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Blog de mes curiosités

Articles avec #antiquite catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Moyen âge, #Urbanisme, #Patrimoine, #architecture, #Tourisme, #Politique, #Antiquité, #Religion
Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cité Plantagenêt - Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Certains se rendent au Mans pour les 24 heures du même nom, d’autres moins férus de sport mécanique, y séjournent pour s’empiffrer de rillettes mais il serait bon que les touristes délaissent les surpeuplés Saint-Malo et La Rochelle pour une ville nettement plus intéressante, se détachent des pseudo-reconstitutions en toc du Puy-du-Fou pour aller faire fonctionner leurs méninges devant du patrimoine pluri-centenaire que leur imaginaire pourra reconstruire à l’envi.

Dans un espace de neuf ha, la Cité Plantagenêt du Mans vous renvoie non seulement à l’époque de Robin des bois mais également à celle des Romains. De l’époque romaine, Le Mans a conservé une partie de l’enceinte gallo-romaine, renforcée au Moyen-âge et miraculeusement sauvegardée sans doute parce qu’elle épousait les formes topographiques de la vieille ville… Point de périphérique à construire sur les remparts !

 Du Moyen-âge, la ville transpire la présence des Plantagenêts à tous les coins de rue. Normal ! Geoffroy Plantagenêt comte d’Anjou et du Maine par mariage aura pour fils Henri II d’Angleterre le père de Richard Cœur de Lion contemporain réel de l’imaginaire Robin. L’épouse de Richard Cœur de Lion, la Reine Bérangère fondatrice de l‘abbaye de l’Épau est présente à travers la maison qui porte son nom mais qu’elle n’a jamais dû visiter dans la mesure où elle lui est antérieure de deux siècles. Visiblement au Mans, c’est comme au Far West, lorsque la légende dépasse la réalité, on écrit la légende.

Bien plus contemporaine des Plantagenêts, la Cathédrale Saint-Julien est absolument impressionnante et il est même curieux qu’elle ne soit jamais citée avec les autres joyaux gothiques de la même période. Visible de toute part, elle abrite un volume sous voûte absolument impressionnant. Le dégagement fait voir son chevet et ses entrelacs d’arcs-boutants abritant ça et là des statues.

Le Mans est décidément la ville où il fait bon de flâner le nez en l’air sur les pavés car dans ce périmètre, les maisons du XVème et les palais renaissance rivalisent entre eux. Seul bémol, la Nuit des Chimères, spectacle sons et lumières qui transforme pavés et façades de monuments historiques en écrans de projection. Là est justement le problème ! Ils servent de support à des images et à rien d’autre comme un simple écran. Les projections ne font rien ressortir du monument contrairement à la mise en valeur par la couleur de la façade de la cathédrale de Poitiers par exemple.

Le Mans est depuis longtemps labellisée "Ville d'art et d'histoire" et souhaite poursuivre la valorisation de sa cité Plantagenêt en se portant candidate au patrimoine mondial de l'Humanité auprès de l’UNESCO. Qui vote pour ?

Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Antiquité, #Epoque contemporaine, #Amour
"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Chagall, sculptures" - Musée National Marc Chagall de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Une soixantaine d’œuvres dans le cadre de l’exposition Chagall, sculptures ont rejoint les salles du Musée National Marc Chagall de Nice prolongeant et dépassant ainsi le seul Message Biblique de la collection permanente du lieu. Issues de collections privées, elles sont exposées à Nice jusqu’au 28 août 2017 après l’exposition parisienne du Grand Palais avant de s’envoler pour le Japon.

A son installation à Vence dans les années 1950, Chagall diversifie techniques et supports. Le vitrail, la gravure, la mosaïque, la céramique et la sculpture deviennent ses nouveaux centres d’intérêt. Dans le domaine de la sculpture, il alterne comme le montre l’exposition bas-reliefs et rondes-bosses en utilisant tout type de pierre : pierre de Rognes, pierre du Gard, marbre de Carrare ou simples galets de la plage.

Les sculptures répondent parfois à des commandes qu’elles soient publiques comme les œuvres réalisées pour les fonts-baptismaux de l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d’Assy par exemple ou privées comme les pièces réalisées pour la cour intérieure de l’hôtel particulier d’Ira Kostelitz à Paris en 1966.

Le public retrouve évidemment dans les sculptures les thèmes de prédilection de Marc Chagall. Les personnages bibliques comme Jacob et son célèbre songe ou encore les amours de David et Bethsabée sont récurrents. Le bestiaire est omniprésent avec les chevaux, les coqs et les chèvres. L’hybridation homme-animal se retrouve dans beaucoup de sculptures. Mais il manque évidemment un élément fondamental dans les sculptures : la luminosité des couleurs vives de Marc Chagall, ses bleus, ses jaunes, ses rouges.

C’est sans doute la raison pour laquelle les commissaires de l’exposition Anne Dopffer, commissaire général, conservateur général du patrimoine, directrice des musées nationaux du XXème siècle des Alpes-Maritimes et Johanne Lindskog, commissaire, conservatrice du patrimoine au musée national Marc Chagall ont tenu à compléter, opposer, mettre en miroir œuvres picturales et sculptures de l’artiste. Si les œuvres dialoguent entre elles selon la formule consacrée, elles prennent certaines fois l’aspect de la présentation de l’étude et de sa réalisation picturale et ce n’était pas sans doute l’effet recherché.

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #Antiquité, #Moyen âge, #Epoque moderne, #Religion, #Politique, #architecture, #Urbanisme, #Europe, #Tourisme
Sacra di San Michele - abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse - Val de Suse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sacra di San Michele - abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse - Val de Suse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Les diverses ruses suivies de toutes les difficultés militaires que le fameux Charles-Emmanuel avoit employées au délai d’un traité et à l’occupation de son duché de Savoie, l’avoient mis en état de se bien fortifier à Suse ; d’en empêcher les approches par de prodigieux retranchements bien gardés, si connus sous le nom des barricades de Suse, et d’y attendre les troupes impériales et espagnoles dont l’armée venoit à son secours1. Il est des noms, des souvenirs  qui ont rythmé les cours d’histoire à l’Université et qui soudain deviennent autre chose que des mots : Pignerol et le surintendant Nicolas Fouquet, la bataille de Suse et du pas-de-Suse décrite par le Duc de Saint-Simon (CF. supra) ou encore Hannibal et ses éléphants passant peut-être par là  en sont autant d’exemples.

Suse porte effectivement quelques stigmates de son passé glorieux.  Des traces romaines témoigne de son passage de capitale du royaume de Suse avant annexion par l’Empire romain et son nouveau statut de capitale de la province des Alpes cottiennes au premier siècle de notre ère : aqueduc, amphithéâtre, arc d’Auguste. D’autres traces rappellent que la ville fut également une ville importante au Moyen-âge et à l’époque moderne et qu’elle était partie intégrante de la Savoie : cathédrale, porte de la Savoie ou château.

A quelques encablures de là, Pignerol ou Pinerolo est restée célèbre pour avoir accueilli en captivité le surintendant Fouquet, première victime de l’absolutisme louis-quatorzien. Mais Pignerol est également l’épicentre de la lutte des deux grandes puissances de l’époque moderne : la France qui essayait de briser l’encerclement réalisé par les Habsbourgs. C’est d’ailleurs à Pignerol dans la basilique Saint-Maurice (protecteur de la famille de Savoie) que sont inhumés certains ducs de Savoie, preuve de l’importance politique de la ville à l’époque.

Enfin entre Suse et Pignerol se trouve perché sur son nid d’aigle l'abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse (Sacra 'd San Michel ëd la Ciusa en piémontais et Sacra di San Michele en italien), présenté comme le Mont-Saint-Michel du Piémont. Mais pour pouvoir accéder à l’intérieur, il fallait prendre de vitesse l’abbé et ses ouailles pour ne pas perturber le service divin de midi. Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, candides que nous fûmes, si le mouvement Cinq étoiles qui gère pitoyablement la ville de Turin n’avait cru bon d’organiser (bien grand mot) une course cycliste paralysant complètement la ville. Pas de déviation, pas de plan de circulation, des forces de police débordées, en un mot comme en cent : le foutoir. Après une heure pour sortir de la ville, l’abbé et ses ouailles, tortues parties à point, nous avaient devancés, nous pauvres lièvres, nous privant par là même de la visite de l’abbaye. Voilà pourquoi je déteste (entre autres) le mouvement Cinq Étoiles.

1 Mémoires de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, tome 1,  chapitre V

Suse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSuse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSuse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Suse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Mythe, #Antiquité, #Patrimoine, #Théâtre, #Violence, #mort, #Epoque contemporaine
"Elektra" de Richard Stauss - Festival mémoires - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Elektra" de Richard Stauss - Festival mémoires - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ailleurs tous vos regards, ailleurs toutes vos larmes, Aimez ce que jamais on ne verra deux fois. L’opéra de Lyon aurait-il voulu défier la Maison du Berger d’Alfred de Vigny ? Si l’opéra est un genre éphémère, si deux représentations deux soirs de suite peuvent se révéler différentes, si les mises en scène différent, il s’en trouvera toujours quelques unes qui auront marqué les esprits, leur époque, leur public. Chacun de nous a sa mise en scène d’exception dont il ne tarit pas d’éloge.

Si certaines mises en scène sont devenues mythique, l’Opéra de Lyon prend l‘énorme risque avec son festival Mémoires, de faire revivre trois œuvres créées par trois créateurs de l’école théâtrale allemande de la fin du XXème siècle aujourd’hui disparus : Elektra, mise en scène par Ruth Berghaus en 1986, Tristan et Isolde par Heiner Müller en 1983, Le Couronnement de Poppée par Klaus Michael Grüber en 1999. Proposition audacieuse qui questionne l’essence même du spectacle vivant.

Resté trente-trois ans au répertoire depuis sa création à Dresde en 1986, l’Elektra de Ruth Berghaus place les instrumentistes qui ne rentraient pas dans la petite fosse de l’Opéra de Dresde sur scène, sous la structure où évoluent les chanteurs, faisant ainsi de l’orchestre un élément du drame. La structure est une sorte de maison contemporaine à trois niveaux avec terrasses, balcons en avancée et plongeoir, qui permettent cette attente quasi messianique de celui qui résoudra le drame : Oreste. Les trois niveaux de la structure peuvent faire penser aux trois mondes de la cosmogonie grecque, à la recomposition familiale, consécutive aux drames, aux trois enfants  ou encore aux différents lieux public, privé et symbolique.

La mise en scène de Ruth Burghaus de cette œuvre expressionniste renforce la dimension symbolique : Clytemnestre apparaît en rouge sang, Chrysothémis arbore une robe dorée et Elektra porte les vêtements blafards de sa profonde mélancolie. Sa camisole se termine par un lien qui l’arrime au premier étage mais ce lien qui l’arrime fait également penser aux fileuses de destin que sont les Moires. Elektra, victime ou manipulatrice ? La mise en scène ne tranche pas mais questionne le spectateur.

La présence de l’orchestre sur scène effraie dans un premier temps ; l’orchestre couvrira-t-il les voix ? C’est évidemment mal connaître Hartmut Haenchen à la direction à la fois vigoureuse et retenue. Les cent musiciens et leur chef finissent par se fondre dans le décor et la question du sens des musiciens sur scène finit par s’estomper pour revenir pus tard. Les écrans disséminés permettent aux chanteurs de ne pas perdre des yeux le chef et le chœur invisible chante depuis les coulisses.

Chrysothémis interprétée par Katrin Kapplusch possède la froideur, la rigidité qui sied au personnage des débuts de l’œuvre avant de se rallier.  Clytemnestre (Lioba Braun) et Egisthe (Thomas Piffka) sont solides et le traitement des personnages traversés alternativement par la morgue, le doute et la peur  rejaillit dans leur interprétation.  Oreste sans Pylade (Christof Fischesser) incarne à merveille l’héroïsme de son personnage. Enfin, Elena Pankratova est une Elektra qui trouble le spectateur incarnant toutes les facettes de ce personnage ambivalent dont nul ne sait s’il est victime ou déclencheur de l’histoire.

A la question de savoir si des mises en scènes mythiques peuvent être recréées la réponse est donc positive. Si elles sont forcément datées, forcément témoins d’une époque, elles possèdent ce côté intemporel qui leur permettent de revivre. L’intemporalité de la mise en scène de Ruth Berghaus tient sans aucun doute dans ce questionnement du spectateur qui longtemps après se demande encore si…

"Elektra" de Richard Stauss - Festival mémoires - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com "Elektra" de Richard Stauss - Festival mémoires - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com "Elektra" de Richard Stauss - Festival mémoires - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Musique, #Antiquité, #Epoque moderne, #Politique
Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Il fut courant de dire qu’étudier Timon d’Athènes de William Shakespeare, c’était étudier l’époque du dramaturge : celle de Jacques Ier d’Angleterre, le premier Stuart. Cependant, la pièce est de plus en plus étudiée pour elle-même et non plus dans on parallélisme supposé comme si la pièce exprimait  suffisamment de choses  sans avoir à chercher ailleurs. Dans la mise en scène de  Cyril Cotinaut et Sébastien Davis, présentée au Théâtre national de Nice après la première à la salle Juliette Greco à Carros, au texte de William Shakespeare s’ajoutent quelques lignes  de La Boétie, un chant de Purcell et quelques autres extraits. 

Quelle philosophie porte Timon d’Athènes ? Timon d’Athènes au lendemain des guerres du Péloponnèse, connaît en fait deux vies : d’abord philanthrope, si bon, si prodigue, Timon couvre de ses largesses une foule d’amis d’un jour. Tous ? Non car Apemantus le cynique résiste encore et toujours, dédaigne ses largesses, méprise autant le philanthrope que ses courtisans. En un mot, Apemantus ne souhaite pas se laisser acheter. Puis Timon d’Athènes, ruiné, esseulé, abandonné, retire tous ses vêtements et part vivre au fond de la forêt non sans vouer aux gémonies la ville ingrate et ses habitants qui ne valent guère plus cher. De philanthrope, Timon d’Athènes est de venu le pire des misanthropes.

Pour porter ce drame, six comédiens qui ne sont pas en quête d’auteurs, jouent la multitude des personnages du drame.  Rachel Verdonck, la scénographe a choisi d’abord le décor chargé d’un intérieur avec quelques portants permettant d’y entreposer les vêtements pour les changements de rôle. Ce procédé permet de dépouiller progressivement le plateau comme un arbre perd ses feuilles pour arriver à la forêt symbolisée par la seule brume.  La création lumière d’Albane Augnacs module les espaces.

Dans cet espace Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot les uns comédiens musiciens, les autres habitués des productions du TAC Théâtre de Cyril Cotinaut évoluent avec aisance. Les différents lieux de résidence dont le groupe a bénéficié (Fabrique Mimont à Cannes, L’Entrepont à Nice ou l’auditorium Jean Moulin du Thor dans le Vaucluse) lui ont permis de travailler tous les rôles avant mise en commun. La direction d’acteurs est solide et la prestation de qualité.

Cependant, les ajouts comme les chants de Purcell ou les extraits d’Étienne de la Boétie pour intéressants qu’ils soient peuvent sembler superfétatoires,  le texte de William Shakespeare se suffisant à lui-même.  Plus troublant encore dans  ce spectacle est l’insistance sur la transposition avec la métonymie Timon d’Athènes-surendettement actuel de l’État grec qui ne fonctionne pas. La contemporanéité du propos de William Shakespeare saute aux oreilles du spectateur, il est aisément transposable sans qu’il soit besoin d’ajouter des points sur les i.

Hormis ce défaut maniériste,  Timon d’Athènes demeure une belle proposition théâtrale.

 

Théâtre natinal de Nice - Timon d'Athènes - mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre natinal de Nice - Timon d'Athènes - mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Théâtre natinal de Nice - Timon d'Athènes - mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre natinal de Nice - Timon d'Athènes - mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre natinal de Nice - Timon d'Athènes - mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et Thomas Rousselot ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Monaco - Grimaldi Forum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Grimaldi Forum ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Rendez-vous annuel au Grimaldi Forum pour la représentation lyrique de la fête nationale monégasque, avec Nabucco de Giuseppe Verdi, ouvrage mettant doublement à l’honneur le sentiment national, celui des Hébreux dans le déjà très agité Proche-Orient et, par un effet miroir, celui des Italiens alors en voie d’unification au XIXème.

La mise en scène de Leo Muscato, tout en offrant quelques pistes intéressantes, a un air de « déjà vu ». Les décors de Tiziano Santi restent dans les teintes grises et rocailleuses qui semblent indissociables de l’ouvrage. Fort heureusement, la production joue cinématographiquement avec les profondeurs de champ et  transforme habilement le plateau en découpant différemment les espaces. L’impressionnant  trône central représente symboliquement pouvoir et ambitions. Les costumes de Silvia Aymonino semblent tout droit sortis d’un péplum et cadrent avec l’ensemble. Les Lumières  d’Alessandro Verazzi semblent au contraire déconnectés de la trame dramatique et finissent par souligner outrageusement l’interprète et non le rôle.

 La création de véritables puits de lumières sur les interprètes mettent en évidence une direction d’acteurs qui semble faire défaut. Les chœurs nombreux pèsent sur le propos plutôt qu’ils ne le renforcent et l’alignement systématique des solistes engoncés dans leur puits de lumières sur le devant de scène tient davantage du récital que de la production lyrique. A ce jeu là, Léo Nucci n’a aucun mal à se distinguer de l’ensemble incarnant son personnage, multipliant les effets de scène, tranchant véritablement avec l‘ensemble du plateau.

C’est d’autant plus fâcheux que les chœurs de l’Opéra de Monte-Carlo ainsi que l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo dirigés par Guiseppe Finzi font merveille. C’est d’autant plus dommage que le plateau est d’exception ! Anna Pirozzi campe une Abigaille ambitieuse et meurtrière et réussit, chose peu aisée, à animer la transformation qui la parcourt du début à la fin de la pièce. Béatrice Uria-Monzon rend toute la sobriété de la touchante Fenena.  Gaston Rivero (Ismael) met sa fougue au service du rôle tandis que Vitalij Kowaljow en grand prêtre à toute l’autorité naturelle et le timbre nécessaire qui siéent au rôle. Dès qu’il entre en scène… il est Zaccaria. Cependant, tout en portant vocalement l’œuvre, nul ne peut lutter contre Lui. Par une sorte de mise en abîme facétieuse, Nabucco interprété par Léo Nucci a été… le Roi de la soirée. Brillant vocalement, à l’aise scéniquement, il se joue de tous les pièges, et administre au public une véritable leçon de chant et de numéro d’acteur. Il n’a rien perdu de sa forme ni de sa force ; au contraire, sa seule présence suffit au ravissement du public. La classe !

Opéra de Monte-Carlo - Nabucco de Giuseppe Verdi Anna Pirozzi Vitalij Kowaljow Léo Nucci©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Monte-Carlo - Nabucco de Giuseppe Verdi Anna Pirozzi Vitalij Kowaljow Léo Nucci©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Monte-Carlo - Nabucco de Giuseppe Verdi Anna Pirozzi Vitalij Kowaljow Léo Nucci©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Autre exposition présentée dans le cadre du projet Le Miroir, 12 000 > 2016, Promenade contemporaine dans l’archéologie du musée se déroule au Musée Sainte-Croix de Poitiers. Comment initier à l’art contemporain lorsque, comme pour le musée Sainte-Croix, les collections sont orientées vers l’histoire de l’art de la préhistoire aux Beaux-arts en passant par les fonds romain et médiéval ?

Simplicime ! S’associer avec un FRAC (fond régional d’art contemporain) en l’occurrence le Frac des Pays de la Loire qui, comme tous les FRAC, achète depuis 1982 des œuvres contemporaines. La création artistique étant intemporelle ou liée à l’homme depuis les mains négatives, il ne semblait pas absurde de faire dialoguer des œuvres majeures d’il y a plusieurs décennies, siècles voire millénaires et l’art d’aujourd’hui.

Encore fallait-il le faire de manière un tant soit peu subtile ce que le commissariat d’exposition assuré par Laurence Gâteau que j’ai connue lors de son passage à la Villa Arson de Nice, a su rendre possible. Elle n’a décidément rien perdu de sa capacité à penser œuvres et collections sur un territoire. Comblant une lacune paléontologique, s’immisçant entre vestiges gallo-romains, répondant aux objets du Moyen-âge, entrant en écho avec les peintures des XVIIIème et XIXème siècles, les œuvres contemporaines de tout format questionnent l’histoire des arts, le travail des historiens de l’art ou des archéologues ou rendent simplement hommage aux artisans et artistes dont le nom ne nous est pas parvenu.

Pour mettre enfin le site et l’architecture du lieu en résonnance avec l’art d’aujourd’hui, le musée Sainte-Croix en collaboration avec le centre d’art Les abattoirs de Toulouse propose une exposition Raphaël Zarka Manuel de sculpture instrumentale. Construit en 1974 à la place de l'ancienne abbaye Sainte-Croix, sur un ancien site de fouilles, le musée se présente comme une vaste structure de béton et de verre, dans le style brutaliste des années 1970. Proposer les variations architecturales de Raphaël Zarka dont les formes changent quotidiennement permettait de rajouter une strate d’aujourd’hui à l’ensemble. En invitant les skateurs à tester les constructions, l’expérience permettait de surcroît de faire entrer dans le musée un public qui d’habitude était délogé des terrasses.

Loin de dérouter le visiteur, l’expérience intrigue. Loin de le perturber, elle l’incite à regarder de plus près non seulement les objets contemporains mais également les plus anciens. Bref, loin d’être un gadget, la proposition se révèle être un moyen de se concentrer davantage sur les œuvres, de s’interroger sur le sens, le signe, la trace, de se questionner sur la conservation et la finalité de l’art.

Musée Sainte-Croix - Poitiers - Frac pays de Loire - Raphaël Zarka ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée Sainte-Croix - Poitiers - Frac pays de Loire - Raphaël Zarka ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée Sainte-Croix - Poitiers - Frac pays de Loire - Raphaël Zarka ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Avis aux amateurs, abandonnez définitivement le littoral, l’inutile Puy-du-Fou et partez à la découverte d’une ville qui n’eut pas de chance dans sa période contemporaine se voyant déchue de son diocèse en 1801 et se faisant chiper le rang de préfecture en 1810 par La Rochelle : Saintes.

Si l’origine du nom de la ville est à chercher parmi le peuple celte des Santones, les premiers signes d’une vie urbaine à Mediolanum Santonum sont attestés aux alentours de l’ère chrétienne. Saintes fait donc partie de ces villes où le patrimoine antique et le patrimoine du Moyen-âge sont très présents. Elle est d’ailleurs ville d’art et d’histoire depuis 1986.

Comme toutes les cités gallo-romaines, l'évergétisme permet la construction d’un certain nombre de bâtiments à usage public qu’il est encore possible de visiter : les thermes de Saint-Saloine et l’amphithéâtre situés sur les hauteurs de la ville. Comme toute ville gallo-romaine, Mediolanum Santonum rend également hommage à ses nouveaux maîtres et l’arc Germanicus sans doute votif rend hommage au très populaire Germanicus, fils de Drusus, général romain, membre de la famille impériale, et surtout héritier présomptif de Tibère… jusqu’à son assassinat. La ville, alors capitale de la province romaine d'Aquitaine, rayonne sur la région.

L’effondrement de l’empire romain et les invasions du haut Moyen-âge non seulement réduisent drastiquement le périmètre de la ville mais endommagent fortement le patrimoine romain car il faut en toute hâte construire une enceinte pour protéger la ville. Fort heureusement, l’amphithéâtre et les thermes sur les hauteurs sont trop éloignés pour servir efficacement de carrière et l’arc de Germanicus au bout du pont est épargné.

La ville médiévale groupée autour de la cité épiscopale (Cathédrale Saint-Pierre, Palais épiscopal et hôtel-Dieu) se développe dans ce périmètre contraint. Les faubourgs de la ville s’organisent autour de leur église et aujourd’hui encore, le faubourg Saint-Eutrope et les différentes strates de l’église, de la crypte au bâtiment actuel, témoignent de ce passé.

Par delà le fleuve Charente, le faubourg Saint-Pallais est dominé par son église paroissiale (ancienne basilique funéraire de l'évêque Pallais) et surtout par l'abbaye aux Dames fondée en 1047 par le comte d'Anjou Geoffroy Martel et sa femme Agnès de Bourgogne, fort soucieux du salut de leur âme. Comptant jusqu'à cent moniales à son apogée, elle se spécialise dans l’instruction des jeunes filles de la noblesse française (la future marquise de Montespan entre autres) et c’est désormais à l’éducation artistique qu’elle se consacre avec la création de la Cité musicale à la fois lieu de formation pour les musiciens du monde entier, lieu de spectacle et de création musicale, lieu de spiritualité, d'hospitalité et de découvertes artistiques.

Si vous ajourez à cela le Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine qui siège dans un ouvrage très contemporain jouxtant un ouvrage gothique, vous comprendrez aisément qu’à Saintes, la patrimoine n’est pas un mausolée passéiste mais une des clés pour comprendre et animer le monde d’aujourd’hui.

Saintes (Abbaye-aux-Dames, Arc de Germanicus, Amphithéâtre, Cathédrale Saint-Pierre, Saint-Eutrope et centre d'intrerprétation du patrimoine) ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSaintes (Abbaye-aux-Dames, Arc de Germanicus, Amphithéâtre, Cathédrale Saint-Pierre, Saint-Eutrope et centre d'intrerprétation du patrimoine) ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSaintes (Abbaye-aux-Dames, Arc de Germanicus, Amphithéâtre, Cathédrale Saint-Pierre, Saint-Eutrope et centre d'intrerprétation du patrimoine) ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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Promouvoir Nîmes au patrimoine mondial de l’UNESCO semble tomber sous le sens : importante colonie du monde romain créée il y a plus de 2 000 ans ayant connu son apogée sous le règne de l’Empereur Auguste, la ville abrite quelques célèbres monuments romains parmi les plus beaux et les mieux conservés de l’Empire : les Arènes, la Maison Carrée auxquelles il est possible de rajouter dans le prolongement la Tour Magne, la porte d’Auguste et bien évidement plus éloigné, le Pont du Gard.

Si la nécessaire inscription au patrimoine mondial de cet ensemble archéologique ne semble souffrir d’aucune contestation, la demande pourrait alors s’accompagner d’une réflexion sur la manière de valoriser le patrimoine ou, plus exactement de se demander comment à la fois valoriser et conserver ce patrimoine, comment l’insérer entre patrimoine et tourisme, le considérer comme quelque chose d’autre qu’un « Luna parc » ou qu’un fossile.

Autrement dit, comment éviter le syndrome fête médiévale avec cracheur de feu et autre guignolade pseudo-chevaleresque dans les villages perchés de l’arrière pays méditerranéen ou comment se passer de l’inévitable faux combat de faux gladiateurs que les antiquités romaines attirent comme le miel la mouche. Pourquoi pas des faux chrétiens bouffés par des faux lions pendant que nous y sommes ?

De ce point de vue, la Maison Carrée de Nîmes peut être un exemple. Parfaitement restaurée, elle s’inscrit dans un paysage non fossilisé avec le Carré d’art en écho, elle est parfaitement intégrée dans la ville avec un dégagement qui la rend bien visible. Le problème est que cet ancien temple est vide. Fermez le et les touristes seront frustrés, reconstruisez l’intérieur et le parc d’attraction n’est pas loin, animez le et les amoureux du patrimoine risquent l’apoplexie. A l’intérieur de la maison carrée transformée actuellement en salle de projection qui l’ampute de son volume, un moyen métrage sur l’histoire de Nîmes attend le badaud et surtout le groupe qu’une guide conférencière a lâché le temps d’une pause. Loin d’être un film documentaire sur l’état des recherches archéologiques, le film est une reconstitution historique de Nîmes qui ne fait ni dans la légèreté, ni dans la dentelle.

De la même manière, l’éloignée Tour Magne dont le seul intérêt pour l’instant consiste en son point de vue sur les toits de Nîmes après être monté par un escalier en colimaçon digne d’un phare, semble déconnectée du reste des vestiges alors qu’il y aurait sans doute à penser quelques chose sur les fortifications avec la porte d’Auguste, autre oubliée. A l’inverse, l’intérêt des installations d’accueil des groupes (et des autres) au Pont du Gard peut laisser perplexe : si l’intérêt recherché est uniquement financier, le tarif prohibitif des parkings l’assure sans conteste mais à ce tarif, n’est-il pas envisageable de penser une nouvelle approche au patrimoine ?

Sans doute la construction du grand musée archéologique jouxtant les arènes pourra-t-il jouer un rôle dans cette réflexion qui accompagnera sans aucun doute la future adhésion de Nîmes au patrimoine mondial de l’UNESCO à condition que son projet scientifique sorte un peu de l’ordinaire. En attendant, savourez malgré tout les arènes dans leur intégralité (l’audio-guide n’est pas forcément nécessaire), la maison carrée (de l’extérieur), le Pont du Gard (après les installations) et n’oubliez pas de flâner dans le vieux Nîmes pour y découvrir ses traces médiévales, que le touriste normalement conditionné a tendance à négliger.

Nimes : arènes, tour Magne et maison carrée - Pont du GardNimes : arènes, tour Magne et maison carrée - Pont du GardNimes : arènes, tour Magne et maison carrée - Pont du Gard
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Antiquité, #Epoque contemporaine, #Amour, #Jalousie, #Violence, #mort
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Lorsque le rideau s’est ouvert à l’opéra de Nice, un murmure a secoué la salle : ceux qui étaient venus pour les colonnes antiques, les toges et les frises des palais de Corinthe en ont été pour leurs frais. Pendant la très longue ouverture de Medea de Luigi Cherubini, un jeune couple amoureux visite un loft dans une ville qui ressemble à une ville d’affaire. Par les fenêtres, des gratte-ciel barrent l’horizon tandis qu’à l’intérieur, dans l’appartement vide sur deux étages, les deux amoureux s’enlacent. Puis au deuxième lever de rideau, le loft est transformé en un lieu financier mondial : bourse, banque, centre d’affaires, grande entreprise, qu’importe.

Le metteur en scène Guy Montavon qui avait déjà mis en scène Stiffelio de Giuseppe Verdi et Le Téléphone de Gian Carlo Menotti en 2013 à l’Opéra de Monte-Carlo, semble avoir opté pour l’interprétation au premier degré de la Toison d’or : l’argent et l’appât du gain. Encore fallait-il que son postulat de départ résistât au texte afin de rendre la transposition de temps et de lieu en une interprétation chargée de sens et non en simple gadget que certains nous resservent régulièrement. Or malgré quelques termes antiques (Jupiter, les dieux, etc.) qui peuvent en outre passer au sens figuré, le texte résiste assez bien dans l’ensemble à la version résolument contemporaine de Guy Montavon.

En effet, dans ce monde de travail, de finances, d’argent facile, de pouvoir et de chausse-trappes, les alliés d’hier sont les ennemis de demain, la femme d’hier est l’ex, forcément furieuse de demain. Qu’une femme comme Médée qui a sacrifié à son amant jusqu’à son propre frère, qui a trahi jusqu’à son propre père exacerbe sa pulsion destructrice n’a rien de surprenant que l’enjeu du pouvoir soit politique comme dans le mythe antique ou financier comme dans cette version contemporaine. Quel que soit l’environnement et le temps, les mères infanticides sont toujours mues par les mêmes pulsions, généralement pour les mêmes raisons, le sentiment d’un extrême abandon et d’une extrême injustice.

Medea est une œuvre qui se joue avec les nerfs, avec les tripes et le chef d’orchestre George Petrou imprime ce rythme à l’orchestre bien relayé par des chœurs omniprésents dans cette salle de travail utilisant habilement l’espace et la colonnade du premier étage. Le Roi Creonte est brillamment chanté par Bernard Imbert mais il est dommage que les récitatifs-parlés en italien (rétablis dans cette version) ne soient pas à la hauteur. Daniela Pini n’a évidemment pas ce problème en Néris que Guy Montavon transforme en ombre de Médée. Hélène Le Corre campe une Glauce très crédible dans son rôle mais pourquoi diable le metteur en scène la fait-il se suicider au pistolet ? Outre que le suicide au pistolet dans les milieux financier relève du poncif, cette péripétie n’apporte rien de plus au sens général. Gabriele Mangione est parfait en Giasone, la voix n’est pas très belle mais elle est très puissante ce qui convient à merveille pour ce rôle d’autant qu’il a face à lui Nicola Beller-Carbone. Excellente Médea, partagée entre ses amours et son désir de vengeance, alliant froideur extrême et violentes crises, Nicola Beller-Carbone susurre puis explose vocalement, elle évolue dans cet environnement très contemporain avec aisance.

Dans cette salle clairsemée de l’Opéra de Nice, le public n’a pas boudé son plaisir en rendant à l’ensemble du plateau et de la fosse une ovation méritée pour cette Medea et sa nouvelle toison d’or qui nous parle ici comme avant de jalousie, de trahison, de vengeance, autant de sujets éternels.

Opéra de Nice - Medea de Luigi Cherubini - Nicola Beller-Carbone, Gabriele Mangione, George Petrou, Hélène Le Corre, Bernard Imbert et Daniela Pini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Nice - Medea de Luigi Cherubini - Nicola Beller-Carbone, Gabriele Mangione, George Petrou, Hélène Le Corre, Bernard Imbert et Daniela Pini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Nice - Medea de Luigi Cherubini - Nicola Beller-Carbone, Gabriele Mangione, George Petrou, Hélène Le Corre, Bernard Imbert et Daniela Pini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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