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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #cinéma, #Europe, #Extrême orient, #Amour
Noces de Staphan Streker - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Noces de Staphan Streker - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Visiblement la littérature ne nous aide pas, habituée qu’elle est à accoler au mot Noces (sauf chez Albert Camus) autant d’adjectifs destructeurs. Le spectateur pour peu qu’il décode rapidement saura dès les premières images voire dès le générique comment le film évoluera. Il en discerne déjà la chute sans que curieusement cela ne lui gâche son plaisir pendant le film, oubliant ou feignant d’oublier les alertes et inserts  de début de film.

Noces est un film belge qui relate les péripéties familiales et amoureuses de la famille pakistanaise Kazim de Wallonie. Père et fils commerçants, habitat en quartier populaire, fille ainée mariée, filles cadettes à l’école.  Les premières images comme tout le film reposent sur les épaules de Lina El Arabi (Zahira Kazim). La caméra la filmera souvent en gros plan sur sa tête volontaire mettant en avant sa symétrie parfaite jusqu’à la moindre petite aspérité sur le nez, parfaitement centrée. Lorsqu’elle n’est pas filmée en gros plan, la caméra la suit en traveling notamment dans les couloirs du lycées qui ne sont pas sans rappeler Elephant de Gus van Sant.

Le ton est donné dès les premières images : Zahira est lycéenne et vient se renseigner pour une interruption volontaire de grossesse à 3.50 €. Elle est, comme la famille Kazim, un écheveau d’ambivalences. Elle se voile légèrement, consulte pour une interruption volontaire de grossesse, est prête à se marier pour conserver l’enfant, sort en boîte en catimini, fait ses prières et déclare que « la tradition c’est aussi bien utile pour dire non ». Le film aurait pu s’appeler Zahira tant son personnage occupe le temps, l’espace et l’écran.

La famille est tout aussi ambivalente : plutôt libérale dans le discours, plus conservatrice dans le rapport aux autres, plutôt mariage traditionnel avec un Pakistanais mais via Skype pour choisir le promis. La famille est connectée au Pakistan via Skype mais ses amis depuis l’origine sont des autochtones (André et sa fille Aurore incarnés par Olivier Gourmet et Alice de Lencquesaing).  Amir, le fils unique (Sébastien Houbani) est à la fois le gardien de la réputation et le confident.  Certaines choses se discutent dans la famille et certaines autres non. Même la langue parlée dans l’intimité du foyer est un mélange de français et de pakistanais.

Le film joue de ces ambivalences familiales en adoptant un ton tour à tour dramatique, enjoué, mortifère et comique. L’enfermement et le repli sur soi ne sont jamais bien loin, la liberté et l’évasion non plus. Le spectateur se trouve plongé dans cette arène de passions contraires et se surprend à prendre parti à chaque situation. Noces sonne juste, se tient parfois à une situation convenue pour mieux s’en affranchir ou part de situations incongrues pour mieux ramener l’ordre traditionnel des choses. Noces est une histoire d’aujourd’hui, de notre cité, de nos quartiers.

Pour en être convaincus, invitez-vous aux Noces !

 

« Noces » - Drame de Stephan Streker avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi - Belge, Luxembourg, Pakistan, France - Date de sortie : 22 février 2017 - Durée : 1h 38min

Noces de Staphan Streker - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNoces de Staphan Streker - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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