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Blog de mes curiosités

Articles avec #europe catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Amour, #opérette, #Europe, #Patrimoine
"Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Au commencement, il y eut le désormais incontournable Palazzetto Bru Zane qui proposa à Pierre-André Weitz la mise en scène des Chevaliers de la Table ronde de Louis-Auguste-Florimond Ronger dit Hervé. Contemporain d'Offenbach, Hervé est considéré come un des pères de l'opérette et pourtant le public n’a retenu de lui que Mam’zelle Nitouche, popularisée par le cinéma et  que le même Pierre-André Weitz décide de mettre en scène également.

Mam'zelle Nitouche est une opérette ou comédie-vaudeville en trois actes et quatre tableaux sur un livret d’Henri Meilhac et Albert Millaud mise en musique par Hervé et créée au Théâtre des Variétés à Paris le 26 janvier 1883. Elle suit les frasques de l'organiste Célestin, professeur de musique au couvent des Hirondelles qui se transforme en Floridor (Hervé se prénomme Louis-Auguste-Florimond), compositeur à succès de musique légère la nuit. Une de ses élèves la jeune Denise de Flavigny devient à son tour Mam'zelle Nitouche, chanteuse à succès séduisant sous ce déguisement son propre fiancé, le lieutenant des dragons Fernand de Champlatreux.

Comme l’a déclaré un jour Jalil Lespert lors du tournage de Pas sur la Bouche d’Alain Resnais, face à ce type d’ouvrage, « il faut en faire des caisses ». Et Pierre-André Weitz ne s’en est pas privé. Prenant appui sur une tournette qui permettra tout au long du récit de jongler avec les trois lieux de l’action : le pensionnat, la scène et ses coulisses, elle symbolise ce tourbillon de la vie ; elle deviendra d’ailleurs le carrousel, le manège de la vie sur laquelle les personnages apparaitront et disparaitront. 

Et pour imprimer du rythme à l’ensemble, Pierre-André Weitz joue à plein avec les dualités omniprésentes dans l’ouvrage : double vie de Célestin, double vie de Denise de Flavigny, double vie de Fernand de Champlatreux qui, quoique fiancé se retrouve au cabaret, dualité frère-sœur (Mais c’est mon frère, ma sœur ! s’exclame la supérieure), dualité renforcé par le duo Olivier Py/Miss Knife jouant le double rôle de Loriot et de la Supérieure empruntant au passage voix et diction à l’inénarrable Micheline Dax.

Ce personnage haut en couleur tranche avec la rigueur de Sandrine Sutter dont chacun regrette que le rôle ne soit pas un rôle chanté quoique ses talents de comédienne en fassent une sœur revêche et rigoriste à souhait. Damien Bigourdan omniprésent dans ses deux rôles de Célestin et Floridor se démène sur scène tandis que  Lara Neumann dans le rôle-titre et Samy Camps en Fernand de Champlatreux complètent avec beaucoup de charme et d’énergie un plateau dynamique à souhait. 

Rien n’est négligé, l’ensemble du plateau bouge, chante, boit, rit, danse avec une frénésie communicative multipliant les effets et les excès pour le plus grand bonheur d’une salle qui ne demandait qu’à rire. Seul  Jean-Pierre Haeck à la baguette n’a pas dû s’amuser follement, menacé jusqu’à la dernière minute par une grève potentielle des musiciens qui aurait contraint le public à entendre la musique dans une réduction à deux pianos.

Accueilli par des ouvreuses cocardées et par un coq sur scène, la proposition présentée comme un opéra révolutionnaire, n’aura finalement pas livré tous ses secrets laissant le spectateur à ses conjectures.

Opéra de Toulon  - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon  - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Opéra de Toulon  - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon  - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Toulon - "Mam'zelle Nitouche" d'Hervé - Damien Bigourdans, Lara Neumann, Samy Camps et Olivier Py ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Epoque moderne, #Epoque contemporaine, #Europe
Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sont-ils venus pour la grande violoniste Anne-Sophie Mutter ? Sont-ils venus pour le Concerto pour violon n°1 KV 207 de Wolfgang Amadeus Mozart ? Sont-ils venus pour la Symphonie n° 9  D. 944, La Grande de Franz Schubert ? Seraient-ils venus pour Sur le même accord, Nocturne pour violon et orchestre d’Henri Dutilleux ? Toujours est-il qu’il n’y a plus aucune place à la location depuis des semaines pour le concert exceptionnel d’Anne-Sophie Mutter avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la direction de Lawrence Foster.

Les amoureux de la musique de notre temps auront été ravis d’entendre  Sur le même accord, Nocturne pour violon et orchestre d’Henri Dutilleux, commande de l’Orchestre Philharmonique de Londres, composé au début de notre siècle, dont Anne-Sophie Mutter est dédicataire. Cette pièce, créée le 28 avril 2002 au Royal Festival Hall de Londres par Anne-Sophie Mutter elle-même et le London Philharmonic Orchestra sous la direction de Kurt Masur, n’est pas une première en Principauté car interprétée par David Lefebvre et l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la baguette de Lawrence Foster il y a cinq ans.

Pour récompenser les amoureux de la musique patrimoniale qui ont attendu bien sagement pendant ces dix minutes contemporaines, deux valeurs sûres :  le Concerto pour violon n°1 KV 207 de Wolfgang Amadeus Mozart et la Symphonie n° 9  D. 944, La Grande de Franz Schubert. Comme le violon a l’air d’une simplicité extrême avec Anne-Sophie Mutter. C’est le secret des Grand-e-s de nous faire apparaître comme simples des gestes qui ont demandé des années de travail assidu et acharné. Quoiqu’elle joue, le calme visiblement imperturbable d’Anne-Sophie Mutter, sa parfaite maîtrise impressionnent une grande partie du public tout en laissant certains autres de marbre.

Sans doute l’interprétation de la symphonie de Franz Schubert a-t’elle été remarquablement dirigée par Lawrence Foster et brillamment interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo mais placée en seconde partie après une telle prestation, elle a semblé passer inaperçue ; Anne-Sophie Mutter avait mis au prélable presque tout le monde Sur le même accord.

Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAuditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAuditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Epoque contemporaine, #Amérique latine, #Europe
Théâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Dans le cadre de ses activités, l’association pour la Promotion et le Développement de l’Accordéon et du Bandonéon, rarement à court d’idées, a accueilli salle Michel Daner à Beausoleil le samedi 30 septembre 2017 l’ensemble ATriango pour un concert intitulé Aux Couleurs du Pays. Ce trio composé d’Ariane Granjon au violon, Javier Estrella aux percussions et de Max Bonnay à l’accordéon et au bandonéon est original à plus d’un titre.

La première originalité de ce trio tient à sa composition même. Si le public est habitué aux ensembles piano, cordes et accordéon/bandonéon, l’alliance des percussions avec le violon, l’accordéon et le bandonéon est nettement plus rare. Partant de ce constat, rares sont les œuvres écrites pour ce type de formation et c’est donc à un gigantesque travail d’arrangement préalable qu’a dû se livrer le trio.

La seconde originalité de la soirée est venue du programme lui-même ; Aux couleurs du pays aurait pu s’appeler également Aux couleurs des époques tant la proposition est un voyage dans le temps et dans l’espace. Dans l’espace d’abord car si certains compositeurs sont latino-américains (Astor Piazzola, Paquito D’Rivera), d’autres sont issus d’Espagne (Manuel de Falla) et même d’Europe de l’Est (Bohuslav Martinu, Igor Stravinsky) quand d’autres encore ont un pied en Amérique latine, un pied en Europe (Gustavo Beytelmann, Lalo Zanelli). Mais le temps s’invite aussi dans ce voyage entre compositeurs nés au XIXème siècle (Manuel de Falla, Igor Stravinsky) et compositeurs encore en activité (Paquito D’Rivera, Gustavo Beytelmann, Lalo Zanelli).

Enfin la dernière originalité du trio et de ce concert réside en sa capacité à faire entendre un programme exigent, en l’interprétant magistralement tout en accompagnant le public pas à pas soit en présentant les compositeurs soit en distillant une histoire de la musique, des instruments ou du trio lui-même. Et encore merci pour cette triple originalité.  

Théâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre Michel Daner - Beausoleil - ATriango ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #environnement, #Nature
« Petit Paysan » d’Hubert Charuel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Petit Paysan » d’Hubert Charuel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Il rêve. Mais à quoi peut rêver Pierre, la trentaine, éleveur dans ces régions de l’Est de la France durement touchées par la déprise rurale et où le Front national prolifère ? Mais à l’épidémie potentielle qui ruinerait ses espoirs, son entreprise, son mode de vie, ses choix. Là s’arrêtera la comparaison avec le film précédent  Patti Cake$ même s’ils débutent tous les deux par le même procédé stylistique.

Ils débutent effectivement par un rêve heureux ou malheureux mais prémonitoire. Mais là où Patti Cake$ peine à convaincre faute d’une ligne et d’un parti pris forts, Petit Paysan d’Hubert Charuel est un premier film tout en maîtrise. Il a certes des défauts mais sur un sujet aussi brûlant, Hubert Charuel réussit à pousser un cri d’adieu aux campagnes françaises sans sombrer dans le nostalgique « C’était mieux avant » ou dans le réquisitoire.

Pourtant tous les ingrédients qui auraient pu y conduire sont présents dans le film : l’opposition entre deux fermes antagonistes : la traditionnelle et la mondialisée, l’absence totale d’humanité et d’animalité des services vétérinaires, l’absence totale de l’État et des pouvoirs publics face au drame qui se joue laissant un Pierre désespérément seul. Tout y est mais le film en maniant réalisme et mise à distance, en empruntant les codes au drame social et au thriller psychologique évite ces écueils.

La personnalité de Swan Arlaud que le réalisateur filme pas à pas contribue  énormément au succès du film. Isolé dans  sa campagne, isolé dans sa vie, son seul salut semble provenir des réseaux sociaux dont il découvre finalement l‘inanité dans le personnage fantasque incarné par Bouli Lanners. Petit à petit, le film glisse tranquillement vers sa tragique conclusion pendant que les spectateurs espèrent toujours vainement… et c’est aussi un indice de la réussite du film.

 

 

« Petit Paysan » - Drame d’Hubert Charuel avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners – France - Date de sortie 30 août 2017 – Durée 1h 30min

Nice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Afrique, #Europe
"Lola Pater" de Nadir Moknèche

"Lola Pater" de Nadir Moknèche

Pas de chance pour le film Lola Pater vu dans la même journée que 120 Battements par minute de Robin Campillo. Passer après ce qui est un des meilleurs films de l’année c’est un peu passer un oral après le premier de la classe… le handicap est lourd.

Dans son film Lola Pater, le réalisateur Nadir Moknèche questionne à la fois la paternité et l’identité sexuelle. Comme dans Le Fils de Jean de Philippe Lloret, la mort de la mère amène évidemment la question du père disparu. Si Philippe Lloret nous embarque au Canada pour rechercher un père qui n’est pas celui attendu, la quête de Zino dans Lola Pater ne l’amène pas en Algérie mais dans le sud de la France. Le père n’est pas non plus celui attendu : il se nomme désormais Lola.

Allier dans le même film quête du père et quête de son identité sexuelle était un pari assez gonflé et Nadir Moknèche n’y va pas de main morte quitte à bousculer certaine idées reçues. L‘ensemble souffre cruellement de rythme et de réelles surprises. C’est quelquefois extrêmement maladroit, pas toujours très loin du poncif à certaines reprises mais l’idée est originale, l’histoire se tient et le pari est presque réussi.

Tewfik Jallab dans le rôle de Zino crève l’écran. Il porte réellement le film, incarne à la perfection ce jeune adulte qui voit ses repères, son monde, ses certitudes, ses rêves, son père fantasmé  s’effondrer en l’espace de quelques mois. Tout son jeu est au service de ce personnage plein de doute, en plein désarroi. Il a d’autant plus de mérite qu’en face Fanny Ardant en fait des tonnes. Si elle a tous les atouts du rôle, son manque de naturel, son maniérisme empêche de croire de manière récurrente à son personnage… dommage !

 

« Lola Pater » - Comédie dramatique de Nadir Moknèche avec Fanny Ardant, Tewfik Jallab, Nadia Kaci – France, Belgique - Date de sortie : 9 août 2017 – Durée : 1h 35’

Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour
Cinéma Rialto - Nice - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo

Cinéma Rialto - Nice - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo

Il existe différentes manière d’aborder un film. Tout dépend de notre état d’esprit, notre humeur, notre vécu, nos traumatismes, nos souvenirs.  Pour la génération née à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, pour peu qu’ils soient passés directement de l’adolescence aux années SIDA, le risque de prendre le film de Robin Campillo 120 Battements par minute en pleine face est bien réel. Les comédiens ont leur âge, ils dansent sur leur musique, ils gueulent faux Tell me why ou Runaway Boy plus fort que les Bronski Beat voire ils ont soigné leurs malades, accompagné leurs amis ou sont passés directement dans la discothèque à peine sorti de l’enterrement… comme dans le film qui restitue bien ces années où la jeunesse  danse sur un volcan. Déjà morts, encore vivants a titré Emmanuel Burdeau dans son article sur Médiapart… c’est exactement cela.

La grande force de frappe du film de Robin Campillo tient à cette fidèle restitution des années de plomb, celle où la vie devient dans certains groupes notamment chez les accompagnants une partie réelle de chaises musicales : à chaque fois l’un se retrouve sur le carreau… Déjà morts, encore vivants. Ce réalisme des RH (réunions hebdomadaires)interminables, des engueulades à répétition, de la déchéance des corps, des soutiens à apporter, des tensions à supporter, des nécessaires moments de décompression en groupe au son de la house music omniprésente, des pouvoirs publics qui semblent tétanisés, de ces mères aimantes qui accompagnent dignement leur enfant, tout ceci renforce le lien émotionnel qui entoure le film, de son filigrane militant qui enveloppe les activistes d’Act Up-Paris. 

Mais ce n’est pas un film militant auquel cas il ne s’adresserait temporairement qu’à quelques dinosaures encore vivants. C’est un film, une œuvre, sans doute une grande qui relate avec sa chronologie, son histoire, ses partis pris, la vie de ces activistes qui ont fait prendre un tournant à toute la société occidentale. Le film débute par une RH avec accueil des nouveaux, sorte de rentrée des classes et se termine avec la mort ou plutôt par un dernier geste héroïque post-mortem comme un pied de nez à la mort. Dans l’intervalle c’est le combat, le combat entre l’entrée dans la vie, dans le groupe et l’issue fatale. Si le film colle au réel, il se construit comme une décantation, il va du général au particulier, des réunions hebdomadaires agitées à la relation plus apaisée entre Nathan et Sean. Comme la maladie, le film isole les éléments. La mise en place des personnages au début du film joue sur les temporalités : on passe d’aujourd’hui à hier avec une voix tantôt off tantôt in qui récapitule. Le passé, le présent et le futur se confondent déjà dans cette urgence de la vie, dans cette urgence à agir. Pour bien marquer l’hétérogénéité d’Act Up-Paris, Robin Campillo multiplie les points de vue en début de film : la poche de sang  qui s’écrase sur le visage d’un représentant officiel est vue de différentes manières, véritable métaphore des discussions à couteaux tirés à venir.

Le film joue avec son propre sujet. Le film suit des activistes, il les repoussera dans les derniers retranchements sans fard en jouant sur les points forts, les point faibles, les contradictions, les prises de tête, les prises de risques, les dérapages du groupe. Act Up-Paris joue sur les symboles, la communication, le film fera de même : il est à la fois œuvre majeure, outils de communication pour un réveil des consciences et élément d’une mémoire collective. Act Up-Paris  manie à la perfection la performance, le culot, la spontanéité, le film jouera avec une certaine crudité des images, la crudité des situations, la crudité des slogans. En fait, Robin Campillo réussit avec un funambulisme entre supportable et insupportable, communication et respect, activisme et écoute à restituer les mentalités collectives du groupe qui, devant l’urgence, s’essaie à toutes les tactiques.

Enfin le film est porté par une pléiade d’actrices et d’acteurs, chacun pleinement investi dans son personnage de fiction lui-même synthèse de situations réelles. Non seulement ces jeunes sont forts en gueule à la manière d’Adèle Haenel qui semble avoir fait reprendre du service à son personnage de Madeleine Beaulieu dans les Combattants mais ils engagent aussi tout leur corps dans la bataille. Antoine Reinartz (Thibault) incarne la communication, la force de frappe sans laquelle Act Up-Paris n’aurait eu cet écho. Tout en lui communique, quelle que soit la situation : il cristallise donc contentements et mécontentements, rancœurs et admiration.  Nahuel Pérez Biscayart, fantastique dans le rôle de Sean sera le maître du temps c’est par son corps supplicié que défileront les quelques mois qui lui restent à vivre passant de la trémoussante pom-pom girl à un corps supplicié par le sarcome de Kaposi. Arnaud Valois incarne Nathan qui dans la Bible est un prophète, un annonciateur. Il est tout aussi lumineux, joue en revanche sur l’ambiguïté de sa gueule d’ange : ange gardien ou ange de la mort ? Il est à l’image du film, de nous, des personnages, d’Act Up-Paris, génialement ambivalent.

Déjà morts, encore vivants disait d’eux Emmanuel Burdeau… et nous spectateurs à la fin du film sommes toujours vivants… et encore plus qu’avant !

 

 

« 120 Battements par minute » - Drame de Robin Campillo Avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel, Antoine Reinartz – France - Date de sortie : 23 août 2017 – Durée : 2h 20’

Cinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « 120 Battements par minute » de Robin Campillo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Europe, #Afrique, #Amérique du Nord, #Amérique latine, #Violence
Nantes - Mémorial pour l'abolition de l'esclavage ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nantes - Mémorial pour l'abolition de l'esclavage ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Dès que la mémoire est en jeu, les passions se déchainent. Ce n’est pas nouveau, les querelles des mémoires de la seconde guerre mondiale tardent à s’éteindre, celles d’Algérie n’en finissent plus de se rallumer. Quelles mémoires conserver ? Honorer ? Célébrer ? Vaste question.

Il était logique de penser que l’esclavage, la traite négrière et l’abolition de l’esclavage échapperaient à ces querelles. Que nenni, il se trouve toujours dans certains milieux des hommes pour transformer les mémoires en débats sur la « repentance et la reconnaissance victimaire (sic) ». Visiblement, avoir un regard assumé sur le passé est une épreuve de force pour certains qui brandissent jusqu’aux manuels scolaires pour montrer que l’expiation est à toutes les sauces. Visiblement, l’histoire bien belle, bien propre, bien jolie au pays des bisounours a encore ses défenseurs mais l’histoire ne sert-elle pas à mettre à distance, à forger l’esprit critique et  à confronter le fantasme aux documents ?

Le Mémorial de l'abolition de l'esclavage est situé à Nantes, à 200 mètres à l'ouest de la passerelle Victor-Schœlcher… tout un symbole. Nantes fut l’un des principaux ports négriers de France : ce n’est pas une « repentance victimaire » mais une réalité. Aménagé sous une promenade de 7 000 m2, l’espace conçu par l'artiste polonais Krzysztof Wodiczko et l'architecte américano-argentin Julian Bonder se trouve presqu'au niveau de la Loire évoquant ainsi les entreponts des navires négriers.

Dans cet espace est contée l’histoire de la traite négrière, les différentes abolitions entrecoupées d’écrits de contemporains de l’esclavage, d’extraits des œuvres d’Aimé Césaire, de textes officielles comme les différentes déclarations des droits de l’homme et partout le vocable Liberté décliné dans toutes les langues. Sur le quai en surface, comme il est loisible de lire le nom des bateaux, d’innombrables plaques de verre jonchent le sol avec le nom des différents bateaux ayant œuvré à ce trafic. Certains noms marient l’oxymore à l’envi : l’Amour, l’Espoir, les Amis, la Tendre Famille.

Pour qu’un mémorial serve, il se doit de faire réfléchir… ceux qui le veulent bien. Accolé à un centre de la mémoire, à un lieu de recherche, il pose les problèmes sans chercher à tout expliquer. Ainsi conçus ils sont plus efficaces que les simples journées de commémorations qui figent les mémoires dans une espèce de mausolée alors que les mémoires sont vivantes, qu’elles évoluent, qu’elles se complètent, qu’elles se confrontent. Le mémorial pour l’abolition de l’esclavage de Nantes ne cherche pas à faire un exposé didactique de l’esclavage, de sa traite et de son abolition. En disséminant les éléments il invite à aller plus loin.

Vous avez dit devoir de mémoire ? Ne serait-ce pas plutôt une nécessité ? Une saine réflexion ?  Soit exactement l’inverse d’une « repentance et d'une reconnaissance victimaire »

Nantes - Mémorial pour l'abolition de l'esclavage ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNantes - Mémorial pour l'abolition de l'esclavage ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Amérique du Nord, #Amour, #arts appliqués
« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Traversant le XXème siècle et la libération sexuelle notamment homosexuelle, le finlandais Touko Laaksonen dit Tom of Finland est devenu une icône gay célébrée par tout le milieu homosexuel inspirant au passage certains autres groupes comme les Village People. Avec ses représentations fantasmatiques, fantasmagoriques et fétichistes d’hommes virils, musclés, désinhibés braillant leur fierté d’être gays à chaque page, Tom of Finland est l’objet de toutes les controverses : icône gay ou témoin d’une époque ? Artiste ou simple illustrateur ? Fantasmagorie ou pornographie ? Etc.

Avec un sujet, un homme, des modèles aussi sulfureux, le réalisateur finlandais Dome Karukoski prenait a priori des risques et faisait du même coup sortir définitivement Tom of Finland du placard mais quels aspects de la vie de Tom of Finland faire émerger ? Sa vie cachée en Finlande ? Sa virée aux États-Unis ? Les années orgiaques ? Les années SIDA ? Les années pendant lesquelles ses publications étaient symboles de libération totale ou les années de plomb au cours desquelles ses publications étaient vouées aux gémonies et pointées comme responsables de la propagation de l’épidémie ?  

Il y avait effectivement tellement de parti pris à adopter, tellement de ficelles à tirer dans cet écheveau que Dome Karukoski a fini par n’en prendre aucun  se contentant d’un biopic sans relief réel, ultra-chronologique, qui finit par transformer son personnage en un personnage lambda , plutôt vague témoin de la libération des mœurs et de la lente montée des fiertés homosexuelles qu’acteur de cette période par œuvres interposées.

Le biopic est un art difficile. Sauf à trouver l’idée de génie, la caractéristique principale du personnage central qui servira de colonne vertébrale, tout biopic normalement constitué ne finit par n’avoir pour seule colonne vertébrale que le temps qui passe. Écrasant les temporalités au point de rendre l’ensemble difficilement compréhensible pour quiconque n’aurait pas les éléments de contexte en tête, il se noie dans un flot de détail à la psychologie fumeuse comme si pour caractériser une vie, une action, une œuvre, il fallait remonter aussi loin et tout prendre en compte.

Tom of Finland n’échappe hélas pas à la règle et ce ne sont pas trois dessins érotiques et quelques rencontres dans les fourrés qui peuvent rendre compte du côté sulfureux de sa production. La grande intelligence du Jackie de Pablo Larrain ( http://un-culte-d-art.overblog.com/2017/02/cinema-le-rialto-nice-jackie-tout-sauf-un-biopic.html) résidait dans son parti pris sur la communication politique dont il avait fait la colonne vertébrale. En prenant comme seul angle la communication politique et en réduisant la vie de Jackie à ses années à la Maison Blanche de part et d’autre de l’assassinat de JFK, Pablo Larrain avait fait de son film un modèle à l’attention des futurs ciné-biographes.

Il semblerait qu’il n’ait pas encore été entendu.

 

« Tom of Finland » - Biopic, Drame de Dome Karukoski avec Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jessica Grabowsky - Finlande, Danemark, Allemagne, Suède, États-Unis - Date de sortie 19 juillet 2017 – Durée : 1h 56’

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Tom of Finland » de Dome Karukoski - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Europe, #Epoque contemporaine, #guerre, #Politique
Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abandonnant temporairement sa programmation très grand public, le Cinéma Les Beaux Arts de Monaco propose Dunkerque de Christopher Nolan hélas en version française. Christopher Nolan interrompant ses combats intergalactiques retrouve le plancher des vaches et se polarise sur un événement historique majeur : l’évacuation en urgence de la poche de Dunkerque en 1940 pendant la campagne de France. S’intéresser à ces réflexes historiques qui vous transforment une défaite en victoire par une idée de génie comme les Taxis de la Marne en 1914 ou la grande armada des petits bateaux de 1940 est effectivement éminemment cinématographique.

Dunkerque est un film de guerre, Dunkerque est un film sur un événement historique, Dunkerque possède tous les traits du film de guerre, batailles, héroïsme, petites lâchetés, gros lâchages, sacrifices, honneurs, etc. De ce point de vue il se place dans la foulée de Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg. Dunkerque casse régulièrement les grands espaces par des espaces extrêmement contraints, anxiogènes jouant avec la respiration du public. Comme tous les films de guerre, Dunkerque vise au réalisme mais souligne certaines situations, fait des choix, n’évite pas certains défauts comme  l’héroïque atterrissage sur la plage en fin de film mais il fonctionne.

Le principal atout de Dunkerque est qu’il tient en haleine et en émotion en jouant sur six strates spatio-temporelles qui s’entrecroisent. Dunkerque montre bien la conjonction des trois éléments la mer, la terre et l’air pour comprendre les enjeux de cette bataille. Hormis quelques scènes en début de film, Dunkerque ignore superbement la ville dont il porte le nom pour se concentrer sur les interfaces aéro-maritimo-terrestre, là où tout se joue. Dunkerque joue aussi avec trois temps : les deux jours de l’évacuation, la nuit de la traversée de la grande armada et les quarante-cinq minutes de carburant qu’il reste au pilote pour nettoyer le ciel. En passant d’une strate à l’autre, en faisant de l’interface spatiale le point de convergence de l’interface temporelle, Christopher Nolan fait mouche et rend le film dynamique et émouvant.

Certes le film oublie Dunkerque, les forces françaises, les Allemands présents uniquement par les balles et les bombardements assez lâches puis vaguement visibles dans les dernières scènes, mais Dunkerque reste un film très réussi pou peu que le public se laisse porter par le film de guerre. Pour un atterrissage après des années dans l’espace, Christopher Nolan s’en sort fort bien.

 

 

« Dunkerque » - Film de guerre de Christopher Nolan avec Fionn Whitehead, Tom Glynn-Carney, Jack Lowden – États-Unis, France, Royaume-Uni, Pays-Bas - Date de sortie : 19 juillet 2017 – Durée : 1h 47min

Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Europe, #Amour, #Violence, #Opéra, #Epoque moderne, #Bad boys, #Religion, #Politique, #Jalousie, #mort, #guerre
Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Evénement au Capitole de Toulouse et retour indirect de Voltaire après Candide (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/12/musique-theatre-du-capitole-toulouse-candide-energie-joie-et-optimisme-pour-la-fin-de-l-annee.html) avec la résurrection du Prophète, opéra en cinq actes de Giacomo Meyerbeer sur un livret d'Eugène Scribe et Émile Deschamps d'après l'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations  de Voltaire. Véritable phénomène au cours du XIXème siècle, Le Prophète a finalement déserté les scènes françaises notamment en raison de ses coûts de production.

L’intrigue suit la vie de Jean de Leyde entre Dordrecht et Münster en Allemagne à l’époque du grand déchirement entre catholiques et protestants en Europe au XVIème siècle. Jean de Leyde, chef protestant des anabaptistes et autoproclamé « roi de Sion », directement inspiré par ses visions divines affirmées, administra la communauté anabaptiste de Münster de  février 1534 à juin 1535 en autocrate dans un climat délirant loin de toute préoccupation religieuse sérieuse. Marguerite Yourcenar dans L’œuvre au noir retrace également  cet épisode.

Dans la fosse, Claus Peter Flor, invité régulier du théâtre du Capitole et spécialiste des répertoires allemand et autrichien, montre toute son habileté dans le grand opéra français. Pendant trois heures quarante, il fait résonner l’orchestre faisant ressortir toutes les couleurs de l’œuvre.  Sur scène, le plateau n’est pas franchement francophone mais, heureuse surprise, la diction est parfaite même si elle s’épuise pour certains à la fin de l’œuvre.  John Osborn  toujours  en forme tient le rôle titre, sa mère scénique Fidès et sa fiancée scénique Berthe sont remarquablement interprétées par Kate Aldrich et Sofia Fomina. Les trois anabaptistes, Zacharie, Mathisen et Jonas qui reviennent de manière récurrente sont respectivement et parfaitement incarnés par Dimitry Ivashchenko, Thomas Dear (le seul francophone du groupe) et Mikeldi Atxalandabaso. Seul Leonardo Estévez fait une entrée catastrophique en Comte d’Oberthal avant de se rattraper dans le peu qu’il  lui reste à chanter.

Stefano Vizioli signe la mise en scène et c’est sans doute la partie la plus fragile de l’œuvre. Sa conception offre un certain nombre de qualités, il est notamment bien secondé par Alessandro Ciammarughi pour les décors et les costumes et par Guido Petzold qui module les espaces avec ses lumières. Les mouvements chorégraphiques très marqués par l’époque de l’œuvre même retravaillés par Pierluigi Vanelli  font anachroniques mais, surtout, sans travail et sans pensée réelle sur l’ambivalence de Jean de Leyde, véritable despote aux visions mystiques, Stefano Vizioli en fait un simple opportuniste alors que son personnage est beaucoup plus tourmenté. Cela ne lui permet pas de  travailler les tunnels de l’œuvre notamment dans sa dernière partie.  Cependant, le fait même de voir l’œuvre ressurgir atténue fortement ce bémol sur la conception du personnage central.

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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