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Blog de mes curiosités

Articles avec #fantastique catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique latine, #Amour, #Violence, #Bad boys, #fantastique
Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Que penser à la sortie d’un film lorsque plusieurs interprétations se télescopent ? Il faut dire qu’Amat Escalante surprend. Même le spectateur sûr de son fait depuis les premières minutes du film vacille finalement plus très sûr de son interprétation originelle. Car en fait deux mondes se côtoient dans La Région sauvage d’Amat Escalante : le monde du réel et l’autre monde : celui du rêve, du fantasme voire de la mort ; tout dépend.

Amat Escalante prend plaisir à mêler plusieurs registres : le drame, la comédie sociale, le policier, le fantastique pour mieux perdre son public. Côté réel, Alejandra et Angel ont deux enfants mais leur couple se distend et ce n’est pas l’envahissante belle-mère d’Angel qui va résoudre le problème. Alejandra a un frère Fabian, homosexuel notoire qui est l’amant de son beau-frère Angel. Enfin Veronica déboule dans l’histoire de chacun.

Le monde irréel est composé d’une petite maison dans un cadre bucolique tenue par Marta. Dans cette maison vit une créature spongieuse sorte de poulpe collant au corps et véritable machine à plaisir pénétrant les corps de toutes ses tentacules. Veronica semble être le trait d’union des deux mondes.

Et c’est là que les interprétations divergent : quel est ce monde ? Quelle est sa place dans l’histoire ? Est-ce un simple monde des fantasmes généré par les personnages qui n’en sont pas dénués ? Serait-ce le « moch » érotique, strate de l’au-delà imaginée par Werber   dans les Thanatonautes et que la série de meurtres permettrait de valider ?

Amat Esclalante nous invite à découvrir La Région sauvage mais tout dépend du spectateur. S’il en accepte le principe, s’il accepte de se laisser surprendre de se laisser bousculer et de suivre la crudité des situations, le spectateur réfléchira longtemps au sens de l’ensemble. Si vous visitez la Région sauvage comme des milliers de touristes déferlant au pas de charge plein de certitudes dans une civilisation autre que la leur ou dans une exposition d’art contemporain, nul doute que le voyage se fera sans vous.

 

« La Région sauvage » - Drame D’Amat Escalante avec Ruth Jazmin Ramos, Simone Bucio, Jesús Meza - Mexique, Danemark, France, Allemagne, Norvège, Suisse - Date de sortie : 19 juillet 2017 – Durée : 1h 39’

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #fantastique, #Europe, #arts appliqués, #Amour, #Violence, #mort
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Le nouveau film d’Olivier Assayas Personal Shopper présenté en compétition à la sélection officielle du Festival de Cannes 2016 est reparti avec le prix de la mise en scène, ex-æquo avec le film de Cristian Mungiu, Baccalauréat. Effectivement, les deux films présentent certaines similitudes notamment dans leur construction basée sur le non-dit, l’inversion des valeurs et la transgression des règles.

Comme Baccalauréat, Personal Shopper questionne encore longtemps après l’avoir vu et surprendrait malgré tout un spectateur qui en connaitrait l’histoire. Personal Shopper est la double histoire de Maurren qui ne se remet pas d’avoir perdu son frère jumeau dont elle attend un signe ainsi qu’ils se l’étaient promis de leur vivant et qui travaille pour un mannequin très en vue Kyra.

Quand elle ne cherche pas à entrer en contact avec l’au delà, Maureen fait les courses pour Kyra, circule entre maisons de luxe à Paris et à Londres, plateaux de mode et  appartement luxueux de Kyra. Maureen est seule souvent seule, elle se réfugie dans  la maison-atelier de son frère en banlieue ou dans son modeste appartement.

Kyra fait de rares apparitions laissant même temporairement planer le doute sur sa propre existence, Maureen reçoit des messages très précis d’un mystérieux interlocuteur, Maureen attend des signes de son frère qui finissent par se visualiser à l’écran tandis qu’un ectoplasme sort d’une chambre d’hôtel. Et le spectateur accepte de plonger au cœur du fantastique essayant de dénouer les films.

Personnal Shopper est un film qui repose entièrement sur les épaules de Kristen Stewart. Elle est inversement omniprésente comme si elle ne voulait pas disparaître. Elle finit par habiter  le film et ressembler à ses ectoplasmes qui hantent les lieux sans pouvoir atteindre la sérénité. Et si…

 

« Personal shopper » - Thriller fantastique d’Olivier Assayas avec Kristen Stewart, Lars Eidinger, Sigrid Bouaziz – France - Date de sortie 14 décembre 2016 – durée : 1h 50

Personal shopper d'Olivier Assayas - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comPersonal shopper d'Olivier Assayas - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comPersonal shopper d'Olivier Assayas - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Personal shopper d'Olivier Assayas - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #fantastique, #Violence
Arès de Jean-Patrick Benes avec Ola Rapace, Micha Lescot, Thierry Hancisse- Cinéma Mercury- Nice

Arès de Jean-Patrick Benes avec Ola Rapace, Micha Lescot, Thierry Hancisse- Cinéma Mercury- Nice

 Prolonger la courbe. A quatorze ans d’intervalle, aucun prévisionniste ne l’a fait et pourtant… Il suffisait de prolonger la courbe des sondages respectifs de Jean-Marie Le Pen et de Lionel Jospin en 2002 pour se rendre à l’évidence, il suffisait de prolonger les courbes cycliques des sondages d’Hillary Clinton et de Donald Trump en 2016 pour se préparer au choc.  Il ne fallait pas être grand clair, juste observateur.

 Quel rapport avec Arès le film très réussi de Jean-Paul Benes, scénariste entre autres de Kaboul Kitchen ?  Cette bonne surprise de fin d’année est en fait un film de science fiction, passé quasiment inaperçu, sorti le 23 novembre 2016.  Arès est le nom de combat de Reda (splendide Ola Rapace). Dans ce Paris pas si lointain, à une époque où la France, mondialisation oblige, se retrouve avec plus de dix millions de chômeurs, un gouvernement fantomatique et des firmes transnationales surpuissantes, les combats de néo gladiateurs réinventent le Panem et circenses romain.

Tous les coups sont permis, la civilisation d’écrans relaye à foison ces combats dans les rues, sur tous les supports tandis que l’aréna, elle, est vide. Financés par les grandes multinationales de laboratoire, l’Aréna devient à la fois le champ d’expérimentation et le lieu de la promotion de produits ultra-dopants que chacun utilise désormais sans contrainte. Les pauvres ont envahi les rues, les publicités trônent sur la tour Eiffel, la distance et la distanciation ont été abolies, le peuple qui ne se révolte pas croupit par hypnotisation d’écrans.  

De combattant fini qu’il était par accident cérébral consécutif au dopage, Reda ou Arès remonte sur les planches en prototype zéro soit le premier combattant à supporter sans mourir la nouvelle molécule qui doit révolutionner le monde du combat. Les enjeux financiers sont importants, les cadavres des cobayes passés aux pertes et profits,  l’intrigue, l’enjeu et l’enquête peuvent débuter.

La réussite de ce film de science fiction tient au remplacement des moyens démesurés par une intrigue ficelé au millimètre. Rien n’est négligé, le piège se met en place  tranquillement, les rebondissements sont crédibles, le spectateur entre deux scènes de combat se retrouve entrainé dans cette spirale infernale. Paris se retrouve transformé sous nos yeux à coup d’effets spéciaux ; ils ne nous montrent pas un Paris chamboulé mais juste un Paris légèrement transformé par les circonstances qui nous sont décrites, donc très crédible.

En somme, le film tient surtout parce qu’il a prolongé la courbe : la culture d’écran nous envahit, il restait à la parachever, le football dans les aréna envahit vos écrans, lesquels envahissent votre espace public, il suffisait de lui donner une dimension supérieure, le dopage est une réalité sportive qui se cache, il n’y avait plus qu’à le légaliser,  la gouvernance politique se tétanise devant le pouvoir des frimes transnationales,  il ne manquait plus qu’à affirmer leur prééminence.

Voilà sans doute les succès de la réussite de ce film qui, sous sa violence gratuite a priori, questionne notre monde et son devenir simplement… aussi simplement que le prolongement d’une courbe. Effrayant non ?  

 

Arès – Film d’Action et de Science fiction de Jean-Patrick Benes avec Ola Rapace, Micha Lescot, Thierry Hancisse – France - Date de sortie 23 novembre 2016 – Durée : 1h 20min

Arès de Jean-Patrick Benes avec Ola Rapace, Micha Lescot, Thierry Hancisse- Cinéma Mercury- Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArès de Jean-Patrick Benes avec Ola Rapace, Micha Lescot, Thierry Hancisse- Cinéma Mercury- Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Arès de Jean-Patrick Benes avec Ola Rapace, Micha Lescot, Thierry Hancisse- Cinéma Mercury- Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Europe, #fantastique, #mort, #Violence, #Mythe
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Sans atteindre la notoriété et la duplication artistique des Faust, Roméo et Juliette, Don Juan et autres Dracula, il faut bien admettre que Sweeney Todd entre dans la catégorie de ces personnages effrayants et fascinants à la fois que toutes les formes d’art se plaisent à décliner.  Si l’origine de Sweeney Todd se perd dans le roman The String of Pearls  écrit au milieu du XIXème sans doute par James Malcolm Rymer et Thomas Peckett Prest, le personnage s’est rapidement retrouvé adapté au théâtre avant de devenir personnage du cinéma muet puis du parlant  dans un film de George King en 1936 : Sweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street. C’est en 1973, que le britannique Christopher Bond écrit une nouvelle adaptation pour le théâtre qui servira de base au librettiste Hugh Wheeler et au compositeur et parolier Stephen Sondheim pour réaliser une comédie musicale en 1979. La légende de Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street était née.

Ce n’est évidemment donc pas le film musical réalisé par Tim Burton en 2007 que nous propose l’opéra de Toulon mais bien ce thriller musical créé par le compositeur Stephen Sondheim à Uris Theatre à Broadway le 1er mars 1979 sur un livret de Hugh Wheeler d’après la pièce de Christopher Bond. Sweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street, évolue entre misère sociale, injustice, lutte de classes, amours contrariées, meurtres et cannibalisme. Dans sa version musicale, l’œuvre oscille entre il Barbiere di Siviglia de Gioacchino Rossini et Il Trovatore de Giuseppe Verdi. Effectivement, l’œuvre emprunte au premier les amours contrariées d’un vieux barbon roulé dans la farine par sa pupille et au second la vengeance immanente, le destin tragique qui fait que Sweeney Todd finit par transformer en « human pie » la seule femme qu’il ait jamais aimée.  

L’orchestre de l’opéra de Toulon  en formation réduite est dirigé par Daniel Glet, qui a assumé de 2006 à 2010 la charge de directeur musical aux Folies Bergère pour les spectacles  Cabaret et Zorro. Très à l’aise dans la fosse, il assure avec fougue la direction musicale d’un plateau important qui du reste s’éparpille dans la salle ou dans les loges. Les décors de Christophe Guillaumin rendent l’œuvre contemporaine notamment par cette cuisine équipée d’un congélateur et d’un four impressionnant pour la confection des « human pies ».  La vapeur d’eau se répand sur la scène à chaque ouverture du congélateur et le micro-salon du barbier dans une sorte de loge permet les sorties discrètes des cadavres. Les Costumes de Frédéric Olivier accompagnent  la version contemporaine tout en la rattachant l’œuvre à ses origines avec notamment le costume du matelot Anthony Hope qui semble tout droit sorti de Querelle de Rainer Werner Fassbinder. Les lumières de Régis Vigneron renforcent enfin l’atmosphère glauque de l’ensemble.   

Sur scène l’excellente Alyssa Landry en Miss Lovett, maitresse femme est en parfait accord/désaccord avec l’excellent Jérôme Pradon, fort inquiétant en Sweeney Todd. Le couple fonctionne à merveille et donne à l’œuvre une  structure autour de laquelle les autres personnages évoluent.  Aux côtés de Jérôme Pradon, Ashley Stillburn maîtrise le rôle d’Anthony Hope, soutien fidèle de Sweeney et amoureux de Johanna, rôle que Sarah Manesse dans sa fragilité apparente anime. Le jeune Tobias dans son excitation juvénile est interprété par Julien Salvia très dynamique, très fougueux. Maxime de Toledo rend le juge Turpin très glaçant faisant contrepoint avec Thomas Morris, irrésistible dans son double rôle de Fogg et Pirelli, véritable caricature apportant un peu de fraicheur.

Le chœur de l’opéra de Toulon occupe l’espace et surtout, le chorégraphe Johan Nus semble avoir fait merveille avec lui. A plusieurs moments, le chœur accompagne la musique d’un mouvement dansé et de claquements  de pas, de bottes qui impriment à l’œuvre une certaine martialité et un certain rythme. C’est tellement bien pensé et bien fait qu’il est regrettable que la piste n’ait pas été davantage creusée. Enfin, le metteur en scène Olivier Bénézech réussit, contrairement à la mise en scène de Street Scene de Kurt Weil qu’il avait signée il y a quelques années, à envahir l’espace avec l’ensemble du plateau. La direction d’acteurs fait merveille, l’espace scénique est occupée. La seule petite interrogation pourrait concerner l’intrusion des choristes dans la salle à plusieurs reprises sans véritable intérêt alors que sur scène ils personnifiaient la foule anonyme et faisaient masse. Mais c’est un détail.

Sweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Cinéma, #Opéra, #Musique, #Amérique du Nord, #Europe, #fantastique, #Amour, #Patrimoine
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Ceux qui les connaissaient surprenants n’ont pas été étonnés de voir l’opéra s’allier avec les archives audiovisuelles de Monaco mais ceux qui ne les savaient pas facétieux l’ont appris avec le ciné-concert d’ouverture de la saison d’opéra. Débuter une saison d’opéra par un film muet avait évidemment comme une saveur de farce. Mais la facétie s’est révélée à la hauteur des talents conjugués des directeurs des deux institutions respectives : Jean-Louis Grinda et Vincent Vatrican.

Le Fantôme de l'Opéra d'après le roman éponyme de Gaston Leroux semblait tout indiqué pour lancer la saison lyrique 2016-2017 mais lequel choisir ? Le Fantôme de l'Opéra (The Phantom of the Opera), film américain de 1925, réalisé par Rupert Julian avait tout pour séduire. Tourné à l’époque du muet, reproduit sans succès dans une version sonore sans son acteur vedette, réalisé en noir et blanc avec, plusieurs séquences tournées sur des pellicules couleur, il représentait l'œuvre d’art singulière, offrant le plus de possibilités.

Contrairement au temps des années folles à Monaco et des films muets, accompagnés par des musiciens énergiques, hélas aujourd’hui illustres oubliés, l’improvisation sur le film Le Fantôme de l'Opéra a été réalisée par Jean-François Zygel, musicologue, homme de radio et de télévision et surtout un des meilleurs pianistes improvisateurs de notre temps. Ô tempora, ô mores.

Il faut dire que le résultat est à la hauteur de l’ambition affichée : salle comble, œuvre compréhensible par le public multiculturel de la salle, copie en excellent état, version originale à tous les points de vue.  Au piano, Jean-François Zygel déroule toute l’étendue de son savoir-faire, alternant les illustrations sonores, les associations d’idées musicales, les évocations, jouant sur les contrastes ou les ressemblances, sachant faire goûter les nécessaires secondes de silence lorsqu’elles s’imposent.

Si pendant une heure trente, Jean François Zygel a tenu en haleine son public, il ne pouvait clore cette soirée sans une dernière pirouette ; c’est à Cecilia Bartoli, présente dans la salle qu’il l’a dédiée, jouant, comme au temps de Jean-Sébastien Bach à la cour du Roi de Prusse, avec quatre lettres de son patronyme  A (La),B (Si), C (Do), et E (Mi), pour se lancer dans une dernière improvisation-hommage laissant la salle…sans voix.

Le Fantôme de l'Opéra de Rupert Julian - Opéra de Monte-Carlo et Archives audiovisuelles de Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Fantôme de l'Opéra de Rupert Julian - Opéra de Monte-Carlo et Archives audiovisuelles de Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Fantôme de l'Opéra de Rupert Julian - Opéra de Monte-Carlo et Archives audiovisuelles de Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Fantôme de l'Opéra de Rupert Julian - Opéra de Monte-Carlo et Archives audiovisuelles de Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Epoque moderne, #Epoque contemporaine, #Extrême orient, #Amour, #fantastique
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Petit, tandis que je découvrais les premiers dessins animés japonais dont le mythique Roi Léo dont le scénariste n’était autre qu’Eiichi Yamamoto, j’étais loin de m’imaginer qu’il réalisait parallèlement Belladonna ou la Belladone de la Tristesse. Film d’animation librement inspiré de la Sorcière de Jules Michelet, Belladonna est l’un des trois films érotiques de la collection Animerama des studios Mushi Production avant sa faillite dans les années 70.

Grand succès critique et festivalier, Belladonna ne connut pas en revanche à l’époque de succès public. Après 43 ans, le chef d'œuvre de l'animation japonaise revient (enfin) sur grand écran en version restaurée. L’histoire est simple : Jean aime Jeanne, Jeanne aime Jean mais le seigneur de son village exerce son droit de cuissage, ruinant son innocence et son avenir. Elle pactise alors avec le Diable pour obtenir vengeance.

Le film est tout d’abord une œuvre expérimentale et poétique qui n’a rien perdu de sa force d’attraction. L’animation fait alterner images fixes et séquences animées, convoque différents styles artistiques en mêlant images de tarot, images de mangas, tableaux célèbres et s’inspire outrageusement des peintres symbolistes comme Odilon Redon, Egon Schiele ou Félicien Rops Alphonse Mucha (notamment dans la mise en croix) ou des peintres de l’Art nouveau comme Alfons Mucha. Il serait intéressant d’ailleurs de reprendre le film pour le décortiquer et en analyser toutes les influences.

L’œuvre est évidemment très marquée par son époque. Belladonna est d’abord et avant tout une ode à la liberté des femmes et au féminisme. Quel que soit le pacte qui la lie au Diable, Jeanne est une femme qui a conquis sa liberté et sa liberté vaut bien le don de son âme au Diable. Le film fleure bon l’érotisme des années 70, la libération sexuelle, le film ne fait pas mystère des plaisirs. Le Diable se confond souvent avec le serpent, devient champignon, tube, colonne, verge… en un mot comme en cent, le Diable est un gland. L’univers est sensuel, érotique, les corps s’enroulent, s’emmêlent dans une extase orgiaque, les scènes de libation deviennent petit à petit plus explicites. Enfin, les images stroboscopiques et la musique à la fois classique, concrète ou psychédélique qui construisent le film nous font remonter par analogie à la Messe pour le temps présent composée par Pierre Henry et Michel Colombier.

Même s’il est marqué par une époque, que son contexte ne saurait mentir, Belladona n’est cependant pas un film daté ; il est toujours cet objet mystérieux, cet Obscur Objet du désir pour filer la paraphrase, qui se goûte encore avec un plaisir évident.

« Belladonna » – Film d’animation érotique d’Eiichi Yamamoto - Japon - Version restaurée - Date de reprise 15 juin 2016 - 1h 33’

Belladonna d’Eiichi Yamamoto - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBelladonna d’Eiichi Yamamoto - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBelladonna d’Eiichi Yamamoto - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Belladonna d’Eiichi Yamamoto - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Les deux pièces au programme de L’été danse proposé par les Ballets de Monte-Carlo quoique créées par deux chorégraphes différents ont les souvenirs, l’imaginaire et le fantastique en commun.

Voir la chorégraphie de l’Enfant et les Sortilèges dans le lieu même où l’œuvre de Colette mise en musique par Maurice Ravel fut créée le 21 mars 1925 ajoutait encore un peu d’émotion à la soirée. Dans la salle qui respire encore la présence de l’incontournable directeur d’alors, Raoul Gunsbourg, c’est une nouvelle interprétation de l’Enfant et les Sortilèges que nous livre Jeroen Verbruggen. Cet enfant n’est plus tout à fait un enfant ou plutôt, il voudrait sortir de l’enfance mais ne le souhaite pas vraiment. Il n’est pas l’Enfant mais celui que nous fûmes. L’excellent Daniele Delvecchio interprète à merveille ce souvenir d’enfance, cet Enfant révolté et ses gestes saccadés du début du spectacle, cet Enfant tendant le cou vers sa mère transformée en gigantesque anti-buste, cet Enfant créant son propre imaginaire, à partir de ses expériences, cet Enfant dont la gestuelle décrit parfaitement les angoisses, cet Enfant fantasmant sur des chats plutôt érotiques. L’Enfant interprété par Daniele Delvecchio est bousculé par toutes ses apparitions sorties de son imaginaire. Pour bien marquer ce passage et cette chaotique métamorphose vers l’âge adulte, Jeroen Verbruggen prolonge la musique de Maurice Ravel par un extrait de Didon et Enée d’Henry Purcell dans une version contemporaine de Ludovico Monk : Remember me, but ah! Forget my fate, Souviens-toi de moi ! Mais, ah ! Oublie mon destin. Tout est dit !

Pour la Le Baiser de la Fée, Vladimir Varnava a décidé de dépoussiérer considérablement l’œuvre. Les amoureux de Piotr Ilitch Tchaïkovski à qui Igor Stravinski rendait hommage en lui empruntant des thèmes en auront été pour leurs frais… tout comme les partisans du conte d'Andersen La Reine des neiges auquel le ballet faisait référence. Vladimir Varnava a choisi de réinterpréter musique et histoire du Baiser de la Fée. Le public était dès lors assez divisé entre partisans des réécritures et des réinterprétations et partisans du respect de l’œuvre dans son contexte d’origine. Quelle que soit la chapelle, l’ensemble s’est révélé assez déroutant. La création musicale d’Aleksandr Karpov, dédiée à Igor Stravinsky, s’éloigne de l’hommage à Piotr Ilitch Tchaïkovski et le parti pris fantastique, tire ses références de Métropolis, de l’univers des Marvel comics ou des mangas japonais. La scénographie et les costumes de Galya Solodovnikova répondent à ce parti pris et, reprenant l’exemple du Cendrillon de Maguy Marin, les danseurs hormis les deux principaux protagonistes sont rendus totalement anonymes par leur costume. Le parti pris bouscule, l’interprétation surprend mais l’ensemble est moins aseptisé, moins factice que ce que pourrait laisser une première impression.

Ballets de Monte-Carlo - L'été danse - L’Enfant et les Sortilèges - Jeroen Verbruggen - Le Baiser de la Fée - Vladimir Varnava ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBallets de Monte-Carlo - L'été danse - L’Enfant et les Sortilèges - Jeroen Verbruggen - Le Baiser de la Fée - Vladimir Varnava ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBallets de Monte-Carlo - L'été danse - L’Enfant et les Sortilèges - Jeroen Verbruggen - Le Baiser de la Fée - Vladimir Varnava ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ballets de Monte-Carlo - L'été danse - L’Enfant et les Sortilèges - Jeroen Verbruggen - Le Baiser de la Fée - Vladimir Varnava ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Le réalisateur s’appelle Nick Love, tout un programme et son nouveau film American Hero. Comme dans Vincent n’a pas d’écailles de Thomas Salvador (http://un-culte-d-art.overblog.com/2015/05/cinema-cinema-rialto-nice-vincent-n-a-pas-d-ecailles-et-ne-se-noie-pas-dans-un-verdon.html), American Hero suit les pas d’un personnage principal. Une fois mouillé, Vincent était capable de prouesses sportives hors du commun, dans American Hero, Melville, lorsqu’il a les nerfs, ne peut contrôler son pouvoir de lévitation. L’un et l’autre étaient chacun à sa manière, un antihéros.

Mais là s’arrête la ressemblance entre les deux films. Même dans leur anti-héroïsme, les deux personnages sont dissemblables : Vincent cachait son talent pour se fondre dans la masse, aspirant à une vie normale. Melville ne se sert de son prodigieux talent que pour faire des farces, étant trop dilettante pour en chercher une application efficace. Si Vincent travaille, Melville est bien trop occupé par l’alcool, la drogue, la fête et les filles pour s’en soucier. Cependant, s’il veut récupérer son droit de visite pour passer quelques temps avec son fils, il faut qu’il s’amende et prouve qu’il en est capable.

Et c’est bien là tout le problème car plus qu’un antihéros, Melvil est avant tout un anticonformiste : il est blanc mais il vit au milieu de la communauté noire, il est pacifiste mais accueille son meilleur ami qui revient handicapé la guerre en Irak, il est passablement délinquant mais ami avec le shérif et surtout, au milieu de cette faune ou d’Américains « qui ont réussi », il est d’une grande culture, écoute la musique classique européenne, joue du piano et cite des passages entiers d’Une Vie de Guy de Maupassant.

Enfin la principale différence entre les deux films réside dans le formel. Si Vincent n’a pas d’écailles a opté pour la fiction clairement assumée, American Hero a fait le choix du faux-documentaire. La caméra suit les personnages, les colle, les isole pour enregistrer leur confession. Les acteurs régulièrement modifient la structure du film en usant du regard-caméra qui donne alors au film son air de vrai-faux documentaire.

Très vite, le film trouve son rythme et son ton. L’ensemble est émouvant et comique à la fois. Malgré ses turpitudes, nul ne peut détester Melvil, interprété par le très inspiré Stephen Dorff, surtout pas le spectateur qui ne cesse de lui envier son prodigieux don.

« American Hero » de Nick Love - Comédie fantastique avec Stephen Dorff, Eddie Griffin, Luis Da Silva Jr. – Etts-Unis – Royaume-Uni - Date de sortie 8 juin 2016 - 1h 26’

American Hero de Nick Love - Cinéma Mercury - NIce ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAmerican Hero de Nick Love - Cinéma Mercury - NIce ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAmerican Hero de Nick Love - Cinéma Mercury - NIce ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

American Hero de Nick Love - Cinéma Mercury - NIce ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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[Cinéma – Archives audiovisuelles de Monaco – Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Salle Garnier – Monaco] Metropolis : un  originel original

Le monde de 2026 tel que Fritz Lang le représente en 1927 est un monde dichotomique avec une cité dirigée par un tyran et une caste de riches oisifs dans la partie supérieure de la cité et une foule de prolétaires qui travaillent sous la terre pour assurer le bien-être des premiers. Le scénario était écrit d’avance, il est vieux comme Roméo et Juliette d’avant William Shakespeare ; Freder, le fils du tyran Fredersen s’éprend évidement de la belle Maria sorte de Rosa Luxembourg idéalisée, égérie des prolétaires et renie sa caste.

Cette éternelle ficelle qui n’en finit plus de faire recette explique sans doute la longévité de l’amour que le public porte à Metropolis. Mais elle n’est pas la seule. Le deuxième élément qui provoque l’engouement réside dans la pastique particulière du film : le film présente des éléments d’architecture et des éléments du machinisme similaires à ceux des Temps Modernes de Charlie Chaplin sorti neuf ans plus tard. En cela, le film a témoigné d’une époque, la seconde révolution industrielle et témoigne encore aujourd’hui d’un passé souvent regretté, souvent fantasmé, celui de la cause ouvrière.

Il demeure enfin un dernier point qui classe irrémédiablement Metropolis parmi les chefs d’œuvre : c’est la musique originale de Gottfried Huppertz qui accompagne le film et qui le rend paradoxalement éternellement muet et éternellement vivant, qui en fait une sorte d’objet cinématographique inclassable. Si la musique de Gottfried Huppertz n’a rien de musicalement révolutionnaire, elle habite et anime le film en tenant lieu de dialogues, bande son et bruitage. En un mot comme en cent, elle procède du film sans lequel elle ne serait rien et sans laquelle le film n’aurait pas le même impact. Jouée par un orchestre philharmonique de Monte-Carlo bien dirigé par Giole Muglialdo, les élans musicaux et sa sempiternelle Marseillaise appelant à la révolte ont envahi la salle Garnier pendant que les images envahissaient la scène.

La version originelle et originale de Metropolis semblait perdue à tout jamais. C’est pourtant cette version que le public a découvert salle Garnier. Chacun pensait effectivement que le négatif des scènes coupées après la première exploitation du film à Berlin avait été irrémédiablement détruit en 1927. Le miracle est venu en 2008 de Buenos Aires où les conservateurs du musée du Cinéma ont déniché, dans leurs archives, une copie 16 mm très abîmée du film avec le montage originel. Le film s’est alors enrichi de vingt-six minutes supplémentaires, restaurées avec difficulté, montrant un affrontement inédit entre Fredersen et son rival Rotwang et de nouveaux angles de vue sur la cité.

Après les succès de la Nouvelle Babylone de Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg, du Mécano de la « Général » de Buster Keaton, de Folie de femmes d’Erich von Stroheim entre autres, le public attend bien évidement avec avidité la nouvelle proposition conjointe des Archives audiovisuelles de Monte-Carlo et de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo afin de découvrir ou de redécouvrir sur grand écran les trésors de notre patrimoine.

Archives audiovisuelles de Monaco et Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Metropolis de Fritz Lang ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArchives audiovisuelles de Monaco et Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Metropolis de Fritz Lang ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArchives audiovisuelles de Monaco et Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo - Metropolis de Fritz Lang ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Epoque contemporaine, #Violence, #environnement, #fantastique
Bella e perduta
Bella e perduta

Le dernier de Pietro Marcello qui avait séduit avec la Bocca del Lupo en 2009 était attendu. Avec Bella e Perduta, il suit le berger Tommaso qui veille jusqu’au jour de sa mort sur un palais abandonné dans la région de Naples en proie aux pillages et réduit à l’état de décharge par la Camorra. Le film commence par une séquence caméra sur l’épaule qui déambule dans un abattoir (heureusement) vide.

Le ton est donné : Symbolisme ? Énième film sur la mafia ? Fiction ou documentaire ? Pietro Marcello brouille les pistes à plaisir en entremêlant images tirées de l’actualité et notamment d’images de manifestations contre la Camorra et images de paysages bucoliques jusqu’à nous inviter Polichinelle qui émerge des profondeurs du Vésuve pour accomplir la dernière volonté de Tommaso : prendre soin d’un jeune buffle avec lequel il déambule dans l’Italie d’aujourd’hui.

Dans les pas d’Ésope ou de Jean de La Fontaine, Pietro Marcello dresse une fable terrible de l’Italie contemporaine, de la déliquescence de son riche passé patrimonial aux meurtres en série en passant par le mépris de la nature. Le film joue habilement de la confrontation : confrontation des images, confrontation des situations, confrontation du réel et du virtuel, confrontation de la fiction et du documentaire.

Est-ce l’irruption de l’irrationnel ou faut-il y voir une manigance de la Camorra ? Une heure après le début du film, une panne générale électrique a privé les spectateurs de la fin du film et c’est donc avec une confrontation « ravissement et contrariété » qu’ils sont repartis chez eux.

Nice - Cinéma Le Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Le Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Le Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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