humain : elle se fait aussi foisonnante et cacophonique que les débats planétaires orchestrés. Elle mêle questions vitales et écrans de fumée. La musique sur plateau, la partie chorégraphique de DeLaVallet Bidiefono ou les interventions circassiennes de Théo Touvet peuvent prendre tour à tour un de ces deux aspects. La pièce est servie par un plateau de comédiens dirigés au millimètre passant du jeu au chant et à la danse parfois collective. Anne Benoit donne à la pièce la raideur qui lui sied en journaliste en quête de projet, l’humour nécessaire en pastiche politique et la fragilité rassurante dans les pièces chorégraphiques. Éric Caruso et Maxime Coggio, en Éric Caruso, actuel et passé, jouent à la perfection de leur gémellité asymétrique.

Enfin, la force de la pièce tient dans son aspect réactif à l’actualité, David Lescot transformant en force ce qui aurait pu être une faiblesse. La pièce réagit selon un calendrier qui couvre une année entière de soubresauts dans la préparation de la COP21 avec son lot de métalangage communiquant, son lot de lieux communs politiques. La fièvre de la COP21 est fidèlement retraduite par cette espèce d’emballement qui envahit la plateau, les spectateurs, la salle allant jusqu’à la saturation jusqu’à se statufier subitement dans une minute de silence à la date du 13 novembre 2015.

Partant de là, l’emballement n’est plus le même, les acteurs reprennent vie, la préparation aussi mais le cœur ne semble plus y être. Plus de foisonnement, plus de parallèles comme si la survie de la planète venait de buter sur un obstacle inattendu l’achevant définitivement : l'émotion immédiate. Troublant.

Glaciers grondants de David Lescot - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGlaciers grondants de David Lescot - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGlaciers grondants de David Lescot - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Glaciers grondants de David Lescot - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cirque, #Théâtre, #arts de la rue
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Comme l’hirondelle, le printemps, Roulez Carros ! annonce le lancement de la saison. Elle a donc débuté depuis plus d’un mois sans que rien ne bouge sur ce blog. Et si pour la reprise de la saison, « un-culte-d-art.overblog.com» avait été victime d’un entresort ? Nul besoin cependant de sortir une patte de lapin, un œil d’Horus, un trèfle et autre repousse-sort, l’entresort entre dans la gamme des spectacles forains où le spectateur, stupéfait par le bagout du bonimenteur de service, entre dans une baraque, sort d’une autre, entrevoit la femme à barbe, une main sortant vivante d’une boîte, l’homme-serpent, le contorsionniste, une tête sans corps, la femme-girafe, un corps sans tête, le lanceur de couteau aveugle, etc.

La compagnie La Folle Allure s’est un peu arrangée avec l’entresort à dire vrai car, ici, ce ne sont pas les spectateurs qui entrent et qui sortent des baraques mais le duo Gaëlle Estève et Guillaume Balès qui entrent et sortent d’un personnage à l’autre, remodelant au passage l’espace, donnant l’illusion d’un changement permanent de décor.

Symbole de leur pérégrination, les artistes de la Folle Allure, appelée d’ailleurs Cirque des Routes, entrent en scène avec un vélo pour deux trainant derrière eux une malle et un sac magique, version circassienne du célébrissime sac à malice de Mary Poppins. Gaëlle Estève et Guillaume Balès enchainent numéros d’équilibristes à vélo, courses-poursuites, claquement de portes, rêveries aériennes, faux lancer de véritables couteaux ou l’inverse, le spectateur commence à s’y perdre.

Car, en fait d’entresort, la compagnie joue beaucoup sur ce qui en fait la substantifique moelle : l’ingéniosité, l’enchainement des situations, l’esbroufe voire l’escroquerie. Si de ce point de vue, le spectacle est plutôt réussi, il génère le défaut de sa qualité : la succession de saynètes finit par loucher vers l’accumulation qu’une dramaturgie plus solide eût sans doute évitée. La succession des applaudissements de spectateurs se croyant devant leur téléviseur est d’ailleurs significative.

Pour autant, le pari est néanmoins tenu. La construction mobile de la compagnie lui permet de s’installer indifféremment en intérieur ou en extérieur. La proximité avec le public, qui peut à tout moment intégrer le spectacle comme en sortir, est une proposition idéale pour un festival arts de rue qui draine un public familial bien différent d’un public composé uniquement de diffuseurs à la recherche de LA pépite. La compagnie dans sa Folle Allure a peut être dû boucler sa proposition dans la précipitation : qu’importe !

Forum Jacques Prévert - Roulez Carros ! La Folle Allure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comForum Jacques Prévert - Roulez Carros ! La Folle Allure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Forum Jacques Prévert - Roulez Carros ! La Folle Allure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comForum Jacques Prévert - Roulez Carros ! La Folle Allure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #guerre, #Violence, #Danse, #Cirque
© Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com
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Les spectateurs s’installent, la scène aussi. Sur le plateau, deux hommes délimitent un périmètre sur scène, tracent les croix de placement, tirent des lignes au ruban adhésif blanc. Rien de plus sur une scène dont on a retiré le moindre élément : pas de rideau de scène, pas d’objets, pas de scénographie matérielle. On dirait un non-lieu, un espace anonyme de rencontre ou de non-rencontre. Pour l’instant, le spectacle qui s’appelle Bataille est bien pacifique.

Une fois les périmètres délimités, les deux hommes se placent au centre, esquissent quelques pas et le spectacle commence : Hassan Razak, spécialiste des percussions corporelles, et Pierre Cartonnet, issu des arts du cirque viennent de définir leur aire de jeu… et Bataille démarre sur les chapeaux de roue.

Pendant cinquante minutes de danse-contact, les deux compères vont s’affronter, se confronter, se battre, se combattre, se déchirer, se quitter, en redemander, s’éloigner, se rapprocher. L’un semble mener la danse, l’autre semble subir, geindre, se plaindre puis en redemander. Les corps se confrontent et les deux compères nous font entendre un concerto pour corps en coups majeurs. Pendant cinquante minutes, ils s’étranglent, se strangulent, se tirent par le bras, les cheveux, les jambes, crient, halètent, gémissent, supplient. Au bout de cinquante minutes, les deux hommes que l’on sentait irrapprochables finissent par se suivre, avoir des chorégraphies jumelles, être parfaitement synchrones.

Si la portée symbolique de la chorégraphie est rapidement une évidence, elle demeure plus délicate à décrypter. La dichotomie visible sur scène est-elle duale ? Que veut faire ressortir le chorégraphe Pierre Rigal ? Serait-ce le simple combat immémorial du bien et du mal, l’un cherchant à attirer l’autre dans son monde ou assisterait-on au combat interne d’un seul et unique personnage partagé entre plusieurs sentiments contradictoires, plusieurs postures, plusieurs ressentis : l’amour, la haine, la joie, la souffrance, la réalité, le fantasme. Aurions-nous dans ce cas, la vision sur scène de notre propre personnalité où intérieurement s’affrontent quotidiennement nos deux facettes qui font que nous sommes aimés, détestés, choyés, délaissés…

Ainsi présenté le spectacle semble dramatique, il repose de fait sur un ressort comique renforçant davantage son côté double, embrouillant du coup un peu plus le spectateur. Un seul mot peut alors résumer cette intéressante proposition : le spectacle est simplement duel, dans tous les sens du terme … ce qui me permet d’esquiver et de vous noyer ainsi définitivement dans la perplexité.

Bataille avec Pierre Cartonnet et hassan Razak - Chorégraphie : Pierre Rigal © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comBataille avec Pierre Cartonnet et hassan Razak - Chorégraphie : Pierre Rigal © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comBataille avec Pierre Cartonnet et hassan Razak - Chorégraphie : Pierre Rigal © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

Bataille avec Pierre Cartonnet et hassan Razak - Chorégraphie : Pierre Rigal © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Théâtre, #Cirque, #Arts plastiques, #arts numériques
© Le Logoscope
© Le Logoscope

« Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente. » Dans Le Parti pris des choses paru en 1942, Francis Ponge nous décrit … le pain, excellente métonymie pour vous rendre compte du concert numérique Abats en concert (tout un programme !) du groupe MRS (soit Musique Rythmique & Sportive), plateforme des arts sonores du Logoscope.

Vous êtes dans le potage le plus total ? C’est normal ! Explications :

Se référant ouvertement à Francis Ponge, le Logoscope est présenté par ses membres comme « un appareil scientifique imaginaire pour scruter le langage : sorte de microscope au service du territoire monégasque et de ses potentialités dans un monde globalisé (sic) ». Depuis 18 ans, il joue sur le double registre de la création et de l’expérimentation, accueille et accompagne les recherches artistiques de créateurs professionnels. Espace intermédiaire entre les lieux institutionnels spécialisés et la rue, Le Logoscope s’est construit autour de cinq plateformes : les Arts de la Scène, les Arts Sonores, les Arts Visuels, les Arts du Textile et les Éditions qui ne sont séparés que par un souci de maitrise des disciplines mais qui, à force de dialogues, aboutissent à la production d’une œuvre d’art aussi complexe dans sa forme que le monde qu’elle interroge.

Abats en concert est donc, outre la première célébration de la majorité de la structure, un des exemples de ce qui sort de cette usine à fabriquer l’imaginaire. S’il est mené par la plateforme des arts sonores (Jérôme Noguera , créateur lumière et vidéo, Micha Vanony, compositeur et plasticien et Sacha Vanony , compositeur et interprète), le projet associe deux plasticiens scénographes (Thomas Negrevergne et Arnaud Roland de la plateforme des arts visuels du Logoscope) et nous plonge dans l’univers merveilleux de la (mal)bouffe industrielle version concerto numérique pour plaques de cuisson à haut-parleurs, robots de cuisines et boyaux-marmitons.

Sur scène dans une cuisine de collectivité en inox bardée de plaques électriques, de frigos, de robots avec, en toile de fond, ce qui apparait comme un gigantesque chapelet de saucisses voire un méga-boudin sont discrètement insérés des ordinateurs portables et, bien visibles, quatre chefs prêts à en découdre.

Dans Les Temps modernes, Charlie Chaplin inventait la satire de la nouvelle division scientifique du travail, Les Deschiens dans Lapin chasseur opéraient une première incursion dans la cuisine, la compagnie bas-alpine Tout Samba’l avec Remue ménager nous avait plongé dans l’univers impitoyable des aspirateurs et autres objets électroménagers, le duo suédois Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson digressaient sur John Cage dans le court métrage Music for one apartment and six drummers puis dans le long métrage Sound of noise. Abats en concert combine tout ces éléments à la fois, possède l’adresse de Chaplin, le décalé des Deschiens, le pragmatisme de tout Samba’l et la capacité à la transformation des sons en musique des deux réalisateurs suédois, de leurs six batteurs et de leur ovni cinématographique.

Mais Abats en concert pousse d’un degré la réflexion. Loin de plagier, il prend appui, loin d’imiter, il intègre et il interroge à la fois le fond en questionnant nos sociétés sur leur capacité à s’automatiser, à s’industrialiser, à se robotiser et à résister à tout cela mais il interroge également la forme des œuvres d’art contemporaines ainsi que leur capacité à faire dialoguer techniques et langages d’horizons différents.

J’ai gardé le dessert pour la fin… cherry on the cake ! N’écoutant que mon courage, j’ai accepté le verre de Bloody Mary concocté industriellement sur le vif et sur scène pendant la représentation et proposé par Sacha Vanony himself ! Si j’écris, c’est non seulement que, contrairement à la Mary en question, j’ai survécu mais que la surcharge en tabasco a eu raison des microbes grippaux qui commençaient à m’envahir.

Mieux que l’antique Thermogène, toute œuvre du logoscope vous requinque … CQFD !

Abats en concert © Le LogoscopeAbats en concert © Le LogoscopeAbats en concert © Le Logoscope

Abats en concert © Le Logoscope

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Cirque, #Musique, #Danse
[Théâtre –Théâtre des Célestins – Lyon] manipulations en série

En m’installant à ma place au Théâtre des Célestins, je constate que les comédiens sont déjà à l’œuvre sur scène. Quelques minutes après un brouhaha gagne le théâtre au point que j’ai failli demander aux placeurs d’aller calmer l’aimable foule qui, non seulement arrive en retard, mais se permet de faire du bruit. Merci ma langue d’avoir tourné automatiquement sept fois dans ma bouche … les comédiens sont dans leur rôle de techniciens de plateau, la scène représente en fait l’envers du décor et le brouhaha fictif vient de la salle de spectacle non moins fictive, censée être en fond de scène.

Le spectacle de Familie Flöz, célèbre collectif allemand qui s’est fait un nom dans les spectacles non verbaux, démarre avec une scène onirique d’une marionnette à taille humaine manipulée par les trois protagonistes. Sorte de Polymnie, elle reviendra de manière récurrente accompagnée par l’adagio de Barber pour marquer le temps entre les différents spectacles qui rythment la vie d’un théâtre.

Tous les types de spectacles vont se succéder dans ce théâtre : l’art lyrique, la danse, le théâtre, le one-man-show, le symphonique. Les trois protagonistes, transformistes de génie, nous interprètent 29 personnages de la scène, des plus sympathiques (une ballerine à contretemps) aux plus antipathiques (l’infernal vieux « jeune premier ») en passant par les plus touchants comme le vieux violoniste perdu d’un orchestre philharmonique invisible.

Affublé de masques, de costumes, de postiches dont ils se défont à la vitesse de l‘éclair, les comédiens sont tour à tour les techniciens et les artistes. Jouant sur le faux, ils disparaissent à cour pour réapparaitre à jardin, ils sortent et entrent par les cintres, par les malles placées sur scène, multiplient les entrées et les sorties pour donner l’illusion de la masse comme cette multiplication de ballerines que l’on jette sur scène.

Des travers du monde du spectacle, rien ne manque et le spectacle joue sur les clichés (la diva dans toute son acception, la ballerine qui se blesse, le chorégraphe russe homosexuel patenté, les vedettes ou pseudo-vedettes acclamées par les spectateurs, le technicien acariâtre) et sur les standards : L’éternel Lac des cygnes pour la danse, l’adagio de Barber pour le symphonique ou encore spargi d’amore pianto1, extrait de Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti ou encore o mio babbino caro1, extrait de Gianni Schicchi de Giacomo Puccini pour le lyrique … deux airs interprétés par Maria Callas évidemment !

En apportant une dramaturgie à ce qui, a priori, pourrait ressembler à une « simple » performance, en jouant sur les standards, les poncifs, sur le faux, en nous manipulant aussi bien qu’ils manipulent les marionnettes, Familie Flöz nous offre un vrai moment de gaité et une vraie réflexion sur le microcosme du spectacle vivant.

  1. Avis aux non spécialistes : Si ! Si ! Vous connaissez ! Ecoutez ci-dessous :

Spargi d’amore pianto : http://www.youtube.com/watch?v=_IEswJad7xo

O mio babbino caro : http://www.dailymotion.com/video/xx49d4_maria-callas-puccini-o-mio-babbino-caro_music

Teatro Delusio de Paco González, Björn Leese, Hajo Schüler, Michael Vogel (collectif Familie Flöz) - Mise en scène : Michael Vogel - durée 1 h 30

Teatro Delusio de Paco González, Björn Leese, Hajo Schüler, Michael Vogel (collectif Familie Flöz)Teatro Delusio de Paco González, Björn Leese, Hajo Schüler, Michael Vogel (collectif Familie Flöz)Teatro Delusio de Paco González, Björn Leese, Hajo Schüler, Michael Vogel (collectif Familie Flöz)

Teatro Delusio de Paco González, Björn Leese, Hajo Schüler, Michael Vogel (collectif Familie Flöz)

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #arts de la rue, #Cirque
[Théâtre-Arts de la rue - Forum Jacques Prévert - Roulez Carros] Hula-Hoopla …oh là là !

Cela n’a l’air de rien mais c’est tout ! Au pied d’un mât érigé sur un carré de couleurs, quelques hula-hoops multicolores, dont la mode revient périodiquement, attendent manifestement qu’on s’en saisisse.

Un homme sec et musclé, tourne autour du mat, apostrophe le public, fait quelques équilibres au sol, marche sur les mains, nous montre sa technique d’équilibriste et sa capacité à onduler pour faire tourner les hula-hoops.

Pas de chance quelques hula-hoops sont prisonniers des haubans. Qu’importe, la démarche féline, Julot commence à escalader le mât, tête en l’air, tête en bas, en jouant toujours avec ses cerceaux.

De montée en descente, notre homme parvient sur sa hune à neuf mètres de hauteur. Et là, horreur ! Le mât est flexible comme du bambou et Julot, installé en haut commence à onduler debout, assis, en poirier, fait tourner ses hula-hoops en décrivant des cercles dans le ciel.

Il s’amuse tout en haut de son mât pendant que sur le plancher des vaches, le public frissonne, crie, retient sa respiration, s’affole, rit, souhaitant paradoxalement que cela ne finisse jamais et qu’il descende au plus vite.

« Qu'on loge un philosophe dans une cage de menus filets de fer clairsemés, qui soit suspendue au haut des tours de Notre-Dame de Paris, il verra par raison évidente qu'il est impossible qu'il en tombe, et si1, ne se saurait garder (s'il n'ai accoutumé le métier des recouvreurs2) que la vue de cette hauteur extrême ne l'épouvante et ne le transisse. » disait Montaigne dans ses Essais. Que peut la raison face aux sens ? … c’est tout l’enjeu de ce spectacle pour nous … bien arrimés au sol.

Julot - Hulahoopla - Festival Roulez Carros ! - septembre 2013 ©Théodore CharlesJulot - Hulahoopla - Festival Roulez Carros ! - septembre 2013 ©Théodore Charles
Julot - Hulahoopla - Festival Roulez Carros ! - septembre 2013 ©Théodore CharlesJulot - Hulahoopla - Festival Roulez Carros ! - septembre 2013 ©Théodore Charles

Julot - Hulahoopla - Festival Roulez Carros ! - septembre 2013 ©Théodore Charles

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Danse, #Cirque, #Musique
[Théâtre-Danse-Cirque-Musique - Théâtres en Dracénie - Draguignan - Annonce de saison] Ce n’est pas que pour les enfants !

Quoi de plus magique que de retomber en enfance avec des spectacles qui nous prennent pour des adultes ? Fidèle au statut de son conventionnement, Théâtres en Dracénie, scène conventionnée « dès l’enfance et pour la danse », poursuit son travail dans ce sens depuis quinze ans. Vingt et un spectacle de théâtre, trois spectacles de théâtre d’ombre, dix spectacles chorégraphiques, un spectacle de cirque et dix spectacles musicaux seront proposés par le théâtre à partir d’octobre aux enfants de moins de quatre-vingt dix-neuf ans et aux adultes de plus de dix-huit mois.

Comme dans les autre scènes régionales, les directeurs ou anciens directeurs de théâtre nationaux ou de centres dramatiques nationaux feront un détour par la Dracénie : Muriel Mayette, administratrice générale de la Comédie-Française, présentera Bestiaire d’amour de Jean-Claude Carrière et Isabella Rossellini, spectacle qui sera associé à la projection de Blue Velvet de David Lynch au cinéma Eldorado de Draguignan. Georges Lavaudant, ancien directeur du Théâtre national populaire de Villeurbanne et de l’Odéon, proposera Cyrano de Bergerac. Jean-Claude Fall mettra en scène musicalement Un Fil à la patte de Georges Feydeau. Le directeur du centre dramatique national - Comédie Poitou-Charentes, Yves Beaunesne, s’attaquera à L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel.

Catherine Marnas, future directrice du centre dramatique national de Bordeaux, participera au programme ‘‘Dramaturgie arabe contemporaine’’, en mettant en scène le texte commandé à l’auteur Driss Ksikes : N’Enterrez pas trop vite Big Brother. Ce programme sera complété par deux textes mis en espace par les élèves de l’ERAC (Ecole Régionale des Acteurs de Cannes) et par deux textes mis en scène par des équipes artistiques arabes : Bye-Bye Gillo de Taha Adna, et Hello veut dire de Tarek Basha. Ce programme sera accompagné au cinéma Eldorado par la projection d’Intervention divine d’Elia Suleiman.

A Draguignan, le jeune public a son festival : Amarelles qui se déroule en janvier. Cinq spectacles au programme à voir en famille : Le Petit Poucet réécrit et mis en scène par Laurent Gutmann, directeur du Centre dramatique national de Thionville-Lorraine entre 2004 à 2010. Un Beau Matin, Aladin mis en scène par Charles Tordjman qui, hasard de programmation, fut directeur de la manufacture, centre dramatique national de … Nancy. C’est Pas Pareil ! mis en scène par la compagnie clandestine, compagnie régionale et « origamiste » d’Ester Bichucher et Denis Fayollat. Enfin deux créations collectives : Sirènes librement inspiré d’Andersen par le fil Rouge Théâtre et La République des enfants du collectif florentin Teatro Sotterraneo.

Présent également le théâtre d’ombre qui se fait rare sur les scènes régionales avec trois spectacles : Ninna Ô dont la conception, la mise scène et la manipulation seront assurées par Simona Acerbi, L’Enfant de la haute mer mis en scène par Aurélie Morin et Magie d’ombres... et autres tours par Philippe Beau qui animera des ateliers d’ombromanie à fréquenter en famille afin que le théâtre d’ombre n’ait plus de secrets pour vous.

L’Ogrelet de Suzanne Lebeau mis en scène par Marcello Chiarenza complètera la proposition « En Famille ».

Trois têtes d’affiche passeront à Draguignan : l’humoriste Kev Adams, Ariane Ascaride présente dans Le Dernier Jour du jeûne mis en scène par Simon Abkarian et Pierre Arditi dans Comme s’il en pleuvait mis en scène par Bernard Murat.

Deux compagnies régionales majeures présenteront leur spectacle à Draguignan : François Cervantès de la compagnie L’Entreprise poursuivra sa recherche sur le personnage du clown avec Carnages, alors qu’Alexandra Tobelaim proposera La Part du colibri, fable écologique d’anticipation tirée des écrits de Stéphane Jaubertie, Françoise Du Chaxel et Pierre Rabhi.

Deux autres spectacles Tout mon Amour de Laurent Mauvignier par le collectif Les Possédés et Woyzeck de Georg Büchner que le metteur en scène Jean-Pierre Baro confrontera avec l'histoire de son propre père, travailleur immigré sénégalais arrivé en France dans les années 1960, complèteront la saison.

Deux monstres du théâtre s’associeront pour la première fois : Catherine Anne et Joël Pommerat. Connus l’un et l’autre pour leur écriture pour la jeunesse, Joël Pommerat mettra en scène de jeunes comédiens dans un texte qu’il n’a, pour une fois, pas écrit : Une Année sans été de Catherine Anne. C’est sans doute l’immanquable de la saison.

En mars, Les Vents du Levant, festival de danse célèbreront la Méditerranée. Ce que le Jour doit à la nuit du chorégraphe Hervé Koubi ouvrira le festival sur sa mémoire de l’Algérie. Deux spectacles rendront hommage à deux figures féminines de la Méditerranée : Maria Callas avec Là, Callas de Yalda Younes sur une idée de Gaspard Delanoë et Oum Kalthoum dans le spectacle Sous leurs Pieds, le paradis dans lequel Radhouane El Meddeb et Thomas Lebrun danseront sur ‘‘Al Atlal’’ (les ruines) d’Oum Kalthoum en hommage aux héroïnes, aux sœurs, aux mères. L’Espagne sera présente à trois reprises : Antonio Gades chorégraphiera en six tableaux Noces de sang d’après l’œuvre de Federico Garcia Lorca et Suite flamenca. La compagnie chorégraphique Aracaladanza avec Constelaciones vous entrainera dans l’œuvre de Miro. Roger Bernat, l’un des chefs de file des arts de la scène contemporaine espagnole, rendra un double hommage : hommage au Sacre du Printemps qui a cent ans et à Pina Bausch qui en a livré en 1975, une interprétation encore présente sur les scènes et dans les mémoires. Hommage d’un autre type avec ‘‘iTMOi’’ (in the mind of Igor)d’Akram Khan, qui nous livrera une version très personnelle du Sacre du Printemps.

Cinq autres compagnies chorégraphiques ponctueront la saison : deux figures majeures de la scène française, version Hip Hop avec Kader Attou du centre chorégraphique national de La Rochelle qui présentera The Roots et version classico-contemporain avec Benjamin Millepied, prochain directeur des ballets de l’Opéra de Paris, pour L.A Dance Project. Deux compagnies ont le vent en poupe sur les scènes de la région : nous retrouverons sur le plateau de Théâtres en Dracénie : Au-delà de Delavallet Bidiefono présent également au Carré ou à Châteauvallon et la compagnie israélienne Batsheva Dance Company, présente également à Châteauvallon avec Sadeh21 chorégraphié par Ohad Naharin.

En cirque, la compagnie australienne Circa reviendra avec Wunderkammer (La Chambre des merveilles) spectacle étonnant et plein d'humour, sorte de cabaret intime pour sept acrobates.

En musique, deux festivals animeront la saison. En octobre, le festival des musiques insolentes produira, outre l’Electric Pop Art Ensemble et ses constructions ‘‘noise’’, deux couples insolents : la juive séfarade à la voix magique, Françoise Atlan et le Palestinien de Gaza, Moneim Oudwan et son luth puis Raymond Boni et Raphaël Saint-Rémy pour un duo harmonica et hautbois. En novembre, le festival de jazz réunira les américains Lillian Boutté pour une soirée jazz et Big Daddy Wilson pour une soirée blues.

Dans le reste de la saison, la chanson française sera également à l’honneur avec Olivia Ruiz et Albin De La Simone. Côté anglais, Thierry Balasse, accompagné de huit musiciens interprétera sur scène, en live, l’album phare des Pink Floyd La Face cachée de la lune spectacle qui sera mis écho avec Good Morning England de Richard Curtis au cinéma Eldorado.

Le classique ne sera pas oublié avec Katia et Marielle Labèque pour un concert autour de Maurice Ravel et de Leonard Bernstein, Edouard Ferlet et son Think Bach dans lequel il repensera l’œuvre de Jean-Sébastien Bach à la lueur du jazz ou encore Les trois Mousquetaires que Julien Joubert transformera en opéra protéiforme avec chœurs professionnel et amateur.

Deux autres spectacles complèteront l’offre musicale : Pour Orillas (Les deux Rives), le guitariste gitan Juan Carmona sera accompagné par l’Orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon et avec 80 000 000 de Vues, Nathalie Négro nous offrira un opéra-slam pour deux chanteuses, un ensemble de quatre musiciens et un dispositif multimédia.

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