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Blog de mes curiosités

Articles avec #nature catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Arts plastiques, #arts numériques, #Patrimoine, #environnement, #Nature
Le Logoscope - Agnès Roux et Mimoza Koïke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Logoscope - Agnès Roux et Mimoza Koïke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Logoscope - Monaco : Révolution agraire -  Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Logoscope - Monaco : Révolution agraire -  Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Logoscope - Monaco : Révolution agraire -  Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Logoscope - Monaco : Révolution agraire - Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique latine, #environnement, #Nature, #Amour
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Par une espèce d’esprit d’escalier, c’est vraiment la loi de la jungle que d’accéder à cette salle de ce cinéma que je ne fréquente que rarement. Outre que les trois personnes à l’unique caisse ouverte papotent pendant que vous attendez, la maison semble plus désireuse de vous vendre ses pop-corn que de vous donner un renseignement comme le numéro de la salle par exemple. Fort heureusement le numéro de salle sur le billet vous permet de vous débrouiller pour trouver la salle 7… avis aux personnes à mobilité réduite, le labyrinthe qui vous y conduit est temporairement inaccessible par ascenseur.

Après la Fille du 14 juillet, Antonin Peretjatko s’attaque à deux sujets qui a priori n’ont rien de comique : les normes qualitatives de l’Union européenne et les jeunes stagiaires avides de faire valider leur sacrosaint rapport de stage. L’affaire se déroule entre le Ministère de la norme (tout un programme !) à Paris et la Guyane en compagnie de Marc Châtaigne (Vincent Macaigne) et Tarzan (Virmala Pons déjà repérée dans Comme un avion de Bruno Podalydes). S’ajoutent à cette joyeuse sarabande Mathieu Amalric, Fred Tousch, Pascal Légitimus, ou encore Jean-Luc Bideau.

Le film reprend tous les ressorts du burlesque qu’il mitonne à la sauce politique : les personnages sont extrêmement marqués, caricaturés notamment le duo d’acteur. Vincent Macaigne semble benêt à souhait, attire les catastrophes comme le miel les mouches. Virmala Pons s’appelle tarzan et endosse le costume de la baroudeuse. Mathieu Amalric est irrésistible en administrateur post colonial roublard. Quant à Pascal Légitimus et Jean-Luc Bideau, ils forment un duo d’experts, le premier ès débrouillardise et petites combines et le second ès langue de bois.

Le film reprend a son compte et assume un comique de l’absurde et de l’irrationnel : la scène anthropophage rappelle l’origine de l’excellente cervelle des canuts lyonnaise. Il joue avec les chutes les bagarres, les poursuites, les chocs et devient incandescent, bouillonnant une fois que les deux compères ont absorbé force jus hyper-aphrodisiaque.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour cette farce explosive qui joue sur le comique de répétition, tient le rythme tout au long et réserve sa collection de gags visuels. De quoi vous faire fort heureusement oublier l’accueil.

"La Loi de la Jungle" d'Antonin Peretjatko - Pathé Masséna - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"La Loi de la Jungle" d'Antonin Peretjatko - Pathé Masséna - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"La Loi de la Jungle" d'Antonin Peretjatko - Pathé Masséna - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #environnement, #Nature, #Violence, #Politique
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Les chanteurs, avant de monter sur scène, ont pour habitude de s’adresser un In bocca al lupo (dans la gueule du loup) pour conjurer le mauvais sort. La coutume veut que le destinataire réponde par Crepi il lupo! (qu'il crève, le loup !). Ainsi est résumée toute l’intrigue de cet intéressant documentaire de Jérôme Ségur qui s’appelle la Gueule du loup.

La Gueule du loup donne la parole aux tenants des différentes thèses : les « pro-loup » comme les « anti-loup », suit surtout les éleveurs du Mercantour mais s’autorise des incursions en Seine-et-Marne ou en Auvergne. Il questionne les praticiens du pastoralisme, les universitaires, chercheurs et autres grands érudits, les défenseurs de la biodiversité, laisse soigneusement de côté les politiques qui n’apparaissent que furtivement à l’écran dans une position souvent inconfortable. Les témoignages sont souvent relancés par Jérôme Ségur pour faire sortir aux plus taciturnes toute leur rancœur.

La Gueule du loup intéresse d’abord car il montre la fragilité des hommes et leurs éternelles contradictions. Qu’ils soient éleveurs, chercheurs, écrivains, hommes politiques, tous en arrivent à un point de contradiction qui les rend d’autant plus attachants qu’il les fend en deux entités opposables. Les éleveurs ont la testostérone vocale facile, vocifèrent, menacent mais montrent également leur impuissance face à la situation. Les hommes politiques promettent ce qui existe déjà et disputent la palme de l’opportunisme aux écrivains sur le loup dont l’opinion varie en fonction des rapports de force. L’auvergnat amoureux de la nature qui se promène avec un pendentif enfermant une crotte de loup se plaint d’être marginalisé alors que son mode de vie l’y contraint. Le directeur du zoo d’Amnéville assène ses vérités qui ne résistent pas à l’analyse de l’historien Jean-Marc Moricet.

C’est un peu comme si le loup ouvrait à nouveau des fractures ancestrales, faisait resurgir des angoisses, des fantasmes et le spectateur n’est nullement épargné par ses propres contradictions lui qui a l’habitude de défendre le savoir faire agricole français, la beauté et la richesse de son terroir, tout en achetant dans les hypermarchés quantité de viande, plats cuisinés et autres produits de la filière agro-alimentaire internationale, très éloignée du sort des éleveurs.

La Gueule du loup raconte l’histoire des hommes qui ont vu le loup et qui se querellent à son propos. Car chacun le sait, tout le monde a vu le loup, qui un matin au réveil, qui un soir à la tombée du jour, qui par un après-midi printanier. Certes tout le monde l’a vu mais les seuls visibles à l’écran seront ceux du parc aux Loups de Saint-Martin-Vésubie ou du zoo d’Amnéville en Lorraine.

C’est l‘éternelle l’histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours… mais, preuve que le documentaire a atteint son objectif, le spectateur sort au bout d’une heure vingt avec bien plus de questions que lorsqu’il est entré.

La Gueule du Loup - Film documentaire de Jérôme Ségur - France – Sortie : 9 mars 2016 - 1h 20

La Gueule du Loup de Jérôme Ségur - Cinéma Mercury - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLa Gueule du Loup de Jérôme Ségur - Cinéma Mercury - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLa Gueule du Loup de Jérôme Ségur - Cinéma Mercury - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

La Gueule du Loup de Jérôme Ségur - Cinéma Mercury - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Nature, #Amour, #environnement, #utopie
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Deux ans après Adieu Berthe, l'enterrement de Mémé, fantaisie funéraire hilarante, Bruno Podalydès revient sur les écrans avec Comme un avion. Pour sa nouvelle comédie, le réalisateur a convoqué, comme souvent, un plateau d’exception : Sandrine Kiberlain en épouse, Agnès Jaoui en amante, Vimala Pons en objet de désir, Michel Vuillermoz et Jean-Noël Brouté en joyeux déjantés. Même Pierre Arditi, dans son propre rôle, est de la partie. La principale nouveauté dans le casting est l’interversion des deux frères : Denis Podalydès en simple patron laisse le rôle principal à Bruno Podalydès qui se retrouve à la fois devant et derrière la caméra.

Comme un avion traite de la crise de la cinquantaine sous un mode jubilatoire autour du personnage de Michel qui, passionné par l'aéropostale et l’aviation sans avoir jamais piloté, se retrouve à errer les rivières de France… en kayak. Le ton est donc donné, le film se revendique clairement comédie et trace dans le sillage de la farce bucolique et champêtre.

Le spectateur qui découvre un film quel qu’il soit est confronté à un vrai choix : il peut lire synopsis et critiques avant la projection au risque de perdre en découverte comme il peut aller à l’aventure et confronter ses impressions après avoir vu le film. Il peut alors dans ce deuxième cas de figure baigner dans le bonheur avec une critique unanime, se retrouver au milieu du gué ou nager à contre courant, pour rester dans le ton fluvial du film. Autre élément important, comme une œuvre émet et qu’un spectateur reçoit, le niveau de perception est forcément aléatoire en fonction de la journée, l’état d’esprit, l’heure, le confort, etc.

Comme un avion réalise une quasi-unanimité parmi la critique professionnelle : « fable bienveillante et malicieuse » pour les Cahiers du cinéma, « Renoirien tendance Prévert : pour le côté communautaire, blagues à l’emporte-pièce, humour potache » pour Les Inrockuptibles, « comédie mille fois hilarante » pour Positif. Dans mon humble perception, le film s’était surtout enfermé dans son propre piège au point de tourner en rond comme son héros. L’ensemble était certes agréable à regarder sans pour autant emporter entièrement l’adhésion.

Tout l’intérêt de l’œuvre est là : elle questionne sans chercher à apporter de réponse toute faite et elle force à la réflexion, elle heurte, elle ennuie, elle divise et elle incite au débat argumenté, elle marque, elle séduit, elle transporte et il faut en rechercher les causes.

Il faut donc voir Comme un avion pour savoir si, comme Vincent Ostria dans l’Humanité, vous pensez qu’avec Bruno Podalydès « On tient peut-être notre meilleur auteur de comédie, tout simplement ».

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #semaine de la Critique, #Amérique latine, #Epoque contemporaine, #Nature, #mort
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Le premier plan du film, long et fixe, pose d’entrée les enjeux : au milieu de deux lignes de fuite bordées par des champs de canne à sucre barrées au loin par un camion, un homme seul, valise à la main, remonte une route poussiéreuse. Le camion qui finit par le doubler, le fait disparaître dans la poussière. L’homme est de face : ce n’est donc pas un départ mais une arrivée.

Pour son premier film, le Colombien César Augusto Acevedo choisit de distiller l’information et la narration dans un tempo très lent, le tempo de l’agonie. L’agonie est réelle, l’homme revient en fait au sein de sa famille, tenir une maison qu’il a abandonnée, et veiller son fils dont la fin semble inéluctable. L’agonie de la famille est latente, la sécheresse des dialogues en témoigne.

L’agonie se fait ici allégorique passant constamment de l’agonie du fils à l’agonie d’un monde paysan traditionnel pratiquant la culture vivrière face à l’agrobusiness florissant mais destructeur de la canne à sucre. Le film décline d’ailleurs l’allégorie tout au long de sa trame : le splendide arbre jouxtant la masure familiale sous lequel le fils vient se ressourcer, sous lequel le grand-père transmet l’essentiel à son petit-fils, joue le rôle de la permanence, de la résistance face à un monde qui change. De la même manière, le rêve avec un cheval fougueux enfermé dans une pièce qui finit par s’échapper, témoigne de l’impatience et la fougue de la jeunesse, l’impatience et la fougue qui a fait fuir le grand-père jadis ?

Car le film joue aussi sur les non-dits, sur les ellipses, sur les silences : du départ, le film n’en donnera jamais les raisons. De religion, il ne sera jamais question dans ce milieu rural d’Amérique latine. Il faut dire qu’à l’extrait de la Genèse : « Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi..», le film sonne plutôt comme une liturgie catholique d’avant carême « Souviens toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ».

Comme le clame Job dans la Bible, au plus profond de la détresse : « Me voilà devenu poussière et cendre. Je hurle vers toi, et tu ne réponds pas ». Autre allégorie de l’impuissance des hommes face à la mondialisation invisible et invincible. Belle démonstration.

Festival de Cannes - Semaine de la Critique - La Tierra y la Sombra - Cesar Augusto Acevedo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comFestival de Cannes - Semaine de la Critique - La Tierra y la Sombra - Cesar Augusto Acevedo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comFestival de Cannes - Semaine de la Critique - La Tierra y la Sombra - Cesar Augusto Acevedo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Moyen âge, #Patrimoine, #Religion, #guerre, #Nature, #Tourisme
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Si Porquerolles représente les catacombes de Monsieur Daninos comme dit dans l’article du 2 mars 2015 De Collobrières, embarquons pour Porquerolles sans baisser la Garde(-Freinet), La Garde-Freinet représente à coup sur ma madeleine de Proust. Outre la tentative ratée du mois de mars, je pensais y être allé lorsque j’avais onze ans et que nous étions en vacances à Ramatuelle. Mais, quelques décennies plus tard et une visite sur les ruines du fort Freinet, un doute m’envahit : soit je n’y avais jamais mis les pieds, soit j’ai l’hypermnésie qui flanche, j’me souviens plus très bien comme dit (presque) la chanson.

A la question « mais qu’ont-ils foutu ces chrétiens pour mettre deux siècle à chasser les Sarrasins de Fort-Freinet », je conseille une réponse par approche expérimentale : grimpez au fort Freinet, légers et court vêtus avec vos chaussures de marche (une heure aller-retour pour des personnes plutôt en forme) et imaginez la même scène avec l’attirail militaire du Moyen-âge face à des ennemis qui n’entendaient pas se faire déloger !

Une fois les ruines de Fort-Freinet atteintes, vous avez de fortes probabilités de ne pas vous heurter au bus à touristes que vous aurez négligemment croisé au préalable dans le magasin de cartes-postales quelques centaines de mètres (et une heure de marche en milieu hostile) plus bas ! En revanche, vous pouvez admirer le paysage sur la plaine centrale du Var et les premiers escarpements du Haut-Var puis découvrir en toute quiétude le village troglodyte ou du moins ce qu’il en reste. Chapelle, citerne, four, et logis seigneurial, rien ne manque à ce nid d’aigle qui fut fortifié à partir du XIIème siècle et habité jusqu’au XVIème siècle.

C’est pour venger l'abbé Mayeul enlevé en juillet 972 par les bandes de Sarrasins installées dans le massif des Maures depuis la fin du IXème siècle, que le comte Guillaume Ier de Provence dit le Libérateur et son frère Roubaud traquent les Maures (quelques centaines d'hommes au mieux) qu'ils écrasent à la bataille de Tourtour en 973, puis les chassent de Provence. En fait cette geste de croisade oublie de signaler la volonté de Guillaume le Libérateur d’imposer le pouvoir comtal à la Provence, à l'aristocratie locale et aux communautés urbaines et paysannes qui résistaient jusqu’alors.

Quoi qu’il en soit, 1041 ans après, j’ai reproduit l’exploit de Guillaume le Libérateur à l’armure, la masse, la lance, l’épée, l’arc, la cotte de maille, les ennemis, l’huile bouillante, les flèches, les pierres près. Une rigolade !

La Garde-Freinet - Ruines du Fort-Freinet © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com La Garde-Freinet - Ruines du Fort-Freinet © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com
La Garde-Freinet - Ruines du Fort-Freinet © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com La Garde-Freinet - Ruines du Fort-Freinet © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

La Garde-Freinet - Ruines du Fort-Freinet © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Nature, #Danse, #Arts plastiques, #arts numériques, #environnement, #utopie, #Théâtre, #Peinture, #Violence
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Récital de Diana Damrau à l’opéra de Monte-Carlo ou installation du Logoscope ? Tel est le dilemme de cette soirée rapidement tranché par le titre alléchant de la proposition du Logoscope révolution agraire, installation performance à l’aire de l’anthropoScène. Cela titille davantage ma curiosité que les airs connus de Lucia di Lammermoor, I Capuleti e i Montecchi, I Puritani, La Sonnambula, La Traviata, Simon Boccanegra entrecoupés d’ouvertures d’opéras célèbres.

L’article publié sur ce blog en date du 22 février 2015, s’intitulait Le Logoscope : 18 ans et toujours aussi farceur et rendait compte d’un spectacle intitulé Abats en concert. Je pensais en être quitte mais c’était sans compter sur l’équipe du Logoscope et en particulier Agnès Roux et Mimoza Koïke qui ont décidé dans une sorte de flash-back logoscopique de nous renvoyer aux origines… des abats que le Logoscope nous a servis en concert un mois plus tôt.

En voulant répondre à la question : « quel type d’anticipation peut-on encore envisager ? », l’union des plateformes arts numériques et arts vivants du Logoscope s’est savamment penchée sur le problème. Composée de la danseuse -chorégraphe Mimoza Koïke, des artistes à media multiples Agnès Roux et Christian Selvatico, de la scénographe costumière Leslie Bourgeois avec la complicité de deux danseurs des Ballets de Monte-Carlo : Bruno Roque et Asier Edeso, l’équipe artistique nous a livré sa vision de la problématique.

Transcendant mon cher Ionesco qui estimait que "Vouloir être de son temps, c'est être déjà dépassé.", la réponse du Logoscope à la question n’a pas tardé à fuser. Toujours en écho à Ionesco : « On ne peut prévoir les choses qu'après qu'elles soient arrivées", le même Logoscope s’est appliqué à nous démontrer qu’on pouvait prévoir le passé en écrivant de l’anticipation : en gros, l’anticipation est déjà derrière nous.

Invité à monter sur scène pour observer l’installation au plus près, le spectateur peut y observer à l’avant-scène, deux personnages grimés et sombres comme sur le tableau dans une posture reproduisant l’Angélus de Jean-François Millet. Poursuivant sa pérégrination scénique, il observe alors au sol la représentation de parcelles agraires (avec salades) et au fond de scène, remplaçant l’église, trois corps sanguinolents suspendus à une barre symbolisant les deux aspects nutritifs de l’activité paysanne : l’agriculture et l’élevage.

Seul élément contemporain de cette scène inerte pendant toute la partie « visite au musée », un dispositif écran suspendu en fond de scène, relayant par caméra interposée ce qui se déroule au sol transformant la vision et la version que le spectateur a de la scène.

Passé cette période de recueillement éternel des deux paysans de l’Angélus de Millet, l’ensemble s’anime, les paysans vaquent, les trois danseurs deviennent basse-cour et avancent sur pointe, cassant leur corps à chaque pas, un manteau de fourrure rappelle subrepticement que l’élevage est affaire de bêtes à poil et à plumes. Et soudain l’humanité se déshumanise : la part animale de l’homme reprend le dessus et cherche à dominer définitivement ce monde qu’il était sensé partager avec les autres espèces. D’élément dans la chaine alimentaire, il devient élément perturbateur.

Commencé sur le mode de l’invitation au Voyage de Baudelaire « Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté », le recueillement devient agitation, voire chaos. Le « changement d’époque géologique qui aurait débuté à la fin du 18ème siècle avec la révolution industrielle » dixit le logoscope fait de la Terre un laboratoire d’apprentis sorciers où le cannibalisme symbolisé sur scène n’est jamais très loin en termes d’avidité des espaces et des êtres. Le gaspillage s’invite sur scène et les salades saccagées embaument la salle.

Le logoscope est remonté à une des sources ambivalentes de notre humanité : la production de masse qui présente l’immense vertu de nous satisfaire matériellement mais au prix de quels déséquilibres ? Production agricole en masse peu respectueuse des espèces, production industrielle en masse cannibalisatrice en ressources puis inexorablement colonisation en masse à l’aune du XXème siècle, conflits en masse dès 1914 et élimination en masse avec les génocides de l’époque contemporaine.

« Notre monde vient d'en trouver un autre (et qui nous garantit que c'est le dernier de ses frères, puisque les Démons, les Sibylles et nous, avons ignoré celui-ci jusqu'à cette heure ?) » disait Montaigne parlant des Amériques, le Logoscope nous en fait découvrir un autre, sauf que c’est … le nôtre.

Monaco - Logoscope - Révolution agraire © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Logoscope - Révolution agraire © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Logoscope - Révolution agraire © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Tourisme, #Patrimoine, #Moyen âge, #Nature
Hyères© Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com
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« Si les Catacombes étaient à Florence, M. Daninos les aurait sans doute déjà visitées trois fois. Mais, habitant Paris depuis quarante ans, il ne les connaissait pas encore ». Ainsi persifle William Marmaduke Thompson dans les célèbres Carnets du major Thompson de Pierre Daninos et voulant éviter que semblable mésaventure ne survienne, j’ai suivi à la lettre le conseil du Tao Te King de mon ami Lao-Tseu « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas ». Considérant unilatéralement que la lieue en question est l’ancienne lieue de Paris, j’ai donc décidé de parcourir aller-retour 307.88 km et me suis retrouvé … dans le Var.

D’accord, ce n’est pas le Pérou mais je m’en fous, ni l’Orénoque mais je m’en moque. Direction tout d’abord La Garde-Freinet, haut lieu de résistance des Sarrasins qui ont tenu la ville jusqu’en 954 avant d’être délogés par Guillaume le Libérateur (N’oublions pas que l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs) en leur extorquant au passage le secret de l’utilisation de l’écorce du chêne-liège, héros local. Je ne sais comment les Sarrasins ont pu tenir aussi longtemps car la pluie ne nous a pas permis de tenir plus d’une heure de siège sans même pouvoir accéder aux ruines de l’ancien fort.

Puisque la pluie nous avait chassés de La Garde-Freinet, nous avons investis Collobrières où la connaissance de l’autochtone est passée par le Restaurant Café-Théâtre, son vin revigorant, son accueil fort sympathique, ses tripes de veau à tomber par terre et son spectacle dans la salle. Rien de tel pour vous aider à escalader les ruines de l’église Saint-Pons à mi-chemin entre roman et gothique et glisser sous le pont vieux, pont à arche en plein cintre construit probablement aux alentours du XIIème siècle.

Mes catacombes à moi se nomment Porquerolles. Jamais foutu depuis le temps où je visite le Var de trouver une journée favorable, sans hordes touristiques incontrôlées ou auspices climatiques défavorables, pour goûter à la plus proche des îles d’or. Enfin ! Et le résultat est à la hauteur. Si « Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche » (évidemment ce n’est pas de mon crû … c’est tiré des Essais de Montaigne), je dois dire qu’une balade à pied sur Porquerolles loin du bruit des villes, des obligations, des complications en tout genre requinque le dernier des grincheux… donc moi !

« Rien de tel que d'aller au bout du monde pour trouver des gens qui vont encore plus loin » dixit mon regretté Pierre Daninos. J’ai effectivement encore moins envie d’aller à Pétaouchnock, Pamparigouste et autre Perpète-la-Galette quand j’ai tout ce qui me comble à proximité. De toute façon, courts ou longs : « Les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu'on est revenu ! » raillait Sacha Guitry dans Le petit Carnet rouge. Au fait, n’est-ce pas ce que je vous fais subir depuis quelques minutes ?

La Garde-Freinet © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comLa Garde-Freinet © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comLa Garde-Freinet © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

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Collobrières © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comCollobrières © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comCollobrières © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

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Porquerolles © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comPorquerolles © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.comPorquerolles © Théodore Charles un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Amour, #Europe, #Opéra, #Lumière, #Musique, #Mythe, #Nature
[Musique - Opéra de Monte Carlo] Allo Rusalka ?

Dans Blue Velvet, David Lynch nous fait entrer et sortir de l’histoire avec un homme qui tond son gazon. Dieter Kaegi dans Rusalka de Dvorak nous fait entrer dans l’histoire avec un couple qui disparaît dans un marigot central et nous en fait sortir avec le même couple en visite autour de l’étang. Meilleure manière de nous rappeler la pérennité des contes et légendes dans notre quotidien.

Mai qui est Rusalka ? Rusalka, créature des eaux, avoue à son père l'Ondin qu'elle est amoureuse d'un prince. En présence de la sorcière Jezibaba, elle accepte d'être muette en échange de l’amour du prince. Malheureusement, celui-ci s'intéresse à une princesse étrangère et la délaisse.

Rusalka est donc une histoire d’amour aquatique que la scénographie et les créations lumières rendent particulièrement oppressante : omniprésence de l’étang circulaire, omniprésence de la lune entourée de brume en fond de scène qui sert de cadre aux amours avortées et apparitions régulières du bleu Génie des Eaux qui émerge de son marigot comme un diable de sa boite.

Dieter Kaegi réalise un équilibre permanent entre rêve et illusion, transforme tour à tour ce marigot en lieu de vie de créatures mythique et en lieu de pique-nique, joue sur les deux niveaux de l’histoire (la réalité terrestre et le fantastique aquatique) et accentue le trait en utilisant des marionnettes manipulées par des comédiens à vue.

Mieux ! Il maîtrise ses acteurs et nous présente un plateau équilibré avec des personnages possédant ce qu’il faut de caractère sans sombrer dans la caricature. Le Génie ondin au chant caverneux (Alexeï Tikhomirov), le Prince vraiment charmant (Maxim Aksenov), la Princesse étrangère aguicheuse et venimeuse (Tatiana Pavlovskaïa) formant une parfaite opposition avec les Nymphes ou Rusalka (Barbara Haveman) et une sorcière de luxe (Ewa Podleś) font de Rusalka une réussite pour ses débuts (enfin !) à Monaco 30 ans après ses débuts (enfin !) en France.

[Musique - Opéra de Monte Carlo] Allo Rusalka ? [Musique - Opéra de Monte Carlo] Allo Rusalka ?

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #Amérique du Nord, #Epoque contemporaine, #Nature, #Enfance
[Cinéma - Rialto et salle Jean Vigo - Nice] Comment va le monde après Katrina ?

Deux films sur l’après Katrina, un premier et un second films, comme si Katrina avait réveillé la parole de nouveaux cinéastes : Take Shelter de Jeff Nichols et les Bêtes du sud sauvage de Benh Zeitlin. Take Shelter a été une des révélations de la très riche 50ème Semaine de la Critique en 2011. Les Bêtes du sud sauvage a été la révélation de la sélection « Un Certain Regard » en 2012.

Les prix se sont abattus sur les deux films : Prix S.A.C.D. (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) et Grand Prix de la Semaine de la Critique pour Take Shelter, Caméra d’or, prix FIPRESCI (prix de la critique internationale) et Prix Regard Jeune pour les Bêtes du sud sauvage.

J’ai réussi à les rater tous les deux lors de mon passage au Festival de Cannes. J’ai commis le tour de force de rater Take Shelter lors de sa sortie en salle il y a un an. Le hasard du calendrier veut que je découvre les deux films l’un pendant son exploitation normale, l’autre au moment du Festival Télérama.

Les deux films traitent d’une même thématique : la furie des éléments naturels notamment les ouragans, leurs conséquences sur la population. Dans les deux cas, l’apocalypse promise ou effective est analysée à travers les yeux de deux personnages. Curtis La Forche dans Take Shelter est en proie à de violents cauchemars au point que sa vie est rythmée par la menace d'une tornade apocalyptique. Hushpuppy, la petite fille des Bêtes du sud sauvage, vit dans le bayou avec son père et assiste à la fureur des éléments.

Dans Take Shelter, nous accordons crédit jusqu’au bout, jusqu’au délire, au personnage interprété par Michael Shannon, c’est la grande force du film. Dans les Bêtes du sud sauvage, l’aspect conte du film, le mélange de mythologie et d’actualité joint à un foisonnement visuel et sensoriel emportent l’adhésion.

Il y a dans ces deux films une critique sous-jacente des États-Unis, de ses peurs irraisonnées, de ses angoisses, de sa ségrégation mais la grande intelligence des deux réalisateurs a été de le montrer sans le démonter, de ne pas en avoir fait un parti pris. Le message n’en a d’ailleurs que plus de portée.

"Take Shelter" - film de Jeff Nichols – États-Unis – Numérique - 2 heures

Ce film a été présenté au Festival de Cannes 2012 - sélection : Semaine de la Critique.

"Les Bêtes du Sud sauvage" - Film de Benh Zeitlin –États-Unis – Numérique - 1 h 32

Ce film a été présenté au Festival de Cannes 2012 - sélection : Un Certain Regard.

"Take Shelter" de Jeff Nichols

"Take Shelter" de Jeff Nichols

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