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Blog de mes curiosités

Articles avec #politique catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #architecture, #Urbanisme, #Tourisme, #Politique, #guerre, #Moyen âge
Fougères- Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Fougères- Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Du premier royaume breton fondé par Nominoë vers 840 au mariage de Claude de France, fille d’Anne de Bretagne, avec le roi de France François Ier, la Bretagne indépendante et fière l’être a constitué un système défensif du nord au sud dans les marches bretonnes, zone de contacts entre le duché indépendant et le Royaume de France en construction.  Encore lisible aujourd’hui, il se matérialise par une série de châteaux et autres fortifications qui ont résisté au temps et à l’urbanisme. Toutes ces villes résonnent encore de noms illustres : Gilles de Rais, Olivier de Clisson, Bertrand du Guesclin, Anne de Bretagne qui nous replongent dans nos souvenirs d’enfance. De Clisson à Fougères en passant par Vitré ou Guérande, quatre vile témoigne de manières diverses de ce glorieux passé.

Guérande à l’intérieur des terres bretonnes est l’exemple parfait de la ville close non loin des marais salants qui ont contribué à sa fortune. Guérande a conservé son kilomètre et demi de remparts percés de quatre portes et quelques poternes. L’intérieur de la ville close abrite les ensembles religieux de la collégiale Saint-Aubin et la chapelle Notre-Dame-la-blanche. L’intérieur des remparts n’a pas échappé  au développement  du commerce touristique mais le site n’est pas encore trop pollué.  

Même si les halles et le vieux pont sont des merveilles, Clisson est surtout connu pour son imposante forteresse. Édifiée par les puissants seigneurs de Clisson du XIème siècle jusqu'au XVème siècle, le château sera renforcé par le duc de Bretagne François II qui fera bâtir une seconde enceinte munie de nombreuses tours défensives couvrant la partie ouest, plus exposée que l’autre protégée par la vallée de la Sèvre nantaise.

Plus au nord, la ville de Vitré, s’est développée sur un site défensif constitué d’un promontoire rocheux qui domine la vallée de la Vilaine. La ville s’est entourée d’une seule enceinte au XIIIème  siècle. Même si elle subsiste par endroits, l’enceinte a souffert du percement de voies dans le centre historique et de l'arrivée du train au milieu du XIXème siècle. Le château triangulaire est bâti sur le sommet de l'éperon rocheux, entouré de fossés secs. Il constitue une place forte dans la place forte et abrite aujourd’hui la mairie. Vitré a conservé, malgré les changements urbanistiques récents, des traces de son glorieux passé : Vitré compte 72 monuments historiques et 99 bâtiments inventoriés.

Enfin Fougères impressionne. Même si elle n’abrite que 24 monuments historiques et 87 bâtiments inventoriés, une paille par rapport à Vitré, l’étendue du secteur patrimonial est une curiosité à elle seule. Le château de Fougères occupe une superficie de deux hectares. Constitué de trois enceintes en bon état de conservation, il laisse apparaître treize tours encore debout dont certaines se visitent. Mais le château et sa ligne défensive ne doivent pas occulter d’autres richesses comme le premier beffroi jamais construit en Bretagne  en 1397 par des drapiers en goguette de retour des Flandres ou la porte Notre-Dame,  seule porte fortifiée de la ville qui subsiste encore présentant tous les éléments de défense : douves, meurtrières, mâchicoulis…

Témoins de leurs heures de gloire passées, ces villes ont décidé de s’engager dans une  démarche d’avenir avec la candidature à l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO… évidemment !

Guérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGuérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Guérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGuérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Guérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGuérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Guérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGuérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Guérande, Clisson, Vitre et Fougères ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Le Lude - Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Lude - Château ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Envie de visiter quelques châteaux renaissance mais affolé par les hordes touristiques, leur guide et leur parapluie de reconnaissance ? Une seule solution : privilégier les châteaux à l’écart des grandes destinations des brochures comme le château de Baugé-en-Anjou dans le Maine-et-Loire ou le château du Lude dans la Sarthe.

En 1454, à la fin des troubles de  la guerre de Cent Ans, René Ier d'Anjou hérite des ruines du château de sa mère Yolande d’Aragon dans la cité du Vieil-Baugé. Les hostilités s’éloignant, les progrès de l’artillerie rendant inutiles ces vieilles forteresses, René Ier d'Anjou fait construire un pavillon de chasse aux dimensions d'un manoir seigneurial, sur les plans de son architecte Guillaume Robin. Ce château, achevé en 1465, encore visible aujourd’hui abrite un musée.

Quelques dizaines de kilomètre plus loin, pour les mêmes raisons, le château du Lude se transforme.  A l’origine du château du Lude se trouvent les Normands et leurs incursions au IXème siècle. Pour s’en prémunir, le fort de la Motte au Lude aux confins du Maine, de l'Anjou et de la Touraine est édifié. Reconstruit un peu plus loin, une forteresse médiévale nouvelle sort de terre et se complexifie entre le XIIIème et le XVème siècle. Les soubassements de ce château, comme les douves sont encore visibles en regardant l’architecture générale. Jean de Daillon, propriétaire des lieux au XVème siècle fait appel à l’architecte Jean Gendrot qui rénove entièrement le vieux château et le transforme en un logis de plaisance dans le style de la Renaissance. Le château d’agrément semble ainsi posé sur la fortification médiévale.

Le château du Lude est un château privé habité par la même famille depuis 260 ans. C’est sans doute ce qui rend la visite originale. Ici les visites se font librement, certaines parties sont entièrement privées mais les extérieurs et une partie des intérieurs sont visibles.  Les extérieurs (douves, cuisines, souterrains, caves, grenier à grain et sa magnifique charpente) méritent à eux-seuls la visite. Le grand intérêt de ce château est qu’il vit. Les pièces visitées sont des pièces à vivre dont il est facile d’imaginer qu’elles se couvrent dans la matinée de tapis et cordes pour préserver l’ensemble et qu’elles sont rendues le soir à la vie familiale.

Mais le plus grand intérêt de ces deux châteaux est ailleurs. Loin des circuits touristiques traditionnels, ils sont peu visités ce qui laisse aux curieux toute latitude pour pouvoir savourer en paix, loin des selfies, la sérénité du Val de Loire louée par la pléiade.

Châteaux  - Le Lude - Sarthe et Baugé-en-Anjou - Maine-et-Loire et SartheChâteaux  - Le Lude - Sarthe et Baugé-en-Anjou - Maine-et-Loire et Sarthe
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Châteaux - Le Lude - Sarthe et Baugé-en-Anjou - Maine-et-Loire et Sarthe

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Lassay-les-Châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Lassay-les-Châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. Les guides touristiques pourrait faire leur cette formule de Mathieu (Mathieu 7, 13-14) car annoncer trois châteaux et ne se consacrer qu’à un seul pose problème au point que certains se demandent même si les trois châteaux annoncés ne sont pas trois châteaux en un.

Aux confins du Maine, à proximité de la puissante Normandie et ses ducs puis à la jonction des fiefs anglais et français, la contrée fut une zone de contacts pas toujours sympathiques entre Anglais et Français pendant la guerre de Cent ans pus entre Catholiques et Protestants pendant les guerres de religion.  La région a donc conservé des traces de sa ceinture défensive et la particularité de Lassay-les-Châteaux est d’en conserver trois à quelques kilomètres de distance. 

Les guides ne parlent que de lui ! LE château de Lassay-les-Châteaux : une imposante forteresse en forme d'octogone irrégulier  avec huit tours dont deux au châtelet construite à la fin de la Guerre de Cent ans. Comme le château de Bonaguil dans le Lot et Garonne qui ne servit jamais, la forteresse née trop tard pour être pleinement opérationnelle, ne fut pas détruite par l’usage militaire. Éloignée des grands centres, elle ne servit pas non plus de carrière sous la Révolution. Appartenant au domaine privé, le château classé depuis les origines ou presque ne se découvre qu’en visite guidée.

Le second château est un peu à l’écart et pour peu que le visiteur n’insiste pas, il passe à côté d’un deuxième édifice en plus mauvais état : le château de Bois-Thibault. Sur les guides, il tient en trois lignes. Reconstruit lui aussi après la guerre de Cent ans, il fut habité jusqu’en 1830 avant de dépérir. Il ne reste du château que des vestiges classés monuments historiques en 1925, rachetés par la commune de Lassay-les-Châteaux. Le site est ouvert gratuitement au public grâce à l’action de bénévoles qui s’ingénient à le réanimer.

Le troisième château, troisième volet de la chasse au trésor est inaccessible à quiconque ne sait pas lire correctement une carte. Perdu dans la campagne mayennaise, implanté sur une propriété agricole gardée par un chien, il s’observe de la route. C’est évidemment celui qui est le plus abimé mais c’est également celui qui procure le plus de plaisir car comme le dit Milan Kundera dans La plaisanterie : On désire toujours, par dessus tout, l'inaccessible, avec avidité.

Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cité Plantagenêt - Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Certains se rendent au Mans pour les 24 heures du même nom, d’autres moins férus de sport mécanique, y séjournent pour s’empiffrer de rillettes mais il serait bon que les touristes délaissent les surpeuplés Saint-Malo et La Rochelle pour une ville nettement plus intéressante, se détachent des pseudo-reconstitutions en toc du Puy-du-Fou pour aller faire fonctionner leurs méninges devant du patrimoine pluri-centenaire que leur imaginaire pourra reconstruire à l’envi.

Dans un espace de neuf ha, la Cité Plantagenêt du Mans vous renvoie non seulement à l’époque de Robin des bois mais également à celle des Romains. De l’époque romaine, Le Mans a conservé une partie de l’enceinte gallo-romaine, renforcée au Moyen-âge et miraculeusement sauvegardée sans doute parce qu’elle épousait les formes topographiques de la vieille ville… Point de périphérique à construire sur les remparts !

 Du Moyen-âge, la ville transpire la présence des Plantagenêts à tous les coins de rue. Normal ! Geoffroy Plantagenêt comte d’Anjou et du Maine par mariage aura pour fils Henri II d’Angleterre le père de Richard Cœur de Lion contemporain réel de l’imaginaire Robin. L’épouse de Richard Cœur de Lion, la Reine Bérangère fondatrice de l‘abbaye de l’Épau est présente à travers la maison qui porte son nom mais qu’elle n’a jamais dû visiter dans la mesure où elle lui est antérieure de deux siècles. Visiblement au Mans, c’est comme au Far West, lorsque la légende dépasse la réalité, on écrit la légende.

Bien plus contemporaine des Plantagenêts, la Cathédrale Saint-Julien est absolument impressionnante et il est même curieux qu’elle ne soit jamais citée avec les autres joyaux gothiques de la même période. Visible de toute part, elle abrite un volume sous voûte absolument impressionnant. Le dégagement fait voir son chevet et ses entrelacs d’arcs-boutants abritant ça et là des statues.

Le Mans est décidément la ville où il fait bon de flâner le nez en l’air sur les pavés car dans ce périmètre, les maisons du XVème et les palais renaissance rivalisent entre eux. Seul bémol, la Nuit des Chimères, spectacle sons et lumières qui transforme pavés et façades de monuments historiques en écrans de projection. Là est justement le problème ! Ils servent de support à des images et à rien d’autre comme un simple écran. Les projections ne font rien ressortir du monument contrairement à la mise en valeur par la couleur de la façade de la cathédrale de Poitiers par exemple.

Le Mans est depuis longtemps labellisée "Ville d'art et d'histoire" et souhaite poursuivre la valorisation de sa cité Plantagenêt en se portant candidate au patrimoine mondial de l'Humanité auprès de l’UNESCO. Qui vote pour ?

Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abandonnant temporairement sa programmation très grand public, le Cinéma Les Beaux Arts de Monaco propose Dunkerque de Christopher Nolan hélas en version française. Christopher Nolan interrompant ses combats intergalactiques retrouve le plancher des vaches et se polarise sur un événement historique majeur : l’évacuation en urgence de la poche de Dunkerque en 1940 pendant la campagne de France. S’intéresser à ces réflexes historiques qui vous transforment une défaite en victoire par une idée de génie comme les Taxis de la Marne en 1914 ou la grande armada des petits bateaux de 1940 est effectivement éminemment cinématographique.

Dunkerque est un film de guerre, Dunkerque est un film sur un événement historique, Dunkerque possède tous les traits du film de guerre, batailles, héroïsme, petites lâchetés, gros lâchages, sacrifices, honneurs, etc. De ce point de vue il se place dans la foulée de Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg. Dunkerque casse régulièrement les grands espaces par des espaces extrêmement contraints, anxiogènes jouant avec la respiration du public. Comme tous les films de guerre, Dunkerque vise au réalisme mais souligne certaines situations, fait des choix, n’évite pas certains défauts comme  l’héroïque atterrissage sur la plage en fin de film mais il fonctionne.

Le principal atout de Dunkerque est qu’il tient en haleine et en émotion en jouant sur six strates spatio-temporelles qui s’entrecroisent. Dunkerque montre bien la conjonction des trois éléments la mer, la terre et l’air pour comprendre les enjeux de cette bataille. Hormis quelques scènes en début de film, Dunkerque ignore superbement la ville dont il porte le nom pour se concentrer sur les interfaces aéro-maritimo-terrestre, là où tout se joue. Dunkerque joue aussi avec trois temps : les deux jours de l’évacuation, la nuit de la traversée de la grande armada et les quarante-cinq minutes de carburant qu’il reste au pilote pour nettoyer le ciel. En passant d’une strate à l’autre, en faisant de l’interface spatiale le point de convergence de l’interface temporelle, Christopher Nolan fait mouche et rend le film dynamique et émouvant.

Certes le film oublie Dunkerque, les forces françaises, les Allemands présents uniquement par les balles et les bombardements assez lâches puis vaguement visibles dans les dernières scènes, mais Dunkerque reste un film très réussi pou peu que le public se laisse porter par le film de guerre. Pour un atterrissage après des années dans l’espace, Christopher Nolan s’en sort fort bien.

 

 

« Dunkerque » - Film de guerre de Christopher Nolan avec Fionn Whitehead, Tom Glynn-Carney, Jack Lowden – États-Unis, France, Royaume-Uni, Pays-Bas - Date de sortie : 19 juillet 2017 – Durée : 1h 47min

Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
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Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’époque est troublée : l’affaire se déroule en Égypte lors des manifestations Place Tahir de janvier 2011 dans ce que l’Histoire nomme désormais les Printemps arabes. Si la politique n’est pas le sujet du film, elle est omniprésente par ses événements, les manifestations sur lesquelles se termine le film et par la corruption décrite comme un véritable sport national.

Sur fond de meurtre, de chantage et de corruption, le film suit le personnage  Noureddine, l’éternel inspecteur rebelle des thrillers chargé de l’enquête, sorte d’Inspecteur Harry version égyptienne. Dans un système policier mafieux, Noureddine enquête sur le meurtre d’une  chanteuse dans un hôtel et remonte le fil jusqu’à un proche de Moubarak.

Pot de terre contre pot de fer, puissant contre petit fonctionnaire, riche contre pauvre, corrupteur contre corruptible, inspecteur pas très normé contre intouchable, tout les ingrédients du thriller sont présents et cela fonctionne plutôt bien notamment en raison de la présence de Fares Fares qui porte le film à bout de bras, de bout en bout, qui lui imprime son rythme, sa marque, son tempo, son ambiance, ses rebondissements.

Régulièrement, la caméra lâche temporairement l’enquête pour capter l’ambiance du régime vacillant. Même si son héros n’est jamais bien loin, elle sonde tous les maux de la société égyptienne. La caméra suit les migrations, la pauvreté, la corruption, les contrastes sociaux, le manque d’eau, etc. Cela peut agacer comme cela peut intéresser. Mais cette promenade dans les vices de la société égyptienne impose un pessimisme et un fatalisme sur cette société qui présage déjà le sort fatal de l’Égypte et sa normalisation par coup d’État. Mektoub !

 

« Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh avec Fares Fares, Mari Malek, Yasser Ali Maher - suède, Allemagne, Danemark - Date de sortie : 5 juillet 2017 – Durée : 1h50’

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Evénement au Capitole de Toulouse et retour indirect de Voltaire après Candide (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/12/musique-theatre-du-capitole-toulouse-candide-energie-joie-et-optimisme-pour-la-fin-de-l-annee.html) avec la résurrection du Prophète, opéra en cinq actes de Giacomo Meyerbeer sur un livret d'Eugène Scribe et Émile Deschamps d'après l'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations  de Voltaire. Véritable phénomène au cours du XIXème siècle, Le Prophète a finalement déserté les scènes françaises notamment en raison de ses coûts de production.

L’intrigue suit la vie de Jean de Leyde entre Dordrecht et Münster en Allemagne à l’époque du grand déchirement entre catholiques et protestants en Europe au XVIème siècle. Jean de Leyde, chef protestant des anabaptistes et autoproclamé « roi de Sion », directement inspiré par ses visions divines affirmées, administra la communauté anabaptiste de Münster de  février 1534 à juin 1535 en autocrate dans un climat délirant loin de toute préoccupation religieuse sérieuse. Marguerite Yourcenar dans L’œuvre au noir retrace également  cet épisode.

Dans la fosse, Claus Peter Flor, invité régulier du théâtre du Capitole et spécialiste des répertoires allemand et autrichien, montre toute son habileté dans le grand opéra français. Pendant trois heures quarante, il fait résonner l’orchestre faisant ressortir toutes les couleurs de l’œuvre.  Sur scène, le plateau n’est pas franchement francophone mais, heureuse surprise, la diction est parfaite même si elle s’épuise pour certains à la fin de l’œuvre.  John Osborn  toujours  en forme tient le rôle titre, sa mère scénique Fidès et sa fiancée scénique Berthe sont remarquablement interprétées par Kate Aldrich et Sofia Fomina. Les trois anabaptistes, Zacharie, Mathisen et Jonas qui reviennent de manière récurrente sont respectivement et parfaitement incarnés par Dimitry Ivashchenko, Thomas Dear (le seul francophone du groupe) et Mikeldi Atxalandabaso. Seul Leonardo Estévez fait une entrée catastrophique en Comte d’Oberthal avant de se rattraper dans le peu qu’il  lui reste à chanter.

Stefano Vizioli signe la mise en scène et c’est sans doute la partie la plus fragile de l’œuvre. Sa conception offre un certain nombre de qualités, il est notamment bien secondé par Alessandro Ciammarughi pour les décors et les costumes et par Guido Petzold qui module les espaces avec ses lumières. Les mouvements chorégraphiques très marqués par l’époque de l’œuvre même retravaillés par Pierluigi Vanelli  font anachroniques mais, surtout, sans travail et sans pensée réelle sur l’ambivalence de Jean de Leyde, véritable despote aux visions mystiques, Stefano Vizioli en fait un simple opportuniste alors que son personnage est beaucoup plus tourmenté. Cela ne lui permet pas de  travailler les tunnels de l’œuvre notamment dans sa dernière partie.  Cependant, le fait même de voir l’œuvre ressurgir atténue fortement ce bémol sur la conception du personnage central.

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Sacra di San Michele - abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse - Val de Suse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sacra di San Michele - abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse - Val de Suse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Les diverses ruses suivies de toutes les difficultés militaires que le fameux Charles-Emmanuel avoit employées au délai d’un traité et à l’occupation de son duché de Savoie, l’avoient mis en état de se bien fortifier à Suse ; d’en empêcher les approches par de prodigieux retranchements bien gardés, si connus sous le nom des barricades de Suse, et d’y attendre les troupes impériales et espagnoles dont l’armée venoit à son secours1. Il est des noms, des souvenirs  qui ont rythmé les cours d’histoire à l’Université et qui soudain deviennent autre chose que des mots : Pignerol et le surintendant Nicolas Fouquet, la bataille de Suse et du pas-de-Suse décrite par le Duc de Saint-Simon (CF. supra) ou encore Hannibal et ses éléphants passant peut-être par là  en sont autant d’exemples.

Suse porte effectivement quelques stigmates de son passé glorieux.  Des traces romaines témoigne de son passage de capitale du royaume de Suse avant annexion par l’Empire romain et son nouveau statut de capitale de la province des Alpes cottiennes au premier siècle de notre ère : aqueduc, amphithéâtre, arc d’Auguste. D’autres traces rappellent que la ville fut également une ville importante au Moyen-âge et à l’époque moderne et qu’elle était partie intégrante de la Savoie : cathédrale, porte de la Savoie ou château.

A quelques encablures de là, Pignerol ou Pinerolo est restée célèbre pour avoir accueilli en captivité le surintendant Fouquet, première victime de l’absolutisme louis-quatorzien. Mais Pignerol est également l’épicentre de la lutte des deux grandes puissances de l’époque moderne : la France qui essayait de briser l’encerclement réalisé par les Habsbourgs. C’est d’ailleurs à Pignerol dans la basilique Saint-Maurice (protecteur de la famille de Savoie) que sont inhumés certains ducs de Savoie, preuve de l’importance politique de la ville à l’époque.

Enfin entre Suse et Pignerol se trouve perché sur son nid d’aigle l'abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse (Sacra 'd San Michel ëd la Ciusa en piémontais et Sacra di San Michele en italien), présenté comme le Mont-Saint-Michel du Piémont. Mais pour pouvoir accéder à l’intérieur, il fallait prendre de vitesse l’abbé et ses ouailles pour ne pas perturber le service divin de midi. Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, candides que nous fûmes, si le mouvement Cinq étoiles qui gère pitoyablement la ville de Turin n’avait cru bon d’organiser (bien grand mot) une course cycliste paralysant complètement la ville. Pas de déviation, pas de plan de circulation, des forces de police débordées, en un mot comme en cent : le foutoir. Après une heure pour sortir de la ville, l’abbé et ses ouailles, tortues parties à point, nous avaient devancés, nous pauvres lièvres, nous privant par là même de la visite de l’abbaye. Voilà pourquoi je déteste (entre autres) le mouvement Cinq Étoiles.

1 Mémoires de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, tome 1,  chapitre V

Suse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSuse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSuse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’affaire pourrait être simple : Rabih, jeune chanteur aveugle, invité avec sa chorale à se produire en Europe doit obtenir un passeport. Dans tout pays en paix, la procédure peut paraître longue mais elle est relativement simple. Pour un jeune homme né dans le Liban de la fin de la guerre civile, l’affaire se révèle plus hasardeuse, plus compliquée que prévue… surtout lorsqu’il apprend que ses parents ne sont pas ses parents biologiques.

Le titre original du film était Rabih, le Printemps, allusion sans doute à la renaissance de ce jeune homme qui ne porte le prénom, dans une identité sinon renouvelée du moins assumée. Le film a été présenté à la Semaine de la critique sous le nom de Tramontane ce qui nous fait évidemment penser à Molière et à Monsieur Jourdain dans  le Bourgeois gentilhomme : Le Ballet des Nations, Première Entrée, autre gascon : Je perds la tramontane, autrement dit, je suis désorienté.  

En quête d’identité, Rabih nous conduit dans un périple libanais, au sud, à Beyrouth, au nord, à l’Est dans l’Atlas. Et à chaque fois qu’il pense avoir trouvé ses origines, il se heurte aux mensonges des hommes. Le film d’ailleurs n’est pas avare de plans symbolisant le labyrinthe avec plusieurs ouvertures, plusieurs portes souvent sur le côté, plus rarement de face : à chacun sa recherche et à chacun sa vérité.

Et quand cesse ce labyrinthe, à la fin du film, Rabih chante, chante ses origines, chante la filiation, Rabih est rasséréné, Rabih renaît dans son identité assumée. S’il est en paix, s’il représente l’espoir, il est le symbole de son pays, une mosaïque ethnique, une mosaïque religieuse, une mosaïque politique, un pays ravagé par les conflits, un pays meurtri par ses souvenirs mal assumés, incapable encore de voir et d’écrire sa propre tragédie.

 

« Tramontane » -  Drame de Vatche Boulghourjian avec Barakat Jabbour, Julia Kassar, Michel Adabashi - Liban, France, Qatar, Émirats arabes unis - Date de sortie : 1er mars 2017 –Durée : 1h 45min

"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #guerre, #Adolescence, #Violence, #Europe, #Bad boys, #Politique
« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Prisonniers en 1945 de l’armée danoise, plusieurs soldats allemands, tout juste post-adolescents sont envoyés sur les plages pour désamorcer les mines enfouies le long du littoral. Inspiré de faits réels, Les Oubliés de Martin Zandvliet revient sur cet épiphénomène historique en jouant sur plusieurs registres.

L’essentiel de l’action se déroule sur les longues plages de sable danoises plutôt propices désormais au sport qu’à cet exercice. Quand ils ne sont pas sur les plages, les adolescents ou jeunes adultes et leur garde-chiourme sont filmés dans leur baraquement de fortune. La fin de la guerre est filmée furtivement dans ce qu’elle a de plus problématique : la faim consécutive au dérèglement économique de l’occupation et de la libération. Pire, toute l’antériorité de la guerre, toute la période trouble de l’occupation est passée sous silence.  

Le film questionne plusieurs phénomènes inhérents à ces tragédies de la libération : jusqu’à quel point les hommes sont coupables ? Quelle rédemption peuvent-ils attendre ? Une résilience générale est-elle possible ? La clémence est-elle de mise ?  Le film essaie de questionner la responsabilité des hommes plutôt que de s’évertuer à nous montrer l’horreur des corps mutilés. Une seule scène sera de cet acabit et c’est effectivement largement suffisant.

Si le film possède des qualités notamment celle d’émouvoir, il perd en intensité en voulant questionner tous azimuts. Le film tombe dans le qui trop embrasse, mal étreint. Les caractères franchement cruels, franchement revanchards de certains personnages finissent par être noyés par un flot d’humanisme dont il est permis de douter qu’il fut la règle majoritaire de ces temps troublés. Mais il est consécutif au silence du film quant aux années antérieures. En fait, en se voulant profondément humaniste et particulièrement porteur d’espoir, le film ne tombe-t-il pas dans un autre manichéisme ?

 

« Les Oubliés » - Drame de Martin Zandvliet avec Roland Møller, Mikkel Boe Folsgaard, Joel Basman – Allemagne, Danemark - Date de sortie 1 mars 2017 – Durée : 1h 41min

« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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