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Blog de mes curiosités

Articles avec #bad boys catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique latine, #Amour, #Violence, #Bad boys, #fantastique
Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Que penser à la sortie d’un film lorsque plusieurs interprétations se télescopent ? Il faut dire qu’Amat Escalante surprend. Même le spectateur sûr de son fait depuis les premières minutes du film vacille finalement plus très sûr de son interprétation originelle. Car en fait deux mondes se côtoient dans La Région sauvage d’Amat Escalante : le monde du réel et l’autre monde : celui du rêve, du fantasme voire de la mort ; tout dépend.

Amat Escalante prend plaisir à mêler plusieurs registres : le drame, la comédie sociale, le policier, le fantastique pour mieux perdre son public. Côté réel, Alejandra et Angel ont deux enfants mais leur couple se distend et ce n’est pas l’envahissante belle-mère d’Angel qui va résoudre le problème. Alejandra a un frère Fabian, homosexuel notoire qui est l’amant de son beau-frère Angel. Enfin Veronica déboule dans l’histoire de chacun.

Le monde irréel est composé d’une petite maison dans un cadre bucolique tenue par Marta. Dans cette maison vit une créature spongieuse sorte de poulpe collant au corps et véritable machine à plaisir pénétrant les corps de toutes ses tentacules. Veronica semble être le trait d’union des deux mondes.

Et c’est là que les interprétations divergent : quel est ce monde ? Quelle est sa place dans l’histoire ? Est-ce un simple monde des fantasmes généré par les personnages qui n’en sont pas dénués ? Serait-ce le « moch » érotique, strate de l’au-delà imaginée par Werber   dans les Thanatonautes et que la série de meurtres permettrait de valider ?

Amat Esclalante nous invite à découvrir La Région sauvage mais tout dépend du spectateur. S’il en accepte le principe, s’il accepte de se laisser surprendre de se laisser bousculer et de suivre la crudité des situations, le spectateur réfléchira longtemps au sens de l’ensemble. Si vous visitez la Région sauvage comme des milliers de touristes déferlant au pas de charge plein de certitudes dans une civilisation autre que la leur ou dans une exposition d’art contemporain, nul doute que le voyage se fera sans vous.

 

« La Région sauvage » - Drame D’Amat Escalante avec Ruth Jazmin Ramos, Simone Bucio, Jesús Meza - Mexique, Danemark, France, Allemagne, Norvège, Suisse - Date de sortie : 19 juillet 2017 – Durée : 1h 39’

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Rialto - « La Région sauvage » d’Amat Escalante ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Proche orient, #Violence, #Amour, #Bad boys, #Epoque contemporaine, #Politique
Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’époque est troublée : l’affaire se déroule en Égypte lors des manifestations Place Tahir de janvier 2011 dans ce que l’Histoire nomme désormais les Printemps arabes. Si la politique n’est pas le sujet du film, elle est omniprésente par ses événements, les manifestations sur lesquelles se termine le film et par la corruption décrite comme un véritable sport national.

Sur fond de meurtre, de chantage et de corruption, le film suit le personnage  Noureddine, l’éternel inspecteur rebelle des thrillers chargé de l’enquête, sorte d’Inspecteur Harry version égyptienne. Dans un système policier mafieux, Noureddine enquête sur le meurtre d’une  chanteuse dans un hôtel et remonte le fil jusqu’à un proche de Moubarak.

Pot de terre contre pot de fer, puissant contre petit fonctionnaire, riche contre pauvre, corrupteur contre corruptible, inspecteur pas très normé contre intouchable, tout les ingrédients du thriller sont présents et cela fonctionne plutôt bien notamment en raison de la présence de Fares Fares qui porte le film à bout de bras, de bout en bout, qui lui imprime son rythme, sa marque, son tempo, son ambiance, ses rebondissements.

Régulièrement, la caméra lâche temporairement l’enquête pour capter l’ambiance du régime vacillant. Même si son héros n’est jamais bien loin, elle sonde tous les maux de la société égyptienne. La caméra suit les migrations, la pauvreté, la corruption, les contrastes sociaux, le manque d’eau, etc. Cela peut agacer comme cela peut intéresser. Mais cette promenade dans les vices de la société égyptienne impose un pessimisme et un fatalisme sur cette société qui présage déjà le sort fatal de l’Égypte et sa normalisation par coup d’État. Mektoub !

 

« Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh avec Fares Fares, Mari Malek, Yasser Ali Maher - suède, Allemagne, Danemark - Date de sortie : 5 juillet 2017 – Durée : 1h50’

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Europe, #Amour, #Violence, #Opéra, #Epoque moderne, #Bad boys, #Religion, #Politique, #Jalousie, #mort, #guerre
Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Evénement au Capitole de Toulouse et retour indirect de Voltaire après Candide (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/12/musique-theatre-du-capitole-toulouse-candide-energie-joie-et-optimisme-pour-la-fin-de-l-annee.html) avec la résurrection du Prophète, opéra en cinq actes de Giacomo Meyerbeer sur un livret d'Eugène Scribe et Émile Deschamps d'après l'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations  de Voltaire. Véritable phénomène au cours du XIXème siècle, Le Prophète a finalement déserté les scènes françaises notamment en raison de ses coûts de production.

L’intrigue suit la vie de Jean de Leyde entre Dordrecht et Münster en Allemagne à l’époque du grand déchirement entre catholiques et protestants en Europe au XVIème siècle. Jean de Leyde, chef protestant des anabaptistes et autoproclamé « roi de Sion », directement inspiré par ses visions divines affirmées, administra la communauté anabaptiste de Münster de  février 1534 à juin 1535 en autocrate dans un climat délirant loin de toute préoccupation religieuse sérieuse. Marguerite Yourcenar dans L’œuvre au noir retrace également  cet épisode.

Dans la fosse, Claus Peter Flor, invité régulier du théâtre du Capitole et spécialiste des répertoires allemand et autrichien, montre toute son habileté dans le grand opéra français. Pendant trois heures quarante, il fait résonner l’orchestre faisant ressortir toutes les couleurs de l’œuvre.  Sur scène, le plateau n’est pas franchement francophone mais, heureuse surprise, la diction est parfaite même si elle s’épuise pour certains à la fin de l’œuvre.  John Osborn  toujours  en forme tient le rôle titre, sa mère scénique Fidès et sa fiancée scénique Berthe sont remarquablement interprétées par Kate Aldrich et Sofia Fomina. Les trois anabaptistes, Zacharie, Mathisen et Jonas qui reviennent de manière récurrente sont respectivement et parfaitement incarnés par Dimitry Ivashchenko, Thomas Dear (le seul francophone du groupe) et Mikeldi Atxalandabaso. Seul Leonardo Estévez fait une entrée catastrophique en Comte d’Oberthal avant de se rattraper dans le peu qu’il  lui reste à chanter.

Stefano Vizioli signe la mise en scène et c’est sans doute la partie la plus fragile de l’œuvre. Sa conception offre un certain nombre de qualités, il est notamment bien secondé par Alessandro Ciammarughi pour les décors et les costumes et par Guido Petzold qui module les espaces avec ses lumières. Les mouvements chorégraphiques très marqués par l’époque de l’œuvre même retravaillés par Pierluigi Vanelli  font anachroniques mais, surtout, sans travail et sans pensée réelle sur l’ambivalence de Jean de Leyde, véritable despote aux visions mystiques, Stefano Vizioli en fait un simple opportuniste alors que son personnage est beaucoup plus tourmenté. Cela ne lui permet pas de  travailler les tunnels de l’œuvre notamment dans sa dernière partie.  Cependant, le fait même de voir l’œuvre ressurgir atténue fortement ce bémol sur la conception du personnage central.

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Amour, #Violence, #Opéra, #Patrimoine, #Bad boys, #mort, #Jalousie, #Moyen âge, #Mythe
"Il Trovatore" de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Il Trovatore" de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Créé en 1853, Il trovatore, opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi sur un livret de Salvatore Cammarano et Leone Emanuele Bardare d'après le drame espagnol El Trovador d'Antonio García Gutiérrez de 1836 fait partie de la trilogie dite populaire avec Rigoletto et la Traviata. A ce titre, il présente la difficulté comme les deux autres ouvrages d’avoir été souvent monté et donc de ne manquer aucunement de références.

Respecter le texte, donner du sens, proposer une lecture originale de l’œuvre, c’est donc à cet exercice que s’est attelé Francisco Negrin  qui avait déjà signé la mise en scène de Macbeth de Giuseppe Verdi en 2011-2012.  Sa proposition s’élabore avec la complicité de Louis Désiré qui retrouve son champ de compétence avec la scénographie et Bruno Poet à la création lumière.  Le parti pris de mise en scène se lit dans la scénographie de Louis Désiré. Chacun des acteurs tel Sisyphe poussant son rocher pousse son destin symbolisé par une barre verticale à l’avant-scène qui servira tantôt à séparer l’espace, certaines fois à séparer entre eux les personnages antagonistes et qui deviendra, poussé par elle, ô suprême supplice, le propre poteau du bûcher d’Azucena.

Partant de ce constat visuel, Francisco Negrin nous montre que nul n’échappe à son destin voire le tricote à chacun de ses gestes, se le construit à chacune des étapes de sa vie. Les chanteurs et le chœur, parfaitement dirigés, occupent l’espace, le modèlent, le modulent. Un groupe d’enfants permet de jongler avec les strates temporelles, ils sont l’avenir,  ils renvoient dans le souvenir, ils marquent la temporalité. De la même manière, une flamme omniprésente  marque l’origine de la vengeance et rappelle aussi la vacuité d’échapper à son destin : le bûcher est annoncé. Les lumières complètent habilement cette proposition accentuant les couleurs froides de l’action, transformant certaines fois d’un rouge vif l’action en une scène incandescente. 

Dans la fosse, Daniel Harding, un an après sa brillante prestation au Printemps des Arts dirige un orchestre philharmonique visiblement aux anges si l’on en croit l’ovation que les musiciens lui ont réservée à chacune de ses entrées. Le public est évidemment sur la même longueur d’onde. Sur scène, le plateau est homogène et de haute tenue même si José Antonio Garcia déçoit un peu en Ferrando.  Nicolas Alaimo (le Comte de Luna) fait trembler la scène de sa sonore colère, Francesco Meli (Manrico) endosse le rôle titre avec fougue. La voix est belle, bien timbrée mais l’absence de transposition du célèbre Di quella Pira, le met fugacement en difficulté.  Maria Agresta est une fabuleuse Leonora, elle rend parfaitement toutes les facettes du personnage. Enfin, Marina Prudenskaja étonne en Azucena. Précocement vieillie, elle devient par une démarche chaotique qui ne se départira jamais une extraordinaire sorcière cabossée par les épreuves.

En ne reniant rien de la temporalité de l’époque, de l’atmosphère, sans chercher à faire une transposition hasardeuse pour metteur en scène pressé, Francisco Negrin donne un nouveau souffle au Trouvère en faisant ressortir d’une solide exégèse du livret et de la musique, une proposition très fataliste semblant illustrer à merveille la réflexion de Thomas Mann dans la Montagne magique : On ne veut jamais que son destin.

"Il Trovatore" de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Il Trovatore" de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amour, #Proche orient, #Religion, #Bad boys
« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Trois jeunes femmes d’aujourd’hui à Tel-Aviv. Trois jeunes femmes en colocation, trois destins professionnels entre l’avocate, la barmaid et l’étudiante. A mesure que le film avance, la mosaïque ethnico-religieuse du Proche-Orient apparait, comme apparaissent les familles des uns et des autres, comme apparaissent finalement les carcans derrière la Tel-Aviv branchée. Quelle que soit leur apparence, les trois femmes finissent par être confrontées chacune à sa manière,  aux préjugés politiques, sociaux, religieux de sa communauté.

Politique, militant, engagé, le film et sa réalisatrice semblent l’assumer complètement. Le poids des traditions, la force du qu’en dire-t-on ?, la tartuferie religieuse, tous les chemins sont explorés. Les hommes les plus engagés, les plus libéraux se retrouvent placés sur un pied d’égalité avec les plus conservateurs : leur duplicité est régulièrement soulignée, surlignée, rappelée. Maysaloun Hamoud , la réalisatrice ne prend même plus la peine de convoquer les religieux, la société civile s’est appropriée le message.

Pour un premier film, Maysaloun Hamoud attaque fort, s’engage, prend des risques, évite la caricature ou le trop grand manichéisme. Cependant, Je danserai si je veux n’est pas exempt de défauts propres à un premier film. Si la distribution et la direction d’acteurs sont efficaces, Maysaloun Hamoud a-t-elle réellement mesuré la distance nécessaire à apporter à ce genre de film ? Le film semble être son cri, son combat, son credo mais ne laisse finalement que peu de marges de manœuvre aux actrices  qui doivent porter l’étendard. D’une manière plus formelle, le film se perd dans une foule de détails avant de fonctionner par ellipse au risque d’apparaître comme décousu.

Cependant, à ces réserves près, Je danserai si je veux est un film nécessaire qui nous rappelle encore et encore qu’il est des combats qui sont loin d’être achevés. Je danserai si je veux est un film d’espoir qui braque son objectif sur ces résistantes sans qui rien n’aurait été et ne sera possible.

 

 

 

« Je danserai si je veux » - Drame de Maysaloun Hamoud avec Mouna Hawa, Sana Jammelieh, Shaden Kanboura - Palestine, Israël, France - Date de sortie 12 avril 2017 – Durée : 1h 42min

« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud - Cinéma Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Musique, #Opéra, #Amérique latine, #Bad boys
"L'Ombre de Venceslao" de Martin Matalon - Opéra du Grand Avignon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"L'Ombre de Venceslao" de Martin Matalon - Opéra du Grand Avignon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Coproduit par neuf opéras français (Rennes, Toulon, Reims, Avignon, Clermont-Ferrand, Toulouse, Marseille, Bordeaux et Montpellier) sur une proposition du Centre Français de Promotion Lyrique (C.F.P.L.) L’Ombre de Venceslao était l’événement attendu de la saison 2016-2017.

Après avoir organisé les tournées du Voyage à Reims de Gioachino Rossini (2008-2010) et des Caprices de Marianne d’Henri Sauguet (2014-2016), le Centre Français de Promotion Lyrique passait commande à Jorge Lavelli et Martin Matalon d’un opéra : L’Ombre de Venceslao. L’Ombre de Venceslao de Raul Damonte Botana, alias Copi (1939-1987), écrite en espagnol en 1977 et traduite en français par Jorge Lavelli vingt ans plus tard, passait ainsi du registre du théâtre au registre du théâtre d’opéra. Le jeu des coproductions assurait le reste.   

Par définition, une création mondiale ne se refuse pas à qui aime la découverte et le risque. Dès son annonce en avril 2016 à l’occasion du spectacle Lucia de Lammermoor de Gaetano Donizetti http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/04/musique-opera-grand-avignon-avignon-une-lucia-de-lammermoor-de-folie.html), la décision était prise, l’alerte déclenchée pour la location des place dès son ouverture et commença alors l’attente ponctuée par les premières critiques émanant des villes où la pièce était produite.

Midi : le déjeuner au Brigadier du Théâtre se fait dans une atmosphère potache au cours duquel les partisans du « je ne vais voir que ce que je connais » sont étrillés. Mais soudain la vengeance immanente desdits partisans prend la forme d’un SMS la représentation de L'OMBRE DE VENCESLAO prévue ce dimanche après-midi est ANNULÉE ! Le Brigadier du Théâtre tombe sur la tête des convives, fort peu nombreux il est vrai.

Triste spectacle dans le hall de l’opéra où Raymond Duffaut, directeur du lieu, attend courageusement le public qui n’aurait pas eu l’information : La soprano Estelle Poscio étant souffrante et non immédiatement remplaçable, la représentation est bien annulée. L’ombre de Venceslao venait de passer en deux minutes au royaume des Limbes.  

"L'Ombre de Venceslao" de Martin Matalon - Opéra du Grand Avignon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"L'Ombre de Venceslao" de Martin Matalon - Opéra du Grand Avignon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"L'Ombre de Venceslao" de Martin Matalon - Opéra du Grand Avignon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"L'Ombre de Venceslao" de Martin Matalon - Opéra du Grand Avignon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #guerre, #Adolescence, #Violence, #Europe, #Bad boys, #Politique
« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Prisonniers en 1945 de l’armée danoise, plusieurs soldats allemands, tout juste post-adolescents sont envoyés sur les plages pour désamorcer les mines enfouies le long du littoral. Inspiré de faits réels, Les Oubliés de Martin Zandvliet revient sur cet épiphénomène historique en jouant sur plusieurs registres.

L’essentiel de l’action se déroule sur les longues plages de sable danoises plutôt propices désormais au sport qu’à cet exercice. Quand ils ne sont pas sur les plages, les adolescents ou jeunes adultes et leur garde-chiourme sont filmés dans leur baraquement de fortune. La fin de la guerre est filmée furtivement dans ce qu’elle a de plus problématique : la faim consécutive au dérèglement économique de l’occupation et de la libération. Pire, toute l’antériorité de la guerre, toute la période trouble de l’occupation est passée sous silence.  

Le film questionne plusieurs phénomènes inhérents à ces tragédies de la libération : jusqu’à quel point les hommes sont coupables ? Quelle rédemption peuvent-ils attendre ? Une résilience générale est-elle possible ? La clémence est-elle de mise ?  Le film essaie de questionner la responsabilité des hommes plutôt que de s’évertuer à nous montrer l’horreur des corps mutilés. Une seule scène sera de cet acabit et c’est effectivement largement suffisant.

Si le film possède des qualités notamment celle d’émouvoir, il perd en intensité en voulant questionner tous azimuts. Le film tombe dans le qui trop embrasse, mal étreint. Les caractères franchement cruels, franchement revanchards de certains personnages finissent par être noyés par un flot d’humanisme dont il est permis de douter qu’il fut la règle majoritaire de ces temps troublés. Mais il est consécutif au silence du film quant aux années antérieures. En fait, en se voulant profondément humaniste et particulièrement porteur d’espoir, le film ne tombe-t-il pas dans un autre manichéisme ?

 

« Les Oubliés » - Drame de Martin Zandvliet avec Roland Møller, Mikkel Boe Folsgaard, Joel Basman – Allemagne, Danemark - Date de sortie 1 mars 2017 – Durée : 1h 41min

« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Enfance, #Violence, #Bad boys
Cinéma Rialto - Nice - "De SAS en SAS" - Rachida Brakni ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - "De SAS en SAS" - Rachida Brakni ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le film débute dans un appartement se poursuit dans une voiture et il faut en profiter. Déjà les trains filent à plus ou moins grande vitesse, la voiture aussi, les lignes électriques partent vers un horizon lointain puis sont découpées par la prise de vue. Arrivée à Fleury-Mérogis sous une chaleur accablante, fin des grands espaces qui se sont déjà révélés fort minces et début de ces parcours brisés que les lignes électriques nous ont symboliquement fait entrevoir. 

Une dizaine de femmes, une petite fille et un seul homme prennent leur mal en patience pour accéder aux trente minutes de parloir réglementaires. Ils viennent voir qui un frère, qui un fils, qui un mari ; certains autres viennent voir quelqu’un sans que le spectateur n’en sache plus car l’essentiel du propos du film est ailleurs.  Ils sont de différentes origines, certains se connaissent de la cité, d’autres de la prison. Parmi eux se trouvent une novice, dont la simple apparence tranche avec les autres, et ceux qui ont suivi par le menu l’affaire d’Outreau se remémorent immédiatement Christine Martel, la femme du chauffeur du taxi qui pendant des années viendra régulièrement soutenir son mari.

Ils sont libres et pourtant ils sont enfermés : ils ne sont pas libres de leurs mouvements, pas libres de leur temps, pas libres de choisir, ils sont sous la loi des matons, régis par les codes de la prison, par son rythme, par ses mesures de sécurité. Et dans ce milieu contraint, Rachida Brakni alterne les scènes intimes et les scènes de groupe, filme les tensions générées par ces dynamiques de groupe particulières où les fous-rires, les règlements de compte de quartier, la solidarité, les règlements de compte familiaux se succèdent sans ordre logique visible.  

Le film de Rachida Brakni emprunte beaucoup au théâtre. Il convoque l’imaginaire de la petite fille qui se personnifie dans une sorte de père fantasmé lui venant régulièrement en aide. Le film fait indéniablement penser à Huis-Clos de Jean-Paul Sartre. Si les purs cinéphiles jugeront sans doute le film trop théâtral, les amateurs de théâtre y retrouveront certaines références et se remémoreront la tirade de Garcin : Alors c’est ça l’enfer. Je n’aurais jamais cru… Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril… Ah ! Quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : L’enfer c’est les Autres. S’ils la connaissaient, les personnages du film pourraient presque se sentir soulagés que la réplique d’Inès n’ait pas de sens ici : Morte ! Morte ! Morte ! Ni le couteau, ni le poison, ni la corde. C’est déjà fait comprends-tu ? Et nous sommes ensemble pour toujours.

 

« De Sas en sas » - Drame de Rachida Brakni avec Samira Brahmia, Zita Hanrot, Fabienne Babe – France - Date de sortie : 22 février 2017 – Durée : 1h 22min

Cinéma Rialto - Nice - "De SAS en SAS" - Rachida Brakni ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - Nice - "De SAS en SAS" - Rachida Brakni ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - "De SAS en SAS" - Rachida Brakni ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique du Nord, #Arts plastiques, #Littérature, #Violence, #mort, #Bad boys
Cinéma Mercurey- Nice - Nocturnal animals de Tom Ford ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Mercurey- Nice - Nocturnal animals de Tom Ford ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le film débute dans une galerie d’art avec une performance de vieilles majorettes bottées, bien en chair et nues. La performance et le vernissage qui l’accompagne sont filmés tantôt en plongée tantôt de face avec un ralenti sur chaque corps en mouvement et ses chairs qui se déplacent, qui en subissent le contrecoup. Face à la clientèle convenue des vernissages, les mannequins s’inscrivent aux antipodes des standards et des canons de la beauté.

Susan Morrow dirige cette galerie et sa vie serait un antonyme de sa galerie : joli mari, jolie petite vie, jolie maison, jolie galerie… joli ennui. Guère d’illusions sur les expositions contraintes par trop de paramètres, aucune illusion sur son mari volage, plus aucune illusion  jusqu’au jour où elle reçoit un colis.

Ce colis qui tombe à pic fonctionne au choix comme une boîte de pandore ou comme un révélateur, il contient le manuscrit de son premier mari. Ce roman violent qui le met en scène, entraine Susan Morrow dans les méandres de la fiction et de la réalité. Le film suit à ce moment trois pistes différentes : celle du roman qu’elle lit et les images visibles à l’écran sont les images mentales que la lecture fait naître en elle, celle de ses souvenirs et notamment de sa vie avec son premier mari et celle de la réalité à laquelle Susan Morrow revient constamment interrompue de manière récurrente dans sa lecture par un bruit insolite qui la ramène chez elle.

Si le montage du film rend bien les enchainements entre les mondes réel, fictionnel et mémoriel, il a les défauts de ses qualités : l’histoire fictionnelle est trop « léchée » pour représenter le monde du roman se déroulant à mesure de la lecture,  peut-être aurait-il mieux valu qu’il soit présenté comme le monde mémoriel par petites touches plus impressionnistes, moins formalisées pour se montrer davantage fidèle au cheminement et aux évocations mentales de la lecture.

Le film est en fait comme la vie de son héroïne : trop carrée, trop parfaite, trop standardisée mais fort heureusement contrairement à elle, nous ne nous y ennuyons pas !

 

« Nocturnal animals » - Drame, Thriller de Tom Ford avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon – États-Unis - Date de sortie 4 janvier 2017 – Durée : 1h 57min

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Publié le par Théodore Charles
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[Cinéma – Le Mercury – Nice]  Manchester by the Sea : histoire déconstruite pour mélodrame actuel

Même si chacun peut garder une réserve quant à la démonstration-construction du film, si chacun peut demeurer sur son quant-à-soi par rapport aux malheurs de la famille Chandler, Manchester by the Sea reste une vraie surprise cinématographique cette année et, comme les derniers spectateurs à avoir pu entrer dans la salle du cinéma Mercury étaient entassés au tout premier rang, le succès populaire et le bouche à oreille sont effectifs.

Evidemment, le récit linéaire de la famille Chandler du Massachusetts peut sembler a priori un peu « too much » tant elle semble accumuler les ennuis comme la lumière les papillons de nuit et les reniflements de la salle prouvent que l’objectif est atteint. Les personnages ont des caractères bien trempés, bien marqués : Casey Affleck en Lee Chandler est un teigneux cogneur… lorsqu’il a bu, Lucas Hedge en Patrick Chandler est l’adolescent dans toute sa splendeur et Gretchen Mol en mère alcoolique finit par chercher la rédemption en épousant le catholique ultra-pratiquant. L’ensemble fonctionne mais le stéréotype n’est jamais bien loin.

En revanche, la construction du film est sa grande force. Le récit est déconstruit, les flash-back nombreux, les histoires familiales s’entremêlent, les époques s’incrustent les unes dans les autres laissant au spectateur le soin de reconstituer minute après minute ce gigantesque puzzle aussi pulvérisé que les vies qu’il raconte. Cependant, une fois que le spectateur comprend la construction, il finit par attendre le point de rupture finalement annoncé.

Manchester by the Sea de Kenneth Lonergan demeure malgré tout un des incontournables de ce début d’année. Sans temps mort, il captive, sans linéarité, il interroge et sans fard, il donne un coup de projecteur intéressant et finalement assez novateur au mélodrame.

 

Manchester by the Sea - Drame de Kenneth Lonergan avec Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chandler – États-Unis - Date de sortie : 14 décembre 2016 - Durée : 2h 18min

 

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