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Blog de mes curiosités

Articles avec #semaine de la critique catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #semaine de la Critique, #Amérique latine, #Epoque contemporaine, #Nature, #mort
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Le premier plan du film, long et fixe, pose d’entrée les enjeux : au milieu de deux lignes de fuite bordées par des champs de canne à sucre barrées au loin par un camion, un homme seul, valise à la main, remonte une route poussiéreuse. Le camion qui finit par le doubler, le fait disparaître dans la poussière. L’homme est de face : ce n’est donc pas un départ mais une arrivée.

Pour son premier film, le Colombien César Augusto Acevedo choisit de distiller l’information et la narration dans un tempo très lent, le tempo de l’agonie. L’agonie est réelle, l’homme revient en fait au sein de sa famille, tenir une maison qu’il a abandonnée, et veiller son fils dont la fin semble inéluctable. L’agonie de la famille est latente, la sécheresse des dialogues en témoigne.

L’agonie se fait ici allégorique passant constamment de l’agonie du fils à l’agonie d’un monde paysan traditionnel pratiquant la culture vivrière face à l’agrobusiness florissant mais destructeur de la canne à sucre. Le film décline d’ailleurs l’allégorie tout au long de sa trame : le splendide arbre jouxtant la masure familiale sous lequel le fils vient se ressourcer, sous lequel le grand-père transmet l’essentiel à son petit-fils, joue le rôle de la permanence, de la résistance face à un monde qui change. De la même manière, le rêve avec un cheval fougueux enfermé dans une pièce qui finit par s’échapper, témoigne de l’impatience et la fougue de la jeunesse, l’impatience et la fougue qui a fait fuir le grand-père jadis ?

Car le film joue aussi sur les non-dits, sur les ellipses, sur les silences : du départ, le film n’en donnera jamais les raisons. De religion, il ne sera jamais question dans ce milieu rural d’Amérique latine. Il faut dire qu’à l’extrait de la Genèse : « Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi..», le film sonne plutôt comme une liturgie catholique d’avant carême « Souviens toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ».

Comme le clame Job dans la Bible, au plus profond de la détresse : « Me voilà devenu poussière et cendre. Je hurle vers toi, et tu ne réponds pas ». Autre allégorie de l’impuissance des hommes face à la mondialisation invisible et invincible. Belle démonstration.

Festival de Cannes - Semaine de la Critique - La Tierra y la Sombra - Cesar Augusto Acevedo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comFestival de Cannes - Semaine de la Critique - La Tierra y la Sombra - Cesar Augusto Acevedo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comFestival de Cannes - Semaine de la Critique - La Tierra y la Sombra - Cesar Augusto Acevedo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #semaine de la Critique, #Proche orient, #guerre, #Epoque contemporaine, #Jalousie, #Violence
[Cinéma – Festival de Cannes - Semaine de la critique – Espace Miramar – Cannes]  Dégradé de Tarzan et Arab Nasser : et si l’enfer de Gaza, c’était vraiment les autres ?

Un an après le film Omar Hany Abu-Assad présenté en sélection officielle Un Certain Regard, la Semaine de la critique offre une place au cinéma palestinien avec Dégradé des frères jumeaux Tarzan et Arab Nasser. Le film des deux frères se déroule à Gaza mais adopte un point de vue particulier déroutant le spectateur : des images télévisuelles en boucle de Gaza régulièrement montrées par la télévision, Tarzan et Arab Nasser n’en veulent manifestement plus et c’est du point de vue de treize femmes attendent leur tour dans un salon de coiffure qu’ils décrivent le ressenti de la société gazaouie.

A l’intérieur, la conversation des femmes, véritable microcosme de Gaza, nous renseigne sur la situation politique à la manière d’un peintre pointilliste qui serait passé par le café du commerce. Elles sont de toute condition sociale, représentent toutes les tendances politiques, appliquent plus ou moins les règles de l’Islam ou du moins ce que les hommes en ont fait, se cherchent, se querellent, s’invectivent mutuellement. Quoiqu’elles fassent elles sont toutes logées à la même enseigne, elles subissent la loi de la guerre des hommes, elles doivent gérer au mieux leur condition, elles redoublent d’ingéniosité pour surmonter la pénurie générale d’essence et les coupures d’électricité qui empoisonnent leur quotidien.

De l’intérieur, la caméra observe les femmes, suit, épie les réactions, joue avec les miroirs, les reflets, les images. De l’extérieur, la caméra ne montrera d’abord que ce que la vitrine du salon veut bien montrer… temporairement. Pire, comme ces femmes, le spectateur ne ressentira de l’extérieur que ce que la bande son lui donne : le bruit lancinant d’un drone, les affrontements entre bandes rivales, les crissements de pneus puis les tirs à l’arme lourde … très lourde.

Et quand enfin, la caméra réussit à s’extirper du salon pour rendre compte de l’extérieur, le spectateur découvre que les tumultes qui ont agité les femmes à l’intérieur sont décuplées à l’extérieur : les bandes politiques palestiniennes rivales se livrent une guerre sans merci au point d’avoir même fait taire le drone israélien qui survolait la bande de Gaza au début du film.

Jean-Paul Sartre est de retour pour un nouveau Huis-clos. L’enfer c’est (vraiment) les autres.

Festival de Cannes - Semaine de la Critique - Dégradé de Tarzan et Arab Nasser © Semaine de la CritiqueFestival de Cannes - Semaine de la Critique - Dégradé de Tarzan et Arab Nasser © Semaine de la CritiqueFestival de Cannes - Semaine de la Critique - Dégradé de Tarzan et Arab Nasser © Semaine de la Critique

Festival de Cannes - Semaine de la Critique - Dégradé de Tarzan et Arab Nasser © Semaine de la Critique

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #semaine de la Critique, #Extrême orient, #Violence, #Adolescence, #Bad boys
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Changement de ton et de genre à la Semaine de la Critique avec la projection de Coin Locker Girl du coréen Han Jun-Hee en séance spéciale. En présence du directeur du Festival de Pusan, la salle Miramar s'est mise à l'heure coréenne, l'ambiance change radicalement car les Coréens applaudissent avant le film à toutes les annonces ... et elles sont nombreuses.

Coin Locker Girl démarre sur les chapeaux de roue. Contrairement à ce qu'indique le titre, le prmeier plan ne montre pas la découverte de la petite fille Il-Young dans la consigne de la gare dans laquelle elle a été abandonnée. Le film démarre en fait par son point de rupture. Très rapidement cependant, la caméra revient sur l'événement éponyme du film avant de passer rapidement au cœur de son sujet par une ellipse temporelle qui fait grandir la jeune Il-Young le temps d'un passage dans un corridor.

Faisant ouvertement référence dans son sujet à Johnny To (de la normalité de la mort dans la mafia asiatique) et dans son traitement à Quentin Tarantino (décoration en aspersion de sang rouge vif), Coin Locker Girl se compose de deux parties réunies (contrairement à Election 1 et 2de Johnnie To) dans le même film et qui pourraient s'intituler initiation et vengeance. La première partie est plutôt réussie mais l'histoire s’essouffle dans sa deuxième partie.

L'originalité du sujet (une mafia à direction féminine) est filmée avec vigueur par Han Jun-Hee et le film est porté par ses deux acteurs Kim Hye-Soo (la mère) et Kim Ko-Eun (Il-Young) mais finit par tomber dans le convenu, dans le conventionnel voire dans le cliché.

Cependant, il faut réagir comme le public coréen et voir ce film de genre pour ce qu'il est : un bon divertissement.

Festival de Cannes - Semaine de la Critique - Coin Locker Girl de Han Jun-Hee - Kim Go-Eun et Park Bo-Gum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comFestival de Cannes - Semaine de la Critique - Coin Locker Girl de Han Jun-Hee - Kim Go-Eun et Park Bo-Gum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comFestival de Cannes - Semaine de la Critique - Coin Locker Girl de Han Jun-Hee - Kim Go-Eun et Park Bo-Gum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #semaine de la Critique, #guerre, #Violence, #Proche orient, #Epoque contemporaine
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Premier film du jeune réalisateur Clément Cogitore, davantage connu dans les milieux des arts plastiques que du cinéma, Ni le Ciel, ni la Terre n’est pas encore un film sur la guerre mais une nouvelle représentation de la guerre. Clément Cogitore filme la guerre d’aujourd’hui en l’ancrant dans les conflits mythologiques en ayant recours à la symbolique.

Le cadre est donné très rapidement, deux camps retranchés sur deux éminences désertiques laissent entrevoir en milieu de film une gigantesque plaine. Une garnison française sous les ordres d’Antarès Bonassieu (Jérémie Renier) est chargée de surveiller et défendre ce col qui commande dans la région de Wakhan, la route vers le Pakistan et le Tadjikistan voisins. Comme Redacted de Brian de Palma, Clément Cogitore filme la guerre à travers un filtre dont nous connaissons le format par la médiatisation des guerres actuelles. La guerre est filmée à travers les nouvelles technologies notamment les caméras thermiques enregistrant les différents rayonnements infrarouges qui permettent en théorie de contrôler les images même la nuit. Utilisée par tous les soldats de la garnison, elles deviennent autant de focalisations internes donc autant de points de vue sur la guerre elle-même. La frontière entre les images du film et les images que certains jeux vidéo donnent à voir devient ténue.

Face à cette débauche de technologie ancrée dans la modernité de la guerre, les talibans du camp adverse semble relégués de plusieurs siècles en arrière avec leurs ruses pour disparaître dans le désert, leur harcèlement, leur armement. Les deux camps font en fait référence au passé et à leur culture respective. Antarès Bonnassieu a le prénom qui sied à sa fonction et à la situation : signifiant « comme Arès », le dieu de la guerre, il a une déclinaison arabe, Qalb al aqrab signifiant « le cœur du scorpion ». Le titre du film est tout aussi évocateur puisqu’il fait référence à un passage du Coran (sourate XLIV verset 29) qui fait lui-même référence à Moïse et à l’Exode : « Ni le ciel, ni la terre ne les pleurèrent et ils n’eurent aucun délai » ou « Les cieux, ni la Terre n’ont point pleuré sur eux, leur punition ne fut point différée » selon une autre traduction.

La symbolique se matérialise également à l’écran donnant au film non pas une dimension fantastique mais une dimension spirituelle, métaphorique. La guerre d’abord vécue devient rapidement ressentie. Dans le film, un chien puis quelques soldats à la manière des Ten little Indians (Dix petits Nègres en français) d’Agatha Christie finissent par disparaître. Le film nous apprendra peu après que le même sort touche les Talibans voisins. Longtemps cherchés, aucun des corps ne ressort du désert, pas même lors de la fouille de la grotte, symbolisant l’ensevelissement des corps que deux soldats ont vue en rêve.

La symbolique touche également le parti pris adopté. La manière de filmer témoigne d’un phénomène actuel qui touche tous les théâtres d’opération : la prise d’images réelles (tournées à l'aide d'une caméra fixée sur le casque du soldat), traitées en images virtuelles comme celles d'un jeu vidéo de tir en vue subjective puis partagées sur les réseaux sociaux. Ce phénomène aurait selon certains militaires des vertus thérapeutiques sur les soldats atteints de stress post-traumatique.

Le travail sur cette guerre qui ne rejette aucun mort, ni aucun corps mais qui multiplie les disparitions, le traitement de l’image en focalisation interne qui traite l’événement comme un jeu vidéo nous questionnent sur le statut des images, leur sens et notre propre vision de cette guerre : images réelles ou images ressenties, passées par le regard de militaires atteints de stress post-traumatique ?

Semaine de la Critique - Ni le Ciel, ni la Terre - Clément Cogotore - Jérémie Renier - Swann Arlaud ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSemaine de la Critique - Ni le Ciel, ni la Terre - Clément Cogotore - Jérémie Renier - Swann Arlaud ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSemaine de la Critique - Ni le Ciel, ni la Terre - Clément Cogotore - Jérémie Renier - Swann Arlaud ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Semaine de la Critique - Ni le Ciel, ni la Terre - Clément Cogotore - Jérémie Renier - Swann Arlaud ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #semaine de la Critique, #Amour, #Violence, #Amérique latine
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Qui peut comprendre Paulina ? Peu de monde à vrai dire tant son attitude déroute sa famille, son copain, ses amis jusqu’au spectateur bien calé dans son fauteuil. Le film est donc … surprenant.

Que fuit Paulina ? Une réussite sociale téléguidée par d’autres ? Un père envahissant ? Un amour déjà pantouflard ? Et si Paulina (interprétée par Agustina Llambi Campbell) fuyait tout simplement tout compromis ne lui permettant pas d’atteindre son idéal ? Braquée, souple comme un verre de lampe, peu pragmatique jugeraient les défenseurs acharnés des compromis voire des petites compromissions.

Son père, juge, trouve sa fille brillante et promise à un grand avenir juridique. Son copain ne rêve que de s’installer avec elle dans sa région natale, une province pauvre proche du Paraguay. C’est décidé ! Paulina quittera donc la carrière prévue par Papa pour enseigner les sciences politiques dans une école de la région de son copain … mais sans lui.

Pour vivre son idéal, Paulina doit s’accrocher car elle collectionne les ennuis comme d’autres les timbres-poste : dépassée dans son cours, violée par un groupe dont elle reconnaît les membres, enceinte de son viol, elle décide de conserver l’enfant au grand dam de son entourage qui ne comprend rien au fonctionnement de Paulina.

Toute la force du film est là : montrer sans juger, proposer sans imposer, questionner sans démontrer. Et Santiago Mitre adopte d’ailleurs le principe de la déconstruction du récit avec un parti-pris à points de vue pour montrer toutes les interactions de l’histoire, en définir toutes les facettes, en décortiquer les enchaînements, aborder tous les non-dits. Loin de casser la narration, Santiago Mitre l’enrichit.

Paulina surprend, Paulina questionne longtemps après le générique de fin, Paulina dérange sans choquer, Paulina est une interrogation sur la justice, l’engagement, l’idéal, le renoncement. Bref Paulina est une réussite.

Festival de Cannes - Semaine de la Critique - Paulina - Santiago Mitre ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comFestival de Cannes - Semaine de la Critique - Paulina - Santiago Mitre ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comFestival de Cannes - Semaine de la Critique - Paulina - Santiago Mitre ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Andrew Cividino ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Andrew Cividino ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Extension d’un court métrage au titre identique réalisé en 2014, le premier film en compétition à la Semaine de la Critique, Sleeping Giant tourné par Andrew Cividino sur le lac Supérieur en Ontario, est un film de confrontations et de contrastes.

Confrontation et contrastes sociaux entre les deux familles canadiennes venues passer leurs vacances d’été au bord de ce lac tout d’abord, à la famille normée et policée en mode couple à un seul adolescent répond la famille « transitoirement estivale » qui réunit autour d’une grand-mère dépassée, ses deux petits-fils, cousins dont les parents respectifs, s’ils existent, semblent s’être débarrassés.

Le contraste se mesure également visuellement : aux grands espaces canadiens filmés en plans larges ou en panoramique, le réalisateur oppose des gros plans voire des très gros plans sur les insectes ou les personnages, la caméra les colle pour ne perdre aucune de leurs réactions.

Pour accroitre cette impression, la caméra alterne d’ailleurs les prises de vues sur pied pour prendre le pouls de la quiétude des lieux et les prises de vue nerveuses à l’épaule pour suivre les péripéties des adolescents. La caméra devient de temps à autre subjective nous donnant à voir l’atmosphère des lieux dans les yeux des adolescents et s’accentue avec l’hybridation des images notamment celles des jeux vidéo dont la violence contraste avec les jeux de société enfantins réalisés dans la première famille.

La bande son complète ce parti pris de contraste alternant les séquences hyper-sonores d’adolescents en goguette et le silence imposant des grands lacs et de ses falaises.

Cherchant à se confronter tout au long du film, les trois adolescents se lancent défi sur défi faisant de ce film le fruit de la confrontation de Sa Majesté des Mouches de Peter Brook et de Stand by Me de Rob Reiner selon le mot de Charles Tesson, délégué général de la semaine de la Critique.

Charles Tesson, Isabelle Allard, Jackson Martin, Reece Moffett, Nick Serino ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCharles Tesson, Isabelle Allard, Jackson Martin, Reece Moffett, Nick Serino ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCharles Tesson, Isabelle Allard, Jackson Martin, Reece Moffett, Nick Serino ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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