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Blog de mes curiosités

Articles avec #extreme orient catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #cinéma, #Extrême orient, #Amour, #Violence, #Jalousie
[Cinéma – Cinéma Mercury – Nice] Hong Sang-Soo : "le jour d’après"… est peu reluisant !

Le titre sonne comme un titre de film post apocalyptique sauf qu’en général chez Hong Sang-Soo l’apocalypse est dans les âmes, dans les têtes, dans les cœurs. Un film d’Hong Sang-Soo ressemble souvent à cette caricature de Caran d’Ache sur l’affaire Dreyfus représentant le diner de famille avant et après le pugilat avec ce titre Ne Parlons pas de l’affaire puis Ils en ont parlé. Sauf que comme à l’accoutumée les films de Hong Sang-Soo « ressemblent à » pour mieux s’en démarquer et ne ressembler à rien d'autre.

Ce pourrait être un hommage à Quadrille de Sacha Guitry et le parti pris de tourner en noir et blanc renforce ce qui ressemblerait à un clin d’œil. C’est assurément du Hong Sang-Soo avec ses longs plans séquences, ses interminables repas arrosés, ses petits mensonges qui embrouillent à plaisir, ses rebondissements, la neige sur Séoul et surtout sa construction.

L’affaire est apparemment simple : Bongwan, patron d’une petite maison d’édition est partagé entre sa femme acariâtre et sa maîtresse sans pitié qu’il a embauchée. Sa maîtresse le quitte, il embauche Areum pour la remplacer, la baratine et, fatalement, sa femme vient demander violemment des comptes à celle qu’elle prend pour la maîtresse. La maîtresse revient, Areum part, etc. Ne manquent que les portes qui claquent sauf que de cette histoire limpide, Hong Sang-Soo privilégie la déconstruction du récit qui promène le visiteur dans les méandres du temps.  

Sous des dehors de marivaudage, de pièce de boulevard, le ton se fait plus acide : le public entre assez vite en empathie avec Areum, finit par fulminer aux mensonges de Bongwan et se lasse de ce Dom Juan de pacotille, déteste cette acariâtre épouse et rejette cette égoïste maîtresse. Comme d’habitude, Hong Sang-Soo sonde les âmes, interroge le ressort amoureux, complexifie les rapports humains et sort de ce cycle par une pirouette inattendue pour notre plus grand bonheur.

 

« Le Jour d'après » - Drame de Hong Sang-soo avec Kim Min-Hee, Hae-hyo Kwon, Kim Saeybuk – Corée du Sud - Date de sortie : 7 juin 2017 – durée : 1h 32min

Nice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Extrême orient, #Epoque contemporaine, #Amour, #Jalousie
Hong-Sang-Soo Yourself and yours - Cinéma Mercury - Nice

Hong-Sang-Soo Yourself and yours - Cinéma Mercury - Nice

Les habitués du cinéaste coréen Hong Sang-Soo s’attendent forcément à voir de longs plans séquences, des gens filmés attablés, des beuveries en tout genre, des couples en crise, d’autres en tentative de recomposition, des amours anciennes qui refont surface, etc. Mais en même temps, ils se précipitent à chaque sortie pour voir quelle nouveauté Hong Sang-Soo a composé. Bref, ils attendent selon le désormais célèbre adage de Jean-Baptiste Morain des Inrocks de voir la même chose en différent.

Dans cet opus, Le peintre Youngsoo apprend que sa petite amie Minjung a bu un verre avec un homme et s’est battue avec lui. Le couple se dispute et Minjung s'en va. Le lendemain, Youngsoo part à sa recherche mais Minjung rencontre d’autres hommes. Tous les ingrédients de la comédie dramatique à la mode Hong Sang-Soo sont effectivement réunis mais…

Le film lorgne d’abord du côté de La Belle Ensorceleuse de René Clair avec Marlène Dietrich. Dans ce film, une aventurière qui se fait appeler la Comtesse cherche à se faire épouser par un riche banquier. Découverte par une ancienne connaissance, elle s’invente une cousine de mauvaise vie pour sauver ses projets. Dans Yourself and yours, Minjung rencontre d’autres hommes au bar, mais tour à tour nie être Minjung, feint de ne reconnaître personne ou   s’invente une sœur jumelle.

L’aplomb est tellement énorme  que même le spectateur finit par douter et se demande si Minjung est bien elle-même ou un stéréotype de la femme coréenne de mauvaise renommée. En effet, de manière répétée, les clients du bar jugent de la même manière ces Minjung. Elles ne devraient pas boire, en public, elles ne devraient pas fréquenter les bars, elles ne devraient pas fréquenter les hommes, elles ne devraient pas…

Puis le film se perd dans les méandres de la pensée du peintre Youngsoo. Il rêve d’un retour de sa bienaimée, il voit en songe son arrivée mais la réalité le rattrape à chaque fois. Le film prend à ce moment l’aspect  d’Un Jour sans fin d’Harold Ramis dans lequel Bill Murray revit continuellement la même journée. Youngsoo revit, revoit, répète la même scène : le retour de Minjung. Et au moment où le spectateur se persuade de ce qu’il voit, le facétieux Hong Sang-Soo nous bouscule dans nos certitudes avec sa dernière scène. Une merveille une fois de plus !

 

 

« Yourself and yours - Comédie dramatique de Sang-soo Hong avec Kim Ju-Hyeok, Lee Yoo-Young, Hae-hyo Kwon – Corée du Sud - Date de sortie : 1 février 2017 – Durée : 1h 26min

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #cinéma, #Extrême orient, #Amour, #Politique, #Racines
Nice - Cinméa Mercury - « Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » –  Jero Yun ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinméa Mercury - « Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » – Jero Yun ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Soutenu par l’ACID (Association du Cinéma indépendant pour sa diffusion) lors du dernier festival de Cannes, Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne se promène depuis de festival en festival et sort enfin sur les écrans. Son réalisateur, Jero Yun est né en 1980 à Busan, en Corée du Sud. Il arrive en France en 2001 pour parfaire ses études. En 2012, il fait partie des six réalisateurs de la Résidence de Cannes dans le cadre de la Cinéfondation.

Jero Yun a mis en exergue de son site officiel deux citations l’une orientale, l’autre occidentale qui résume bien son travail et la philosophie de ses films. Elles seront reprises plus loin. Mais qui est Madame B. ? Madame B. comme le titre l’indique est Nord-Coréenne. Madame B. est l’histoire d’un périple : celui d’une femme qui, fuyant la Corée-du-Nord par la Chine doit au préalable se rendre en Thaïlande pour pouvoir être conduite en Corée-du-Sud. Le trajet le plus court pour arriver à ses fins n’est pas ici la ligne droite.

 Mais Madame B. est vendue à son arrivée en Chine et de trafic en trafic dans lequel elle est devenue experte, elle réussit à faire sortir son mari et ses deux fils. Si sa famille s’installe en Corée-du-Sud, souci pour Madame B. qui, désormais mariée à un Chinois, est coincée en Chine. Elle doit donc à son tour partir pour la Thaïlande avec la bénédiction de son mari chinois.

Film documentaire, Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne oscille constamment entre fiction et documentaire. Il prend tour à tour l’apparence des deux. Dans sa première partie sur les trafics de passeuse de Madame B. il est filmé caméra sur l’épaule, paysages et cadres tronqués par mesure de sécurité et il fait réellement documentaire. Les images ne sont pas léchées mais Auguste Rodin ne disait-il pas : Il n'y a réellement ni beau style, ni beau dessin, ni belle couleur : il n'y a qu'une seule beauté, celle de la vérité qui se révèle.  

Dans sa deuxième partie, la vérité se révèle effectivement car le film se polarise sur l’heure des choix. L’image se fait plus belle, le film prend l’apparence de la  fiction. Que veut faire Madame B. ? Rester avec son mari coréen, retrouver son mari chinois comme elle les appelle ? Souhaite-t-elle vivre en Corée-du-Sud où la désillusion guette ? Retourner en Chine ? Madame B. retrouve Confusius : Les oreilles et les yeux ne sont pas faits pour penser et se laissent facilement affecter par les influences extérieures. L’esprit pense et, s’il pense, accède à la vérité.

Les grandes forces du film lui viennent de ses adultes qui n’expriment jamais une amertume destructrice semblant avoir atteint la sagesse et du fait qu’il renonce aux clichés traditionnels sur les deux Corées. Il n’y a pas dans ce film une bonne Corée-du-Nord contre une méchante Corée-du-Nord, il y a deux Corées qui chacune à sa manière, a développé une paranoïa à l’égard de sa puissante voisine.  En fait, Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne manie facilement le Yin et le Yang. Le monde est certes dichotomique mais chaque partie a besoin de l’autre pour réussir.

 

 

« Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » – Film documentaire de Jero Yun - France, Corée-du-Sud - Date de sortie : 22 février 2017 – Durée : 1h 11min

Nice - Cinméa Mercury - « Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » –  Jero Yun ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #cinéma, #Europe, #Extrême orient, #Amour
Noces de Staphan Streker - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Noces de Staphan Streker - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Visiblement la littérature ne nous aide pas, habituée qu’elle est à accoler au mot Noces (sauf chez Albert Camus) autant d’adjectifs destructeurs. Le spectateur pour peu qu’il décode rapidement saura dès les premières images voire dès le générique comment le film évoluera. Il en discerne déjà la chute sans que curieusement cela ne lui gâche son plaisir pendant le film, oubliant ou feignant d’oublier les alertes et inserts  de début de film.

Noces est un film belge qui relate les péripéties familiales et amoureuses de la famille pakistanaise Kazim de Wallonie. Père et fils commerçants, habitat en quartier populaire, fille ainée mariée, filles cadettes à l’école.  Les premières images comme tout le film reposent sur les épaules de Lina El Arabi (Zahira Kazim). La caméra la filmera souvent en gros plan sur sa tête volontaire mettant en avant sa symétrie parfaite jusqu’à la moindre petite aspérité sur le nez, parfaitement centrée. Lorsqu’elle n’est pas filmée en gros plan, la caméra la suit en traveling notamment dans les couloirs du lycées qui ne sont pas sans rappeler Elephant de Gus van Sant.

Le ton est donné dès les premières images : Zahira est lycéenne et vient se renseigner pour une interruption volontaire de grossesse à 3.50 €. Elle est, comme la famille Kazim, un écheveau d’ambivalences. Elle se voile légèrement, consulte pour une interruption volontaire de grossesse, est prête à se marier pour conserver l’enfant, sort en boîte en catimini, fait ses prières et déclare que « la tradition c’est aussi bien utile pour dire non ». Le film aurait pu s’appeler Zahira tant son personnage occupe le temps, l’espace et l’écran.

La famille est tout aussi ambivalente : plutôt libérale dans le discours, plus conservatrice dans le rapport aux autres, plutôt mariage traditionnel avec un Pakistanais mais via Skype pour choisir le promis. La famille est connectée au Pakistan via Skype mais ses amis depuis l’origine sont des autochtones (André et sa fille Aurore incarnés par Olivier Gourmet et Alice de Lencquesaing).  Amir, le fils unique (Sébastien Houbani) est à la fois le gardien de la réputation et le confident.  Certaines choses se discutent dans la famille et certaines autres non. Même la langue parlée dans l’intimité du foyer est un mélange de français et de pakistanais.

Le film joue de ces ambivalences familiales en adoptant un ton tour à tour dramatique, enjoué, mortifère et comique. L’enfermement et le repli sur soi ne sont jamais bien loin, la liberté et l’évasion non plus. Le spectateur se trouve plongé dans cette arène de passions contraires et se surprend à prendre parti à chaque situation. Noces sonne juste, se tient parfois à une situation convenue pour mieux s’en affranchir ou part de situations incongrues pour mieux ramener l’ordre traditionnel des choses. Noces est une histoire d’aujourd’hui, de notre cité, de nos quartiers.

Pour en être convaincus, invitez-vous aux Noces !

 

« Noces » - Drame de Stephan Streker avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi - Belge, Luxembourg, Pakistan, France - Date de sortie : 22 février 2017 - Durée : 1h 38min

Noces de Staphan Streker - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNoces de Staphan Streker - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Noces de Staphan Streker - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Extrême orient, #Epoque contemporaine, #Urbanisme, #Politique
"Diamond Island" de Davy Chou - Cinéma Le Royal - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Diamond Island" de Davy Chou - Cinéma Le Royal - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

A ceux qui affirment haut et fort que voyager permet de comprendre le monde surtout en étant guidé et en restant dans les espaces réservés aux touristes, je ne saurais trop conseiller d’aller voir le dernier film de Davy Chou Diamond Island. Après avoir signé le très remarqué film documentaire Le Sommeil d’or (http://un-culte-d-art.overblog.com/cinema-mercury-nice-le-sommeil-d-or-a-la-recherche-de-l-hippocampe) sur la disparition du cinéma cambodgien sous les Khmers rouges, Davy Chou s’attaque à une fiction aux aspects réalistes sur la transformation du centre ville de Phnom Penh.

Diamond Island a pour cadre le chantier gigantesque de l’île éponyme et de la condition de vie des travailleurs tous issus d’un gigantesque exode rural qui vide les campagnes de sa jeunesse. Le film suit le destin de plusieurs ouvriers dont celui de Bora, 18 ans. Bora retrouve à Phnom Penh son frère Solei, dont la famille n’avait pas de nouvelles depuis cinq ans. Davy Chou observe alors les destins croisés des protagonistes, ceux qui n’ont que le chantier en tête, ceux qui cherchent des chemins de traverse dans l’économie  de la capitale cambodgienne, ceux qui se fixent, ceux qui veulent retourner, ceux qui veulent migrer.

Le grand intérêt du film de Davy Chou est l’équilibre entre ce qu’il dit, ce qu’il donne à voir et les silences, les ellipses qui laissent l’imaginaire du spectateur combler les vides. Qui est Solei ? Quelle est son activité lucrative ? Quel est son destin ? Le spectateur pourra se perdre en conjectures, le film ne lui proposera que des indices. Quel est le futur de Bora ? Confronté à de vrais choix (qui aime-t-il vraiment ? Quelle activité veut-il réellement exercer?), son avenir est aussi laissé à l’appréciation du spectateur.

Quoique dans un tout autre registre que Le Sommeil d’or, Diamond Island  propose une découverte du Cambodge d’aujourd’hui, de sa jeunesse, de son intégration dans la mondialisation, de ses transformations. Il présente le renouveau de la capitale Phnom Penh, vidée en son temps de tous ses habitants par le régime de Pol Pot. Il est à la fois le nécessaire complément et le contrepoint du premier film de Davy Chou qui continue à écouter le Cambodge respirer avec brio. Quel bonheur de suivre ce passionnant voyage confortablement installé dans son fauteuil.  

"Diamond Island" de Davy Chou - Cinéma Le Royal - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Diamond Island" de Davy Chou - Cinéma Le Royal - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Extrême orient, #Violence, #Amour
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Elles sont comme les nains, les jours de la semaine, les péchés capitaux ou les mercenaires au nombre de sept, sept femmes qui se réunissent chez l’une d’elle à Goa. Elles représentent toues les facettes de la nouvelle société indienne : elles sont chanteuse, actrice, chef d’entreprise, militante syndicale ou sans profession. Elles sont issues des classes moyennes indiennes, ont fréquenté la même université, travaillent dans différentes parties de l’Inde. Elles sont donc a priori éloignées du cliché de la femme indienne traditionnelle.

A priori seulement car la construction du film se charge de les accumuler à mesure qu’il se déroule. Tout d’abord, dans les premières minutes du film, Pan Nalin, nous dresse le portrait successif des sept protagonistes. Chaque portrait semble être l’occasion de dénoncer un dysfonctionnement du pays : croissance asymétrique, pollution, place de la femme, problème de caste, corruption, l’homosexualité absente du tableau de départ finira par surgir. Dans ces retrouvailles, les protagonistes de cette joyeuse communauté se confient, s’épanchent, discutent, rient, crient, parlent fort… une sorte de « soirée pyjama dans une volière à perruches ». Quand les réalisateurs masculins filmeront-ils donc des réunions féminines de manière plus apaisée ?

Enfin les sept femmes en colère finissent par se comparer à Kali, la plus terrifiante déesse du Panthéon indien. Chaque protagoniste imitera la déesse souvent représentée avec plusieurs bras les yeux et la langue rouges. Le film aux deux-tiers ne convainc guère. Le point de rupture du film est un vrai point de rupture. La narration change de registre, de rythme, d’atmosphère. Le réalisateur questionne alors la société bien mieux qu’il ne l’a fait jusqu’ici avant de retomber dans une chute terrifiante où il est permis de se demander ce que finalement le film défend.

S’il voulait être un miroir de la société indienne, Déesses indiennes en colère accumule trop de clichés et de réquisitoires pour atteindre ses objectifs ... dommage !

« Déesses indienne en colère » - Comédie dramatique de Pan Nalin avec Amrit Maghera, Rajshri Deshpande, Pavleen Gujral – Inde, Allemagne - Date de sortie : 27 juillet 2016 - Durée : 1h 43’

Cinéma Rialto - Nice - Déesses indienne en colère de Pan Nalin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - Nice - Déesses indienne en colère de Pan Nalin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - Nice - Déesses indienne en colère de Pan Nalin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - Déesses indienne en colère de Pan Nalin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Epoque moderne, #Epoque contemporaine, #Extrême orient, #Amour, #fantastique
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Petit, tandis que je découvrais les premiers dessins animés japonais dont le mythique Roi Léo dont le scénariste n’était autre qu’Eiichi Yamamoto, j’étais loin de m’imaginer qu’il réalisait parallèlement Belladonna ou la Belladone de la Tristesse. Film d’animation librement inspiré de la Sorcière de Jules Michelet, Belladonna est l’un des trois films érotiques de la collection Animerama des studios Mushi Production avant sa faillite dans les années 70.

Grand succès critique et festivalier, Belladonna ne connut pas en revanche à l’époque de succès public. Après 43 ans, le chef d'œuvre de l'animation japonaise revient (enfin) sur grand écran en version restaurée. L’histoire est simple : Jean aime Jeanne, Jeanne aime Jean mais le seigneur de son village exerce son droit de cuissage, ruinant son innocence et son avenir. Elle pactise alors avec le Diable pour obtenir vengeance.

Le film est tout d’abord une œuvre expérimentale et poétique qui n’a rien perdu de sa force d’attraction. L’animation fait alterner images fixes et séquences animées, convoque différents styles artistiques en mêlant images de tarot, images de mangas, tableaux célèbres et s’inspire outrageusement des peintres symbolistes comme Odilon Redon, Egon Schiele ou Félicien Rops Alphonse Mucha (notamment dans la mise en croix) ou des peintres de l’Art nouveau comme Alfons Mucha. Il serait intéressant d’ailleurs de reprendre le film pour le décortiquer et en analyser toutes les influences.

L’œuvre est évidemment très marquée par son époque. Belladonna est d’abord et avant tout une ode à la liberté des femmes et au féminisme. Quel que soit le pacte qui la lie au Diable, Jeanne est une femme qui a conquis sa liberté et sa liberté vaut bien le don de son âme au Diable. Le film fleure bon l’érotisme des années 70, la libération sexuelle, le film ne fait pas mystère des plaisirs. Le Diable se confond souvent avec le serpent, devient champignon, tube, colonne, verge… en un mot comme en cent, le Diable est un gland. L’univers est sensuel, érotique, les corps s’enroulent, s’emmêlent dans une extase orgiaque, les scènes de libation deviennent petit à petit plus explicites. Enfin, les images stroboscopiques et la musique à la fois classique, concrète ou psychédélique qui construisent le film nous font remonter par analogie à la Messe pour le temps présent composée par Pierre Henry et Michel Colombier.

Même s’il est marqué par une époque, que son contexte ne saurait mentir, Belladona n’est cependant pas un film daté ; il est toujours cet objet mystérieux, cet Obscur Objet du désir pour filer la paraphrase, qui se goûte encore avec un plaisir évident.

« Belladonna » – Film d’animation érotique d’Eiichi Yamamoto - Japon - Version restaurée - Date de reprise 15 juin 2016 - 1h 33’

Belladonna d’Eiichi Yamamoto - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBelladonna d’Eiichi Yamamoto - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBelladonna d’Eiichi Yamamoto - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Belladonna d’Eiichi Yamamoto - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Quand j’étais de quelques années plus jeune, une opération cinématographique niçoise dénommée Les Inaperçus reprenait les films pas ou peu distribués sur la ville de Nice… et il y avait du travail. Le cinéma Le Mercury semble désormais s’atteler à la tâche et nous propose, cinq mois après sa sortie nationale, le dernier film de Hong Sang-Soo Un jour avec, un jour sans que je pestais de n’avoir pu voir.

Je ne me lasserai jamais de répéter l’adage de Jean-Baptiste Morain des Inrocks : «Hong Sang-Soo c'est toujours la même chose en différent». Ici, un couple, une histoire d’amour, un bar, un restaurant, un intérieur, de copieuses engueulades dues à quelques beuveries : le décor, l’atmosphère et le contexte sont effectivement toujours les mêmes. Le traitement est lui encore une fois différent comme une déclinaison formelle autour du fait amoureux.

Un jour avec, un jour sans est un film coupé en deux ou plutôt, un film qui raconte la même histoire mais avec deux réactions différentes qui en changent l’histoire, l’agencement des personnages, leurs relations. Ce n’est pas aussi touffu que Smoking, No smoking d’Alain Resnais ; les conséquences bouleversent les relations à très court terme mais pas les vies à très long terme. En revanche, le film pose la question essentielle du point de vue, du point de rupture, de la narration qui prend tel ou tel tour en fonction des éléments et des événements instillés dans le film.

Le spectateur qui connaît forcément le déroulé de l’histoire retombe en enfance et se pique aux jeux des différences : le porte verte devient bleue, l’artiste peintre n’exécute plus la même toile, les personnages visibles à l’écran dans la première partie deviennent de simples évocations dans la seconde mais notre mémoire restitue parfaitement les traits de l’homme que l’on ne voit plus.

Hong Sang-Soo réussit encore une fois à nous captiver avec la narration d’une rencontre qui n’aboutit ni dans une histoire ni dans l’autre ; quoi que les personnages fassent, disent, ils sont prisonniers d’un destin qui est déjà écrit, ils ne peuvent s’y permettre que quelques digressions. En fait Hong Sang-Soo filme toujours les amours impossibles, les rencontres irréalistes… thèse, antithèse, synthèse.

« Un Jour avec, un jour sans » - Drame de Hong Sang-soo avec Jae-yeong Jeong, Kim Min-Hee, Yeo-jeong Yoon – Corée du Sud - Date de sortie : 17 février 2016 - 2h 01’

« Un Jour avec, un jour sans » de Hong Sang-soo - Cinéma Mercury - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Un Jour avec, un jour sans » de Hong Sang-soo - Cinéma Mercury - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Un Jour avec, un jour sans » de Hong Sang-soo - Cinéma Mercury - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Un Jour avec, un jour sans » de Hong Sang-soo - Cinéma Mercury - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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La nouvelle édition de Dance Biot sous la houlette d’Angelo Monaco avec le soutien de la municipalité offre à nouveau la possibilité aux jeunes compagnies de s’exprimer. Si les diffuseurs brillent encore une fois par leur absence, la présence de Monique Loudières et de la compagnie Sixième Étage, retenue dans l’édition de l’an dernier est un signe de la qualité de la proposition.

Trois compagnies sélectionnées, trois univers, trois complémentarités avec la compagnie marseillaise Indian Style pour le rapport au sacré et la danse extra-européenne, Exceedance, compagnie azuréenne pour le contemporain et Corps’Exion, compagnie millavoise pour le Hip-Hop.

La Compagnie Indian Style qui rassemble en son sein des danseurs d’odissi danse sacrée de l'Orissa, région du Nord-Est de l'Inde, des danseurs de Kalbélya, danse folklorique du Rajasthan et de Bharata Natya (sud) présente Namasté qui pourrait se traduire par Mon âme salue ton âme. Alliant à la fois rapport au sacré et rapport au patrimoine de la danse, cette composition pour cinq danseurs nous ramène à ce qui fut sans doute la première fonction de la danse. Ce qui impressionne le plus dans cette découverte n’est pas tant les traditionnels corps qui tournent sur eux-mêmes jusqu’à l’enivrement que la précision des micro-gestes réalisés par une des interprètes. Tout est dit dans ce mouvement qui paraît insignifiant mais qui signifie tout : précision et rigueur du geste dansé.

Le trio Hip-Hop Corps’exion vient de Millau. Toute la chorégraphie du groupe tient en cette idée simple : trois c’est souvent un de trop ! Corps’exion travaille toute une composition sur l’individu et le groupe, sur les entrées et les sorties du groupe, sur l’acceptation et le rejet, sur les alliances temporaires et fugace pour en intégrer ou en éjecter un autre. Les trois danseurs ont visiblement une habitude de travail et une grande complicité. Ils dansent au millimètre, se transmettent l’énergie sans temps morts, enflamment le public jeune qui leur était déjà acquis. Comme dans le spectacle précédent tout est dit dans leurs mouvements ralentis : là encore précision et rigueur du geste dansé.

Enfin, Sophie Boursier et Charlotte Lafaye pour Exceedance proposent leur deuxième création après le très surprenant Obsolescere (http://un-culte-d-art.overblog.com/2015/06/danse-theatre-des-varietes-monaco-le-logoscope-rajeunit-les-cadres-en-interrogeant-l-obsolescence.html. Exceedance se conjugue une nouvelle fois à deux interprètes mais cette fois-ci sans vidéo, dans une sorte d’a cappella visuel. Dans leur spectacle, Sophie Boursier et Charlotte Lafaye sont d’abord en phase, exécutent le même geste au même moment. Puis fatigue ou instant de lassitude ? Le rythme se désynchronise, les gestes sont décalés puis deviennent fondamentalement différents. Mais il en advient du duo comme de tout couple, leur côté mimétique finit inexorablement par revenir, se ressouder, repartir dans la même direction avec le même rythme, le même geste au même moment avant que soudainement, moment de fatigue ou instant de lassitude… Autant Corps’exion faisait du trio une base de réflexion sur l’individu et le groupe, autant Exceedance questionne le duo, le couple, la gémellité, leur unité, leurs désaccords, leur routine, leurs retrouvailles. La précision de l’écriture et du geste chorégraphique déjà remarquables dans Obsolescere se confirment ici : là encore une fois précision et rigueur du geste dansé.

 Dance Biot - Comapgnies Indian Style - Exceedance et Corps’Exion ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Dance Biot - Comapgnies Indian Style - Exceedance et Corps’Exion ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Dance Biot - Comapgnies Indian Style - Exceedance et Corps’Exion ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Extrême orient, #Amour
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Elles sont quatre comme les trois mousquetaires. Trois chanteuses et une pianiste qui ont toutes en commun l’amour de la musique et le Japon qui les a vu naître. L’une d’elle, Yukako Custo-Hiramori vit désormais à Monaco et sur son idée, l’association Monaco-Japon, créée en décembre 2007 pour promouvoir et faciliter les échanges culturels et économiques entre le Japon et la Principauté de Monaco, a organisé une soirée récital au théâtre des Variétés.

Autour de la soprano Yukako Custo-Hiramori, deux autres soprani Atsuko Sato et Tomoko Ogawa, toutes trois accompagnées au piano par Yuri Otsubo ont composé un programme consacré à la musique européenne et japonaise à laquelle les spectateurs sont moins habitués.

Pour marquer leur unité, les trois soprani ont débuté la première partie à l’occidentale avec Belle nuit, ô nuit d’amour, extrait des Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach et la seconde à l’orientale avec Sakura Sakura. Si la première partie était entièrement consacrée au répertoire lyrique occidental avec des airs connus extraits des œuvres de Christoph Willibald Glück, Francesco Paolo Tosti et Giacomo Puccini, Yukako Custo-Hiramori a malgré tout surpris son auditoire avec un extrait rarement interprété de la Girometta de Gabriele Sibella.

La seconde partie se révélait plus mélangée débutant avec des mélodies japonaises de Yoshinao Nakata ou Tatsunosuke Koshitani, fort judicieusement surtitrées, puis un retour au lyrique (Francesco Cilea, Charles Gounod et Vincenzo Bellini), ensemble entrecoupé d’un intermède lisztien avec le Sonnet 104 à Pétrarque brillamment interprété par Yuri Otsubo.

Musicienne accomplie, Yuri Otsubo accompagne par ailleurs merveilleusement bien les chanteuses comme elle l’a prouvé tout au long de la soirée. Tomoko Ogawa qui semble tout en fragilité surprend l’auditoire par son interprétation d’Adriana Lecouvreur Io son l’Umile ancella de Francesco Cilea. Si Atsuko Sato possède une présence scénique incontestable, Yukako Custo-Hiramori assure le spectacle grâce à une technique de chant et une interprétation fort intelligentes qui lui permettent de dépasser difficultés et références comme dans son interprétation de Casta Diva extrait de Norma de Vincenzo Belllini par exemple.

Sans conteste, l’amitié nippo-monégasque, via les rapports entre les artistes et leur public, était au beau fixe au théâtre des Variétés ce que ne contestera pas Béatrice Projetti, secrétaire générale et trésorière de l’association Monaco-Japon et organisatrice de la soirée.

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