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Blog de mes curiosités

Articles avec #politique catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #architecture, #Moyen âge, #Politique, #Tourisme
Lassay-les-Châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Lassay-les-Châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. Les guides touristiques pourrait faire leur cette formule de Mathieu (Mathieu 7, 13-14) car annoncer trois châteaux et ne se consacrer qu’à un seul pose problème au point que certains se demandent même si les trois châteaux annoncés ne sont pas trois châteaux en un.

Aux confins du Maine, à proximité de la puissante Normandie et ses ducs puis à la jonction des fiefs anglais et français, la contrée fut une zone de contacts pas toujours sympathiques entre Anglais et Français pendant la guerre de Cent ans pus entre Catholiques et Protestants pendant les guerres de religion.  La région a donc conservé des traces de sa ceinture défensive et la particularité de Lassay-les-Châteaux est d’en conserver trois à quelques kilomètres de distance. 

Les guides ne parlent que de lui ! LE château de Lassay-les-Châteaux : une imposante forteresse en forme d'octogone irrégulier  avec huit tours dont deux au châtelet construite à la fin de la Guerre de Cent ans. Comme le château de Bonaguil dans le Lot et Garonne qui ne servit jamais, la forteresse née trop tard pour être pleinement opérationnelle, ne fut pas détruite par l’usage militaire. Éloignée des grands centres, elle ne servit pas non plus de carrière sous la Révolution. Appartenant au domaine privé, le château classé depuis les origines ou presque ne se découvre qu’en visite guidée.

Le second château est un peu à l’écart et pour peu que le visiteur n’insiste pas, il passe à côté d’un deuxième édifice en plus mauvais état : le château de Bois-Thibault. Sur les guides, il tient en trois lignes. Reconstruit lui aussi après la guerre de Cent ans, il fut habité jusqu’en 1830 avant de dépérir. Il ne reste du château que des vestiges classés monuments historiques en 1925, rachetés par la commune de Lassay-les-Châteaux. Le site est ouvert gratuitement au public grâce à l’action de bénévoles qui s’ingénient à le réanimer.

Le troisième château, troisième volet de la chasse au trésor est inaccessible à quiconque ne sait pas lire correctement une carte. Perdu dans la campagne mayennaise, implanté sur une propriété agricole gardée par un chien, il s’observe de la route. C’est évidemment celui qui est le plus abimé mais c’est également celui qui procure le plus de plaisir car comme le dit Milan Kundera dans La plaisanterie : On désire toujours, par dessus tout, l'inaccessible, avec avidité.

Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Lassay-les-Châteaux - Les trois châteaux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Moyen âge, #Urbanisme, #Patrimoine, #architecture, #Tourisme, #Politique, #Antiquité, #Religion
Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cité Plantagenêt - Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Certains se rendent au Mans pour les 24 heures du même nom, d’autres moins férus de sport mécanique, y séjournent pour s’empiffrer de rillettes mais il serait bon que les touristes délaissent les surpeuplés Saint-Malo et La Rochelle pour une ville nettement plus intéressante, se détachent des pseudo-reconstitutions en toc du Puy-du-Fou pour aller faire fonctionner leurs méninges devant du patrimoine pluri-centenaire que leur imaginaire pourra reconstruire à l’envi.

Dans un espace de neuf ha, la Cité Plantagenêt du Mans vous renvoie non seulement à l’époque de Robin des bois mais également à celle des Romains. De l’époque romaine, Le Mans a conservé une partie de l’enceinte gallo-romaine, renforcée au Moyen-âge et miraculeusement sauvegardée sans doute parce qu’elle épousait les formes topographiques de la vieille ville… Point de périphérique à construire sur les remparts !

 Du Moyen-âge, la ville transpire la présence des Plantagenêts à tous les coins de rue. Normal ! Geoffroy Plantagenêt comte d’Anjou et du Maine par mariage aura pour fils Henri II d’Angleterre le père de Richard Cœur de Lion contemporain réel de l’imaginaire Robin. L’épouse de Richard Cœur de Lion, la Reine Bérangère fondatrice de l‘abbaye de l’Épau est présente à travers la maison qui porte son nom mais qu’elle n’a jamais dû visiter dans la mesure où elle lui est antérieure de deux siècles. Visiblement au Mans, c’est comme au Far West, lorsque la légende dépasse la réalité, on écrit la légende.

Bien plus contemporaine des Plantagenêts, la Cathédrale Saint-Julien est absolument impressionnante et il est même curieux qu’elle ne soit jamais citée avec les autres joyaux gothiques de la même période. Visible de toute part, elle abrite un volume sous voûte absolument impressionnant. Le dégagement fait voir son chevet et ses entrelacs d’arcs-boutants abritant ça et là des statues.

Le Mans est décidément la ville où il fait bon de flâner le nez en l’air sur les pavés car dans ce périmètre, les maisons du XVème et les palais renaissance rivalisent entre eux. Seul bémol, la Nuit des Chimères, spectacle sons et lumières qui transforme pavés et façades de monuments historiques en écrans de projection. Là est justement le problème ! Ils servent de support à des images et à rien d’autre comme un simple écran. Les projections ne font rien ressortir du monument contrairement à la mise en valeur par la couleur de la façade de la cathédrale de Poitiers par exemple.

Le Mans est depuis longtemps labellisée "Ville d'art et d'histoire" et souhaite poursuivre la valorisation de sa cité Plantagenêt en se portant candidate au patrimoine mondial de l'Humanité auprès de l’UNESCO. Qui vote pour ?

Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Cité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCité Plantagenêt -  Le Mans ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Europe, #Epoque contemporaine, #guerre, #Politique
Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abandonnant temporairement sa programmation très grand public, le Cinéma Les Beaux Arts de Monaco propose Dunkerque de Christopher Nolan hélas en version française. Christopher Nolan interrompant ses combats intergalactiques retrouve le plancher des vaches et se polarise sur un événement historique majeur : l’évacuation en urgence de la poche de Dunkerque en 1940 pendant la campagne de France. S’intéresser à ces réflexes historiques qui vous transforment une défaite en victoire par une idée de génie comme les Taxis de la Marne en 1914 ou la grande armada des petits bateaux de 1940 est effectivement éminemment cinématographique.

Dunkerque est un film de guerre, Dunkerque est un film sur un événement historique, Dunkerque possède tous les traits du film de guerre, batailles, héroïsme, petites lâchetés, gros lâchages, sacrifices, honneurs, etc. De ce point de vue il se place dans la foulée de Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg. Dunkerque casse régulièrement les grands espaces par des espaces extrêmement contraints, anxiogènes jouant avec la respiration du public. Comme tous les films de guerre, Dunkerque vise au réalisme mais souligne certaines situations, fait des choix, n’évite pas certains défauts comme  l’héroïque atterrissage sur la plage en fin de film mais il fonctionne.

Le principal atout de Dunkerque est qu’il tient en haleine et en émotion en jouant sur six strates spatio-temporelles qui s’entrecroisent. Dunkerque montre bien la conjonction des trois éléments la mer, la terre et l’air pour comprendre les enjeux de cette bataille. Hormis quelques scènes en début de film, Dunkerque ignore superbement la ville dont il porte le nom pour se concentrer sur les interfaces aéro-maritimo-terrestre, là où tout se joue. Dunkerque joue aussi avec trois temps : les deux jours de l’évacuation, la nuit de la traversée de la grande armada et les quarante-cinq minutes de carburant qu’il reste au pilote pour nettoyer le ciel. En passant d’une strate à l’autre, en faisant de l’interface spatiale le point de convergence de l’interface temporelle, Christopher Nolan fait mouche et rend le film dynamique et émouvant.

Certes le film oublie Dunkerque, les forces françaises, les Allemands présents uniquement par les balles et les bombardements assez lâches puis vaguement visibles dans les dernières scènes, mais Dunkerque reste un film très réussi pou peu que le public se laisse porter par le film de guerre. Pour un atterrissage après des années dans l’espace, Christopher Nolan s’en sort fort bien.

 

 

« Dunkerque » - Film de guerre de Christopher Nolan avec Fionn Whitehead, Tom Glynn-Carney, Jack Lowden – États-Unis, France, Royaume-Uni, Pays-Bas - Date de sortie : 19 juillet 2017 – Durée : 1h 47min

Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Cinéma des Beaux-Arts - « Dunkerque » de Christopher Nolan ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Proche orient, #Violence, #Amour, #Bad boys, #Epoque contemporaine, #Politique
Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’époque est troublée : l’affaire se déroule en Égypte lors des manifestations Place Tahir de janvier 2011 dans ce que l’Histoire nomme désormais les Printemps arabes. Si la politique n’est pas le sujet du film, elle est omniprésente par ses événements, les manifestations sur lesquelles se termine le film et par la corruption décrite comme un véritable sport national.

Sur fond de meurtre, de chantage et de corruption, le film suit le personnage  Noureddine, l’éternel inspecteur rebelle des thrillers chargé de l’enquête, sorte d’Inspecteur Harry version égyptienne. Dans un système policier mafieux, Noureddine enquête sur le meurtre d’une  chanteuse dans un hôtel et remonte le fil jusqu’à un proche de Moubarak.

Pot de terre contre pot de fer, puissant contre petit fonctionnaire, riche contre pauvre, corrupteur contre corruptible, inspecteur pas très normé contre intouchable, tout les ingrédients du thriller sont présents et cela fonctionne plutôt bien notamment en raison de la présence de Fares Fares qui porte le film à bout de bras, de bout en bout, qui lui imprime son rythme, sa marque, son tempo, son ambiance, ses rebondissements.

Régulièrement, la caméra lâche temporairement l’enquête pour capter l’ambiance du régime vacillant. Même si son héros n’est jamais bien loin, elle sonde tous les maux de la société égyptienne. La caméra suit les migrations, la pauvreté, la corruption, les contrastes sociaux, le manque d’eau, etc. Cela peut agacer comme cela peut intéresser. Mais cette promenade dans les vices de la société égyptienne impose un pessimisme et un fatalisme sur cette société qui présage déjà le sort fatal de l’Égypte et sa normalisation par coup d’État. Mektoub !

 

« Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh avec Fares Fares, Mari Malek, Yasser Ali Maher - suède, Allemagne, Danemark - Date de sortie : 5 juillet 2017 – Durée : 1h50’

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - « Le Caire Confidentiel » - Policier, Thriller de Tarik Saleh ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Europe, #Amour, #Violence, #Opéra, #Epoque moderne, #Bad boys, #Religion, #Politique, #Jalousie, #mort, #guerre
Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Evénement au Capitole de Toulouse et retour indirect de Voltaire après Candide (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/12/musique-theatre-du-capitole-toulouse-candide-energie-joie-et-optimisme-pour-la-fin-de-l-annee.html) avec la résurrection du Prophète, opéra en cinq actes de Giacomo Meyerbeer sur un livret d'Eugène Scribe et Émile Deschamps d'après l'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations  de Voltaire. Véritable phénomène au cours du XIXème siècle, Le Prophète a finalement déserté les scènes françaises notamment en raison de ses coûts de production.

L’intrigue suit la vie de Jean de Leyde entre Dordrecht et Münster en Allemagne à l’époque du grand déchirement entre catholiques et protestants en Europe au XVIème siècle. Jean de Leyde, chef protestant des anabaptistes et autoproclamé « roi de Sion », directement inspiré par ses visions divines affirmées, administra la communauté anabaptiste de Münster de  février 1534 à juin 1535 en autocrate dans un climat délirant loin de toute préoccupation religieuse sérieuse. Marguerite Yourcenar dans L’œuvre au noir retrace également  cet épisode.

Dans la fosse, Claus Peter Flor, invité régulier du théâtre du Capitole et spécialiste des répertoires allemand et autrichien, montre toute son habileté dans le grand opéra français. Pendant trois heures quarante, il fait résonner l’orchestre faisant ressortir toutes les couleurs de l’œuvre.  Sur scène, le plateau n’est pas franchement francophone mais, heureuse surprise, la diction est parfaite même si elle s’épuise pour certains à la fin de l’œuvre.  John Osborn  toujours  en forme tient le rôle titre, sa mère scénique Fidès et sa fiancée scénique Berthe sont remarquablement interprétées par Kate Aldrich et Sofia Fomina. Les trois anabaptistes, Zacharie, Mathisen et Jonas qui reviennent de manière récurrente sont respectivement et parfaitement incarnés par Dimitry Ivashchenko, Thomas Dear (le seul francophone du groupe) et Mikeldi Atxalandabaso. Seul Leonardo Estévez fait une entrée catastrophique en Comte d’Oberthal avant de se rattraper dans le peu qu’il  lui reste à chanter.

Stefano Vizioli signe la mise en scène et c’est sans doute la partie la plus fragile de l’œuvre. Sa conception offre un certain nombre de qualités, il est notamment bien secondé par Alessandro Ciammarughi pour les décors et les costumes et par Guido Petzold qui module les espaces avec ses lumières. Les mouvements chorégraphiques très marqués par l’époque de l’œuvre même retravaillés par Pierluigi Vanelli  font anachroniques mais, surtout, sans travail et sans pensée réelle sur l’ambivalence de Jean de Leyde, véritable despote aux visions mystiques, Stefano Vizioli en fait un simple opportuniste alors que son personnage est beaucoup plus tourmenté. Cela ne lui permet pas de  travailler les tunnels de l’œuvre notamment dans sa dernière partie.  Cependant, le fait même de voir l’œuvre ressurgir atténue fortement ce bémol sur la conception du personnage central.

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Sacra di San Michele - abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse - Val de Suse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Sacra di San Michele - abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse - Val de Suse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Les diverses ruses suivies de toutes les difficultés militaires que le fameux Charles-Emmanuel avoit employées au délai d’un traité et à l’occupation de son duché de Savoie, l’avoient mis en état de se bien fortifier à Suse ; d’en empêcher les approches par de prodigieux retranchements bien gardés, si connus sous le nom des barricades de Suse, et d’y attendre les troupes impériales et espagnoles dont l’armée venoit à son secours1. Il est des noms, des souvenirs  qui ont rythmé les cours d’histoire à l’Université et qui soudain deviennent autre chose que des mots : Pignerol et le surintendant Nicolas Fouquet, la bataille de Suse et du pas-de-Suse décrite par le Duc de Saint-Simon (CF. supra) ou encore Hannibal et ses éléphants passant peut-être par là  en sont autant d’exemples.

Suse porte effectivement quelques stigmates de son passé glorieux.  Des traces romaines témoigne de son passage de capitale du royaume de Suse avant annexion par l’Empire romain et son nouveau statut de capitale de la province des Alpes cottiennes au premier siècle de notre ère : aqueduc, amphithéâtre, arc d’Auguste. D’autres traces rappellent que la ville fut également une ville importante au Moyen-âge et à l’époque moderne et qu’elle était partie intégrante de la Savoie : cathédrale, porte de la Savoie ou château.

A quelques encablures de là, Pignerol ou Pinerolo est restée célèbre pour avoir accueilli en captivité le surintendant Fouquet, première victime de l’absolutisme louis-quatorzien. Mais Pignerol est également l’épicentre de la lutte des deux grandes puissances de l’époque moderne : la France qui essayait de briser l’encerclement réalisé par les Habsbourgs. C’est d’ailleurs à Pignerol dans la basilique Saint-Maurice (protecteur de la famille de Savoie) que sont inhumés certains ducs de Savoie, preuve de l’importance politique de la ville à l’époque.

Enfin entre Suse et Pignerol se trouve perché sur son nid d’aigle l'abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse (Sacra 'd San Michel ëd la Ciusa en piémontais et Sacra di San Michele en italien), présenté comme le Mont-Saint-Michel du Piémont. Mais pour pouvoir accéder à l’intérieur, il fallait prendre de vitesse l’abbé et ses ouailles pour ne pas perturber le service divin de midi. Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, candides que nous fûmes, si le mouvement Cinq étoiles qui gère pitoyablement la ville de Turin n’avait cru bon d’organiser (bien grand mot) une course cycliste paralysant complètement la ville. Pas de déviation, pas de plan de circulation, des forces de police débordées, en un mot comme en cent : le foutoir. Après une heure pour sortir de la ville, l’abbé et ses ouailles, tortues parties à point, nous avaient devancés, nous pauvres lièvres, nous privant par là même de la visite de l’abbaye. Voilà pourquoi je déteste (entre autres) le mouvement Cinq Étoiles.

1 Mémoires de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, tome 1,  chapitre V

Suse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSuse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comSuse - Sacra di San Michele et Pignerol ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Proche orient, #Religion, #Politique, #guerre, #Adolescence
"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

L’affaire pourrait être simple : Rabih, jeune chanteur aveugle, invité avec sa chorale à se produire en Europe doit obtenir un passeport. Dans tout pays en paix, la procédure peut paraître longue mais elle est relativement simple. Pour un jeune homme né dans le Liban de la fin de la guerre civile, l’affaire se révèle plus hasardeuse, plus compliquée que prévue… surtout lorsqu’il apprend que ses parents ne sont pas ses parents biologiques.

Le titre original du film était Rabih, le Printemps, allusion sans doute à la renaissance de ce jeune homme qui ne porte le prénom, dans une identité sinon renouvelée du moins assumée. Le film a été présenté à la Semaine de la critique sous le nom de Tramontane ce qui nous fait évidemment penser à Molière et à Monsieur Jourdain dans  le Bourgeois gentilhomme : Le Ballet des Nations, Première Entrée, autre gascon : Je perds la tramontane, autrement dit, je suis désorienté.  

En quête d’identité, Rabih nous conduit dans un périple libanais, au sud, à Beyrouth, au nord, à l’Est dans l’Atlas. Et à chaque fois qu’il pense avoir trouvé ses origines, il se heurte aux mensonges des hommes. Le film d’ailleurs n’est pas avare de plans symbolisant le labyrinthe avec plusieurs ouvertures, plusieurs portes souvent sur le côté, plus rarement de face : à chacun sa recherche et à chacun sa vérité.

Et quand cesse ce labyrinthe, à la fin du film, Rabih chante, chante ses origines, chante la filiation, Rabih est rasséréné, Rabih renaît dans son identité assumée. S’il est en paix, s’il représente l’espoir, il est le symbole de son pays, une mosaïque ethnique, une mosaïque religieuse, une mosaïque politique, un pays ravagé par les conflits, un pays meurtri par ses souvenirs mal assumés, incapable encore de voir et d’écrire sa propre tragédie.

 

« Tramontane » -  Drame de Vatche Boulghourjian avec Barakat Jabbour, Julia Kassar, Michel Adabashi - Liban, France, Qatar, Émirats arabes unis - Date de sortie : 1er mars 2017 –Durée : 1h 45min

"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Tramontane" de Vatche Boulghourjian - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Cinéma, #guerre, #Adolescence, #Violence, #Europe, #Bad boys, #Politique
« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Prisonniers en 1945 de l’armée danoise, plusieurs soldats allemands, tout juste post-adolescents sont envoyés sur les plages pour désamorcer les mines enfouies le long du littoral. Inspiré de faits réels, Les Oubliés de Martin Zandvliet revient sur cet épiphénomène historique en jouant sur plusieurs registres.

L’essentiel de l’action se déroule sur les longues plages de sable danoises plutôt propices désormais au sport qu’à cet exercice. Quand ils ne sont pas sur les plages, les adolescents ou jeunes adultes et leur garde-chiourme sont filmés dans leur baraquement de fortune. La fin de la guerre est filmée furtivement dans ce qu’elle a de plus problématique : la faim consécutive au dérèglement économique de l’occupation et de la libération. Pire, toute l’antériorité de la guerre, toute la période trouble de l’occupation est passée sous silence.  

Le film questionne plusieurs phénomènes inhérents à ces tragédies de la libération : jusqu’à quel point les hommes sont coupables ? Quelle rédemption peuvent-ils attendre ? Une résilience générale est-elle possible ? La clémence est-elle de mise ?  Le film essaie de questionner la responsabilité des hommes plutôt que de s’évertuer à nous montrer l’horreur des corps mutilés. Une seule scène sera de cet acabit et c’est effectivement largement suffisant.

Si le film possède des qualités notamment celle d’émouvoir, il perd en intensité en voulant questionner tous azimuts. Le film tombe dans le qui trop embrasse, mal étreint. Les caractères franchement cruels, franchement revanchards de certains personnages finissent par être noyés par un flot d’humanisme dont il est permis de douter qu’il fut la règle majoritaire de ces temps troublés. Mais il est consécutif au silence du film quant aux années antérieures. En fait, en se voulant profondément humaniste et particulièrement porteur d’espoir, le film ne tombe-t-il pas dans un autre manichéisme ?

 

« Les Oubliés » - Drame de Martin Zandvliet avec Roland Møller, Mikkel Boe Folsgaard, Joel Basman – Allemagne, Danemark - Date de sortie 1 mars 2017 – Durée : 1h 41min

« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Les Oubliés » de Martin Zandvliet - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #Musique, #Opéra, #Amour, #Jalousie, #Religion, #Politique, #Patrimoine, #Moyen âge
Tannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Tannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ce devait être l’événement de l’année à l’opéra de Monaco : la reprise de la version de Paris en français de Tannhäuser 156 ans après sa disparition prématurée. Si Tannhäuser fut créé en allemand le 19 octobre 1845 à Dresde sous la direction de Richard Wagner, une version remaniée dite « de Paris » fut montée à l’opéra Le Peletier en mars 1861 grâce au soutien de la princesse Pauline de Metternich. Rien ne fut laissé au hasard pour s’attirer les faveurs du public parisien. Paris exigeait un ballet ? Si Paris vaut bien une messe, Paris valait bien un ballet.

A la grande colère de l’influent Jockey club, habitué à débarquer dans la salle au second acte après ripailles pour voir les danseuses, Richard Wagner plaça le ballet là où il était le plus pertinent : au Venusberg dans le premier acte. Difficile de l’imaginer ailleurs, sauf pour le jockey club, ni dans la grande salle d'apparat de la Wartburg au deuxième acte, où se déroulent les concours de chant et moins encore dans La vallée de la Wartbourg au troisième acte au milieu des pèlerins revenant de Rome. Entre le chahut organisé par les habitués de l’opéra traditionnel et le charivari provoqué par le jockey club,  les représentations de Tannhäuser en français s’arrêtèrent après la troisième... jusqu’à sa résurrection en février 2017.

S’il n’était évidemment pas attendu de manifestations sonores dans la salle de la part des membres du Yacht club ou de l’Automobile club de Monaco, l’enjeu était tel que rien ne devait être négligé dans l’élaboration de cette redécouverte. C’est donc le directeur lui-même qui a signé la mise en scène de Tannhäuser. Pour pouvoir jouer des temporalités et des espaces qui diffèrent entre intérieur, extérieur et espace symbolique ou virtuel, Jean-Louis Grinda a fait appel à la scénographie de Laurent Castaingt, très habile pour élaborer un syncrétisme visuel. Le décor est unique, il consiste  en une grande voûte céleste, sur laquelle un œil observe, qui se transformera acte après acte par d’habiles projections en salle du Moyen-âge, en paysage d’hiver, en antre de Vénus. La forme permet notamment des projections très variées pouvant aller jusqu’aux multiples corps lascifs du Venusberg exprimant ainsi fort justement l’érotisme du lieu.

Il fallait bien entendu un plateau d’exception avec pour chacun, sauf à être bicentenaire, une prise de rôle. Accompagné par un chœur toujours bien en place vocalement et scéniquement dirigé par Stefano Visconti et par des apparitions récurrentes des répliques de Vénus chorégraphiées par Eugénie Andrin, les chanteurs pouvaient évoluer sereinement.  La diction de Steven Humes en Landgrave impressionne. Aude Extremo hérite du terrible rôle de Vénus, très présent dans le premier acte et revenant dans le dernier après une heure et demie de silence. Il lui sera donc pardonné les quelques petites imperfections vocales.  Annemarie Kremer (Elisabeth) conquiert très rapidement son public  et conquiert également Wolfram campé par un Jean-François Lapointe, merveilleux dans le rôle. Enfin contrairement à sa contreperformance dans cette même salle pour son très décevant concert d’il ya deux ans, Jose Cura tient le rôle titre de bout en bout et impressionne.

Il fallait enfin à la tête de l’orchestre quelqu’un qui ait suffisamment de folie pour se lancer dans l’aventure, suffisamment de rigueur  pour contenir l’ensemble, suffisamment de sensibilité pour comprendre l’œuvre et ses enjeux. Nathalie Stutzmann excelle dans la direction car elle réunit ces trois qualités. De culture franco-germanique, elle comprend tout ce qu’elle peut tirer de cette version en français qui lui permet contrairement à la version allemande de jouer sur les legati et les déliés que la langue française permet. Sa culture musicale, vocale, instrumentale lui permet un dialogue permanent avec les musiciens pour aller chercher dans les moindres détails, le son adéquat, la musique idéale. Les quelques accords au violoncelle sur le départ des pèlerins par exemple aura été recherché, discuté, négocié jusqu’à arriver à ce son qui n’est pas un beau son mais un son juste. Le bruit court que les relations entre Nathalie Stutmann et l’orchestre sont à ce point excellentes que l’envie de retravailler ensemble devient une évidente envie. Le public souscrit bien évidemment à cette idée.  

Il fallait à cette représentation exceptionnelle une équipe d’exception  pour que la résurrection dépassât la simple performance, la simple anecdote, le simple événement, elle fut à la hauteur de l’enjeu. Plus qu’un exploit, une merveille ! Plus qu’une  merveille, un enchantement !

Tannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Tannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #cinéma, #Extrême orient, #Amour, #Politique, #Racines
Nice - Cinméa Mercury - « Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » –  Jero Yun ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinméa Mercury - « Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » – Jero Yun ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Soutenu par l’ACID (Association du Cinéma indépendant pour sa diffusion) lors du dernier festival de Cannes, Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne se promène depuis de festival en festival et sort enfin sur les écrans. Son réalisateur, Jero Yun est né en 1980 à Busan, en Corée du Sud. Il arrive en France en 2001 pour parfaire ses études. En 2012, il fait partie des six réalisateurs de la Résidence de Cannes dans le cadre de la Cinéfondation.

Jero Yun a mis en exergue de son site officiel deux citations l’une orientale, l’autre occidentale qui résume bien son travail et la philosophie de ses films. Elles seront reprises plus loin. Mais qui est Madame B. ? Madame B. comme le titre l’indique est Nord-Coréenne. Madame B. est l’histoire d’un périple : celui d’une femme qui, fuyant la Corée-du-Nord par la Chine doit au préalable se rendre en Thaïlande pour pouvoir être conduite en Corée-du-Sud. Le trajet le plus court pour arriver à ses fins n’est pas ici la ligne droite.

 Mais Madame B. est vendue à son arrivée en Chine et de trafic en trafic dans lequel elle est devenue experte, elle réussit à faire sortir son mari et ses deux fils. Si sa famille s’installe en Corée-du-Sud, souci pour Madame B. qui, désormais mariée à un Chinois, est coincée en Chine. Elle doit donc à son tour partir pour la Thaïlande avec la bénédiction de son mari chinois.

Film documentaire, Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne oscille constamment entre fiction et documentaire. Il prend tour à tour l’apparence des deux. Dans sa première partie sur les trafics de passeuse de Madame B. il est filmé caméra sur l’épaule, paysages et cadres tronqués par mesure de sécurité et il fait réellement documentaire. Les images ne sont pas léchées mais Auguste Rodin ne disait-il pas : Il n'y a réellement ni beau style, ni beau dessin, ni belle couleur : il n'y a qu'une seule beauté, celle de la vérité qui se révèle.  

Dans sa deuxième partie, la vérité se révèle effectivement car le film se polarise sur l’heure des choix. L’image se fait plus belle, le film prend l’apparence de la  fiction. Que veut faire Madame B. ? Rester avec son mari coréen, retrouver son mari chinois comme elle les appelle ? Souhaite-t-elle vivre en Corée-du-Sud où la désillusion guette ? Retourner en Chine ? Madame B. retrouve Confusius : Les oreilles et les yeux ne sont pas faits pour penser et se laissent facilement affecter par les influences extérieures. L’esprit pense et, s’il pense, accède à la vérité.

Les grandes forces du film lui viennent de ses adultes qui n’expriment jamais une amertume destructrice semblant avoir atteint la sagesse et du fait qu’il renonce aux clichés traditionnels sur les deux Corées. Il n’y a pas dans ce film une bonne Corée-du-Nord contre une méchante Corée-du-Nord, il y a deux Corées qui chacune à sa manière, a développé une paranoïa à l’égard de sa puissante voisine.  En fait, Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne manie facilement le Yin et le Yang. Le monde est certes dichotomique mais chaque partie a besoin de l’autre pour réussir.

 

 

« Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » – Film documentaire de Jero Yun - France, Corée-du-Sud - Date de sortie : 22 février 2017 – Durée : 1h 11min

Nice - Cinméa Mercury - « Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » –  Jero Yun ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinméa Mercury - « Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » – Jero Yun ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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