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Blog de mes curiosités

Articles avec #environnement catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Patrimoine, #Photographie, #environnement, #arts numériques
Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

D’entrée de jeu Agnès Varda et JR  commencent par expliquer au spectateur où ils ne se sont surtout pas rencontrés. La facétie devient donc une évidence, elle ne les quittera quasiment pas.  En sur-jouant d’entrée leur propre rôle, ils ne laissent aucun doute quant à la spontanéité savamment orchestrée de leurs propos et de leurs gestes. Agnès Varda filme, JR photographie et colle mais le montage au final a fait son œuvre.

Visages, Villages est un Tour de la France par deux enfants, le patriotisme en moins, le patrimonial en plus. Le film fixe une certaine France, celle qui tend à disparaître sans nostalgie inutile. Il célèbre la France rurale, les éleveurs, les agriculteurs qui se retrouvent bien seuls à force de concentration des terres. Puis la caméra rend hommage à la France industrielle à travers les corons du Nord ou les dockers du Havre. Symboliquement d’ailleurs la caméra capture au passage le village atlantique fantôme, celui qui a certes disparu dans ses fonctions mais qui est toujours physiquement présent.  

Visages, Villages est une question de regards. Si le film joue sur la maladie des yeux d’Agnès Varda ou sur les lunettes noires de JR, il est un regard croisé de deux artistes, de deux générations, de deux pratiques artistiques. Dans les questions de regard, la focalisation interne n’est jamais loin et le film finit par citer ses références : Guy Bourdin, Henri Cartier –Bresson, Jean-Luc Godard pour les artistes et Pierrot le Fou, les Glaneurs et la Glaneuse, la galerie du Louvres pour les œuvres.

L’esprit même du film fait penser à Raymond Depardon et son camion, à Alain Cavalier pour les jeux de rôle, à Michel Gondry dans le rapport au public mais si le film est tout cela à la fois, il déroule son identité propre et nous entraine dans son cheminement. Villages, Visages est une bouffée d’oxygène, un enchantement et déjà une référence.

 

« Visages, Villages » - Documentaire d’Agnès Varda et JR – France - Date de sortie : 28 juin 2017 – Durée : 1h 29’

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #architecture, #Urbanisme, #Moyen âge, #Epoque moderne, #environnement
Lectoure - Cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Lectoure - Cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Après Auch, sa cathédrale, ses escaliers monumentaux et son ancien palais épiscopal devenu préfecture, la Lomagne au nord d’Auch abrite quelques petits bijoux patrimoniaux qui méritent bien plus de temps que la simple journée de découverte.  Outre les bastides de Fleurance ou de Cologne, la région comprend également la commune de Lectoure dont le projet de développement touristique se mesure aux travaux en cours.  

Lectoure, capitale du comté d'Armagnac, subit plusieurs sièges, notamment celui de 1473 qui marque la fin de la maison d’Armagnac et le rattachement à la couronne de France. Ville d’art et d’histoire, Lectoure conserve de nombreux bâtiments classés comme la cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais, la tour d'Albinhac du XIIIème siècle, la tour du Bourreau du XIVème siècle ou l'ancien hôpital château des Comtes d'Armagnac entre autres.

La rue principale de la ville témoigne des aléas de l’histoire : la rue Royale baptisée temporairement rue Impériale retrouva puis conserva sa dénomination révolutionnaire de rue Nationale. Tout le long de cette rue s’élèvent  des hôtels particuliers construits pour la plupart aux XVIIème et XVIIIème siècles dans une architecture classique d’une grande sobriété. Beaucoup ne sont d’ailleurs visibles de l’extérieur que par leur grand portail d’entrée.

Lectoure soigne et développe sa réputation de ville patrimoine et cherche à se différencier de ses voisines par des travaux importants actuellement en cours. Comme dans les autres villes, des  travaux de sauvegarde pour assurer la conservation à long terme des bâtiments historiques comme ceux de l'ancien hôpital château des Comtes d'Armagnac sont en cours. Ils visent à restaurer le toit, remplacer descentes d'eaux pluviales en amiante-ciment empêcher la détérioration des façades.

Mais Lectoure s’apprête également à attirer un tourisme ciblé et deux chantiers sont en cours. Installés dans l’ancien hôtel particulier de Goulard, demeure classée du XVIIIème siècle, les thermes de Lectoure font peau neuve et réhabilitent l’intérieur des bâtiments par réaménagement des vestiaires, des sanitaires et de l'accueil. A proximité de cet hôtel, un site inscrit à l'inventaire général du patrimoine, ancienne place d'armes, occupé ensuite par le collège des Doctrinaires puis une annexe de l'hôpital, va se transformer à terme en un hôtel 3 étoiles directement connecté à l'établissement thermal de Lectoure. L'hôtel des Doctrinaires vise clairement la clientèle thermale et une clientèle «affaires» sans dénaturer la zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager dans lequel il est inscrit.

Reste à prévoir désormais dans l’agenda la découverte de la Lomagne puis du département entier…  rude affaire.

Auch, Fleurance et Lectoure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAuch, Fleurance et Lectoure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Auch, Fleurance et Lectoure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique du Nord, #Epoque contemporaine, #Patrimoine, #environnement, #Mythe
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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New Far-ouest et post-western s’invitent à la Quinzaine des réalisateurs avec The Rider de Chloé Zhao. Tourné dans le Dakota du Sud, The Rider suit le personnage de Brady, entraineur de chevaux et étoile montante du rodéo, qui voit sa vie basculer après qu’un cheval lui a écrasé le crâne au cours d’un rodéo. Tout y est les grands espaces, les chevaux, l’amitié virile, le rodéo, les pom-pom girls, tout ce qu’un spectateur relativement anti-américaniste primaire pourrait fuir.

Et pourtant !  Plus le film avance plus il nous touche. Plus le film mène sa quête plus le spectateur mène la sienne. Plus le héros a des doutes, plus le spectateur en a lui aussi. The Rider est l’histoire d’un rêve qui s’envole d’un idéal qui s’efface. Brady ne peut plus, ne pourra plus monter un cheval de rodéo ; d’une seule ruade, tout son avenir s’est assombri au point de se demander s’il n’envie pas le sort de son camarade cloué à jamais sur son lit d’hôpital.

The Rider possède outre cette histoire personnelle une charge symbolique évidente. Dans cet état où Donald Trump a raflé les deux-tiers des voix, c’est bien l’effacement d’une époque qui a joué en sa faveur.  The Rider à travers son héros nous parle d’abandon, de paradis mythiques perdus, d’âge d’or fantasmé qui ne reviendront plus, d’une évidente détresse humaine loin des côtes américaines.

Ils pourront sembler stupides, dépassés, surannés, arriérés mais ils existent et ils votent. The Rider ne réconciliera absolument personne avec l’Amérique de Trump mais éclairera d’un jour nouveau la situation. Comme L’Homme qui tua Liberty Valance de John Ford,  The Rider nous aide à comprendre la difficile mutation de ces contrées des États-Unis, dont les habitants, désespérés,  risquent de se réveiller prochainement victimes d’une Trumperie sur la marchandise.

 

« The Rider » - Drame de Chloé Zhao avec Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau – États-Unis - Date de sortie inconnue à ce jour – Durée : 1h 45min

Quinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comQuinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comQuinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Quinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts appliqués, #Urbanisme, #Photographie, #environnement, #Epoque contemporaine
Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

La nouvelle exposition de l’Hôtel des Arts de Toulon rend hommage à l’œuvre de l’artiste marseillais Richard Baquié, disparu il y a vingt ans. Présenter une vie d’artiste en quelques salles, quelques œuvres, quelques performances n’est jamais chose aisée. C’est donc par la thématique des déplacements que l’œuvre de l’artiste est présentée. Je fabrique des machines pour créer des situations. Je cherche une sculpture qui agit. Ce que l’on y projette en figure l’aperçu. La distance entre le projet et le résultat est le sens même de mon travail, disait Richard Baquié.

La première chose qui saute aux yeux des visiteurs lorsqu’ils pénètrent dans l’hôtel des Arts c’est le recyclage et le détournement d’objets ou plus exactement le recyclage de parties d’objets. Ici trainent portières de voitures, fenêtre de wagon SNCF, débris de carlingue, restes de contenants alimentaires. Richard Baquié questionne les trente glorieuses et la société de consommation à travers les déchets industrielles qu’elles nous ont laissés et qu’elles nous laissent encore.

Simple recyclage ? Non ! Richard Baquié comme ses contemporains Judith Bartolani et Claude Cayol détourne l’objet de sa fonction première, lui inflige une métamorphose parfois radicale. De contenant alimentaire, objet de vie, la boîte métallique devient mitrailleuse donc objet de mort. Souvent la métamorphose se fait moins violente plus poétique : accompagné de mots, de phrases, de citations, l’objet se met à se transformer en invitation au voyage, en invitation à l’amour. Le Via Air mail combine ainsi carlingue d’avion, cartes postales qui se défraichissent : que restera-t-il

L’exposition présente également le projet de commande publique de 1988 dans le cadre d'un programme de rénovation urbaine à la Cité des Cèdres à Marseille. Pensée pour être une installation comprenant une fontaine ainsi qu'une voiture enterrée et des lettres en métal, la fontaine devait faire apparaître sur quatre pans, une photographie panoramique de Marseille d’Yves Gallois. Minée par la malfaçon et le manque d’entretien, il ne reste de visible aujourd'hui qu'un parallélépipède de béton. Triste fin pour une œuvre publique, triste fin pour les souvenirs d’une époque, triste fin pour les souvenirs de l’époque composant l’œuvre.

Une des œuvres de Richard Baquié datée de 1985 est accompagnée de l’interrogation Que reste-t-il de ce que l’on a pensé et non dit ?... L’œuvre Via Air mail combine carlingue d’avion, cartes postales qui se défraichissent comme si chaque partie de l’œuvre avait commencé son inégal combat pour la survie… que restera-t-il tout simplement ?  

 

Richard Baquié "Déplacements" - Exposition du 4 mars au 7 mai 2017 - Hôtel des Arts – Toulon

Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comRichard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comRichard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comRichard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Arts plastiques, #arts numériques, #Patrimoine, #environnement, #Nature
Le Logoscope - Agnès Roux et Mimoza Koïke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Logoscope - Agnès Roux et Mimoza Koïke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Logoscope - Monaco : Révolution agraire -  Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Logoscope - Monaco : Révolution agraire -  Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Logoscope - Monaco : Révolution agraire -  Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Logoscope - Monaco : Révolution agraire - Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Afrique, #Religion, #Mythe, #environnement
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Ceux qui guettent depuis sa première apparition à la Quinzaine des Réalisateurs en 2010 la sortie du film d’Oliver Laxe Vous êtes tous des capitaines (Todos vós sodes capitáns) sorte de biopic documentaire et véritable objet filmique non identifié pourront toujours se rabattre sur son second long métrage proposé à la Semaine de la critique en 2016 : Mimosas qui lui est sorti en août dans certaines salles françaises.

Oliver Laxe prend le temps de créer ; chaque plan, chaque scène, chaque fil de sa narration est visiblement soupesé. Cependant, malgré ses productions encore peu nombreuses, il n’est pas illusoire de penser que le cinéma d’Oliver Laxe fera indubitablement partie du répertoire cinématographique. Cela se sent dans ses films comme une évidence. Son questionnement, son esthétique, sa narration, ses plans contemplatifs, le choix de ses acteurs, tout contribue à le penser.

Mimosas est l’histoire d’une quête spirituelle, Mimosas est l’histoire d’une rédemption, Mimosas est un western. Mimosas se déroule dans le Haut Atlas marocain ou plutôt les histoires se déroulent dans le haut Atlas marocain car le film se compose de deux histoires parallèles mais qui utilisent un personnage central identique. La première historie suit une caravane qui accompagne un Cheikh mourant pour être enterré près des siens, la seconde suit une caravane plus moderne de taxis réunis pour une mission dont le sens échappe. Qu’importe, Oliver Laxe prend un malin plaisir à entremêler les deux histoires au point qu’elles n’en formeront plus qu’une.

Il serait vain de penser que la seule esthétique donne au film sa puissance. Certes les paysages sont splendides, les longs plans larges sur le haut Atlas marocain vous propulsent sans effort dans le pays et l’alternance des plans rapprochés sur les personnages que la caméra sonde régulièrement et les plans d’ensemble sur le milieu naturel apportent au film une mystique et une sérénité qui suspend temporairement temps et agitation du quotidien.

Mais Mimosas est surtout un syncrétisme cinématographique que le réalisateur assume pleinement et qu’il cite en entretien. Le personnage énigmatique de Shakib dont le spectateur se demande tout au long du film s’il est la mort, un ange, un démiurge ou un prophète rappelle le personnage d’Andreï Roublev d'Andreï Tarkovski. Celui de Nabil en revanche renvoie à celui du héros de Macadam à deux voies de Monte Hellman. L’acceptation de la destinée rédemptrice de la caravane évoque plutôt L'île nue de Kaneto Shindô et l’attaque dont la caravane fait l’objet semble un hommage à La patrouille perdue de John Ford. Petit à petit, le détachement des hommes pour les passions humaines prend le ton des Onze Fioretti de François d'Assise de Roberto Rossellini.

Oliver Laxe surprend, Olivier Laxe s’inscrit dans une tradition cinématographique, Oliver Laxe sonde les âmes, sans doute Oliver Laxe en agacera-t-il plus d’un mais en ces temps troublés, Mimosas d’Oliver Laxe possède en lui le don de nous pacifier en arrêtant le temps.

« Mimosas, la voie de l’Atlas » - Drame d’Oliver Laxe avec Ahmed Hammoud, Mohamed Shakib Ben Omar, Said Aagli - Espagne, Maroc, France, Qatar - Date de sortie : 24 août 2016 - 1h 33’

Mimosas d'Oliver Laxe - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMimosas d'Oliver Laxe - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMimosas d'Oliver Laxe - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Mimosas d'Oliver Laxe - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts appliqués, #arts numériques, #architecture, #Patrimoine, #environnement
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Que fait donc un centre d’art dédié à l’art contemporain sur l’île de Vassivière en plein cœur du Limousin ? C’est la question que je me pose depuis la fin des années 90 lorsque j’ai commencé à recevoir régulièrement des plaquettes du centre d’art contemporain de l’île de Vassivière. Avant le bâtiment, il y eût un barrage puis un lac. Puis avec le lac, il y eût le tourisme social avec son camping, ses résidences familiales, ses loisirs nautiques puis il y eût des sculptures en plein air qui occupaient l’espace puis enfin, cette idée incongrue d’ouvrir un centre d’art pour les vacanciers. S’ils ne vont pas au centre d’art, que le centre d’art aille à eux.

Pour concevoir un centre d’art en pleine nature, Xavier Fabre et Dominique Marchès décident à l’époque de s’adjoindre les talents de l’architecte italien Aldo Rossi. Choix a priori paradoxal dans la mesure où la ville constitue le thème central de son œuvre comme le souligne la publication en 1966 de son traité théorique L'Architettura della città. Mais l’architecte, qui travaille sur les formes et les bâtiments traditionnels, est également auteur, artiste, professeur et théoricien. Il devenait donc un allié précieux.

Reprenant les idées de départ de Xavier Fabre et Dominique Marchès et en s’appuyant sur un de ses concepts Un bâtiment n’a jamais autant de sens que quand il change d’usage, l’équipe fait de l’architecture romaine, de l’architecture religieuse et du site ses points de référence et construit un bâtiment et son phare qui évoquent tour à tour, l’île et donc les littoraux sur lesquels nous sommes, l’aqueduc romain et les nombreux vestiges antiques de la région et plus sûrement les nombreuses églises romanes des environs avec sa salle d’exposition en nef d’église avec voûte en carène de bateau renversé.

Le Centre fête aujourd’hui son 25ème anniversaire, ses 50 sculptures de commande publique, ses 100 expositions, ses 1500 œuvres exposées et ses 300 artistes qui ont occupé certes temporairement l’espace. Pour célébrer le centre et Aldo Rossi aujourd’hui disparu, le centre a demandé à huit artistes de répondre dans un espace confiné au vocabulaire et à la pensée d’Aldo Rossi. Le titre même de l’exposition Oublier l’architecture est un clin d’œil au livre Autobiographie scientifique de 1981, dans lequel Aldo Rossi nous invite à relire son œuvre au travers du prisme de la mémoire.

Les huit artistes (Karina Bisch, Anne Bourse, Nicolas Chardon, Adelaïde Feriot, Étienne de France, Ernesto Sartori, Mathilde du Sordet, Sarah Tritz) sont issus de la scène contemporaine française, ils précédent tous de peu le centre d’art car nés de 1974 à 1985. Chacun travaille à sa manière en reprenant les fondamentaux de l’architecture : maquette, dessin, croquis et emplissent le bâtiment de leurs constructions, formes géométriques épurées, succession d’espaces intérieurs/extérieurs, mis en espace avec des éléments bruts ou des matériaux colorés (brique, granit, bois, zinc).

Huit constructions dialoguent avec le lieu comme celles d’Ernesto Sartori dont la maquette en bois composée d’objets du quotidien vous accueille dans la nef ou celles Nicolas Chardon dont les séries de remises en forme du carré changent selon le point de vue et la position que vous adoptez ou encore les sculptures d’Adélaïde Fériot, disséminées dans toutes les salles, qui semblent des gardiens de la mémoire traversant le bâtiment.

Alors à Vassivière, pensez à vos joutes nautiques et « oublier l’architecture ».

« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » avec Karina Bisch, Anne Bourse, Nicolas Chardon, Xavier Fabre, Adelaïde Feriot, Étienne de France, Aldo Rossi, Ernesto Sartori, Mathilde du Sordet, Sarah Tritz – exposition du 26 juin AU 6 novembre 2016 - Commissaires : Marianne Lanavère avec la complicité de Guillaume Baudin et de Xavier Fabre

« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Moyen âge, #Patrimoine, #architecture, #environnement, #guerre, #Tourisme
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Ce n’est pas que Rocamadour soit inintéressant, j’en conviens volontiers. Mais se retrouver début août à Rocamadour au milieu de bus déversoirs, de guides au drapeau, d’une horde touristique qui alterne magasins de souvenirs et magasins de produits régionaux, a de quoi faire fuir le pèlerin solitaire.

En revanche, à l’autre bout du département de la Corrèze, sur la rivière Maronne, à proximité du Cantal, au bout d’une dizaine de kilomètres de route sinueuse, se dressent fièrement les vestiges de la Cité médiévale Les Tours de Merle. Ici point de bus (difficulté d’accès), un nombre de touristes limité et surtout, des amoureux du patrimoine car il semble impossible d’atterrir ici par hasard.

Tout le monde a en tête les galeries de clichés sur le moyen-âge, les guerres seigneuriales, etc. Ici, la caractéristique du lieu tient dans l’agglomération de sept tours érigées aux XIIème et XIIIème siècles qui appartenaient chacune à un seigneur différent. Point de bataille me direz-vous ? Que nenni. L’ensemble féodal se trouve dans un méandre de la Maronne à une zone frontière entre grandes principautés.

La citadelle est assiégée pendant la guerre de Cent ans et si les Anglais réussissent à prendre une tour, ils doivent renoncer aux autres … et rendre la première. Le verrou porte donc bien son nom. Ce qu’Anglois ne purent réaliser, la bombarde le fit, la citadelle devint obsolète ne pouvant s’abriter de l’artillerie placée sur les hauteurs voisines. La ville servit de refuge aux Protestants pendant les guerres de religion du XVIème puis périclita.

Comme pour Bonaguil dans le Lot et Garonne (http://un-culte-d-art.overblog.com/-patrimoine-l-anachronique-bonaguil), l’immense chance des Tours de Merle (et la mienne au passage) se trouve dans son éloignement des voies de communication : isolé, le site ne servit pas ou peu de carrière avant qu’il ne soit classé au titre des monuments historiques par arrêté du 30 juillet 1927.

Le site en l’état laisse grand place à l’imaginaire. Accessible en visite libre, il vous laisse le temps de reconstruire, de réfléchir, de comprendre. Il propose des activités par énigmes au plus petit. Il ne pollue pas trop le contexte par excès de reconstitution. Il n’échappe pas hélas aux sempiternelles fêtes médiévales qui, à force de mélanger épisodes sortis de leur contexte (les éternels jongleurs, cracheurs de feu et chevaliers luttant à pied, à cheval ou en voiture), contribuent plus sûrement à la destruction du site par médiocrité qu’à sa valorisation.

Il reste donc une valorisation à confirmer, à assumer, à inventer pour ce site exceptionnel qui le mérite.

Les Tours de Merle - Corrèze ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLes Tours de Merle - Corrèze ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLes Tours de Merle - Corrèze ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Les Tours de Merle - Corrèze ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Epoque contemporaine, #Europe, #architecture, #environnement
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Dessiné et conçu par RCR arquitectes, groupe d’architectes catalans (Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramon Vilalta) associé au cabinet d'architectes toulousain Passelac & Roques (François Roques et Romain Passelac), le musée Soulages devait prendre place au cœur de ville à quelques encablures de l’imposante cathédrale Notre-Dame de Rodez dans le jardin du Foirail. Selon les architectes catalans, le musée naît du parc, qu’il participe à restructurer, à ordonner, à révéler et à clarifier.

Le musée est une succession de parallélépipèdes en acier avec intervalles. L’accès se fait pas l’esplanade du jardin, les caissons s’avancent plus ou moins dans le vide sur le talus du jardin, comme s’il voulait tendre la main à la ville nouvelle que le visiteur aperçoit au loin. Conçus en acier Corten, le matériau du musée Soulages s’oxyde, vieillit comme les arbres qui l’entourent, crée des nuances de ton que le visiteur retrouve à l’intérieur sur les toiles de Pierre Soulages.

A l’intérieur, l’espace est partagé : salle de conférence et hall d’entrée au rez-de-jardin, les salles d’expositions se situent au niveau inférieur avec des volumes et des hauteurs sous plafond permettant l’exposition des grands volumes. Les salles de la collection permanente et celles de la collection temporaire sont cloisonnées permettant aux unes de se renouveler, à la partie monographique de se trouver le plus souvent accessible.

La partie monographique est constituée à partir des deux donations de Pierre et Colette Soulages : des œuvres de jeunesse figuratives, 21 huiles sur toile des années 1940 à 1970, 100 peintures sur papier produites à partir de 1946 (dont les précieux Brous de noix), la totalité de l’œuvre imprimé qui représente 49 eaux-fortes, 41 lithographies et 26 sérigraphies, trois bronzes de 1975-1977, deux peintures incluses dans le verre de 1979, la totalité des travaux préparatoires aux vitraux de Conques de 1987 à 1994, un important fonds documentaire rassemblé par l’artiste et enfin, fruit de la deuxième donation en 2012, 14 peintures sur toile dont un précieux Outrenoir de 1986.

La succession de salles alterne pièces borgnes (le bout des fameux caissons) et pièces ajourées permettant au passage d’admirer le paysage des monts d’Aubrac au loin. Les pièces ajourées sont obscurcies par un vélin qui respecte la vue mais protège les pièces. Dans la plupart des salles comme à l’opéra de Lyon, les pièces sont noires du sol au plafond alternant avec quelques pièces comme celle des œuvres préparatoires aux vitraux de Conques plus solaires. La collection est présentée par supports et de manière chronologique de manière à suivre l’évolution du travail de l‘artiste y compris les peintures figuratives de sa jeunesse, sorte de clins d’œil. La pièce des Outrenoirs est la pièce la plus imposante, relativement lumineuse et abrite des très grands formats. Elle est faite pour impressionner et elle impressionne.

Dans un retour sur l’extérieur, en faisant le tour du musée et en se remettant dans la perspective de la Cathédrale, le visiteur avisé constatera que le muret de séparation du jardin n’existe plus comme si l’art avait libéré le parc en offrant ainsi à Notre-Dame une nouvelle jeunesse. Le musée Soulages bat des records d’affluence, en le visitant, il est aisé de comprendre pourquoi.

Musée Pierre Soulages - Rodez ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée Pierre Soulages - Rodez ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Musée Pierre Soulages - Rodez ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée Pierre Soulages - Rodez ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Musée Pierre Soulages - Rodez ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique latine, #environnement, #Nature, #Amour
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Par une espèce d’esprit d’escalier, c’est vraiment la loi de la jungle que d’accéder à cette salle de ce cinéma que je ne fréquente que rarement. Outre que les trois personnes à l’unique caisse ouverte papotent pendant que vous attendez, la maison semble plus désireuse de vous vendre ses pop-corn que de vous donner un renseignement comme le numéro de la salle par exemple. Fort heureusement le numéro de salle sur le billet vous permet de vous débrouiller pour trouver la salle 7… avis aux personnes à mobilité réduite, le labyrinthe qui vous y conduit est temporairement inaccessible par ascenseur.

Après la Fille du 14 juillet, Antonin Peretjatko s’attaque à deux sujets qui a priori n’ont rien de comique : les normes qualitatives de l’Union européenne et les jeunes stagiaires avides de faire valider leur sacrosaint rapport de stage. L’affaire se déroule entre le Ministère de la norme (tout un programme !) à Paris et la Guyane en compagnie de Marc Châtaigne (Vincent Macaigne) et Tarzan (Virmala Pons déjà repérée dans Comme un avion de Bruno Podalydes). S’ajoutent à cette joyeuse sarabande Mathieu Amalric, Fred Tousch, Pascal Légitimus, ou encore Jean-Luc Bideau.

Le film reprend tous les ressorts du burlesque qu’il mitonne à la sauce politique : les personnages sont extrêmement marqués, caricaturés notamment le duo d’acteur. Vincent Macaigne semble benêt à souhait, attire les catastrophes comme le miel les mouches. Virmala Pons s’appelle tarzan et endosse le costume de la baroudeuse. Mathieu Amalric est irrésistible en administrateur post colonial roublard. Quant à Pascal Légitimus et Jean-Luc Bideau, ils forment un duo d’experts, le premier ès débrouillardise et petites combines et le second ès langue de bois.

Le film reprend a son compte et assume un comique de l’absurde et de l’irrationnel : la scène anthropophage rappelle l’origine de l’excellente cervelle des canuts lyonnaise. Il joue avec les chutes les bagarres, les poursuites, les chocs et devient incandescent, bouillonnant une fois que les deux compères ont absorbé force jus hyper-aphrodisiaque.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour cette farce explosive qui joue sur le comique de répétition, tient le rythme tout au long et réserve sa collection de gags visuels. De quoi vous faire fort heureusement oublier l’accueil.

"La Loi de la Jungle" d'Antonin Peretjatko - Pathé Masséna - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"La Loi de la Jungle" d'Antonin Peretjatko - Pathé Masséna - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"La Loi de la Jungle" d'Antonin Peretjatko - Pathé Masséna - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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