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Blog de mes curiosités

[Musique - Opéra – Teatro alla Scala - Milan] Giuseppe Verdi : Rigoletto, lutte des classes à Mantoue

Milan - Teatro alla Scala - Rigoletto de Giuseppe Verdi

Milan - Teatro alla Scala - Rigoletto de Giuseppe Verdi

Sans avoir l’esprit d’escalier, il faut bien avouer que des Marches du Palais des festivals à Cannes où son dernier film Nostalgia était en compétition officielle alla Scala où était créé son Rigoletto de Giuseppe Verdi, Mario Martone abandonne temporairement les Napolitains pour la cour du duc de Mantoue. Il livre une interprétation très politique de Rigoletto où il met en exergue la lutte des classes et la critique de la noblesse renouant ainsi avec Le roi s'amuse de Victor Hugo, inspirateur du livret.

Pour souligner effectivement l’opposition des deux mondes, Mario Martone a recours à une scénographie qui va définir les deux mondes antagonistes. La tournette de Margherita Palli présente côté face, la riche villa à mezzanine symbolisant le centre du pourvoir du Duc de Mantoue et de sa cour, côté pile, les bas-fonds, les mauvais quartiers où se trouvent à la fois dans un foisonnement de décrochement, le logement de Rigoletto, le lieu d’action de Sparafucile, les chambres borgnes, les hôtels du même acabit etc.

Cette vision dichotomique est surlignée par les costumes d’Ursula Patzak, tenues de ville contre tenues décontractées, ainsi que par les lumières de Pasquale Mari qui oppose lumière blafarde du monde d’en bas à l’aspect solaire du monde d’en haut. Dans le premier monde l’ambiance est à la fête et Costantino Finucci (Marullo), Francesco Pittari (Matteo Borsa) et Andrea Pellegrini (Ceprano) peuvent tournoyer avec le chœur et commencer à préparer leurs manigances au profit du Duc (l’efficace Piero Pretti). Dans le second monde, l’heure est à la survie à l’image de la Maddalena superbement interprétée dans toute sa misère par Marina Viotti. Dans ce monde manichéen, le personnage de Monterone (Fabrizio Beggi) fait figure de lien entre les deux mondes annonçant leur chute.

Nul ne peut avoir oublié l’interprétation exceptionnelle de Léo Nucci dans le rôle-titre. Il semblait indéboulonnable, irremplaçable jusqu’à l’arrivée du baryton mongol Amartuvshin Enkhbat qui l’a remplacé un jour et qui, depuis s’est tout naturellement glissé dans le costume et imposé dans le rôle. Nul besoin de bosse, il est Rigoletto, cela semble une évidence.

Dans le livret, Gilda, la fille de Rigoletto, est une jeune fille avec des aspirations et des illusions de jeune fille. L’américaine Nadine Sierra est une excellente Gilda, qui chante en pied, assise, debout sur une table, suspendue à une barre. Avec son jean taille basse, elle incarne à merveille, scéniquement et vocalement, la jeunesse et l’insouciance du personnage. Si vous rajoutez à ce duo, le grave de Gianluca Buratto dans Sparafucile et son inquiétant jeu scénique, vous obtenez un cocktail détonnant pour cette production très convaincante.

Le chœur d’Alberto Malazzi, bien sonore et bien chorégraphié par Daniela Schiavone rend la situation extrêmement vivante et l’Orchestre sous la conduite de Michele Gamba imprime sa couleur à l’ensemble de l’œuvre, faisant de ce Rigoletto plus qu’une réussite, un modèle ?  

Milan - Teatro alla Scala - Rigoletto de Giuseppe Verdi - Théodore CharlesMilan - Teatro alla Scala - Rigoletto de Giuseppe Verdi - Théodore Charles
Milan - Teatro alla Scala - Rigoletto de Giuseppe Verdi - Théodore CharlesMilan - Teatro alla Scala - Rigoletto de Giuseppe Verdi - Théodore Charles

Milan - Teatro alla Scala - Rigoletto de Giuseppe Verdi - Théodore Charles

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