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Blog de mes curiosités

Articles avec #litterature catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Opéra, #Amour, #Violence, #Littérature, #mort
« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Visiblement, le roman de Nikolai Leskov écrit en 1865 Lady Macbeth du district de Mtsensk (Леди Макбет Мценского уезда) a le vent en poupe. Comme la vraie Lady Macbeth, Lady Macbeth du district de Mtsensk planifie les meurtres mais ne cède pas à la folie, comme Madame Bovary de Gustave Flaubert dont elle est la contemporaine, elle s’ennuie et ne connaît pas franchement l’extase auprès de son mari.

Il n’est donc pas étonnant que l’opéra se soit emparé de cette empoisonneuse par l’intermédiaire de Dmitri Chostakovitch sur un livret d'Alexandre Preis et du compositeur avec Lady Macbeth du district de Mtsensk ou plus simplement Lady Macbeth de Mtsensk ; cet opéra en quatre actes créé le 22 janvier 1934 au Théâtre Maly de Léningrad  subira cependant les vicissitudes du stalinisme avant de connaître une renaissance récente (http://un-culte-d-art.overblog.com/2015/05/musique-opera-de-monte-carlo-monaco-loin-de-nous-empoisonner-lady-macbeth-de-mtsensk-fascine.html).

Le cinéma s’empare dès 1961 du personnage avec Andrzej Wajda et sa Sibirska Ledi Magbet (Lady Macbeth sibérienne) ou en 1994 avec Valeri Todorovski et  Katia Ismailova. William Oldroyd rapatrie en 2017 The young Lady sur les terres britanniques en suivant le destin de  Katherine.  Katherine qui  mène une vie malheureuse dans l’Angleterre rurale du milieu du XIXème, fuit un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge en tombant amoureuse d’un palefrenier.

Le grand intérêt de toutes ses versions consiste à comparer le contexte et les variations d’une histoire à l’autre. Les permanences y sont : l’héroïne se prénomme Catherine, c’est une femme en mal être avec un époux absent qu’elle n’a pas choisi,  elle s’ennuie ferme dans sa maison, elle est dotée d’un beau-père acariâtre, elle est prête à tout pour vivre un amour passionné, elle empoisonne presque par inadvertance le premier gêneur puis  planifie plus froidement le reste des exécutions.

En revanche, la fin diffère d’une adaptation à l’autre. La déportation et le goulag font irruption chez Dmitri Chostakovitch et l’héroïne trompée se fait une dernière fois meurtrière avant de se suicider. Katherine, The young Lady est filmée de manière très académique se plaçant toujours dans un cadre qui l’enserre constamment. Elle se situe à mi-chemin entre la folie de la vraie Lady Macbeth et l’anéantissement de Katerina Lvovna Ismaïlova : elle se fait plus cynique. Sa folie sera le cynisme et son anéantissement sera l’ennui.

 

 

« The young Lady » - Drame de William Oldroyd avec Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Paul Hilton – Royaume-Uni - Date de sortie : 12 avril 2017 – Durée : 1h 29min

« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« The young Lady » de William Oldroyd - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Europe, #Littérature
Portrait Berlioz - Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Portrait Berlioz - Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Les adeptes de Louis de Funès alias Stanislas Lefort qui, dans la Grande Vadrouille ne [voulait] que Berlioz et [Lui], se sont retrouvés juste avant le concert avec quelques minutes d’Eliott Carter et son Figment pour violoncelle avec le désormais célèbre Ivan Karizna désormais surnommé cordicide pour son exploit lors du concert précédent. Belle prestation, ce jeune homme a un avenir visiblement tout tracé. Le portrait Berlioz est conçu fort intelligemment. Il fait découvrir trois facettes du compositeur avec l’ouverture d’un opéra, une œuvre pour la voix et une œuvre pour l’alto.  

Passées les cinq minutes de Carter, le public s’est donc plongé dans les œuvres d’Hector Berlioz. Première surprise pour les habitués de l’orchestre,  des têtes inconnues s’installent, l’Orchestre Les siècles vient d’envahir le plus pacifiquement du monde le plateau de l’auditorium Rainier III. Implanté dans les Hauts –de-France, conventionné par le Ministère de la Culture et de la communication, l’orchestre les Siècles sous la direction de François-Xavier Roth, réunit des musiciens jouant chaque répertoire sur les instruments historiques appropriés.

De l’opéra Les Francs-Juges opus 3, composé par Hector Berlioz, seule l’ouverture n’a pas été détruite par son auteur. D’autres extraits de cette œuvre ont été réutilisés dans des pièces postérieures. Les Francs-Juges, œuvre de jeunesse, composée dans les années 1820, connut des déboires et notamment  le refus du gouvernement de l’époque d’accorder une licence pour créer des opéras en français. Si seule l’ouverture est désormais jouée, les curieux pourront toujours écouter la Marche au Supplice de la Symphonie fantastique et le second mouvement de la Symphonie funèbre et triomphale  pour retrouver quelques vestiges de cet opéra à jamais disparu.

Cycle de six mélodies composées par Hector Berlioz sur des poèmes de Théophile Gautier, les Nuits d’été opus 7 connurent plusieurs variations dont l’attribution de chacune des mélodies à une vois différentes. Elles présentent la particularité également de faire intervenir certains instruments de l’orchestre, jamais l’ensemble. Les Nuits d’été opus 7  sont  interprétées ce soir comme cela se fait désormais par une voix unique : celle de la mezzo-soprano Marie Lenormand. Elle possède une qualité rare : une diction parfaite qui transmet chaque variation, chaque particularité du texte.

Enfin, la Symphonie en quatre parties Harold en Italie pourrait tenir à la fois de la symphonie et du concerto. Révélation Soliste Instrumental aux Victoires de la Musique classique 2014, Adrien La Marca à l’alto met en mouvement cette symphonie n’hésitant pas à entrer et sortir da la salle, à jouer en marchant dès la porte d’entrée du plateau franchie. Il est accompagné dans ce mouvement par quelques musiques qui esquissent une mise en espace inhabituelle et donc intéressante à observer.

Le Printemps des Arts vient de rendre hommage à Hector Berlioz, décidément très en avance sur son temps, de manière fort habile mais quel dommage que le public manifeste de manière intempestive entre les mouvements  sa détestable habitude d’applaudir tout, n’importe quoi à n’importe quel moment.

Portrait Berlioz - Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Portrait Berlioz - Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Portrait Berlioz - Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Portrait Berlioz - Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Portrait Berlioz - Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Théâtre, #Cinéma, #Littérature, #Patrimoine, #Amour
"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Une œuvre quelle que soit sa nature questionne le monde qui l’entoure. Le Barbier de Séville de Beaumarchais ne fait pas exception à la règle : il questionne la société d’ancien régime, sa nature, son déterminisme social,  ses volontés d’ascension sociale parfois contrariées, entre autres. Mis d’abord en musique en 1782 par Giovanni Paisiello, Il barbiere di Siviglia, ovvero La precauzione inutile, dramma giocoso en quatre actes sur un livret de Giuseppe Petrosellini,  est repris par Gioachino Rossini, sur un livret de Cesare Sterbini en 1816. Une œuvre aussi connue que le Barbier de Séville que cela soit en art dramatique ou en art lyrique est source de nombreuses mises en scène. Mais le souci pour un metteur en scène est au moins triple. Comment l’œuvre qu’il va créer, monter, produire, questionne les deux temps : celui de l’œuvre et celui de la production ? Comment sa mise en scène va se démarquer des précédentes voire des créations quasi-mythiques ? Quels aspects contemporains peut-il mettre en avant sans dénaturer le texte ni se lancer dans le contresens ? En un mot comme en cent, sa production doit faire sens.

A ce jeu, il semble pourtant qu’Adriano Sinivia ait perdu la boussole et se soit complètement égaré. Il avait pourtant signé en 2014 le très inspiré Elisir d’amore de Gaetano Donizetti pour lequel déjà la question était de savoir si le parti pris allait tenir ou s’il n’était que gadget. Mais fort heureusement, le parti pris esthétique l’avait alors emporté (http://un-culte-d-art.overblog.com/2014/06/musique-opera-de-monte-carlo-monaco-tout-mon-amour-dans-cet-elixir.html). Le parti pris choisi pour monter l’œuvre de Gioachino Rossini est cinématographique mais pas dans la conception de l’œuvre, Adriano Sinivia surajoute à l’œuvre une équipe de tournage dans une version Cinecittà des années 50. D’entrée, ce qui tient lieu de parti pris de mise  en scène ne fonctionne pas : le public entre dans la salle avec les studios de Cinecittà à vue, puis le rideau se ferme et rien ne se passe sur scène pendant toute l’ouverture. Pour quelle raison mystérieuse le rideau se ferme t-il ? Pourquoi ce brusque retour au spectacle vivant ? Mystère. L’équipe de tournage interviendra de manière sporadique et non en continu surajoutant des scènes aux scènes puis disparaitront quasiment du second acte comme par (dés)enchantement.

Non seulement le désenchantement intervient très rapidement  mais le contresens sur la nature même du cinéma est total. Au cinéma comme au théâtre, l’art de faire du vrai avec du faux est une constante mais elle ne se pratique pas de la même manière. Le cinéma est aussi l’art du montage. Au cinéma, un homme qui entre par une porte est immédiatement filmé des deux côtés de la porte par la magie du montage. Or dans sa mise  en scène, Adriano Sinivia se voit contraint pour maintenir son parti pris de tourner la scénographie au point d’alourdir toute l’action. Pire, comme il veut montrer toute la chaine de production, du tournage au pince-fesse en passant par la postsynchronisation, il ponctue chronologiquement la production de diverses interventions. Mais pourquoi dans ces cas-là projeter des images sur les décors dans une scène sensée filmer une action en train de se tourner ?   L’affaire devient de moins en moins crédible et le parti pris se délite.  Le cinéma représenté comme un adjuvant du spectacle vivant y perd du coup toute sa nature. Visiblement, d’un point de vue cinématographique, Adriano Sinivia a confondu captation et art.

Sur le plateau, l’ensemble est inégal. Inégal dans la durée ou inégal d’un personnage à l’autre.  Dmitry Korchak (le Comte Almaviva) semble s’être entièrement réservé pour son air final Cessa di più resistere ressemblant comme deux gouttes d’eau à l’air final de la Cenerentola. Écrit par Gioachino Rossini pour satisfaire les ténors frustrés d’être si peu honorés, il est souvent supprimé des représentations en raison de sa difficulté en fin de spectacle. Dmitry Korchak s’en sort parfaitement mais il donne l’impression de n’avoir travaillé que son final… comme s’il misait tout sur la dernière impression. Ses vocalises, amplement et copieusement savonnées, auront auparavant crispé l’auditoire.  Mario Cassi finit par redresser un peu la barre en Figaro alors qu’à ses débuts, il n’était pas en mesure avec l’orchestre faisant craindre le pire. Bruno de Simone  est un Bartolo convenu. Sa prestation est correcte mais elle est sans surprise, ne crève pas l’écran pour rester dans le ton de la pseudo mise en scène.  Annalisa Stroppa (Rosina) dans cette distribution relève largement les manques mais c’est la basse Deyan Vatchkov dont l’interprétation vocale et scénique sauve l’ensemble d’un naufrage certain qui est de loin le plus convaincant. Et à ce jeu de massacre, il faut bien dire qu’Annunziata Vestri (Berta) et Gabriele Ribis (Fiorello) tirent leur épingle du jeu.

Peut-être eût-il mieux valu que cette équipe redondante filmât Tout ça... Pour ça ! de Claude Lelouch, les Naufragés de David Charhon ou mieux ! Ridicule de Patrice Lecomte.

"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Il Barbiere di Siviglia" de Gioachino Rossini - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Opéra, #baroque, #Littérature, #Patrimoine, #Mythe, #Musique
Opéra de Monte-Carlo - La Cenerentola - Cecilia Bartoli et les Musiciens du Prince ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Monte-Carlo - La Cenerentola - Cecilia Bartoli et les Musiciens du Prince ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ce fut l’événement de l’année 2016 : la création de l’ensemble baroque Les Musiciens du Prince en Principauté de Monaco sur une proposition de Cecilia Bartoli en collaboration avec l’Opéra de Monte-Carlo, concept immédiatement soutenu par  S.A.S. le Prince Albert II et de S.A.R. la Princesse de Hanovre. La famille princière assistait d’ailleurs au concert inaugural (Haendel) du 8 juillet 2016 dans la Cour d’Honneur du Palais.

Renouer avec la tradition des musiques de cour des grandes dynasties royales et princières européennes des XVIIème et XVIIIème siècles sur un territoire singulier comme le territoire de la Principauté était effectivement une proposition originale par son anachronisme en ces temps où les orchestres sont plutôt mis à mal et par l’implication de la famille princière dans le développement des arts en Principauté.

Cecilia Bartoli annonçait également vouloir faire découvrir au public  des œuvres très peu voire jamais jouées ou interprétées. C’est effectivement une des principales qualités de Cecilia Bartoli de « désarchiver » des œuvres tombées dans l’oubli depuis des temps immémoriaux. Sa redécouverte de Niobe, regina di Tebe, opéra en trois actes d'Agostino Steffani est encore ancrée dans certaines mémoires.   

Bref, chacun ne pouvait que se réjouir d’entendre un ensemble baroque venant compléter la gamme des propositions musicales de la Principauté  déjà richement dotées avec l’Opéra, l’Orchestre philharmonique et le printemps des Arts. Par ailleurs, cette formation numériquement plus réduite pouvait se produire en différents points de la Principauté notamment à la salle Garnier qui offrait un écrin idéal. Enfin, le fait de redécouvrir, recréer, réinterpréter des œuvres oubliées, perdues, abandonnées faisait également écho avec la tradition de création des œuvres à Monaco.

Quelle ne fut donc pas la surprise de certains esprits chagrins à l’annonce de la volonté de Cecilia Bartoli de célébrer le bicentenaire de la création de La Cenerentola de Gioachino Rossini, œuvre effectivement fort peu connue, fort peu jouée, fort peu interprétée, avec un ensemble baroque venant empiéter sur le répertoire de l’orchestre philharmonique dans la très intime Salle des Princes du Grimaldi Forum, ses 1800 places et son plateau de 700 m2.  Annoncée en version de concert, La Cenerentola était au final ni tout à fait de concert ni tout à fait mise en scène non plus.

Perdus dans un public entièrement ceciliâtre ou bartophile lui réservant une ovation en fin de concert, quelques grincheux faisaient la moue, l’ennui les ayant rapidement gagnés. Le plateau n’est certes pas en cause réunissant des artistes rompus au répertoire rossinien : Sen Guo et Irène Friedli, membres de la troupe de l’Opéra de Zurich chantent  respectivement les rôles de Clorinda et de Tisbe, Carlos Chausson maîtrise parfaitement le rôle de Don Magnifico qu’il a l’habitude de chanter, Alessandro Corbelli  même malade vient à bout de sa performance en Dandini, Ugo Guagliardo et ses ailes chantent… Alidoro. Edgardo Rocha en Prince est une assez agréable découverte. Cecilia Bartoli renoue avec le rôle même si, dans une telle salle, les aigus se perdent facilement. Le chœur planté sur son estrade module ses interventions par rapport à ses prestations habituelles avec l’orchestre philharmonique.

Emmenés par Gianluca Capuano, les Musiciens du Prince forment certes une très bonne formation musicale mais le lieu est-il réellement adapté à ce type de formation ? Comme le chœur, l’orchestre ne couvre pas les voix mais finit certaines fois malgré toutes les qualités de chacun de ses interprètes par se perdre dans l’immensité. Enfin, la version ni-ni (ni de concert, ni mise en scène) offre un curieux mélange. Mis en espace par Claudia Blersch, les comédiens entrent à cour, sortent à jardin, et la régularité de leurs entrées et sorties est contrebalancée par des costumes fabuleux qui  fonctionnent à merveille sur un public peu interrogatif de la nécessité de partis pris de mise en scène. Or dans une œuvre aussi théâtrale que la Cenerentola de Gioachino Rossini qui puise à la fois chez Charles Perrault pour le conte et chez Marivaux pour l’inversion des personnages et des valeurs, ce ne sont pas trois perruques et six robes aussi délirantes soient-elles qui peuvent combler le vide. Le spectacle tient ainsi davantage de la musicale en costumes.

Cependant, La Cenerentola de Gioachino Rossini allie plusieurs qualités : elle est visuelle donc elle plaît à un très large public, elle est portée par la très médiatique Cecilia Bartoli, l’œuvre est connue ou du moins renvoie à notre enfance. Le spectacle est déjà destiné à tourner dans nombre de pays européens à l’exception notoire de l’Italie. C’est un joli outil de communication, très efficace pour poser les Musiciens du Prince dans  le panorama musical européen et pour assurer la promotion de la Principauté. Reste à espérer entendre l’an prochain, les Musiciens du Prince dans un répertoire baroque faisant sortir de l’ombre une partition oubliée dans un lieu plus en adéquation avec leur objet… comme il était écrit.  

Opéra de Monte-Carlo - La Cenerentola - Cecilia Bartoli et les Musiciens du Prince ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Monte-Carlo - La Cenerentola - Cecilia Bartoli et les Musiciens du Prince ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Monte-Carlo - La Cenerentola - Cecilia Bartoli et les Musiciens du Prince ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Monte-Carlo - La Cenerentola - Cecilia Bartoli et les Musiciens du Prince ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique du Nord, #Arts plastiques, #Littérature, #Violence, #mort, #Bad boys
Cinéma Mercurey- Nice - Nocturnal animals de Tom Ford ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Mercurey- Nice - Nocturnal animals de Tom Ford ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le film débute dans une galerie d’art avec une performance de vieilles majorettes bottées, bien en chair et nues. La performance et le vernissage qui l’accompagne sont filmés tantôt en plongée tantôt de face avec un ralenti sur chaque corps en mouvement et ses chairs qui se déplacent, qui en subissent le contrecoup. Face à la clientèle convenue des vernissages, les mannequins s’inscrivent aux antipodes des standards et des canons de la beauté.

Susan Morrow dirige cette galerie et sa vie serait un antonyme de sa galerie : joli mari, jolie petite vie, jolie maison, jolie galerie… joli ennui. Guère d’illusions sur les expositions contraintes par trop de paramètres, aucune illusion sur son mari volage, plus aucune illusion  jusqu’au jour où elle reçoit un colis.

Ce colis qui tombe à pic fonctionne au choix comme une boîte de pandore ou comme un révélateur, il contient le manuscrit de son premier mari. Ce roman violent qui le met en scène, entraine Susan Morrow dans les méandres de la fiction et de la réalité. Le film suit à ce moment trois pistes différentes : celle du roman qu’elle lit et les images visibles à l’écran sont les images mentales que la lecture fait naître en elle, celle de ses souvenirs et notamment de sa vie avec son premier mari et celle de la réalité à laquelle Susan Morrow revient constamment interrompue de manière récurrente dans sa lecture par un bruit insolite qui la ramène chez elle.

Si le montage du film rend bien les enchainements entre les mondes réel, fictionnel et mémoriel, il a les défauts de ses qualités : l’histoire fictionnelle est trop « léchée » pour représenter le monde du roman se déroulant à mesure de la lecture,  peut-être aurait-il mieux valu qu’il soit présenté comme le monde mémoriel par petites touches plus impressionnistes, moins formalisées pour se montrer davantage fidèle au cheminement et aux évocations mentales de la lecture.

Le film est en fait comme la vie de son héroïne : trop carrée, trop parfaite, trop standardisée mais fort heureusement contrairement à elle, nous ne nous y ennuyons pas !

 

« Nocturnal animals » - Drame, Thriller de Tom Ford avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon – États-Unis - Date de sortie 4 janvier 2017 – Durée : 1h 57min

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Littérature, #Epoque moderne, #Europe, #Amérique du Nord, #Amour, #Jalousie, #mort, #Patrimoine
"Manon" de Jules Massenet - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Manon" de Jules Massenet - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Parmi les ouvrages proposés cette saison par l’opéra de Monte-Carlo, Manon de Jules Massenet faisait partie des plus attendus. Attendu d’abord car le Manon de Jules Massenet se fait plus rare sur les scènes que le Manon Lescault de Giacomo Puccini, attendu ensuite parce qu’il marquait non Il ritorno d'Ulisse in patria (n’en déplaise à Claudio Monteverdi) mais le retour de Jean-François Borras dans sa patrie d’adoption. Comme à divers titres, Philippe Ermellier, Rodolphe Briand et Jeff Biziau étaient aussi de la partie, l’attente n’en était que plus forte.

De L'Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, sorte de « roman-mise en abyme » plutôt sombre de l’abbé Prévost mettant en avant un narrateur  racontant que le chevalier des Grieux lui avait dit que…, la musique a clairement élagué pour faire de l’héroïne Manon Lescault, le sujet central. En fait, la musique est allée même jusqu’à transformer l’esprit du roman et le spectateur lyrique aurait tort de se référer à la réflexion de Montesquieu dans ses Mémoires qui disait : « Je ne suis pas étonné que ce roman, dont le héros est un fripon et l'héroïne une catin [...] plaise, parce que toutes les mauvaises actions du héros [...] ont pour motif l'amour, qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse ». 

Si l’œuvre de Giacomo Puccini met en avant une Manon plus avide de plaisir, Massenet la voit, lui,  plus tourmentée par le doute, les choix.  De ce point de vue, la pièce de Jules Massenet est celle qui tourne le plus autour de la personnalité de Manon.  Pour accentuer ces différents traitements, la mise en scène d’Arnaud Bernard nous montre clairement  dès l’ouverture que le drame a déjà eu lieu ; la mort de Manon montrée d’entrée de jeu sur une plage est une sorte de clin d’œil au roman qui raconte de manière indirecte des faits passés depuis longtemps.

Pour venir à bout de cette œuvre et de ses différents tableaux, la scénographie d’Alessandro Camera joue beaucoup sur les panneaux coulissants qui découpent l’espace. Au flash-back qui suit la mort de Manon sur scène répond le découpage de la scène en différentes profondeurs de champ, la narration cinématographique n’est jamais bien loin.  Ces panneaux en s’ouvrant et se fermant modulent l’espace et permettent le passage dans les différents lieux que le roman comme les livrets imposent. Sur ces panneaux se distinguent des formes humaines stylisées, des ombres qui finissent par assister à tout le spectacle et qui renvoient là aussi à la structure du roman qui est le récit des souvenirs de quelqu’un qui a connu…  D’une histoire intime, le roman et les livrets en font une histoire publique. Dernière référence au roman, les costumes eux sont résolument XVIIIème siècle.

Le chœur complète la scénographie en se mouvant à l’intérieur de ces registres mais, contrairement aux chanteurs, sa direction est inégale notamment au moment de l’arrivée de la diligence en début de spectacle où les choristes bougent les bras dans un mouvement de balancier rythmé par des coups de fouet rendant l’ensemble fort peu crédible et fort peu élégant. Cette réserve est cependant balayée par la profusion de la fête de Cours-la-Reine très réussie.

Sur le plateau, Philippe Ermelier met le public en bouche d’entrée avec son rôle de l’hôtelier mais quel dommage qu’il soit si peu employé étant vocalement et scéniquement très présent… lorsqu’il apparaît. Charlotte Despaux, Jennifer Michel et Marion Lebègue campent le trio respectif, Poucette, Javotte et Rosette, très en voix et en énergie.  Marc Barrard joue un comte Des Grieux... avec noblesse tandis que Lionel Lhote incarne un Lescault de la garde du Roi maquignon à souhait, renouant là aussi avec le personnage du roman. Quant à Rodolphe Briand, sur lequel se sont acharnées poudreuse et maquilleuse, il excelle en Guillot de Morfontaine que le public aime et déteste à la fois, que le public prend tout à tour en pitié ou en grippe.  

Jean-François Borras, qui avait dû pour des raisons de santé laisser la place à Arturo Chacón-Cruz, revient en forme pour camper un éblouissant Chevalier à la diction parfaite, avec une aisance dans la voix comme dans le jeu. Il est LE chevalier ébloui par « son » apparition, « sa » Manon. Comme Des Grieux, Jean-François Borras passe d’un rôle à l’autre, d’un état à l’autre avec le même engagement et le même enthousiasme. La jeune soprano lyrique française Vannina Santoni qui a remplacé dans la deuxième distribution Sonya Yoncheva souffrante, aurait pu se sentir peu à l’aise. Il n’en a rien été, elle s’est glissée dans la peau de Manon avec une facilité déconcertante, évoluant aisément dans la scénographie, habitant le personnage dans ses doutes, ses joies ses peines ses trahisons. La voix est belle, la diction est bonne… quelle belle surprise, quel beau duo !

Et comme la direction d’Alain Guingal a été à la hauteur de l’orchestre, excellente, inutile de vous dire que malgré les affres  du chevalier Des Grieux et de Manon Lescault, la soirée fut des plus réussies !

"Manon" de Jules Massenet - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Manon" de Jules Massenet - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
"Manon" de Jules Massenet - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Manon" de Jules Massenet - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Manon" de Jules Massenet - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Littérature, #Epoque moderne, #Europe, #Amérique latine
Candide - Théâtre du capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Candide - Théâtre du capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Créé le 1er décembre 1956 au Martin Beck Theater de New York, Candide d’après l’œuvre éponyme de Voltaire est un opéra de Leonard Bernstein en deux actes sur un livret de Hugh Wheeler remanié à plusieurs reprises. C’est à la nouvelle version de John Caird (version du Royal National Theatre, 1998) que s’attaque Francesca Zambello à Toulouse.

Candide pose de multiples problèmes à un metteur en scène de théâtre en raison de la multiplicité des lieux et des personnages, il les décuple dès qu’il s’agit de la version lyrique dans la mesure où le Candide de Leonard Bernstein tient à la fois de l’opéra (la difficulté de l’air de Cunégonde), de l’opérette (mélange de chant, de comédie et de danse), de la comédie musicale (rôles écrits pour des voix non lyriques) et de l’opéra comique compte tenu de la place tenue par le texte parlé. Candide de Leonard Bernstein est tout cela et rien de tout cela à la fois c’est ce qui en fait sa richesse et sa rareté sur les scènes actuelles.

Pour éviter ce double écueil, Francesca Zambello s’est entourée d’une équipe d’exception permettant la mise en mouvement constante du plateau et rendant également tout son foisonnement, toute son agitation au conte de Voltaire. Pour éviter l’écueil des changements de lieu, Candide navigant entre le château du baron de Thunder-Ten-Tronckh en Westphalie et la montagne italienne en passant par le Surinam , Montevideo, le Portugal entre autres, Francesca Zambello a opté pour le décor unique modulable à vue.

Comme le conte de Voltaire est une œuvre fortement marquée par les périples aqueux (Venise, les océans, la rivière de l’Eldorado, les ports, etc.), James Noone, le scénographe a constitué un décor en bois symbolisant le pont d’un bateau qui se mue successivement en champ de bataille, en château allemand, en claque notoire, etc. Jennifer Moeller complète le dispositif avec d’ingénieux costumes modulables et réversibles permettant au chœur de changer de statut en un tournemain et aux personnages d’incarner leurs multiples facettes. Mark McCullough avec ses créations lumières module l’ensemble.

Sans la participation du chorégraphe Sean Fogel , le spectacle tomberait à plat : les scènes chorégraphiées de bataille, de vie sur le bateau, d’activités portuaires mettent chœur et artistes en mouvement. Non seulement, ils font vivre le décor mais ils rendent fort bien l’impression de mouvement permanent, d’agitation constante, de rebondissements en tout genre contenus dans l’œuvre de Voltaire.  Dans la fosse James Lowe est à la direction musicale. Ce chef d’orchestre connu pour diriger entre autres Sweeney Todd renforce l’aspect Broadway de la production.

Selon la métaphysico-théologo-cosmolonigologie chère à Maitre Pangloss, Tout devait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles quand une annonce nous indiqua qu’Andrew Stenson (Candide) malade jouerait le rôle tandis que qu’Andrew Maughan tiendrait à la fois le rôle de Cacambo  et les parties chantées du rôle titre. Comme dans ce meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux et madame la meilleure des baronnes possibles (sic), il ne pouvait advenir que le spectacle ne puisse pas être le meilleur des spectacles possibles …

En fait la solution s’est avérée parfaite, Andrew Maughan s’isolant sur le bord de scène pour les parties chantées de Candide et éviter la confusion. L’ovation que le public lui a réservée et les remerciements chaleureux d’Andrew Stenson lors des saluts ont suffi à témoigner de la parfaite réussite de sa performance. Sur le plateau, Voltaire (Wynn Harmon) lit son propre conte se muant de temps à autre en Maître Pangloss. Ils donnent  ainsi à deux l’auteur réel et le philosophe virtuel le tempo au plateau. Ashley Emerson est une Cunégonde absolument exceptionnelle à l’aise sur scène comme dans les notes, elle maîtrise son air de bout en bout tout en poursuivant son jeu de scène qui rend bien compte des différentes facettes cuégondiennes.  En Duègne monopyge, Marietta Simpson remporte son succès, la voix est belle, bien timbrée, le personnage truculent. Christian Bowers en Maximilian et en Révérend Père, Kristen Choi en Paquette complètent un plateau d’exception faisant vivre les personnages essentiels dit secondaires.

Francesca Zambello qui s’était illustrée dans le Vaisseau fantôme de Richard Wagner en janvier 2009 à l’opéra de Monte-Carlo démontre l’étendue de ses compétences … Ce soir, l’optimisme est de rigueur, visible à tous, la jovialité s’est invitée, quel beau cadeau pour les fêtes de fin d’année.  

Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. Que les grands de ce monde vous écoutent cher Candide.

Candide - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCandide - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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Paterson de Jim Jarmush ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Paterson de Jim Jarmush ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le nouveau film de Jim Jarmush ravive le souvenir de William Carlos Williams, poète et romancier américain du XXème siècle, également pédiatre et médecin généraliste né à Rutherford, un petit village proche de la ville de Paterson, dans le New Jersey. Dans sa mise en abîme délibérée, le film Paterson suit le destin de son héros Paterson, chauffeur de bus dans la ville de Paterson. Que fait Paterson à ses heures perdues ? De la poésie évidemment.

Dans une atmosphère urbaine pesante, témoin de la Rust Belt (ceinture de la rouille) qui en a massacré l’environnement, Paterson mène une vie d’une régularité métronomique : il se lève  le matin, conduit son bus, rentre à la maison, redresse la boîte aux lettres qui est de guingois, constate les excentricités de sa femme,  n’en dit rien, dîne, sort le chien Marvin, boit un verre au bar du coin et se couche. Tout semble rangé, ordonné, mortifère et pourtant…

Paterson dès qu’il le peut ouvre son cahier et écrit. Les sons extérieurs s’estompent, la vie métronomique aussi. Même si ses plages d’écriture reviennent à moments fixes, elles brisent le quotidien, la routine qui, étonnamment, sont ses sources d’inspiration directes. Sa poésie envahit alors tout : elle s’incruste à l’écran à côté de son visage ;  elle envahit la salle ou, plus exactement, le spectateur pénètre dans la tête du poète et vit la poésie en train de se faire ; il vit le processus de création.

Et l’irruption de la poésie au quotidien finit par bousculer les habitudes elles-mêmes : de séparés qu’ils apparaissaient dans leur lit au début du film les Paterson se rapprochent, se font plus unis que jamais, la montre-réveil et son temps contraignant deviennent beaucoup plus souples et le bar de moins en moins nécessaire.

L’histoire aurait pu tourner au drame le plus absolu mais l’irruption de la sagesse orientale en fin de film jointe à l’imprégnation poétique de tout l’environnement évitent la rupture mais pour le savoir… il faut aller voir. 

 

« Paterson » - Drame, Comédie de Jim Jarmusch avec Adam Driver, Golshifteh Farahani, Rizwan Manji – États-Unis -  Date de sortie : 21 décembre 2016 –Durée : 1h 58min

Paterson de Jim Jarmush ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comPaterson de Jim Jarmush ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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