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Blog de mes curiosités

Articles avec #religion catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Tourisme, #Moyen âge, #arts appliqués, #Religion
Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse - Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Conservée au centre Guillaume le Conquérant où elle trône en maîtresse, qui lui est entièrement dédié, la Tapisserie de Bayeux ou Tapisserie de la reine Mathilde ou  Telle du Conquest est une broderie ou tapisserie aux points d'aiguille du XIème siècle contant les démêlés entre le roi d'Angleterre Édouard le Confesseur et  Guillaume le Conquérant pour le trône d’Angleterre que la bataille d'Hastings en 1066 allait trancher. Longue de 70 mètres sur 50 centimètres de haut, elle est l’un des plus anciens témoignages ouvragés.

Abritée dans son écrin, une galerie en équerre construite en 1952 qui ferme la cour seigneuriale du château d'Angers, la tenture de l'Apocalypse ou tapisseries de l'Apocalypse ou encore l'Apocalypse d'Angers est désormais protégée de son pire ennemi, la lumière à une température constante (19 °C), avec un éclairage limité à 40 lux et un degré d'hygrométrie maîtrisé. Si elle n’est pas la plus ancienne elle est assurément la plus vaste des tapisseries et évoque comme son nom l’indique l’Apocalypse de Saint-Jean.

A l’origine, la tenture Commandée en 1373 par le duc Louis Ier d’Anjou, mesure environ cent-quarante mètres de long et six mètres de haut, et couvre une surface totale de 850 m2. Elle se compose de six pièces ou tableaux mesurant chacun vingt et un mètres de long. La tenture est utilisée pour des occasions solennelles comme en 1400 où elle sert de décor au mariage du duc Louis II à l'archevêché d'Arles. Elle est ensuite donnée par le roi René à la cathédrale Saint-Maurice d'Angers au XVème siècle, où elle est exposée dans la nef ou le transept lors de grandes fêtes religieuses dont la Saint Maurice, patron du lieu.

Encombrante, elle est mise en vente en 1782 mais ne trouve pas preneur. Elle survit aux troubles révolutionnaires  en étant découpée puis utilisée comme couverture, protection pour les orangers en hiver, doublures de rideaux ou garnitures d'écuries. Rachetée par morceaux au XIXème par la cathédrale d’Angers, elle subit des premières restaurations mais malgré un lent travail de collecte, seuls une centaine de mètres sur les cent-quarante mètres de sa longueur d'origine et soixante-quinze tableaux dont sept partiels sur les quatre-dix d’origine sont parvenus jusqu’à nous.

Mais même amputée, découpée, reconstituée, passée, sous-éclairée par nécessité, la tenture de l'Apocalypse tout comme la Tapisserie de la reine Mathilde ou encore la Tapisserie du Livre de Judith de la cathédrale de Laval, demeurent des pièces incontournables qui continuent à nous faire méditer sur la conservation, la préservation, l’exposition au public d’ouvrages qui visiblement n’ont jamais eu l’intention de mourir sous la folie des hommes.

Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Tenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTenture ou tapisseries de l’Apocalypse  -  Château d'Angers ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié dans : #Moyen âge, #Urbanisme, #Patrimoine, #architecture, #Tourisme, #Politique, #Antiquité, #Religion
Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cité Plantagenêt - Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Certains se rendent au Mans pour les 24 heures du même nom, d’autres moins férus de sport mécanique, y séjournent pour s’empiffrer de rillettes mais il serait bon que les touristes délaissent les surpeuplés Saint-Malo et La Rochelle pour une ville nettement plus intéressante, se détachent des pseudo-reconstitutions en toc du Puy-du-Fou pour aller faire fonctionner leurs méninges devant du patrimoine pluri-centenaire que leur imaginaire pourra reconstruire à l’envi.

Dans un espace de neuf ha, la Cité Plantagenêt du Mans vous renvoie non seulement à l’époque de Robin des bois mais également à celle des Romains. De l’époque romaine, Le Mans a conservé une partie de l’enceinte gallo-romaine, renforcée au Moyen-âge et miraculeusement sauvegardée sans doute parce qu’elle épousait les formes topographiques de la vieille ville… Point de périphérique à construire sur les remparts !

 Du Moyen-âge, la ville transpire la présence des Plantagenêts à tous les coins de rue. Normal ! Geoffroy Plantagenêt comte d’Anjou et du Maine par mariage aura pour fils Henri II d’Angleterre le père de Richard Cœur de Lion contemporain réel de l’imaginaire Robin. L’épouse de Richard Cœur de Lion, la Reine Bérangère fondatrice de l‘abbaye de l’Épau est présente à travers la maison qui porte son nom mais qu’elle n’a jamais dû visiter dans la mesure où elle lui est antérieure de deux siècles. Visiblement au Mans, c’est comme au Far West, lorsque la légende dépasse la réalité, on écrit la légende.

Bien plus contemporaine des Plantagenêts, la Cathédrale Saint-Julien est absolument impressionnante et il est même curieux qu’elle ne soit jamais citée avec les autres joyaux gothiques de la même période. Visible de toute part, elle abrite un volume sous voûte absolument impressionnant. Le dégagement fait voir son chevet et ses entrelacs d’arcs-boutants abritant ça et là des statues.

Le Mans est décidément la ville où il fait bon de flâner le nez en l’air sur les pavés car dans ce périmètre, les maisons du XVème et les palais renaissance rivalisent entre eux. Seul bémol, la Nuit des Chimères, spectacle sons et lumières qui transforme pavés et façades de monuments historiques en écrans de projection. Là est justement le problème ! Ils servent de support à des images et à rien d’autre comme un simple écran. Les projections ne font rien ressortir du monument contrairement à la mise en valeur par la couleur de la façade de la cathédrale de Poitiers par exemple.

Le Mans est depuis longtemps labellisée "Ville d'art et d'histoire" et souhaite poursuivre la valorisation de sa cité Plantagenêt en se portant candidate au patrimoine mondial de l'Humanité auprès de l’UNESCO. Qui vote pour ?

Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Abbaye de l'Épau - Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abbaye de l'Épau - Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Qui veut comprendre la subtilité monastique du Moyen-âge peut se rendre dans la Sarthe et aller à la rencontre de deux abbayes si proches et si lointaines à la fois : l’abbaye de Solesmes et l’abbaye de l’Épau. L’une vit encore au rythme des laudes, sexte, none, vêpres et complies tandis que la seconde a adopté un rythme plus touristique. Si elles sont toutes deux bénédictines, la clunisienne Solesmes est encore habitée par les moines tandis que la cistercienne abbaye de l’Épau appartient désormais au conseil général de la Sarthe.

La plus ancienne est l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes dont les origines remontent à 1010. La charte de fondation est confirmée le 30 mars 1073 par Guillaume le Conquérant, suzerain du nouveau seigneur de Sablé, Robert le Bourguignon. Le Templier Robert de Sablé, seigneur de Sablé, grand-maitre de l'Ordre du Temple et compagnon de Richard Cœur de Lion durant la troisième croisade lui fait don d’une partie des redevances. La  dalle funéraire de ce généreux bienfaiteur est d’ailleurs toujours  visible dans l'église abbatiale.

L'abbaye de l'Épau est en revanche fondée en 1229 par la reine Bérangère veuve de Richard Cœur de Lion décédé trente ans pus tôt. Agée de 59 ans âge respectable pour l’époque, elle cherche à s’attirer avant de succomber les grâces du Très Haut qui la fera d’ailleurs passer de vie à trépas l’année suivante lui permettant de rester définitivement dans l’abbaye qu’elle a fondée.

La révolution vide les lieux de ses occupants : l’abbaye de Solesmes devient la maison de campagne d'un certain Henri Lenoir de Chantelou tandis que l’abbaye de l’Épau est transformée en gigantesque hangar agricole. Le cloître disparaît vers cette époque.

L'abbaye de l’Épau qui a failli disparaitre à plusieurs reprises se trouve définitivement sauvée par le conseil général de la Sarthe qui l’acquiert en 1958. L’abbaye de Solesmes connaît une autre trajectoire. Le 11 juillet 1833 la vie monastique reprend au prieuré de Solesmes grâce à un groupe de jeunes prêtres du diocèse du Mans emmenés par l'abbé Prosper Guéranger. Ré-expulsés au moment de la séparation de l’Église et de l’État, les moines ont la permission de revenir au cours de l'année 1922 accueillant plusieurs personnalités par la suite notamment le poète Pierre Reverdy.

L’une comme l’autre, les deux abbayes ont une mission culturelle désormais assumée dans le siècle : celle de Solesmes, haut-lieu du chant grégorien, est également connue pour les nombreux enregistrements de musiques ancienne et baroque. Si elle ne se visite que très partiellement, elle ouvre les portes de son église abbatiale pour une simple visite patrimoniale entre deux offices ou pour lesdits offices. Seul bémol, les moines que le public croise  semblent porter toute la misère du monde sur leurs frêles épaules et ça a l’air plutôt lourd à l’exception de celui qui officie au magasin et qui doit livrer quotidiennement un combat contre le démon  qui le harcèle : l’ordinateur relié à sa caisse enregistreuse.

L’abbaye de L’Épau a choisi une autre voie : des expositions photographiques accueillent le visiteur. Si abondance de biens ne nuisait pas, l’abbaye de l’Épau pourrait sembler de ce point de vue exceptionnelle. Mais le parti pris de l’accumulation d’expositions diverses et variées dans le dortoir des moines, l’église abbatiale, le scriptorium, la salle capitulaire et les jardins frise l’indigestion. Les différentes expositions sont inégales, quelques unes montrent un certain intérêt mais rien ne semble les rattacher au lieu dans lequel elles se trouvent, comme si elles étaient étrangères  en ce monde, comme une greffe qui ne prendrait pas, comme une paire de guêtres à un lapin.

Cependant, ni la mélancolie des moines de l’une, ni la surexposition de l’autre ne sauraient  détourner            le public de ces deux lieux qui invitent au calme, à la retenue et à la méditation.

abbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comabbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Religion, #arts appliqués, #Arts plastiques, #Moyen âge
Asnières-sur-Vègre – Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Asnières-sur-Vègre – Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Yves Morvan dans Des témoins ressuscités publié dans  Monuments historiques en 1995 disait qu’au Moyen Âge, [...] une église... n'était jamais considérée comme achevée tant que la pierre, matériau terrestre, n'avait pas été masquée par un revêtement peint digne de la « Maison de Dieu ». Toutes les églises étaient recouvertes intérieurement de peintures murales ou autres fresques, contrairement aux églises à pierre apparente ou à enduit  de l’époque contemporaine. Dans la Sarthe, l’église d’Auvers-le-Hamon a été parmi les premières en 1903 à dévoiler ses fresques retrouvées sans doute à la faveur de travaux de rénovation. Depuis dans d’autres églises, des fresques ont été également retrouvées, restaurées, conservées et l’église d’Asnières sur Vègre abrite sans doute les plus anciennes.

Retrouver des fresques, c’est aussi entrer en collision avec les mentalités collectives ancestrales.  Contempler des fresques du XIIIème siècle ou du XVème siècle nous replonge dans le quotidien des habitants de la paroisse qui, ne sachant fort majoritairement ni lire ni écrire, avaient besoin de décrypter un certain nombre d’informations sur les frontons, sur les tympans, sur les chapiteaux, sur les murs. Ainsi étaient-ils prévenus des affres de l’enfer, de la vie édifiante des saints, martyrs de préférence ou du fonctionnement normal de la société que le Très Haut leur avait imposée.

Visiblement, le parti pris des artistes de l’église d’Auvers-le-Hamon s’est porté sur l’hagiographie voire la martyrologie : aux côté de Saint-Martin sur son cheval ou de Saint-Cénéré en habit  cardinalice, Saint-André succombe sur sa croix Saint-Mamès se tient les entrailles tandis que Sainte-Apolline fait face à ses arracheurs de dents.  Belle tentative d’embarquer les fidèles dans la voie édifiante des Saints sans leur masquer le risque lié à la mission.

Autre option pour les artistes de l’église d’Asnières sur Vègre, le mur du fond de l’église, celui qui est visible lorsque les fidèles quittent l’édifice présente trois visions de l’enfer : le Cerbère à trois têtes menace les âmes, le Léviathan avale les autres tandis que d’autres encore cuisent à petit feu dans un gros chaudron. Sur le mur de droite, la société médiévale idéale  selon Adalbéron de Laon représentée dans l’ordre de lecture : les Oratores (ceux qui prient), les Bellatores (Ceux qui combattent) et les Laboratores (ceux qui travaillent) rappelle à chacun sa place… son ordre.

Si d’aventure certains fidèles remontés contre cette société imposée avaient eu quelques fugaces idées de révolte, la lecture du mur du fond était sensée les ramener à coup sûr à des pensées plus…chrétiennes.

Asnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAsnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAsnières-sur-Vègre – Auvers-le-Hamon-  Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Evénement au Capitole de Toulouse et retour indirect de Voltaire après Candide (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/12/musique-theatre-du-capitole-toulouse-candide-energie-joie-et-optimisme-pour-la-fin-de-l-annee.html) avec la résurrection du Prophète, opéra en cinq actes de Giacomo Meyerbeer sur un livret d'Eugène Scribe et Émile Deschamps d'après l'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations  de Voltaire. Véritable phénomène au cours du XIXème siècle, Le Prophète a finalement déserté les scènes françaises notamment en raison de ses coûts de production.

L’intrigue suit la vie de Jean de Leyde entre Dordrecht et Münster en Allemagne à l’époque du grand déchirement entre catholiques et protestants en Europe au XVIème siècle. Jean de Leyde, chef protestant des anabaptistes et autoproclamé « roi de Sion », directement inspiré par ses visions divines affirmées, administra la communauté anabaptiste de Münster de  février 1534 à juin 1535 en autocrate dans un climat délirant loin de toute préoccupation religieuse sérieuse. Marguerite Yourcenar dans L’œuvre au noir retrace également  cet épisode.

Dans la fosse, Claus Peter Flor, invité régulier du théâtre du Capitole et spécialiste des répertoires allemand et autrichien, montre toute son habileté dans le grand opéra français. Pendant trois heures quarante, il fait résonner l’orchestre faisant ressortir toutes les couleurs de l’œuvre.  Sur scène, le plateau n’est pas franchement francophone mais, heureuse surprise, la diction est parfaite même si elle s’épuise pour certains à la fin de l’œuvre.  John Osborn  toujours  en forme tient le rôle titre, sa mère scénique Fidès et sa fiancée scénique Berthe sont remarquablement interprétées par Kate Aldrich et Sofia Fomina. Les trois anabaptistes, Zacharie, Mathisen et Jonas qui reviennent de manière récurrente sont respectivement et parfaitement incarnés par Dimitry Ivashchenko, Thomas Dear (le seul francophone du groupe) et Mikeldi Atxalandabaso. Seul Leonardo Estévez fait une entrée catastrophique en Comte d’Oberthal avant de se rattraper dans le peu qu’il  lui reste à chanter.

Stefano Vizioli signe la mise en scène et c’est sans doute la partie la plus fragile de l’œuvre. Sa conception offre un certain nombre de qualités, il est notamment bien secondé par Alessandro Ciammarughi pour les décors et les costumes et par Guido Petzold qui module les espaces avec ses lumières. Les mouvements chorégraphiques très marqués par l’époque de l’œuvre même retravaillés par Pierluigi Vanelli  font anachroniques mais, surtout, sans travail et sans pensée réelle sur l’ambivalence de Jean de Leyde, véritable despote aux visions mystiques, Stefano Vizioli en fait un simple opportuniste alors que son personnage est beaucoup plus tourmenté. Cela ne lui permet pas de  travailler les tunnels de l’œuvre notamment dans sa dernière partie.  Cependant, le fait même de voir l’œuvre ressurgir atténue fortement ce bémol sur la conception du personnage central.

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Abbaye de Fontfroide ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abbaye de Fontfroide ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sur la route  de l’abbaye de Fontfroide en partant de Narbonne surgit dans un paysage de collines audoises incendiées les ruines d’un ancien château sis au milieu de nulle part. Partagé entre le bruit des armures et des épées du château médiéval et le silence monastique de l’abbaye de Fontfroide, le visiteur normalement constitué démarre normalement sa visite par le lieu calme afin qu’il ne soit pas perturbé par le bruit des armes sauf que les choses peuvent fort bien se dérouler autrement que prévu.

D’abord abbaye bénédictine (1093), l’abbaye de Fontfroide intègre l'ordre cistercien au XIIème siècle et s’étend comme toute abbaye de l’époque par une série de donations. De son rôle pendant l’écrasement du catharisme, le Très Haut la récompensa en faisant élire pape l'un de ses abbés, Jacques Fournier, sous le nom de Benoît XII. Comme l’abbaye tombe en commende à partir du XVème siècle, le Roi de France impose des abbés plus intéressés pour développer une vie de cour qu’une vie de chœur. Le Très Haut dans sa fureur envoya donc un nouveau fléau : la Révolution française qui mit fin à toute vie monastique et confia Fontfroide aux Hospices de Narbonne en 1791 favorisant au passage sa  conservation.

Partagés par moines et convers, chacun disposant de ses propres espaces, les bâtiments témoignent à la fois de l’évolution monastique et de l’évolution mondaine de l’abbaye à l’époque médiévale et à l’époque moderne. Le cloître s’ouvre sur une roseraie et des jardins où régnait le calme monastique sauf que le calme fut ce jour là largement perturbé par une harde barbare d’un nouveau genre : la caisse d’allocation familiale de l’Aude qui visiblement n’avait rien trouvé de mieux que d’organiser un jeu de piste, un rallye ou autre chasse au trésor pour adultes très bruyants voire grossiers. Si l’objectif était de faire découvrir les joyaux de notre patrimoine par la pédagogie du détour, il faut bien avouer qu’il n’a pas été atteint. Échanges de propos sur les copines de bureau, cris et éclats de rire, recherches de je ne sais quel Graal avec force vocifération ont fait fuir les visiteurs soucieux de retrouver le calme d’antan. Mais pourquoi diable ne sont-ils pas allés faire une course en sac sur la plage ?

C’est paradoxalement sur le site du château en ruine au milieu des collines incendiées sous une chaleur de plomb que le visiteur fuyant les invasions barbares modernes a pu retrouver calme et sérénité. De ce château accessible par un chemin de terre ne subsistent plus qu’une partie du donjon et une partie de l’enceinte. Bâti par le Seigneur Bringuier de Montredon en 1194 sur autorisation du vicomte de Narbonne, le château fut la proie au XVIème siècle des guerres de religion. En 1575, Narbonne, fidèle catholique dans cette région troublée, obtint le démantèlement des éléments principaux du château qui risquaient de nuire à sa sécurité.

Abbaye de Fontfroide et château de Montredon-des-Corbières ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAbbaye de Fontfroide et château de Montredon-des-Corbières ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAbbaye de Fontfroide et château de Montredon-des-Corbières ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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Sacra di San Michele - abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse - Val de Suse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sacra di San Michele - abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse - Val de Suse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Les diverses ruses suivies de toutes les difficultés militaires que le fameux Charles-Emmanuel avoit employées au délai d’un traité et à l’occupation de son duché de Savoie, l’avoient mis en état de se bien fortifier à Suse ; d’en empêcher les approches par de prodigieux retranchements bien gardés, si connus sous le nom des barricades de Suse, et d’y attendre les troupes impériales et espagnoles dont l’armée venoit à son secours1. Il est des noms, des souvenirs  qui ont rythmé les cours d’histoire à l’Université et qui soudain deviennent autre chose que des mots : Pignerol et le surintendant Nicolas Fouquet, la bataille de Suse et du pas-de-Suse décrite par le Duc de Saint-Simon (CF. supra) ou encore Hannibal et ses éléphants passant peut-être par là  en sont autant d’exemples.

Suse porte effectivement quelques stigmates de son passé glorieux.  Des traces romaines témoigne de son passage de capitale du royaume de Suse avant annexion par l’Empire romain et son nouveau statut de capitale de la province des Alpes cottiennes au premier siècle de notre ère : aqueduc, amphithéâtre, arc d’Auguste. D’autres traces rappellent que la ville fut également une ville importante au Moyen-âge et à l’époque moderne et qu’elle était partie intégrante de la Savoie : cathédrale, porte de la Savoie ou château.

A quelques encablures de là, Pignerol ou Pinerolo est restée célèbre pour avoir accueilli en captivité le surintendant Fouquet, première victime de l’absolutisme louis-quatorzien. Mais Pignerol est également l’épicentre de la lutte des deux grandes puissances de l’époque moderne : la France qui essayait de briser l’encerclement réalisé par les Habsbourgs. C’est d’ailleurs à Pignerol dans la basilique Saint-Maurice (protecteur de la famille de Savoie) que sont inhumés certains ducs de Savoie, preuve de l’importance politique de la ville à l’époque.

Enfin entre Suse et Pignerol se trouve perché sur son nid d’aigle l'abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse (Sacra 'd San Michel ëd la Ciusa en piémontais et Sacra di San Michele en italien), présenté comme le Mont-Saint-Michel du Piémont. Mais pour pouvoir accéder à l’intérieur, il fallait prendre de vitesse l’abbé et ses ouailles pour ne pas perturber le service divin de midi. Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, candides que nous fûmes, si le mouvement Cinq étoiles qui gère pitoyablement la ville de Turin n’avait cru bon d’organiser (bien grand mot) une course cycliste paralysant complètement la ville. Pas de déviation, pas de plan de circulation, des forces de police débordées, en un mot comme en cent : le foutoir. Après une heure pour sortir de la ville, l’abbé et ses ouailles, tortues parties à point, nous avaient devancés, nous pauvres lièvres, nous privant par là même de la visite de l’abbaye. Voilà pourquoi je déteste (entre autres) le mouvement Cinq Étoiles.

1 Mémoires de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, tome 1,  chapitre V

Suse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSuse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSuse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Suse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Trois jeunes femmes d’aujourd’hui à Tel-Aviv. Trois jeunes femmes en colocation, trois destins professionnels entre l’avocate, la barmaid et l’étudiante. A mesure que le film avance, la mosaïque ethnico-religieuse du Proche-Orient apparait, comme apparaissent les familles des uns et des autres, comme apparaissent finalement les carcans derrière la Tel-Aviv branchée. Quelle que soit leur apparence, les trois femmes finissent par être confrontées chacune à sa manière,  aux préjugés politiques, sociaux, religieux de sa communauté.

Politique, militant, engagé, le film et sa réalisatrice semblent l’assumer complètement. Le poids des traditions, la force du qu’en dire-t-on ?, la tartuferie religieuse, tous les chemins sont explorés. Les hommes les plus engagés, les plus libéraux se retrouvent placés sur un pied d’égalité avec les plus conservateurs : leur duplicité est régulièrement soulignée, surlignée, rappelée. Maysaloun Hamoud , la réalisatrice ne prend même plus la peine de convoquer les religieux, la société civile s’est appropriée le message.

Pour un premier film, Maysaloun Hamoud attaque fort, s’engage, prend des risques, évite la caricature ou le trop grand manichéisme. Cependant, Je danserai si je veux n’est pas exempt de défauts propres à un premier film. Si la distribution et la direction d’acteurs sont efficaces, Maysaloun Hamoud a-t-elle réellement mesuré la distance nécessaire à apporter à ce genre de film ? Le film semble être son cri, son combat, son credo mais ne laisse finalement que peu de marges de manœuvre aux actrices  qui doivent porter l’étendard. D’une manière plus formelle, le film se perd dans une foule de détails avant de fonctionner par ellipse au risque d’apparaître comme décousu.

Cependant, à ces réserves près, Je danserai si je veux est un film nécessaire qui nous rappelle encore et encore qu’il est des combats qui sont loin d’être achevés. Je danserai si je veux est un film d’espoir qui braque son objectif sur ces résistantes sans qui rien n’aurait été et ne sera possible.

 

 

 

« Je danserai si je veux » - Drame de Maysaloun Hamoud avec Mouna Hawa, Sana Jammelieh, Shaden Kanboura - Palestine, Israël, France - Date de sortie 12 avril 2017 – Durée : 1h 42min

« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Musique, #Arts plastiques, #architecture, #Moyen âge, #Religion
Abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Protégée de la folie des hommes par son accès délicat, l’abbaye de Silvacane, troisième sœur cistercienne provençale est revenue en pleine lumière en partie grâce au festival de piano de la Roque d’Anthéron, commune qui assume désormais la gestion de l’abbaye.

Silva Cana signifie forêt de roseaux. C’est en 1144 que des moines venus de l’abbaye de Morimond, elle-même fille de Cîteaux, occupent le gué de Gontard sur la Durance, drainent le territoire et y développent l’agriculture. Florissante aux XIIème et XIIIème siècles, l’abbaye souffre à la fois de la folie meurtrière des hommes (Guerre de Cent ans et Guerres de religion), des cataclysmes (peste noire du XIVème siècle) et de l’évolution technique, l’imprimerie rendant illusoire le travail des moines copistes.

Déclarée bien national sous la Révolution française, l'abbaye redevient exploitation agricole évitant ainsi sa destruction par transformation en carrière de pierre. L'ensemble, classé au titre des Monuments Historiques, est acquis par l'État en 1945 avant d’être rétrocédé par décentralisation à la commune de La Roque d’Anthéron.

Ce qui surprend le plus à Silvacane c’est le silence, le calme et la sérénité qui se dégagent du site mais peut-être que l’heure et le jour furent propices : peu de visiteurs et juste un groupe en fin de visite.  Contrairement à Sénanque, Silvacane n’est plus occupée et se visite en continu avec ces éléments traditionnels propres aux abbayes : l’église abbatiale, le dortoir des moines, la salle capitulaire, le scriptorium, le chauffoir et le réfectoire.

Le réfectoire est le lieu dédié à l’art et notamment à l’art contemporain. L’exposition du moment est dédiée aux œuvres de Jacob Reymond qui se trouve être l’artiste idoine pour les lieux. Jacob Reymond travaille sur la métamorphose, l’empreinte, le signe. Il aime également la performance qui permet le croisement avec les autres formes d’expression artistique. Le travail présenté à Silvacane s’appelle partitions et exprime son ressenti  intime et sensible à l’écoute d’une œuvre musicale. Il transcrit ainsi sur toile ce que nombre d’entre nous sommes incapables de traduire : les vibrations que le son et la musique produisent en nous.

Silvacane, abbaye qui historiquement a résonné du chant des moines, accueille de manière récurrente des formations musicales et ouvre aujourd’hui ses portes à un artiste plasticien travaillant sur la transcription plastique des vibrations musicales qu’il ressent. Dans ce lieu l’exposition fait sens et raccroche intelligemment le patrimoine, le passé, les racines à des expressions artistiques d’aujourd’hui.  

"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Vibrations" de Jacob Reymond à l'abbaye de Silvacane ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Cinéma, #Proche orient, #Religion, #Politique, #guerre, #Adolescence
"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’affaire pourrait être simple : Rabih, jeune chanteur aveugle, invité avec sa chorale à se produire en Europe doit obtenir un passeport. Dans tout pays en paix, la procédure peut paraître longue mais elle est relativement simple. Pour un jeune homme né dans le Liban de la fin de la guerre civile, l’affaire se révèle plus hasardeuse, plus compliquée que prévue… surtout lorsqu’il apprend que ses parents ne sont pas ses parents biologiques.

Le titre original du film était Rabih, le Printemps, allusion sans doute à la renaissance de ce jeune homme qui ne porte le prénom, dans une identité sinon renouvelée du moins assumée. Le film a été présenté à la Semaine de la critique sous le nom de Tramontane ce qui nous fait évidemment penser à Molière et à Monsieur Jourdain dans  le Bourgeois gentilhomme : Le Ballet des Nations, Première Entrée, autre gascon : Je perds la tramontane, autrement dit, je suis désorienté.  

En quête d’identité, Rabih nous conduit dans un périple libanais, au sud, à Beyrouth, au nord, à l’Est dans l’Atlas. Et à chaque fois qu’il pense avoir trouvé ses origines, il se heurte aux mensonges des hommes. Le film d’ailleurs n’est pas avare de plans symbolisant le labyrinthe avec plusieurs ouvertures, plusieurs portes souvent sur le côté, plus rarement de face : à chacun sa recherche et à chacun sa vérité.

Et quand cesse ce labyrinthe, à la fin du film, Rabih chante, chante ses origines, chante la filiation, Rabih est rasséréné, Rabih renaît dans son identité assumée. S’il est en paix, s’il représente l’espoir, il est le symbole de son pays, une mosaïque ethnique, une mosaïque religieuse, une mosaïque politique, un pays ravagé par les conflits, un pays meurtri par ses souvenirs mal assumés, incapable encore de voir et d’écrire sa propre tragédie.

 

« Tramontane » -  Drame de Vatche Boulghourjian avec Barakat Jabbour, Julia Kassar, Michel Adabashi - Liban, France, Qatar, Émirats arabes unis - Date de sortie : 1er mars 2017 –Durée : 1h 45min

"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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