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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Extrême orient, #Epoque contemporaine, #Urbanisme, #Politique
"Diamond Island" de Davy Chou - Cinéma Le Royal - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Diamond Island" de Davy Chou - Cinéma Le Royal - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

A ceux qui affirment haut et fort que voyager permet de comprendre le monde surtout en étant guidé et en restant dans les espaces réservés aux touristes, je ne saurais trop conseiller d’aller voir le dernier film de Davy Chou Diamond Island. Après avoir signé le très remarqué film documentaire Le Sommeil d’or (http://un-culte-d-art.overblog.com/cinema-mercury-nice-le-sommeil-d-or-a-la-recherche-de-l-hippocampe) sur la disparition du cinéma cambodgien sous les Khmers rouges, Davy Chou s’attaque à une fiction aux aspects réalistes sur la transformation du centre ville de Phnom Penh.

Diamond Island a pour cadre le chantier gigantesque de l’île éponyme et de la condition de vie des travailleurs tous issus d’un gigantesque exode rural qui vide les campagnes de sa jeunesse. Le film suit le destin de plusieurs ouvriers dont celui de Bora, 18 ans. Bora retrouve à Phnom Penh son frère Solei, dont la famille n’avait pas de nouvelles depuis cinq ans. Davy Chou observe alors les destins croisés des protagonistes, ceux qui n’ont que le chantier en tête, ceux qui cherchent des chemins de traverse dans l’économie  de la capitale cambodgienne, ceux qui se fixent, ceux qui veulent retourner, ceux qui veulent migrer.

Le grand intérêt du film de Davy Chou est l’équilibre entre ce qu’il dit, ce qu’il donne à voir et les silences, les ellipses qui laissent l’imaginaire du spectateur combler les vides. Qui est Solei ? Quelle est son activité lucrative ? Quel est son destin ? Le spectateur pourra se perdre en conjectures, le film ne lui proposera que des indices. Quel est le futur de Bora ? Confronté à de vrais choix (qui aime-t-il vraiment ? Quelle activité veut-il réellement exercer?), son avenir est aussi laissé à l’appréciation du spectateur.

Quoique dans un tout autre registre que Le Sommeil d’or, Diamond Island  propose une découverte du Cambodge d’aujourd’hui, de sa jeunesse, de son intégration dans la mondialisation, de ses transformations. Il présente le renouveau de la capitale Phnom Penh, vidée en son temps de tous ses habitants par le régime de Pol Pot. Il est à la fois le nécessaire complément et le contrepoint du premier film de Davy Chou qui continue à écouter le Cambodge respirer avec brio. Quel bonheur de suivre ce passionnant voyage confortablement installé dans son fauteuil.  

"Diamond Island" de Davy Chou - Cinéma Le Royal - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Diamond Island" de Davy Chou - Cinéma Le Royal - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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