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Blog de mes curiosités

Articles avec #epoque moderne catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Epoque moderne, #Epoque contemporaine, #Europe
Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sont-ils venus pour la grande violoniste Anne-Sophie Mutter ? Sont-ils venus pour le Concerto pour violon n°1 KV 207 de Wolfgang Amadeus Mozart ? Sont-ils venus pour la Symphonie n° 9  D. 944, La Grande de Franz Schubert ? Seraient-ils venus pour Sur le même accord, Nocturne pour violon et orchestre d’Henri Dutilleux ? Toujours est-il qu’il n’y a plus aucune place à la location depuis des semaines pour le concert exceptionnel d’Anne-Sophie Mutter avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la direction de Lawrence Foster.

Les amoureux de la musique de notre temps auront été ravis d’entendre  Sur le même accord, Nocturne pour violon et orchestre d’Henri Dutilleux, commande de l’Orchestre Philharmonique de Londres, composé au début de notre siècle, dont Anne-Sophie Mutter est dédicataire. Cette pièce, créée le 28 avril 2002 au Royal Festival Hall de Londres par Anne-Sophie Mutter elle-même et le London Philharmonic Orchestra sous la direction de Kurt Masur, n’est pas une première en Principauté car interprétée par David Lefebvre et l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la baguette de Lawrence Foster il y a cinq ans.

Pour récompenser les amoureux de la musique patrimoniale qui ont attendu bien sagement pendant ces dix minutes contemporaines, deux valeurs sûres :  le Concerto pour violon n°1 KV 207 de Wolfgang Amadeus Mozart et la Symphonie n° 9  D. 944, La Grande de Franz Schubert. Comme le violon a l’air d’une simplicité extrême avec Anne-Sophie Mutter. C’est le secret des Grand-e-s de nous faire apparaître comme simples des gestes qui ont demandé des années de travail assidu et acharné. Quoiqu’elle joue, le calme visiblement imperturbable d’Anne-Sophie Mutter, sa parfaite maîtrise impressionnent une grande partie du public tout en laissant certains autres de marbre.

Sans doute l’interprétation de la symphonie de Franz Schubert a-t’elle été remarquablement dirigée par Lawrence Foster et brillamment interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo mais placée en seconde partie après une telle prestation, elle a semblé passer inaperçue ; Anne-Sophie Mutter avait mis au prélable presque tout le monde Sur le même accord.

Auditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAuditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAuditorium Rainier III - OPMC - Anne-Sophie Mutter ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #architecture, #Moyen âge, #Epoque moderne, #Politique, #Tourisme, #guerre
Le Lude - Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Lude - Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Envie de visiter quelques châteaux renaissance mais affolé par les hordes touristiques, leur guide et leur parapluie de reconnaissance ? Une seule solution : privilégier les châteaux à l’écart des grandes destinations des brochures comme le château de Baugé-en-Anjou dans le Maine-et-Loire ou le château du Lude dans la Sarthe.

En 1454, à la fin des troubles de  la guerre de Cent Ans, René Ier d'Anjou hérite des ruines du château de sa mère Yolande d’Aragon dans la cité du Vieil-Baugé. Les hostilités s’éloignant, les progrès de l’artillerie rendant inutiles ces vieilles forteresses, René Ier d'Anjou fait construire un pavillon de chasse aux dimensions d'un manoir seigneurial, sur les plans de son architecte Guillaume Robin. Ce château, achevé en 1465, encore visible aujourd’hui abrite un musée.

Quelques dizaines de kilomètre plus loin, pour les mêmes raisons, le château du Lude se transforme.  A l’origine du château du Lude se trouvent les Normands et leurs incursions au IXème siècle. Pour s’en prémunir, le fort de la Motte au Lude aux confins du Maine, de l'Anjou et de la Touraine est édifié. Reconstruit un peu plus loin, une forteresse médiévale nouvelle sort de terre et se complexifie entre le XIIIème et le XVème siècle. Les soubassements de ce château, comme les douves sont encore visibles en regardant l’architecture générale. Jean de Daillon, propriétaire des lieux au XVème siècle fait appel à l’architecte Jean Gendrot qui rénove entièrement le vieux château et le transforme en un logis de plaisance dans le style de la Renaissance. Le château d’agrément semble ainsi posé sur la fortification médiévale.

Le château du Lude est un château privé habité par la même famille depuis 260 ans. C’est sans doute ce qui rend la visite originale. Ici les visites se font librement, certaines parties sont entièrement privées mais les extérieurs et une partie des intérieurs sont visibles.  Les extérieurs (douves, cuisines, souterrains, caves, grenier à grain et sa magnifique charpente) méritent à eux-seuls la visite. Le grand intérêt de ce château est qu’il vit. Les pièces visitées sont des pièces à vivre dont il est facile d’imaginer qu’elles se couvrent dans la matinée de tapis et cordes pour préserver l’ensemble et qu’elles sont rendues le soir à la vie familiale.

Mais le plus grand intérêt de ces deux châteaux est ailleurs. Loin des circuits touristiques traditionnels, ils sont peu visités ce qui laisse aux curieux toute latitude pour pouvoir savourer en paix, loin des selfies, la sérénité du Val de Loire louée par la pléiade.

Châteaux  - Le Lude - Sarthe et Baugé-en-Anjou - Maine-et-Loire et SartheChâteaux  - Le Lude - Sarthe et Baugé-en-Anjou - Maine-et-Loire et Sarthe
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #baroque, #Epoque moderne
17èmes Musicales du Trophée – La Turbie - Ensemble Concerto di Viole ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

17èmes Musicales du Trophée – La Turbie - Ensemble Concerto di Viole ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Selon l’adage romain et à La Turbie à deux pas du trophée, cela semble de circonstance Là où Attila passe, les champs trépassent, sauf que depuis deux ans aux  Musicales du Trophée de La Turbie, l’adage est devenu Là où Barbara vient, le  baroque se tient. En effet l’alliance entre Ars viva et son directeur artistique Michel Mugot et Barbara Begelsbacher grande promotrice des musiques ancienne et baroque permet annuellement d’assister à un concert original d’une qualité infinie.

Pour son troisième concert, Ars Viva accueille l’ensemble Concerto di Viole pour un concert intitulé Promenades baroques, véritable invitation rétrospective au voyage dans la musique française pour ensemble de violes de gambe accompagnées par la très inspirée Annick Fiaschi-Dubois, musicologue spécialiste de Marc-Antoine Charpentier.  Rebeka Rusó, Brian Franklin, Arno Jochem et Brigitte Gasser qui ont tous étudié à divers moments à la Schola Cantorum Basiliensis sont réellement virtuoses. En jouant sur des violes de différentes tailles, qui reproduisent le timbre des voix humaines aux différents âges de la vie (enfance, adolescence, maturité vieillesse), ils ont suscité à la fois la curiosité de découvrir tous ces types de viole et l’admiration pour leur virtuosité.

L’attraction de la soirée était bien évidemment la viole de gambe du luthier autrichien Jakobus Stainer né vers 1619 à Absam près d’Innsbruck et décédé en 1683 ce qui en fait un contemporain et un voisin de mes plus lointains ancêtres, les Hopp, avant qu’ils ne migrent après la guerre de Trente ans pour repeupler le plus catholiquement du monde la Lorraine dévastée. Facilement reconnaissable à sa tête de lion, elle est tenue par Rebeka Rusó.

Avec Départ à l’aube, le quatuor donne le ton de la soirée  la soirée en mélangeant musique ancienne du XVIème siècle (Etienne Moulinié) et musique baroque de la première partie du règne de Louis XIV avec Henry du Mont. Le reste de la soirée est plus chronologique avec Sur le Chemin des monastères qui propose deux œuvres du XVIème l’une civile d’Eustache du Caurroy reprenant le thème d’Une jeune Fillette, air emblématique de l’époque dans ses quatre fantaisies, l’autre plus spirituelle  avec le cantique Mit Ernst, o Menschenkinder de Hans Leo Hassler. La courte excursion dans l’Angleterre d’Henry Purcell redonne à l’auditoire une  vigueur que le cantique avait temporairement réfrénée.

La seconde partie de la soirée met en avant deux grands violistes de l’époque du Roi Soleil : Marin Marais que le film d’Alain Corneau Tous les Matins du monde avait fait découvrir au grand public et François Couperin que chacun connait par l’hommage que lui a rendu Maurice Ravel. Enfin Pour le coucher du Roi et du public, le concert pour quatre parties de violes  de Marc-Antoine Charpentier ont achevé le tour d’un  siècle  de violes avec quatre musiciens inspirés.

17èmes Musicales du Trophée – La Turbie - Ensemble Concerto di Viole ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com17èmes Musicales du Trophée – La Turbie - Ensemble Concerto di Viole ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #architecture, #Urbanisme, #Moyen âge, #Epoque moderne, #environnement
Lectoure - Cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Lectoure - Cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Après Auch, sa cathédrale, ses escaliers monumentaux et son ancien palais épiscopal devenu préfecture, la Lomagne au nord d’Auch abrite quelques petits bijoux patrimoniaux qui méritent bien plus de temps que la simple journée de découverte.  Outre les bastides de Fleurance ou de Cologne, la région comprend également la commune de Lectoure dont le projet de développement touristique se mesure aux travaux en cours.  

Lectoure, capitale du comté d'Armagnac, subit plusieurs sièges, notamment celui de 1473 qui marque la fin de la maison d’Armagnac et le rattachement à la couronne de France. Ville d’art et d’histoire, Lectoure conserve de nombreux bâtiments classés comme la cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais, la tour d'Albinhac du XIIIème siècle, la tour du Bourreau du XIVème siècle ou l'ancien hôpital château des Comtes d'Armagnac entre autres.

La rue principale de la ville témoigne des aléas de l’histoire : la rue Royale baptisée temporairement rue Impériale retrouva puis conserva sa dénomination révolutionnaire de rue Nationale. Tout le long de cette rue s’élèvent  des hôtels particuliers construits pour la plupart aux XVIIème et XVIIIème siècles dans une architecture classique d’une grande sobriété. Beaucoup ne sont d’ailleurs visibles de l’extérieur que par leur grand portail d’entrée.

Lectoure soigne et développe sa réputation de ville patrimoine et cherche à se différencier de ses voisines par des travaux importants actuellement en cours. Comme dans les autres villes, des  travaux de sauvegarde pour assurer la conservation à long terme des bâtiments historiques comme ceux de l'ancien hôpital château des Comtes d'Armagnac sont en cours. Ils visent à restaurer le toit, remplacer descentes d'eaux pluviales en amiante-ciment empêcher la détérioration des façades.

Mais Lectoure s’apprête également à attirer un tourisme ciblé et deux chantiers sont en cours. Installés dans l’ancien hôtel particulier de Goulard, demeure classée du XVIIIème siècle, les thermes de Lectoure font peau neuve et réhabilitent l’intérieur des bâtiments par réaménagement des vestiaires, des sanitaires et de l'accueil. A proximité de cet hôtel, un site inscrit à l'inventaire général du patrimoine, ancienne place d'armes, occupé ensuite par le collège des Doctrinaires puis une annexe de l'hôpital, va se transformer à terme en un hôtel 3 étoiles directement connecté à l'établissement thermal de Lectoure. L'hôtel des Doctrinaires vise clairement la clientèle thermale et une clientèle «affaires» sans dénaturer la zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager dans lequel il est inscrit.

Reste à prévoir désormais dans l’agenda la découverte de la Lomagne puis du département entier…  rude affaire.

Auch, Fleurance et Lectoure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAuch, Fleurance et Lectoure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Auch, Fleurance et Lectoure ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Europe, #Amour, #Violence, #Opéra, #Epoque moderne, #Bad boys, #Religion, #Politique, #Jalousie, #mort, #guerre
Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Evénement au Capitole de Toulouse et retour indirect de Voltaire après Candide (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/12/musique-theatre-du-capitole-toulouse-candide-energie-joie-et-optimisme-pour-la-fin-de-l-annee.html) avec la résurrection du Prophète, opéra en cinq actes de Giacomo Meyerbeer sur un livret d'Eugène Scribe et Émile Deschamps d'après l'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations  de Voltaire. Véritable phénomène au cours du XIXème siècle, Le Prophète a finalement déserté les scènes françaises notamment en raison de ses coûts de production.

L’intrigue suit la vie de Jean de Leyde entre Dordrecht et Münster en Allemagne à l’époque du grand déchirement entre catholiques et protestants en Europe au XVIème siècle. Jean de Leyde, chef protestant des anabaptistes et autoproclamé « roi de Sion », directement inspiré par ses visions divines affirmées, administra la communauté anabaptiste de Münster de  février 1534 à juin 1535 en autocrate dans un climat délirant loin de toute préoccupation religieuse sérieuse. Marguerite Yourcenar dans L’œuvre au noir retrace également  cet épisode.

Dans la fosse, Claus Peter Flor, invité régulier du théâtre du Capitole et spécialiste des répertoires allemand et autrichien, montre toute son habileté dans le grand opéra français. Pendant trois heures quarante, il fait résonner l’orchestre faisant ressortir toutes les couleurs de l’œuvre.  Sur scène, le plateau n’est pas franchement francophone mais, heureuse surprise, la diction est parfaite même si elle s’épuise pour certains à la fin de l’œuvre.  John Osborn  toujours  en forme tient le rôle titre, sa mère scénique Fidès et sa fiancée scénique Berthe sont remarquablement interprétées par Kate Aldrich et Sofia Fomina. Les trois anabaptistes, Zacharie, Mathisen et Jonas qui reviennent de manière récurrente sont respectivement et parfaitement incarnés par Dimitry Ivashchenko, Thomas Dear (le seul francophone du groupe) et Mikeldi Atxalandabaso. Seul Leonardo Estévez fait une entrée catastrophique en Comte d’Oberthal avant de se rattraper dans le peu qu’il  lui reste à chanter.

Stefano Vizioli signe la mise en scène et c’est sans doute la partie la plus fragile de l’œuvre. Sa conception offre un certain nombre de qualités, il est notamment bien secondé par Alessandro Ciammarughi pour les décors et les costumes et par Guido Petzold qui module les espaces avec ses lumières. Les mouvements chorégraphiques très marqués par l’époque de l’œuvre même retravaillés par Pierluigi Vanelli  font anachroniques mais, surtout, sans travail et sans pensée réelle sur l’ambivalence de Jean de Leyde, véritable despote aux visions mystiques, Stefano Vizioli en fait un simple opportuniste alors que son personnage est beaucoup plus tourmenté. Cela ne lui permet pas de  travailler les tunnels de l’œuvre notamment dans sa dernière partie.  Cependant, le fait même de voir l’œuvre ressurgir atténue fortement ce bémol sur la conception du personnage central.

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Moyen âge, #Epoque moderne, #Religion, #Patrimoine, #Tourisme, #architecture
Abbaye de Fontfroide ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abbaye de Fontfroide ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sur la route  de l’abbaye de Fontfroide en partant de Narbonne surgit dans un paysage de collines audoises incendiées les ruines d’un ancien château sis au milieu de nulle part. Partagé entre le bruit des armures et des épées du château médiéval et le silence monastique de l’abbaye de Fontfroide, le visiteur normalement constitué démarre normalement sa visite par le lieu calme afin qu’il ne soit pas perturbé par le bruit des armes sauf que les choses peuvent fort bien se dérouler autrement que prévu.

D’abord abbaye bénédictine (1093), l’abbaye de Fontfroide intègre l'ordre cistercien au XIIème siècle et s’étend comme toute abbaye de l’époque par une série de donations. De son rôle pendant l’écrasement du catharisme, le Très Haut la récompensa en faisant élire pape l'un de ses abbés, Jacques Fournier, sous le nom de Benoît XII. Comme l’abbaye tombe en commende à partir du XVème siècle, le Roi de France impose des abbés plus intéressés pour développer une vie de cour qu’une vie de chœur. Le Très Haut dans sa fureur envoya donc un nouveau fléau : la Révolution française qui mit fin à toute vie monastique et confia Fontfroide aux Hospices de Narbonne en 1791 favorisant au passage sa  conservation.

Partagés par moines et convers, chacun disposant de ses propres espaces, les bâtiments témoignent à la fois de l’évolution monastique et de l’évolution mondaine de l’abbaye à l’époque médiévale et à l’époque moderne. Le cloître s’ouvre sur une roseraie et des jardins où régnait le calme monastique sauf que le calme fut ce jour là largement perturbé par une harde barbare d’un nouveau genre : la caisse d’allocation familiale de l’Aude qui visiblement n’avait rien trouvé de mieux que d’organiser un jeu de piste, un rallye ou autre chasse au trésor pour adultes très bruyants voire grossiers. Si l’objectif était de faire découvrir les joyaux de notre patrimoine par la pédagogie du détour, il faut bien avouer qu’il n’a pas été atteint. Échanges de propos sur les copines de bureau, cris et éclats de rire, recherches de je ne sais quel Graal avec force vocifération ont fait fuir les visiteurs soucieux de retrouver le calme d’antan. Mais pourquoi diable ne sont-ils pas allés faire une course en sac sur la plage ?

C’est paradoxalement sur le site du château en ruine au milieu des collines incendiées sous une chaleur de plomb que le visiteur fuyant les invasions barbares modernes a pu retrouver calme et sérénité. De ce château accessible par un chemin de terre ne subsistent plus qu’une partie du donjon et une partie de l’enceinte. Bâti par le Seigneur Bringuier de Montredon en 1194 sur autorisation du vicomte de Narbonne, le château fut la proie au XVIème siècle des guerres de religion. En 1575, Narbonne, fidèle catholique dans cette région troublée, obtint le démantèlement des éléments principaux du château qui risquaient de nuire à sa sécurité.

Abbaye de Fontfroide et château de Montredon-des-Corbières ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAbbaye de Fontfroide et château de Montredon-des-Corbières ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAbbaye de Fontfroide et château de Montredon-des-Corbières ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Abbaye de Fontfroide et château de Montredon-des-Corbières ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAbbaye de Fontfroide et château de Montredon-des-Corbières ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAbbaye de Fontfroide et château de Montredon-des-Corbières ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Sacra di San Michele - abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse - Val de Suse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sacra di San Michele - abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse - Val de Suse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Les diverses ruses suivies de toutes les difficultés militaires que le fameux Charles-Emmanuel avoit employées au délai d’un traité et à l’occupation de son duché de Savoie, l’avoient mis en état de se bien fortifier à Suse ; d’en empêcher les approches par de prodigieux retranchements bien gardés, si connus sous le nom des barricades de Suse, et d’y attendre les troupes impériales et espagnoles dont l’armée venoit à son secours1. Il est des noms, des souvenirs  qui ont rythmé les cours d’histoire à l’Université et qui soudain deviennent autre chose que des mots : Pignerol et le surintendant Nicolas Fouquet, la bataille de Suse et du pas-de-Suse décrite par le Duc de Saint-Simon (CF. supra) ou encore Hannibal et ses éléphants passant peut-être par là  en sont autant d’exemples.

Suse porte effectivement quelques stigmates de son passé glorieux.  Des traces romaines témoigne de son passage de capitale du royaume de Suse avant annexion par l’Empire romain et son nouveau statut de capitale de la province des Alpes cottiennes au premier siècle de notre ère : aqueduc, amphithéâtre, arc d’Auguste. D’autres traces rappellent que la ville fut également une ville importante au Moyen-âge et à l’époque moderne et qu’elle était partie intégrante de la Savoie : cathédrale, porte de la Savoie ou château.

A quelques encablures de là, Pignerol ou Pinerolo est restée célèbre pour avoir accueilli en captivité le surintendant Fouquet, première victime de l’absolutisme louis-quatorzien. Mais Pignerol est également l’épicentre de la lutte des deux grandes puissances de l’époque moderne : la France qui essayait de briser l’encerclement réalisé par les Habsbourgs. C’est d’ailleurs à Pignerol dans la basilique Saint-Maurice (protecteur de la famille de Savoie) que sont inhumés certains ducs de Savoie, preuve de l’importance politique de la ville à l’époque.

Enfin entre Suse et Pignerol se trouve perché sur son nid d’aigle l'abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse (Sacra 'd San Michel ëd la Ciusa en piémontais et Sacra di San Michele en italien), présenté comme le Mont-Saint-Michel du Piémont. Mais pour pouvoir accéder à l’intérieur, il fallait prendre de vitesse l’abbé et ses ouailles pour ne pas perturber le service divin de midi. Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, candides que nous fûmes, si le mouvement Cinq étoiles qui gère pitoyablement la ville de Turin n’avait cru bon d’organiser (bien grand mot) une course cycliste paralysant complètement la ville. Pas de déviation, pas de plan de circulation, des forces de police débordées, en un mot comme en cent : le foutoir. Après une heure pour sortir de la ville, l’abbé et ses ouailles, tortues parties à point, nous avaient devancés, nous pauvres lièvres, nous privant par là même de la visite de l’abbaye. Voilà pourquoi je déteste (entre autres) le mouvement Cinq Étoiles.

1 Mémoires de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, tome 1,  chapitre V

Suse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSuse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSuse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Epoque moderne, #Mythe
Teatro Regio - Torino - Die Zauberflöte de Wolgang Amadeus Mozart ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Teatro Regio - Torino - Die Zauberflöte de Wolgang Amadeus Mozart ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Que le public l’adore ou la boude, la production de Die Zauberflöte de Wolgang Amadeus Mozart est toujours un événement. Succession d’airs que les mélomanes attendent, ces bijoux musicaux compensent le côté ésotérique qui en glace plus d’un ; conte initiatique, il attire également volontiers des spectateurs non musiciens. Je ne sais quelle partie du public le spectacle mis en scène par Roberto Andò a attirée mais la salle était bien indisciplinée à Turin : applaudissement mal à propos comme en plein milieu de l’ouverture ou bavardages en série !

Le problème de l’opéra de Mozart est qu’il joue sur les symboles comme le triangle ou les chiffre trois, les trois Knaben, les trois portes, les trois dames. Il faut donc une mise en scène qui sans gommer le côté symbolique en limite l’indigestion afin de ne pas trop surligner leur présence. A ce jeu là, le réalisateur Roberto Andò a prudemment opté pour une voie médiane entre symbolisme rituel et conte de fées comme l’apparition des trois Knaben aériens dans leur barque. Il est grandement aidé par les costumes de  Nanà Cecchi et le jeu de lumière, très important dans ce conte initiatique, de Giovanni Carluccio.

La direction d’orchestre d’Asher Fisch mène allègrement orchestre et chœurs du Teatro Regio. Et les premiers plans sont dirigés musicalement ou scéniquement de main de maître. Ekaterina Bakanova et Antonio Poli campent une Pamina et un  Tamino parfaitement crédibles, tour à tour drôles et émouvants. Olga Pudova ne se laisse pas piéger par le rôle de la Reine de la Nuit. Antonio Di Matteo qui ne devait assurer qu’une représentation se taille son petit succès dans le rôle de Sarastro qu’il aura tenu tous les soirs et, enfin,  Markus Werba est un Papageno magnifique accompagné d’une Papagena (Elisabeth Breuer) absolument bluffante dans sa métamorphose.

En résumé, la prestation musicale est de grande qualité, la proposition scénique sans être d’une grande innovation, tient tranquillement son rôle et, s’il est permis de rajouter que la proposition culinaire proposée pendant l’entracte est absolument divine, quelle bonne soirée à l’impolitesse d’une partie du public près.

Teatro Regio - Torino - Die Zauberflöte de Wolgang Amadeus Mozart ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Teatro Regio - Torino - Die Zauberflöte de Wolgang Amadeus Mozart ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Teatro Regio - Torino - Die Zauberflöte de Wolgang Amadeus Mozart ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Littérature, #Epoque moderne, #Europe, #Amérique du Nord, #Amour, #Jalousie, #mort, #Patrimoine
"Manon" de Jules Massenet - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Manon" de Jules Massenet - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Parmi les ouvrages proposés cette saison par l’opéra de Monte-Carlo, Manon de Jules Massenet faisait partie des plus attendus. Attendu d’abord car le Manon de Jules Massenet se fait plus rare sur les scènes que le Manon Lescault de Giacomo Puccini, attendu ensuite parce qu’il marquait non Il ritorno d'Ulisse in patria (n’en déplaise à Claudio Monteverdi) mais le retour de Jean-François Borras dans sa patrie d’adoption. Comme à divers titres, Philippe Ermellier, Rodolphe Briand et Jeff Biziau étaient aussi de la partie, l’attente n’en était que plus forte.

De L'Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, sorte de « roman-mise en abyme » plutôt sombre de l’abbé Prévost mettant en avant un narrateur  racontant que le chevalier des Grieux lui avait dit que…, la musique a clairement élagué pour faire de l’héroïne Manon Lescault, le sujet central. En fait, la musique est allée même jusqu’à transformer l’esprit du roman et le spectateur lyrique aurait tort de se référer à la réflexion de Montesquieu dans ses Mémoires qui disait : « Je ne suis pas étonné que ce roman, dont le héros est un fripon et l'héroïne une catin [...] plaise, parce que toutes les mauvaises actions du héros [...] ont pour motif l'amour, qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse ». 

Si l’œuvre de Giacomo Puccini met en avant une Manon plus avide de plaisir, Massenet la voit, lui,  plus tourmentée par le doute, les choix.  De ce point de vue, la pièce de Jules Massenet est celle qui tourne le plus autour de la personnalité de Manon.  Pour accentuer ces différents traitements, la mise en scène d’Arnaud Bernard nous montre clairement  dès l’ouverture que le drame a déjà eu lieu ; la mort de Manon montrée d’entrée de jeu sur une plage est une sorte de clin d’œil au roman qui raconte de manière indirecte des faits passés depuis longtemps.

Pour venir à bout de cette œuvre et de ses différents tableaux, la scénographie d’Alessandro Camera joue beaucoup sur les panneaux coulissants qui découpent l’espace. Au flash-back qui suit la mort de Manon sur scène répond le découpage de la scène en différentes profondeurs de champ, la narration cinématographique n’est jamais bien loin.  Ces panneaux en s’ouvrant et se fermant modulent l’espace et permettent le passage dans les différents lieux que le roman comme les livrets imposent. Sur ces panneaux se distinguent des formes humaines stylisées, des ombres qui finissent par assister à tout le spectacle et qui renvoient là aussi à la structure du roman qui est le récit des souvenirs de quelqu’un qui a connu…  D’une histoire intime, le roman et les livrets en font une histoire publique. Dernière référence au roman, les costumes eux sont résolument XVIIIème siècle.

Le chœur complète la scénographie en se mouvant à l’intérieur de ces registres mais, contrairement aux chanteurs, sa direction est inégale notamment au moment de l’arrivée de la diligence en début de spectacle où les choristes bougent les bras dans un mouvement de balancier rythmé par des coups de fouet rendant l’ensemble fort peu crédible et fort peu élégant. Cette réserve est cependant balayée par la profusion de la fête de Cours-la-Reine très réussie.

Sur le plateau, Philippe Ermelier met le public en bouche d’entrée avec son rôle de l’hôtelier mais quel dommage qu’il soit si peu employé étant vocalement et scéniquement très présent… lorsqu’il apparaît. Charlotte Despaux, Jennifer Michel et Marion Lebègue campent le trio respectif, Poucette, Javotte et Rosette, très en voix et en énergie.  Marc Barrard joue un comte Des Grieux... avec noblesse tandis que Lionel Lhote incarne un Lescault de la garde du Roi maquignon à souhait, renouant là aussi avec le personnage du roman. Quant à Rodolphe Briand, sur lequel se sont acharnées poudreuse et maquilleuse, il excelle en Guillot de Morfontaine que le public aime et déteste à la fois, que le public prend tout à tour en pitié ou en grippe.  

Jean-François Borras, qui avait dû pour des raisons de santé laisser la place à Arturo Chacón-Cruz, revient en forme pour camper un éblouissant Chevalier à la diction parfaite, avec une aisance dans la voix comme dans le jeu. Il est LE chevalier ébloui par « son » apparition, « sa » Manon. Comme Des Grieux, Jean-François Borras passe d’un rôle à l’autre, d’un état à l’autre avec le même engagement et le même enthousiasme. La jeune soprano lyrique française Vannina Santoni qui a remplacé dans la deuxième distribution Sonya Yoncheva souffrante, aurait pu se sentir peu à l’aise. Il n’en a rien été, elle s’est glissée dans la peau de Manon avec une facilité déconcertante, évoluant aisément dans la scénographie, habitant le personnage dans ses doutes, ses joies ses peines ses trahisons. La voix est belle, la diction est bonne… quelle belle surprise, quel beau duo !

Et comme la direction d’Alain Guingal a été à la hauteur de l’orchestre, excellente, inutile de vous dire que malgré les affres  du chevalier Des Grieux et de Manon Lescault, la soirée fut des plus réussies !

"Manon" de Jules Massenet - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Manon" de Jules Massenet - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Il fut courant de dire qu’étudier Timon d’Athènes de William Shakespeare, c’était étudier l’époque du dramaturge : celle de Jacques Ier d’Angleterre, le premier Stuart. Cependant, la pièce est de plus en plus étudiée pour elle-même et non plus dans on parallélisme supposé comme si la pièce exprimait  suffisamment de choses  sans avoir à chercher ailleurs. Dans la mise en scène de  Cyril Cotinaut et Sébastien Davis, présentée au Théâtre national de Nice après la première à la salle Juliette Greco à Carros, au texte de William Shakespeare s’ajoutent quelques lignes  de La Boétie, un chant de Purcell et quelques autres extraits. 

Quelle philosophie porte Timon d’Athènes ? Timon d’Athènes au lendemain des guerres du Péloponnèse, connaît en fait deux vies : d’abord philanthrope, si bon, si prodigue, Timon couvre de ses largesses une foule d’amis d’un jour. Tous ? Non car Apemantus le cynique résiste encore et toujours, dédaigne ses largesses, méprise autant le philanthrope que ses courtisans. En un mot, Apemantus ne souhaite pas se laisser acheter. Puis Timon d’Athènes, ruiné, esseulé, abandonné, retire tous ses vêtements et part vivre au fond de la forêt non sans vouer aux gémonies la ville ingrate et ses habitants qui ne valent guère plus cher. De philanthrope, Timon d’Athènes est de venu le pire des misanthropes.

Pour porter ce drame, six comédiens qui ne sont pas en quête d’auteurs, jouent la multitude des personnages du drame.  Rachel Verdonck, la scénographe a choisi d’abord le décor chargé d’un intérieur avec quelques portants permettant d’y entreposer les vêtements pour les changements de rôle. Ce procédé permet de dépouiller progressivement le plateau comme un arbre perd ses feuilles pour arriver à la forêt symbolisée par la seule brume.  La création lumière d’Albane Augnacs module les espaces.

Dans cet espace Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot les uns comédiens musiciens, les autres habitués des productions du TAC Théâtre de Cyril Cotinaut évoluent avec aisance. Les différents lieux de résidence dont le groupe a bénéficié (Fabrique Mimont à Cannes, L’Entrepont à Nice ou l’auditorium Jean Moulin du Thor dans le Vaucluse) lui ont permis de travailler tous les rôles avant mise en commun. La direction d’acteurs est solide et la prestation de qualité.

Cependant, les ajouts comme les chants de Purcell ou les extraits d’Étienne de la Boétie pour intéressants qu’ils soient peuvent sembler superfétatoires,  le texte de William Shakespeare se suffisant à lui-même.  Plus troublant encore dans  ce spectacle est l’insistance sur la transposition avec la métonymie Timon d’Athènes-surendettement actuel de l’État grec qui ne fonctionne pas. La contemporanéité du propos de William Shakespeare saute aux oreilles du spectateur, il est aisément transposable sans qu’il soit besoin d’ajouter des points sur les i.

Hormis ce défaut maniériste,  Timon d’Athènes demeure une belle proposition théâtrale.

 

Théâtre natinal de Nice - Timon d'Athènes - mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre natinal de Nice - Timon d'Athènes - mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis Cyrielle Voguet, Aliénor De Georges, Julien Aubrun, Frédéric de Goldfiem, Yann Lheureux, et  Thomas Rousselot ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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