Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Articles avec #adolescence catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Proche orient, #Adolescence, #Violence
« Sonita » de Rokhsareh Ghaem Maghami - Cinéma Rialto - Nice

« Sonita » de Rokhsareh Ghaem Maghami - Cinéma Rialto - Nice

Décidément, Les Inaperçus manquent cruellement sur la Côte d’Azur. Si Sonita de Rokhsareh Ghaem Maghami a fait une brève apparition, ce ne peut être qu’au Mercury en octobre et c’est donc avec bonheur que le Rialto l’a redonné en séance spéciale. Vraiment il manque soit une manifestation de rattrapage de tout ce qui est fugacement sorti sur la Côte d’Azur, soit il manque un public avisé qu’il ya urgence à former.

Sonita est un film documentaire de Rokhsareh Ghaem Maghami qui épouse tellement son sujet qu’elle finit d’ailleurs assez régulièrement devant la caméra  alors qu’elle devrait être derrière. Il faut dire que le film repose sur le destin de Sonita son principal personnage ou sa principale actrice c’est selon et que l’histoire menace à diverses reprises de se terminer fort rapidement par un mariage forcé en Afghanistan.

Sonita est adolescente lorsque Rokhsareh Ghaem Maghami la rencontre lors de repérages sur les migrants afghans en Iran. Sonita est l’objet dramatique rêvé : elle est refugiée, a fui de manière rocambolesque l’Afghanistan, se retrouve seule à Téhéran, adore le rap, se rêve en fille de Mickaël Jackson et de Rihanna. Mais Sonita est une fille, Sonita est une ressource financière matrimoniale pour sa famille, Sonita doit se marier et une femme afghane ça ne chante pas seule voire ça ne chante pas du tout.  

Ce qui change son destin et ce qui explique du même coup le changement de statut de la réalisatrice qui de réalisatrice devient actrice de son propre film, c’est la volonté de l’équipe artistique de tournage de payer la dot de Sonita pour éviter temporairement le mariage forcé. Si un problème éthique se pose, le film qui aurait pu s’arrêter brutalement repart de plus belle.

Sonita est un objet cinématographique ambivalent. Il joue évidemment sur les sentiments mais la musique, le rap de Sonita font mouche immédiatement. Son sens de la réalisation et son sens de la scène attirent les regards et les objectifs, sa musique et ses paroles ensorcellent.  Mais en même temps, le montage même du film laisse perplexe transformant une histoire exceptionnelle en  un schéma narratif chronologique se terminant immanquablement par un succès public sur scène… comme si Rokhsareh Ghaem Maghami était terrassée par son récit.

Il reste cependant le portrait d’une artiste en devenir, les passages remarquablement bien captés du rap psalmodié au rap orchestré et les mots qui fusent, frappent, dégainent avec une efficacité redoutable. Malgré ses défauts, Sonita crève l’écran.

 

« Sonita » - Film documentaire de Rokhsareh Ghaem Maghami avec Sonita Alizadeh, Rokhsareh Ghaem Maghami - Allemagne, Iran, Suisse - Date de sortie 12 octobre 2016 – Durée : 1h 31min

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Adolescence, #Violence, #Amour
"Rialto" de Claudio Giovannesi - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Rialto" de Claudio Giovannesi - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Immédiatement, le spectateur pense à La petite Voleuse de Claude Miller, sauf que celle-là semble nettement plus radicale dans sa primo-délinquance. Elle s’appelle Daphné comme Jack Lemon dans Someone like it hot mais elle s’appelle aussi Daphné comme l’actrice qui l’incarne ou encore comme la nymphe qui, poursuivie et épuisée, se métamorphose en laurier rose. Tout ceci symbolise le film : la comédienne non-professionnelle s’identifie à outrance à son personnage, elle s’épuise à force d’énergie, connaît les premières transformations de l’adolescence, et poursuit l‘amour idéal.

Le film repose quasiment essentiellement sur son actrice, sa photogénie, son énergie, sa volonté, son jeu qui parait totalement naturel. Daphne Scoccia vient de réaliser un gros coup et elle le sait ; nul doute qu’elle sera très demandée assez rapidement quel que soit le résultat des David di Donatello où elle est nommée dans la catégorie meilleure actrice en concurrence avec Valeria Bruni-Tedeschi pour Folles de Joie de Paolo Virzi.

Formellement, le film use et abuse des plans filmés à travers les grilles, comprime les corps dans des espaces contraints, sépare les êtres et notamment ceux qui s’aiment. Le film alterne les plans séquences, moment de détente, et les plans courts, haletants. Le film colle aux basques de son héroïne, ne la quitte que rarement pour renforcer l’illusion du réel. Le film enfin  poursuit ses références à certains films découverts à Cannes par la Semaine de la Critique ou la Quinzaine des Réalisateurs comme avec ses messages qui transitent par la nourriture comme dans The Lunchbox de Ritesh Batra.

La thématique n’est pas nouvelle, le message non plus, elle est La petite Voleuse à La Fureur de vivre qui ne rêve que d’une chose : se libérer et s’envoler pour retrouver celui qu’elle aime et qui semble lui échapper comme Béatrice (Valeria Bruni-Tedeschi) dans Folles de Joie… Décidément, André Breton avait raison : En matière de révolte, aucun de nous ne doit avoir besoin d'ancêtres.

 

 

« Fiore » de Claudio Giovannesi - Drame avec Daphne Scoccia, Josciua Algeri, Valerio Mastandrea – Italie - Date de sortie : 22 mars 2017 – Durée : 1h 49min

"Rialto" de Claudio Giovannesi - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Rialto" de Claudio Giovannesi - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Rialto" de Claudio Giovannesi - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Rialto" de Claudio Giovannesi - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Proche orient, #Religion, #Politique, #guerre, #Adolescence
"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’affaire pourrait être simple : Rabih, jeune chanteur aveugle, invité avec sa chorale à se produire en Europe doit obtenir un passeport. Dans tout pays en paix, la procédure peut paraître longue mais elle est relativement simple. Pour un jeune homme né dans le Liban de la fin de la guerre civile, l’affaire se révèle plus hasardeuse, plus compliquée que prévue… surtout lorsqu’il apprend que ses parents ne sont pas ses parents biologiques.

Le titre original du film était Rabih, le Printemps, allusion sans doute à la renaissance de ce jeune homme qui ne porte le prénom, dans une identité sinon renouvelée du moins assumée. Le film a été présenté à la Semaine de la critique sous le nom de Tramontane ce qui nous fait évidemment penser à Molière et à Monsieur Jourdain dans  le Bourgeois gentilhomme : Le Ballet des Nations, Première Entrée, autre gascon : Je perds la tramontane, autrement dit, je suis désorienté.  

En quête d’identité, Rabih nous conduit dans un périple libanais, au sud, à Beyrouth, au nord, à l’Est dans l’Atlas. Et à chaque fois qu’il pense avoir trouvé ses origines, il se heurte aux mensonges des hommes. Le film d’ailleurs n’est pas avare de plans symbolisant le labyrinthe avec plusieurs ouvertures, plusieurs portes souvent sur le côté, plus rarement de face : à chacun sa recherche et à chacun sa vérité.

Et quand cesse ce labyrinthe, à la fin du film, Rabih chante, chante ses origines, chante la filiation, Rabih est rasséréné, Rabih renaît dans son identité assumée. S’il est en paix, s’il représente l’espoir, il est le symbole de son pays, une mosaïque ethnique, une mosaïque religieuse, une mosaïque politique, un pays ravagé par les conflits, un pays meurtri par ses souvenirs mal assumés, incapable encore de voir et d’écrire sa propre tragédie.

 

« Tramontane » -  Drame de Vatche Boulghourjian avec Barakat Jabbour, Julia Kassar, Michel Adabashi - Liban, France, Qatar, Émirats arabes unis - Date de sortie : 1er mars 2017 –Durée : 1h 45min

"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #guerre, #Adolescence, #Violence, #Europe, #Bad boys, #Politique
« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Prisonniers en 1945 de l’armée danoise, plusieurs soldats allemands, tout juste post-adolescents sont envoyés sur les plages pour désamorcer les mines enfouies le long du littoral. Inspiré de faits réels, Les Oubliés de Martin Zandvliet revient sur cet épiphénomène historique en jouant sur plusieurs registres.

L’essentiel de l’action se déroule sur les longues plages de sable danoises plutôt propices désormais au sport qu’à cet exercice. Quand ils ne sont pas sur les plages, les adolescents ou jeunes adultes et leur garde-chiourme sont filmés dans leur baraquement de fortune. La fin de la guerre est filmée furtivement dans ce qu’elle a de plus problématique : la faim consécutive au dérèglement économique de l’occupation et de la libération. Pire, toute l’antériorité de la guerre, toute la période trouble de l’occupation est passée sous silence.  

Le film questionne plusieurs phénomènes inhérents à ces tragédies de la libération : jusqu’à quel point les hommes sont coupables ? Quelle rédemption peuvent-ils attendre ? Une résilience générale est-elle possible ? La clémence est-elle de mise ?  Le film essaie de questionner la responsabilité des hommes plutôt que de s’évertuer à nous montrer l’horreur des corps mutilés. Une seule scène sera de cet acabit et c’est effectivement largement suffisant.

Si le film possède des qualités notamment celle d’émouvoir, il perd en intensité en voulant questionner tous azimuts. Le film tombe dans le qui trop embrasse, mal étreint. Les caractères franchement cruels, franchement revanchards de certains personnages finissent par être noyés par un flot d’humanisme dont il est permis de douter qu’il fut la règle majoritaire de ces temps troublés. Mais il est consécutif au silence du film quant aux années antérieures. En fait, en se voulant profondément humaniste et particulièrement porteur d’espoir, le film ne tombe-t-il pas dans un autre manichéisme ?

 

« Les Oubliés » - Drame de Martin Zandvliet avec Roland Møller, Mikkel Boe Folsgaard, Joel Basman – Allemagne, Danemark - Date de sortie 1 mars 2017 – Durée : 1h 41min

« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Arts plastiques, #arts appliqués, #Enfance, #Adolescence
Cinéla Mercury - Nice - David Lynch  : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéla Mercury - Nice - David Lynch : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Avec David Lynch : The Art Life, Jon Nguyen et Rick Barnes (XVII) dressent un portrait aussi ambigu, aussi surprenant que le cinéaste américain peut l’être. Le format peut déranger : le film retrace la première partie de la vie de David Lynch de sa naissance dans le Montana en 1946 à la réalisation d’Eraserhead (Labyrinth man) en 1976. Le documentaire évite ainsi soigneusement les années fastes de l’auteur et son entrée dans la cour des grands. Il plonge en revanche dans les années de construction de son imaginaire.  

Qui a vu l’exceptionnel Tarnation de Jonathan Caouette en 2003 trouvera a priori cette rétrospective fort sage avec un David Lynch qui narre en voix tantôt off tantôt in son parcours. La linéarité du documentaire déséquilibre un peu le spectateur au départ qui s’attendait à une production plus déconstruite, mélangeant les époques, faisant apparaître différentes strates spatio-temporelles. Mais non ! Le film suit sa ligne chronologique, poursuit David Lynch du Montana à l’Idaho puis sur la côte Est avant la grande épopée de la côte Ouest, hybride les images d’archives avec le travail actuel de David Lynch dans son atelier en présence de sa fille.

Il se trouve que l’intérêt du film est ailleurs. Le film se construit comme un véritable jeu de piste dont le centre de production n’est autre que l’atelier de l’artiste lui-même. Que nous donne à voir cet atelier ? Un triptyque de Jérôme Bosch au mur, des œuvres tripartites de David Lynch qui entrent souvent en écho avec  ledit triptyque. Et surtout David Lynch au travail, David Lynch dans la conception de ses œuvres plastiques, premières concrétisations de l’univers en élaboration tout droit sorti de son imaginaire. Et le David Lynch rétif à l’école, rétif aux devoirs, rétif à la discipline, rétif aux cadres, rétif à tout ce qui peut brimer son imaginaire, sa créativité prend ici tout son sens.

Toute allusion prend corps dans ce documentaire comme tout objet fait sens dans les films de David Lynch : ils sont autant d’indices, de clés pour pénétrer dans l’histoire, pas forcément la comprendre mais y pénétrer. L’atelier d’abord, lieu refuge d’un artiste qui à l’évidence ne se sent pas à l’aise en extérieur. L’atelier est au centre des préoccupations de l’artiste comme lieu d’isolement et de réflexion à l’instar de ses grandes écuries abandonnées de l’école californienne qui verront la naissance d’Eraserhead (Labyrinth man).

Mais ce ne sont pas les seuls indices du documentaire. Le film jonche toute la linéarité du récit d’indices qui évoquent  immédiatement les films cultes à venir. David Lynch est souvent filmé plongé dans ses méditations comme la plupart de ses personnages futurs. Il est nimbé de la fumée de cigarette comme les brumes d’Elephant Man, il parle dans un micro ancien et chacun s’attend à un moment à le voir entonner Blue Velvet. Ses constructions plastiques, ses modelages évoquent Dune.  En fait toute la construction repose sur les objets, les indices qu’il faut savoir repérer comme dans Mulholland Drive ou Inland Empire.

En un mot, si le film paraît linéaire il n’est jamais loin de Lost Highway.

 

 

« David Lynch : The Art Life » -  Documentaire, Biopic de Jon Nguyen, Rick Barnes (XVII) avec David Lynch – États-Unis - Date de sortie 15 février 2017 – Durée : 1h 30min

Cinéla Mercury - Nice - David Lynch  : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéla Mercury - Nice - David Lynch  : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéla Mercury - Nice - David Lynch : the Art Life ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Enfance, #Adolescence
Auditorium Rainier III - Conert au profit de Special Olympics Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Auditorium Rainier III - Conert au profit de Special Olympics Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Depuis maintenant 36 ans, l’Association Special Olympics de Monaco organise des activités sportives pour les jeunes souffrant d’un handicap mental et participe à différentes compétitions dont les Special Olympics qui se tiendront dans leur version hivernale en Autriche en mars 2017. Depuis 2012, Son Altesse Sérénissime, la Princesse Charlène de Monaco en assure la Présidence d'Honneur.

Afin de soutenir ses activités, l’Association Special Olympics de Monaco a reçu le précieux concours de l’orchestre philharmonique de Monaco entre deux services de répétition de Tannhäuser de Richard Wagner, du chef d’orchestre Philippe Bender et du pianiste François-René Duchâble. Mireille Calmes, présidente de l’association, visiblement fort émue de ces prestigieux concours, s’en est même embrouillée dans son discours insistant sur l’essentiel : merci à tous !  

Qu’ils soient venus par amitié, pour la bonne cause, pour manifester un soutien ou tout bonnement pour la musique, les spectateurs de ce concert exceptionnel n’ont évidemment rien regretté.  L’alléchant programme comprenait le Concerto pour piano n°1 de Franz Liszt, le Konzerstück en fa mineur de Carl Maria von Weber et les Préludes, poème symphonique n°3 d’après Alphonse de Lamartine de Franz Liszt.

Comme à leur habitude, Philippe Bender a préféré enchainer les œuvres sans entracte et François-René Duchâble a présenté chaque pièce ainsi qu’il le fait désormais dans toutes ses interventions. Les deux hommes se connaissent, s’apprécient et se complètent. Philippe Bender dirige parfaitement un orchestre  visiblement ravi et François-René Duchâble est toujours aussi virtuose alliant force de l’interprétation et finesse du toucher ainsi que cette déconctraction légendaire qu’il affiche maintenant en permanence.

 N’écoutant que son cœur, François-René Duchâble visiblement peu fatigué par l’exécution de ces deux œuvres majeures, s’est lancé en bis dans la troisième consolation de Franz Liszt… Une pure merveille de méditation qui a plongé la salle dans une écoute d’une extrême qualité. A peine remis de ces émotions, le public était de nouveau invité au voyage avec  les Préludes, poème symphonique n°3 d’après Alphonse de Lamartine de Franz Liszt qui clôturait en beauté (et non en fanfare) un concert de grande qualité pour la bonne cause.

François-René Duchâble - Philippe Bender - Orchestre philharmonique de Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com François-René Duchâble - Philippe Bender - Orchestre philharmonique de Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

François-René Duchâble - Philippe Bender - Orchestre philharmonique de Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique du Nord, #Enfance, #Adolescence, #Urbanisme, #Violence, #Amour
"Moonlight" - Barry Jenkins - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Moonlight" - Barry Jenkins - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Comment parler d’un film sur les non-dits, les tabous, les frustrations qui apparaissent dans la construction du récit sans en déflorer les effets ? L’exercice se révèle  particulièrement délicat. Moonlight est une torture de présentation.

Ils s’appellent tour à tour Little, Chiron et Black et Barry Jenkins filme cette vie à trois temps : le temps de l’enfance, le temps de l’adolescence et la maturité. Moonlight suit le parcours de cet afro-américain des ghettos de Floride, sans père avec une mère en souffrance.  Quel que soit le surnom, le personnage est le même et il se pose à la fois en continuité et en rupture par rapport à son état antérieur. Moonlight est l’histoire d’une métamorphose.

Moonlight met en avant la question de la rencontre et des choix de l’existence. Little n’a pas de père mais il a Juan, le truand pédagogue, il n’a pas de mère mais il a l’amour de Paula qui le suivra à l’adolescence et au-delà. Chiron a un ami Kevin mais être souffre-douleur expose l’amitié à bien des dangers. Moonlight est une réflexion sur la place de l’individu dans le groupe.

Ghetto, afro-américain, absence du père, dealer, mère toxicomane, quel bel ensemble de poncifs et autres clichés cela aurait pu faire sauf que Barry Jenkins suit tous les codes du genre pour mieux jouer sa petite musique sur une partition personnelle qu’il nous dévoile lentement.  Moonlight manie beaucoup l’ellipse et joue beaucoup sur les non-dits. Moonlight est un film sur la patiente construction de la personnalité.

Moonlight est très sonore, Moonlight est souvent violent, Moonlight joue sur les tensions et les codes d’éducation en milieu hostile. Barry Jenkins instille énormément de tendresse en contrepoint. Little cherche la tendresse de Paula, Chiron cherche sa tendresse comme tous les adolescents mais quelle tendresse manque t-il à Black à l’âge adulte ?

Barry Jenkins dévoilera quelques pistes en fin de film mais se gardera bien d’en dire trop… comme ses personnages du reste.

 

« Moonlight » - Drame de Barry Jenkins avec Alex R. Hibbert, Ashton Sanders, Trevante Rhodes – États-Unis - Date de sortie : 1 février 2017 - Durée : 1h 51min

Cinéma Rialto - Nice Cinéma Rialto - Nice

Cinéma Rialto - Nice

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique du Nord, #Proche orient, #Adolescence, #guerre
Cinéma Rialto - Soy Nero de Rafi Pitts

Cinéma Rialto - Soy Nero de Rafi Pitts

D’accord, la présentation du film Soy Nero de Rafi Pitts six mois après sa sortie en salle peut ressembler à du grand n’importe quoi. Mais la qualité de ce film découvert tardivement fait que le silence à son sujet serait particulièrement injuste. Ensuite, ce film sorti avant l’arrivée de Donald Trump à la Maison blanche prend désormais un tour et un ton nouveaux. En bref, le plus gros problème de ce film est sa date de sortie prématurée mais qui aurait pu imaginer que…

Soy  Nero est avant tout une histoire de frontières, de dualité. De quelque endroit qu’ils se placent, les protagonistes butent toujours sur un mur (la frontière américano-mexicaine), sur des grillages (les quartiers de Los Angeles), sur des grilles (la villa à Beverley Hills), sur des chicanes (un pays qui pourrait être l’Irak). Et quand elles ne sont pas physiquement matérialisées, les frontières sont symboliques entre les riches et les pauvres, les civils et les militaires, les étendues à perte de vue et les espaces contraints.  

Soy Nero est également une histoire de lutte pour l’intégration. Jesus le frère de Nero se débat pour vivre correctement à Beverly Hills , Nero qui prend au passage l’identité de son frère a un tout autre projet : il veut devenir green card soldier et profiter ainsi du Dream act (acronyme pour Development, Relief, and Education for Alien Minors, ou développement, secours et éducation pour les mineurs étrangers) qui prévoit d'accorder une carte de résident permanent (sous conditions) à certaines personnes entrées illégalement en tant que mineurs aux États-Unis. Voila pourquoi Nero n’avoue que 17 ans au compteur !

Soy Nero est une histoire d’entêtement et de courage : Nero est reconduit à la frontière, il revient, Nero est arrêté par la police, il négocie, Nero veut devenir green card soldier, il y parvient. Et Johnny Ortiz incarne parfaitement à l’écran cette farouche volonté.  Nero est aussi une histoire d’honneur : Nero pourrait vivre de petits boulots, il veut un vrai métier, Nero pourrait vivre avec des papiers d’emprunt, il préfère la green card, Nero pourrait choisir la tranquillité avec petits risques au quotidien, il choisit le danger au quotidien pour une potentielle tranquillité à l’arrivée.

Ce triptyque qui nous conduit de la frontière américano-mexicaine au Proche-Orient en passant par Beverly Hills, pourrait se révéler simplement narratif, il est en fait plus subtil que cela. Et quand le générique du film surgit alors que vous n’avez pas eu le temps de réagir, vous vous posez subitement cette question angoissante : Nero avait-il encore son fusil dans la dernière scène ou non ? Et cette question d’apparence anodine finit par vous tarauder car elle commande la compréhension de la fin du film de son avant dernière scène et de son antépénultième non qu’elle transforme radicalement le destin du personnage mais qu’elle en modifie les circonstances. Et vous voila contraints de revoir le film.  

 

 « Soy Nero » - Drame de Rafi Pitts avec Johnny Ortiz, Rory Cochrane, Aml Ameen - Allemagne, France, Mexique - Date de sortie : 21 septembre 2016 - 1h 58min

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #mort, #Adolescence, #Enfance, #Violence, #Amour, #Amérique du Nord, #Epoque contemporaine, #Bad boys
[Cinéma – Le Mercury – Nice]  Manchester by the Sea : histoire déconstruite pour mélodrame actuel

Même si chacun peut garder une réserve quant à la démonstration-construction du film, si chacun peut demeurer sur son quant-à-soi par rapport aux malheurs de la famille Chandler, Manchester by the Sea reste une vraie surprise cinématographique cette année et, comme les derniers spectateurs à avoir pu entrer dans la salle du cinéma Mercury étaient entassés au tout premier rang, le succès populaire et le bouche à oreille sont effectifs.

Evidemment, le récit linéaire de la famille Chandler du Massachusetts peut sembler a priori un peu « too much » tant elle semble accumuler les ennuis comme la lumière les papillons de nuit et les reniflements de la salle prouvent que l’objectif est atteint. Les personnages ont des caractères bien trempés, bien marqués : Casey Affleck en Lee Chandler est un teigneux cogneur… lorsqu’il a bu, Lucas Hedge en Patrick Chandler est l’adolescent dans toute sa splendeur et Gretchen Mol en mère alcoolique finit par chercher la rédemption en épousant le catholique ultra-pratiquant. L’ensemble fonctionne mais le stéréotype n’est jamais bien loin.

En revanche, la construction du film est sa grande force. Le récit est déconstruit, les flash-back nombreux, les histoires familiales s’entremêlent, les époques s’incrustent les unes dans les autres laissant au spectateur le soin de reconstituer minute après minute ce gigantesque puzzle aussi pulvérisé que les vies qu’il raconte. Cependant, une fois que le spectateur comprend la construction, il finit par attendre le point de rupture finalement annoncé.

Manchester by the Sea de Kenneth Lonergan demeure malgré tout un des incontournables de ce début d’année. Sans temps mort, il captive, sans linéarité, il interroge et sans fard, il donne un coup de projecteur intéressant et finalement assez novateur au mélodrame.

 

Manchester by the Sea - Drame de Kenneth Lonergan avec Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chandler – États-Unis - Date de sortie : 14 décembre 2016 - Durée : 2h 18min

 

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Politique, #Europe, #Epoque contemporaine, #Adolescence
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Deux des grandes vertus du nouveau film de Cristian Mungiu Baccalauréat résident dans sa capacité à continuer à questionner  longtemps après l’avoir vu et dans sa capacité à surprendre quand bien même le spectateur en connaitrait l’histoire.

Film après film, le cinéma roumain n’en finit plus de régler ses comptes avec la période communiste ou la corruption actuelle. Baccalauréat qui traite de la corruption actuelle sur fond de retour au pays après 1991 n’échappe donc pas à la règle. En fait Baccalauréat est construit comme une fable dont la morale serait : « il n’y a pas de grande ou petite compromission, en mettant le doigt c’est le corps qu’avale la corruption »

Baccalauréat fait partie de ces films à double détente. Le spectateur peut sortir de la salle en ayant l’impression d’avoir vu un film d’école. Les plans séquence renforcent l’inquiétude générale, chaque plan est pensé, la profondeur de champ travaillée, les barres de séparation entre les acteurs reviennent à foison, les sur-cadrages des personnages notamment du père sont légion. Dans sa construction, le film joue beaucoup avec les non-dits pour rebondir scène après scène.

En fait, rien n’est laissé au hasard, tout est savamment calculé : la répétition systématique des mêmes procédés souligne  la banalisation du processus de corruption entré dans une routine, le sur-cadrage de Roméo insiste sur son enfermement progressif dans un système qu’il ne contrôle  plus,  la séparation des personnages par une porte, une fenêtre qui ne donne que sur une profondeur de champ bouchée semble ne laisser aucun espoir pour l’avenir.

Même le prénom du personnage central, Roméo, paraît calculé. De l’image de Roméo, il n’en a rien. Il trimbale son prénom comme un mensonge comme le film promène les trajectoires de ses personnages dans un mensonge permanent. Les personnages  multiplient les non-dits, le film les multiplie également en injectant régulièrement des situations sans réponse.  Roméo et Magda sont rentrés en Roumanie en 1991 mais le film restera muet sur leur parcours. Marius, le petit ami d’Elisa, fille de Roméo, était-il ou non présent sur la scène de l’agression ? Aucune certitude. Roméo refera-t-il sa vie avec Sandra ? Mystère.

Restent ces mystérieuses agressions invisibles, ces pierres qui sont jetées dans l’appartement de Roméo et Magda, dans leur voiture, projectiles qui semblent sortir de nulle part. Agresseur réel ? Agresseur symbolique ? Fantasme d’un agresseur invisible pour se dédouaner ? Recherche d’un bouc émissaire qui vient toujours de l’extérieur ? Le film se gardera bien de fournir une explication, laissant le spectateur se perdre en conjectures.  

Non, décidément ! A la réflexion, Baccalauréat est tout sauf un film d’école.

 

Bacccalauréat – Film dramatique de Cristian Mungiu avec Adrian Titieni, Maria Drăguș, Lia Bugnar - Roumanie, France, Belgique - Date de sortie : 7 décembre 2016  - Durée : 2h 08min

Baccalauréat - Film de Cristian Mungiu - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBaccalauréat - Film de Cristian Mungiu - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Baccalauréat - Film de Cristian Mungiu - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 > >>