Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Articles avec #jeune public catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Cirque, #Musique, #Jeune public
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Passer de la compagnie Pina Bausch à la compagnie Gorgomar, passer de Vollmond à Monsieur Mouche confinent au choc thermique, certains artistes n’ont décidément pas de chance au tirage au sort. Mais il suffit de connaître Monsieur Mouche pour que cela semble inévitable ! Portrait.

Monsieur Mouche, outre l’image que la jeunesse en a à travers le Peter Pan de Walt Disney, est dans le civil une sorte de factotum du théâtre. Outre sa fonction, Monsieur Mouche possède deux qualités rigoureusement inverses qui le tiraillent à longueur de temps.

Monsieur Mouche est d’abord et avant tout d’une extrême musicalité pour ne pas dire qu’il est la musique incarnée. Il peut tour à tour chanter, s’accompagner à l’Ukulélé, diriger un trio ukulélé, kazou, feuille de papier, faire une démonstration de scie musicale ou encore entonner Ce n’est qu’un au revoir avec une simple baudruche. Monsieur Mouche y excelle au point de se demander comment Monsieur Mouche n’a pas fait carrière.

Il faut bien avouer que Monsieur Mouche a une facette bien plus terrible qui l’en empêche au point que son surnom pourrait être « on l’appelle catastrophe ». S’il était un héros de cinéma, Monsieur Mouche serait Monsieur Hulot, s’il était un acteur, il serait Pierre Richard dans la Chèvre, s’il était personnage de bande dessinée, il serait Gaston Lagaffe, s’il était un amuseur, il serait Mister Bean. Il est un peu tout cela à la fois et néanmoins unique. Affublé d’un tic qui le pousse à apostropher tout le monde d’un « hello » accompagné d’un salut militaire, il provoque des catastrophes en tout genre dès qu’il touche quoi que ce soit.

Si le genre et le personnage ne sont pas révolutionnaires, monsieur Mouche devient malgré tout immensément sympathique à mesure que le récit avance lorsque le spectateur se rend compte que toute l’équipe du théâtre, qui en a manifestement soupé de ses frasques, ne se donne même plus la peine de lui répondre voire même de s’énerver.

Outre la musique, Monsieur Mouche est un immense spécialiste des chutes en tout genre qui finissent par tout emporter sur leur passage. Monsieur Mouche emporte cruellement l’adhésion et le rire dès que la situation vire au grand guignol. Monsieur Mouche ne manque donc pas d’idées, ni de surprises, il manque encore un peu de rythme.

Théâtre national de Nice - Compagnie Gorgomar - Monsieur Mouche - Thomas Garcia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre national de Nice - Compagnie Gorgomar - Monsieur Mouche - Thomas Garcia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre national de Nice - Compagnie Gorgomar - Monsieur Mouche - Thomas Garcia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre national de Nice - Compagnie Gorgomar - Monsieur Mouche - Thomas Garcia ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Europe, #Epoque contemporaine, #Bad boys, #Bande dessinée, #Amour, #Jeune public, #Enfance, #Adolescence, #guerre, #Politique
[Cinéma – Festival Télérama – Cinéma Le Royal – Toulon] The Grand Budapest Hôtel : quand Indiana Jones rencontre Tintin

Malgré la sortie DVD depuis septembre 2014 et après sa sortie en salle qui fut un triomphe, le Festival Télérama nous permet de nous plonger ou replonger dans les tribulations enivrantes du Grand Budapest Hôtel.

C’est l’histoire d’un vieil écrivain qui se souvient de sa rencontre avec le mystérieux propriétaire du Grand Budapest Hôtel, au temps du communisme, qui lui permet de plonger dans le récit de jeunesse de ce propriétaire, dans l'entre-deux-guerres.

D’entrée la mise en abîme plonge le spectateur dans ses propres souvenirs, ses propres références. Si la mise en abîme nous fait penser aux romans de Stefan Zweig, héritage d’ailleurs revendiqué par le réalisateur Wes Anderson, Grand Budapest Hôtel nous fait penser au roman A l’Hôtel Beltram d’Agatha Christie: une gigantesque bâtisse (en fait le Görlitzer Warenhauss, un ancien grand magasin, pur joyau Art nouveau, œuvre de l’architecte Carl Schmanns à Görlitz en ex-R.D.A.) théâtre des événements les plus rocambolesques.

Mais comment ne pas penser en suivant les péripéties de Monsieur Gustave, tout dévoué au maintien d'un art de vivre à l'ancienne … et au maintien de ses riches clientes, et de son disciple, le petit groom sans famille prénommé Zero, aux tribulations de Tintin entre la Syldavie et la Bordurie ou aux démêlés d’Indiana Jones avec les malfaisants de tout poil du IIIème Reich ?

En fait Grand Budapest Hôtel cumule tous les ingrédients du succès garanti : un rythme soutenu, de belles histoires romanesques qui se croisent et se décroisent, une frontière floue entre la réalité et la fiction entretenue en permanence, et des acteurs qui incarnent les personnages bien trempés, bien marqués, flirtant avec la caricature et qui jouent dans tous les sens du terme. Quant à la « French touch », elle est assurée par le parfum « L'Air de panache » et par Mathieu Amalric et Léa Seydoux, qui donnent la réplique à Ralph Fiennes, Adrian Brody, Jude Law, Willem Dafoe ou Bill Murray entre autres.

Vous avez encore raté Grand Budapest Hôtel dans les salles ? Plongez-vous dans le dvd et découvrez l’univers de Wes Anderson en vous immergeant dans La Vie Aquatique ou en devenant membre de La Famille Tenenbaum à moins qu’un voyage À bord du Darjeeling Limited ne vous tente pour vous retrouver à Moonrise Kingdom.

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Jeune public, #Extrême orient, #Afrique, #Proche orient, #Europe
Asa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com
Asa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

Le titre est en lui-même une interrogation Asa Nisi Masa. Ne soyez pas étonné qu’il sonne comme abracadabra, il appartient au même registre : c’est la formule magique que le héros du film Huit et demi de Federico Fellini emploie pour replonger dans son enfance. Il sonne également comme le Sirta la galba oriental qui, lui-même, a donné son titre à un très beau film kurde de Shahram Allidi et qui traduit littéralement par « le vent m’a dit » serait remplacé chez nous par « Il était une fois ».

Invitation au voyage et à la curiosité sont donc visiblement au programme. En arrivant sur le plateau, nous sommes d’ailleurs observés par une nichées de chouettes, hiboux et autres effraies qui tournent la tête et nous scrutent. Cet accueil est hélas vite douché par l’arrivée de deux danseurs de la compagnie qui proposent au public de mimer quelques signes du spectacle signifiant Asa Nisi Masa. Et tout le monde, sauf moi, peu participatif, de singer les signes des danseurs une fois assis, une fois debout, une fois les bras levés, une fois les filles, une fois les garçons.

José Montalvo nous refait le coup de la fable Le Corbeau et le Renard (commande à une douzaine de chorégraphes il y a une dizaine d’années) où il a joué de la sacrosainte interactivité avec le public avant de nous présenter sa vision « chorégraphique » de la fable. Évidemment, la sacrosainte interactivité proposé ne sera d’aucun secours dans le spectacle Asa Nisi Masa et n’aura servi qu’à exciter les gosses. Encore un qui doit croire que l’intergénérationnel, autre terme de la novlangue artistique, consiste à mettre un vieux entre deux jeunes.

Le spectacle en lui-même est un tour d’horizon de l’esthétique et de l’univers de José Montalvo : faire se répondre les styles chorégraphiques : classique, contemporain, ethnique et hip-hop et danser avec les images. Sauf que si on répond toujours autant par style interposé, on danse moins et moins bien avec les images. Si les danseurs sont excellents, chacun et chacune dans son genre notamment la danseuse de Hip-hop reine de la contorsion chorégraphique et le danseur de flamenco, Roi des claquettes, le propos finit par s’étioler. A force de vouloir accumuler et enchainer les vingt contes, le spectateur finit par se perdre le fil dans ce dédale.

L’histoire indienne des sept aveugles et de l’éléphant vient fort à propos remettre un peu de sens à cet ensemble. Le conte indien raconte la rencontre de sept aveugles à qui on fait toucher chacun une partie d’un éléphant :

« Un éléphant, c’est une liane » dit celui qui lui tient la queue,

- Non ! Un éléphant c’est un tronc d’arbre, » dit celui qui lui tient la patte,

- Mais non ! Un éléphant c’est une grande feuille dit celui qui lui a tenu l’oreille.

Chacun a à la fois raison et tort, ne pouvant voir l’éléphant dans sa pachydermique réalité.

Appliqué à la danse, il symbolise toutes les danses qui ont fait La Danse. Chacun des danseurs est l’aveugle qui apporte sa part de danse mais qui, contrairement aux aveugles du conte, entre en résonance avec ses partenaires pour former un nouveau langage chorégraphique.

Ce conte unique, travaillé, creusé, chorégraphié aurait sans doute suffi et eu l’avantage de la réflexion plutôt que cette débauche de contes empilés. José Montalvo, à vouloir trop en faire, finit par perdre le public qui n’y trouve plus son conte.

Asa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comAsa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comAsa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

Asa Nisi Masa - José Montalvo © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #Jeune public
[Cinéma - Festival de Cannes - Ecrans Juniors] Petits mais costauds ?

A trop vouloir coller un lion sur le programme de Cannes Cinéphiles en 2011, Aurélie Ferrier et l’équipe de Cannes Cinéma ont fini par le mettre dans le moteur d’Écrans Juniors.

Écrans Juniors est une sélection, dans le cadre de Cannes Cinéphiles, de huit à dix longs métrages internationaux qui présentent un intérêt particulier à être vus par des jeunes de 13 à 15 ans. Pierre de Gardebosc et Gérard Camy, Président de Cannes Cinéma, en assurent la programmation et une classe cinéma du collège Gérard Philipe de Cannes exerce le rôle du jury. Les films sont présentés au cinéma Raimu, à la M.J.C. Picaud et à La Licorne.

Pourquoi un lion dans le moteur ? Tout simplement parce que la compétition semble très relevée cette année notamment avec le tunisien Nouri Bouzid qui s’est illustré deux fois en sélection officielle (Un Certain Regard) avec L'Homme de cendres en 1986 et Les sabots en or en 1989 et qui revient avec son film Millefeuille ou encore, avec le Hongrois Benedek Fliegauf, alias Bence Fliegauf, qui vient présenter Csak a szél (Just the Wind), Ours d'argent (Grand prix du jury) au dernier Festival de Berlin … excusez du peu !

Ne pensez pas que les quatre premiers films de la programmation viennent pour autant faire de la figuration. Hormis Irina et la malette rouge de Bernard Mazauric, deux autres films se sont illustrés dans d’autres festivals : celui du Cinéma américain de Deauville pour Elektric Children de Rebecca Thomas ou le Festival Méditerranéen de Montpellier en 2012 pour Chroniques d’une cour de récré, film autobiographique du français Brahim Fritah. Quant à Blackbird de Jason Buxton, il a été sacré meilleur premier film canadien au Festival international du film de Toronto et meilleur film canadien au Festival international du film de Vancouver en 2012.

Deux autres femmes sont sur les rangs pour ravir les suffrages : la Berlionoise Friederike Jehn présente son deuxième film Summer Outside (Dehors, c’est l’été), remarqué au festival de San Sebastian (son premier long métrage Dancing on and on avait remporté de nombreux prix) et l’ukrainienne Eva Neymann qui, après deux premiers films documentaires et le film c’est au bord de l’eau en 2006 qui l’avait révélée, vient présenter après les festivals de Créteil, Pau et Arras, son dernier film House with a Turret à Cannes.

Si j’ai un regret à formuler il concernerait la présentation du film de Frédéric Proust 12 ans d’âge en hors compétition. Le seul film de la programmation qui ne mette pas d’enfants ou d’adolescents en jeu mais des seniors se retrouve hors compétition … c’est un peu comme si on ne présentait que des films se déroulant à l’hôpital à un parterre d’infirmières.

Mais ne boudons pas notre plaisir et prenons notre cure de jouvence… sans retenue !

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Jeune public, #Enfance, #Epoque contemporaine
[Théâtre - Théâtre national de Nice] Une trop sage "Grosse Patate"

Le Journal de Grosse Patate, pièce de Dominique Richard parue en 2002, est un écrit théâtral décliné sur le mode du journal intime entrecoupé de récits de rêves. Il est le journal d’une petite fille gloutonne d’une dizaine d’années qui s’interroge, version Mafalda, sur sa vie, ses premiers émois amoureux, l’amitié, l’identité, les dynamiques de groupe.

La compagnie Gorgomar centre sa mise en scène sur la chambre de Grosse Patate. La chambre est composée d’un lit en hauteur dans lequel s’incrustent trois tables gigognes aux couleurs vives ; elles font office de boîte à joujoux avec leurs tiroirs et coffres d’où sortiront les accessoires. Se séparant du lit, les tables vont servir tour à tour, de table de cuisine, de pupitre, de refuge, d’escaliers.

Le metteur en scène choisit trois niveaux de jeu pour adapter le journal à la scène : le récit de Grosse Patate, le dialogue paradoxal avec Rémi, rôle muet et des marionnettes-poupées qui représentent la copine Rose-Marie et le bellâtre Hubert. Ces scènes sont métronomiquement coupées, comme dans le texte, par des interludes qui représentent les rêves de Grosse Patate hantés par un géant.

Représenter le journal intime d’une petite fille dans le quotidien de sa chambre avec les histoires, vraies ou fausses, qu’elle se raconte, avec les personnages qu’elle convoque, avec ses poupées qui l’aident à recréer son quotidien, à vaincre ses peurs et ses angoisses, était une idée riche. Mais à trop vouloir coller au texte, à trop vouloir le conserver, le dispositif scénique s’épuise. L’impression « qu’on nous le sert comme c’est écrit » gagne à mesure que le temps passe et le ressort du départ n’agit plus même si le jeune public, présent dans la salle, est resté concentré jusqu’au bout.

Le spectacle ne manque pas d’atouts comme la création musicale de Thomas Garcia ou les vidéos poétiques projetées lors des interludes. Mais en bousculant, en triturant l’écriture, le spectacle aurait gagné en force ; en s’engageant davantage dans son parti pris de départ, il aurait perdu en sagesse mais gagné en audace à l’image inverse de son héroïne.

Le Journal de Grosse Patate de Dominique Richard - Mise en scène Thomas Garcia et Aurélie Péglion avec Aurélie Péglion et Emma Laurent - Musique : Thomas Garcia - Scénographie et lumière : Philippe Maurin - Construction marionnettes : Charlotte Libeau - Costumes : Emilie Bouneau

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Europe, #Epoque contemporaine, #Mythe, #Amour, #Adolescence, #Jeune public
Danse - Opéra de Lyon] "Cendrillon" : éternelle et sans cesse nouvelle

Imaginez un enfant né au milieu des années soixante-dix qui a vu Cendrillon, la « sulfureuse » création de Maguy Marin à Lyon en 1985, revenir en décembre 2012 avec ses enfants pour revoir le spectacle qui a déjà usé dix distributions en 460 représentations. L’adulte de 2012 aura l’impression que le temps s’est arrêté.

Où sommes-nous exactement ? Dans une maison de poupées ? Dans un théâtre de marionnettes ? Dans un coffre à jouets ? Trois jours de montage sont nécessaires pour dresser le décor qui sert ce conte intemporel. Tous les danseurs portent masques et perruques les rendant tous anonymes. La marâtre et les deux sœurs engoncées dans d'épaisses combinaisons deviennent des monstres difformes. Cela fait aussi partie de la magie du spectacle que les bons soient beaux et que les méchants soient moches … ça rassure !

Danser avec cette carapace confère aux danseurs ce petit rien de raideur, de maladresse propre aux enfants ou aux jouets mécaniques. Quant à la bande-son, elle ponctue Prokofiev par des vagissements de bébé, histoire de nous faire régresser jusqu’au bout.

Avec Cendrillon, Maguy Marin a osé revisiter un conte universel ouvrant ainsi la voix à d’autres chorégraphes comme Angelin Preljocaj et son Blanche-Neige mais Maguy Marin restera dans l’histoire de la danse comme celle qui s’y est risquée la première et avec une œuvre qui, à son tour et une fois de plus, devient répertoire.

« Cendrillon » - Mise en scène et Chorégraphie : Maguy Marin - Musique : Serge Prokofiev

Danse - Opéra de Lyon] "Cendrillon" : éternelle et sans cesse nouvelle Danse - Opéra de Lyon] "Cendrillon" : éternelle et sans cesse nouvelle

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #Jeune public, #Amour
[Cinéma - Rilato - Nice] Un Ernest, sinon rien !

Pour les fêtes de Noël, enfin, chacun a eu la possibilité d'échapper au rouleau compresseur Disney grâce au film de Vincent Patard, Ludovic Aubier et Benjamin Renner Ernest et Célestine.

Comme une ritournelle, pendant que je regardais le film, j'entendais la grande Juliette Gréco me chantonner :

« (…) Un petit poisson, un petit oiseau

S'aimaient d'amour tendre,

Mais comment s'y prendre

Quand on est là-haut (...) ».

Là haut, sur la colline, c'est l'ours Ernest, musicien, gourmand, marginal chez les Ursidés qui semblent avoir élevé l'arnaque du voisin en mode de gouvernement.

Là bas, dans les souterrains, c'est la souris Célestine, graphiste et collectrice de dents de lait, marginale chez les muridés qui semblent avoir élevé la peur de l'autre en ressort de gouvernement.

Mais que nous susurre Juliette Gréco dans la deuxième partie de sa chanson ?

« (..) On veut que vienne l'orage

Qui apporterait du ciel

Bien plus qu'un message

Qui pourrait d'un coup

Changer au cours du voyage

Des plumes en écailles

Des ailes en chandail

Des algues en paille. »

Poursuivi par la police des Ursidés comme par celle des Muridés, Ernest et Célestine devront chacun répondre de leurs actes devant la justice de l'autre caste et faire valoir leur droit à la différence. Et c'est leur courage et leur éloquence en guise d'orage, qui changera le cours du voyage.

C'est vif ! C'est enlevé ! C'est plastiquement beau ! Rendez-vous bientôt dans le dispositif « Ecole et Cinéma » ?

"Ernest et Célestine" - Film d'animation de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier - France - 1 h 19 - Numérique.

Ce film a été présenté au Festival de Cannes 2012 - sélection : Quinzaine des Réalisateurs.

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Jeune public, #Europe, #Epoque contemporaine
[Musique - OPMC - Monaco - Auditorium Rainier III] La boîte à Nounou

Mercredi après-midi, l'orchestre philharmonique de Monte-Carlo proposait un spectacle ludique composé de Cinéma Rhapsodie, concerto pour deux pianos de Jean-Pascal Beintus et de La Boîte à joujoux de Claude Debussy. A la direction Kent Nagano, excusez du peu ! Aux pianos les deux sœurs Mari et Momo Kodama.

Un heureux moment en perspective sauf que nos joyeux bambins ne sont visiblement pas cadrés par leurs parents ... en ce mercredi de pluie. Nos «charmants enfants» courent dans la salle de spectacle, secouent les fauteuils, mettent de grands coups de pieds dedans, montent sur les sièges avec leurs bottes. Quant aux parents : les copines s'entretiennent à quelques encablures de là, Monsieur regarde ses SMS et ses courriels sur son téléphone portable, etc.

On se dit que la magie de la musique va opérer : que nenni d'autant que Florian Santos, le narrateur, leur assène une histoire du cinéma avec concepts que des enfants de cet âge, normalement constitués, sont incapables d'appréhender. La première pièce comme un écho aux différents genres cinématographiques leur traverse donc les oreilles sans toucher le cerveau, faute de préparation.

La boîte à joujoux de Claude Debussy met en scène juste devant l'orchestre trois comédiens : Eugénie Andrin, Florian Santos et Jo Bulitt. Excellente prestation qui tombe malheureusement à plat, nos chers anges ignorant totalement ce qu'ils sont venus entendre et ne faisant pas visiblement de lien entre le thème musical et le spectacle.

Un intrépide Monsieur demande aux enfants d'éviter de s'agglutiner sur la scène voire de ne pas tenter d'y monter, résultat garanti ... certains mômes remontent en tapant des pieds le plus fort possible.

Y ai-je trouvé du plaisir ? Sincèrement, non ! Qu’ont pensé le chef et les artistes du public de Monaco ? Beaucoup de bien il va sans dire ! Quant au jeune public, en a-t-il retiré quelque chose ? «Vous comprenez, Monsieur, il pleut depuis plusieurs jours, alors il fallait bien les occuper ! (sic)».

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Jeune public, #Epoque contemporaine
[Cinéma - Héliotrope - Un Festival, c'est trop court !] Petits ! Petits ! Petits !

Séance scolaire pour les élèves de primaire à l'auditorium du Musée d'art moderne et d'art contemporain dans le cadre du festival Un Festival c’est trop court ! Six courts métrage au programme ... deux de trop. Si les quatre premiers courts métrages étaient effectivement adaptés au très jeune public présent dans la salle, les deux derniers, loin de leur portée, ont contribué à animer la séance.

Pipite leu chat d'Anaïs Ruch, Merci mon chien de Nicols Bianco-Levin et Un Ogre d'Olivier Gérard, les trois films d'animation de la programmation étaient suffisamment courts et suffisamment proches de l'imaginaire des enfants pour les emporter. L'Histoire du petit Paolo de Nicolas Liguori plus long tient en haleine les enfants car on leur apprend de manière ludique une histoire de l’accordéon et le fonctionnement de l’instrument. En revanche Hurdy Gurdy de Daniel Seideneder et Daniel Pfeffer, pourtant très intéressant sur le mouvement perpétuel et les constructions humaines en version accélérée, fait appel à des notions trop abstraites pour des enfants de cet âge.

« Cherry on the cake !» comme ne diraient surtout pas les Britanniques ... le dernier court métrage Organopolis de Luis Nieto est en version originale sous-titrée. Résultat garanti pour des élèves déchiffrant tout juste la lecture : bronca dans la salle.

"Pipite leu chat" - Film d'Anaïs Ruch - France - Numérique - 2011 - 5'45

"Merci mon chien" - Film de Nicols Bianco-Levin - France, Canada - Numérique - 2012 - 7'45

"Un Ogre" - Film d'Olivier Gérard - France - Numérique - 2011 - 6'30

"L'Histoire du petit Paolo" - Film de Nicolas Liguori - France, Belgique - Numérique - 2011 - 22'

"Hurdy Gurdy" - Film de Daniel Seideneder et Daniel Pfeffer - Allemagne - Numérique - 2011 - 4'

"Organopolis" - Film de Luis Nieto - France - Numérique - 2011 - 2'30

Voir les commentaires