Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Articles avec #jalousie catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #cinéma, #Extrême orient, #Amour, #Violence, #Jalousie
[Cinéma – Cinéma Mercury – Nice] Hong Sang-Soo : "le jour d’après"… est peu reluisant !

Le titre sonne comme un titre de film post apocalyptique sauf qu’en général chez Hong Sang-Soo l’apocalypse est dans les âmes, dans les têtes, dans les cœurs. Un film d’Hong Sang-Soo ressemble souvent à cette caricature de Caran d’Ache sur l’affaire Dreyfus représentant le diner de famille avant et après le pugilat avec ce titre Ne Parlons pas de l’affaire puis Ils en ont parlé. Sauf que comme à l’accoutumée les films de Hong Sang-Soo « ressemblent à » pour mieux s’en démarquer et ne ressembler à rien d'autre.

Ce pourrait être un hommage à Quadrille de Sacha Guitry et le parti pris de tourner en noir et blanc renforce ce qui ressemblerait à un clin d’œil. C’est assurément du Hong Sang-Soo avec ses longs plans séquences, ses interminables repas arrosés, ses petits mensonges qui embrouillent à plaisir, ses rebondissements, la neige sur Séoul et surtout sa construction.

L’affaire est apparemment simple : Bongwan, patron d’une petite maison d’édition est partagé entre sa femme acariâtre et sa maîtresse sans pitié qu’il a embauchée. Sa maîtresse le quitte, il embauche Areum pour la remplacer, la baratine et, fatalement, sa femme vient demander violemment des comptes à celle qu’elle prend pour la maîtresse. La maîtresse revient, Areum part, etc. Ne manquent que les portes qui claquent sauf que de cette histoire limpide, Hong Sang-Soo privilégie la déconstruction du récit qui promène le visiteur dans les méandres du temps.  

Sous des dehors de marivaudage, de pièce de boulevard, le ton se fait plus acide : le public entre assez vite en empathie avec Areum, finit par fulminer aux mensonges de Bongwan et se lasse de ce Dom Juan de pacotille, déteste cette acariâtre épouse et rejette cette égoïste maîtresse. Comme d’habitude, Hong Sang-Soo sonde les âmes, interroge le ressort amoureux, complexifie les rapports humains et sort de ce cycle par une pirouette inattendue pour notre plus grand bonheur.

 

« Le Jour d'après » - Drame de Hong Sang-soo avec Kim Min-Hee, Hae-hyo Kwon, Kim Saeybuk – Corée du Sud - Date de sortie : 7 juin 2017 – durée : 1h 32min

Nice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Mercury ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Europe, #Amour, #Violence, #Opéra, #Epoque moderne, #Bad boys, #Religion, #Politique, #Jalousie, #mort, #guerre
Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Evénement au Capitole de Toulouse et retour indirect de Voltaire après Candide (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/12/musique-theatre-du-capitole-toulouse-candide-energie-joie-et-optimisme-pour-la-fin-de-l-annee.html) avec la résurrection du Prophète, opéra en cinq actes de Giacomo Meyerbeer sur un livret d'Eugène Scribe et Émile Deschamps d'après l'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations  de Voltaire. Véritable phénomène au cours du XIXème siècle, Le Prophète a finalement déserté les scènes françaises notamment en raison de ses coûts de production.

L’intrigue suit la vie de Jean de Leyde entre Dordrecht et Münster en Allemagne à l’époque du grand déchirement entre catholiques et protestants en Europe au XVIème siècle. Jean de Leyde, chef protestant des anabaptistes et autoproclamé « roi de Sion », directement inspiré par ses visions divines affirmées, administra la communauté anabaptiste de Münster de  février 1534 à juin 1535 en autocrate dans un climat délirant loin de toute préoccupation religieuse sérieuse. Marguerite Yourcenar dans L’œuvre au noir retrace également  cet épisode.

Dans la fosse, Claus Peter Flor, invité régulier du théâtre du Capitole et spécialiste des répertoires allemand et autrichien, montre toute son habileté dans le grand opéra français. Pendant trois heures quarante, il fait résonner l’orchestre faisant ressortir toutes les couleurs de l’œuvre.  Sur scène, le plateau n’est pas franchement francophone mais, heureuse surprise, la diction est parfaite même si elle s’épuise pour certains à la fin de l’œuvre.  John Osborn  toujours  en forme tient le rôle titre, sa mère scénique Fidès et sa fiancée scénique Berthe sont remarquablement interprétées par Kate Aldrich et Sofia Fomina. Les trois anabaptistes, Zacharie, Mathisen et Jonas qui reviennent de manière récurrente sont respectivement et parfaitement incarnés par Dimitry Ivashchenko, Thomas Dear (le seul francophone du groupe) et Mikeldi Atxalandabaso. Seul Leonardo Estévez fait une entrée catastrophique en Comte d’Oberthal avant de se rattraper dans le peu qu’il  lui reste à chanter.

Stefano Vizioli signe la mise en scène et c’est sans doute la partie la plus fragile de l’œuvre. Sa conception offre un certain nombre de qualités, il est notamment bien secondé par Alessandro Ciammarughi pour les décors et les costumes et par Guido Petzold qui module les espaces avec ses lumières. Les mouvements chorégraphiques très marqués par l’époque de l’œuvre même retravaillés par Pierluigi Vanelli  font anachroniques mais, surtout, sans travail et sans pensée réelle sur l’ambivalence de Jean de Leyde, véritable despote aux visions mystiques, Stefano Vizioli en fait un simple opportuniste alors que son personnage est beaucoup plus tourmenté. Cela ne lui permet pas de  travailler les tunnels de l’œuvre notamment dans sa dernière partie.  Cependant, le fait même de voir l’œuvre ressurgir atténue fortement ce bémol sur la conception du personnage central.

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Prophète de Giacomo Meyerbeer - Théâtre du Capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Amour, #Jalousie, #Epoque contemporaine, #Europe
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Entrée plus difficile à la Quinzaine des réalisateurs 2017 : Philippe Garrel déplace les foules et il s’en est fallu d’un cheveu que je reste sur le carreau. Tout compte fait, il est très bien ce balcon.

Dans la série « Les histoires d’amour finissent ma en général », Philippe Garrel dans son nouveau film L’Amant d’un jour sonde les affres de l’amour. Ou plutôt des amours car une rupture amoureuse ramène Jeanne (Esther Garrel) sa fille de 23 ans  à la maison paternelle où réside Ariane (Louise Chevillotte) 23 ans également, copine et étudiante du père.   

Souvent en intérieur, sur le mode de J’ai deux amours… ma fille et ma copine, Philippe Garrel suit les tensions de ce trio sans se soucier de tomber ou non dans le convenu voire le cliché : la tentative de suicide, les photos de nu prises pour arrondir les fins de mois. Une voix off de manière régulière renforce ce côté observatoire réaliste des amours d’aujourd’hui.

Dans ce jeu de tensions, la caméra sculpte le décor, ausculte les âmes, filme fugitivement l’amour dans le placard à balais, film plus longuement les confessions, pénètre dans tous les refuges des amants d’un jour ou de plusieurs, sonde leur âme, photographie leur part de lumière et leur part d’ombre.

Filmé en noir et blanc, L’Amant d’un jour est un film efficace, maîtrisé dans lequel Philippe Garrel filme lui aussi ses deux amours : le cinéma et Paris.

 

 

« L’Amant d’un jour » - Drame de Philippe Garrel avec Eric Caravaca, Esther Garrel, Louise Chevillotte – France - Date de sortie : 31 mai 2017 – Durée : 1h 16min

Quinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comQuinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comQuinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Quinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour, #Jalousie
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Pas facile d’entrer à la Quinzaine des réalisateurs 2017 surtout avec un accès très peu prioritaire mais tout le monde s’étant précipité à l’ouverture pour voir le film de Claire Denis Un beau Soleil intérieur l’affaire se révèle relativement simple. Le film suit Isabelle, divorcée, un enfant, quinquagénaire, qui se cherche un amour, un vrai ! Isabelle a ses hommes : un mari qui retente sa chance, un banquier plus doué pour la relation physique que sentimentale, un acteur en représentation permanente et un voisin de quartier qui comme Michel Blanc dans les Bronzés attend indéfiniment l’ouverture.  

A la direction deux femmes, Claire Denis qui, à la réalisation, signe son grand retour et Christine Angot, coscénariste, coadaptatrice et co-dialoguiste du film. Pour incarner la créature issue de leur cogitation, Juliette Binoche s’est sans doute imposée comme une évidence. Et pour papillonner autour d’elle,  Laurent Grevill en mari-amant éconduit, Xavier Beauvois en banquier goujat, Nicolas Duvauchelle en « Monsieur Je m’embrasse tous les matins devant la glace » et Philippe Katryn, voisin sans illusion font mouche.

Le spectateur qui pensait avoir fait le tour du plateau,  voyait soudain débarquer à l’écran,  outre Josiane Blasko, Alex Descas, Bruno Podalydes ou encore Valeria Bruni-Tedechi, un Gérard Depardieu en très grande forme, irrésistible dans son rôle de bonimenteur extra-lucide manipulateur qui clôt le film en poursuivant son dialogue hallucinant avec une Juliette Binoche embobinée sur le générique du film.

Ici repose bien sûr la grande force d’Un beau Soleil intérieur qui, crescendo, finit par faire gondoler la salle alors que le sujet de la solitude, de la frustration, n’est pas forcément l’un des plus drôles en soi. Le film aurait pu également tomber dans le travers du film à sketchs ou du numéro d’acteurs qui entrent à cour, font leur show puis sortent à jardin mais c’était sans compter sur la grande maîtrise de Claire Denis qui  instille sentiments et grande fluidité dans sa réalisation. Retour gagnant donc pour Claire Denis et rendez-vous en septembre pour la sortie en salle.

 

« Un beau Soleil intérieur » - Comédie dramatique de Claire Denis avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine, Gérard Depardieu – France - Date de sortie 27 septembre 2017 – Durée : 1 h 34’

Quinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comQuinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comQuinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Quinzaine des Réalisateurs 2017 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Amour, #Violence, #Opéra, #Patrimoine, #Bad boys, #mort, #Jalousie, #Moyen âge, #Mythe
"Il Trovatore" de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Il Trovatore" de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Créé en 1853, Il trovatore, opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi sur un livret de Salvatore Cammarano et Leone Emanuele Bardare d'après le drame espagnol El Trovador d'Antonio García Gutiérrez de 1836 fait partie de la trilogie dite populaire avec Rigoletto et la Traviata. A ce titre, il présente la difficulté comme les deux autres ouvrages d’avoir été souvent monté et donc de ne manquer aucunement de références.

Respecter le texte, donner du sens, proposer une lecture originale de l’œuvre, c’est donc à cet exercice que s’est attelé Francisco Negrin  qui avait déjà signé la mise en scène de Macbeth de Giuseppe Verdi en 2011-2012.  Sa proposition s’élabore avec la complicité de Louis Désiré qui retrouve son champ de compétence avec la scénographie et Bruno Poet à la création lumière.  Le parti pris de mise en scène se lit dans la scénographie de Louis Désiré. Chacun des acteurs tel Sisyphe poussant son rocher pousse son destin symbolisé par une barre verticale à l’avant-scène qui servira tantôt à séparer l’espace, certaines fois à séparer entre eux les personnages antagonistes et qui deviendra, poussé par elle, ô suprême supplice, le propre poteau du bûcher d’Azucena.

Partant de ce constat visuel, Francisco Negrin nous montre que nul n’échappe à son destin voire le tricote à chacun de ses gestes, se le construit à chacune des étapes de sa vie. Les chanteurs et le chœur, parfaitement dirigés, occupent l’espace, le modèlent, le modulent. Un groupe d’enfants permet de jongler avec les strates temporelles, ils sont l’avenir,  ils renvoient dans le souvenir, ils marquent la temporalité. De la même manière, une flamme omniprésente  marque l’origine de la vengeance et rappelle aussi la vacuité d’échapper à son destin : le bûcher est annoncé. Les lumières complètent habilement cette proposition accentuant les couleurs froides de l’action, transformant certaines fois d’un rouge vif l’action en une scène incandescente. 

Dans la fosse, Daniel Harding, un an après sa brillante prestation au Printemps des Arts dirige un orchestre philharmonique visiblement aux anges si l’on en croit l’ovation que les musiciens lui ont réservée à chacune de ses entrées. Le public est évidemment sur la même longueur d’onde. Sur scène, le plateau est homogène et de haute tenue même si José Antonio Garcia déçoit un peu en Ferrando.  Nicolas Alaimo (le Comte de Luna) fait trembler la scène de sa sonore colère, Francesco Meli (Manrico) endosse le rôle titre avec fougue. La voix est belle, bien timbrée mais l’absence de transposition du célèbre Di quella Pira, le met fugacement en difficulté.  Maria Agresta est une fabuleuse Leonora, elle rend parfaitement toutes les facettes du personnage. Enfin, Marina Prudenskaja étonne en Azucena. Précocement vieillie, elle devient par une démarche chaotique qui ne se départira jamais une extraordinaire sorcière cabossée par les épreuves.

En ne reniant rien de la temporalité de l’époque, de l’atmosphère, sans chercher à faire une transposition hasardeuse pour metteur en scène pressé, Francisco Negrin donne un nouveau souffle au Trouvère en faisant ressortir d’une solide exégèse du livret et de la musique, une proposition très fataliste semblant illustrer à merveille la réflexion de Thomas Mann dans la Montagne magique : On ne veut jamais que son destin.

"Il Trovatore" de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Il Trovatore" de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Il Trovatore" de Giuseppe Verdi - Opéra de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Théâtre, #Mythe, #Moyen âge, #Amour, #Jalousie, #Violence, #guerre, #Patrimoine
"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Un jour après avoir (re)découvert Elektra, mise en scène par Ruth Berghaus en 1986, le public lyonnais peut assister à une autre mise en scène mémorable : celle de Tristan et Isolde par Heiner Müller qui date de 1983. Changement notable, les musiciens ont réintégré leur fosse mais dans le public, chacun peut reconnaître des spectateurs de la veille et à la direction, ne semblant nullement éprouvé par sa performance de la veille, toujours Hartmut Haenchen.

Loin des pavillons qui claquent, des ponts de bateau construits à grand renfort de bois ou d’une chasse royale construite avec force têtes de cerf, le parti pris de mise en scène d’Heiner Müller réside dans l’épure. N’est-ce pas le propre d’ailleurs du sentiment amoureux avec ou sans filtres de se développer en dehors de tout artifice, toute démonstration, toute matérialité tapageuse ? Visiblement, Heiner Müller a souhaité faire évoluer ses personnages dans une scénographie simple modelée par la création lumière.

Le premier acte représente un pont de bateau en gros plan incliné vers la salle avec la mallette à philtre pour tout accessoire et deux quadrilatères dans lesquels sont enfermés les personnages. Veut-elle sortir, d’une palpation des mains sur une imaginaire paroi de verre, Isolde verra qu’elle ne peut s’échapper ni échapper à son destin. La lumière découpe délicatement les voiles sur la scénographie : tout est dit. La chasse royale ressemble davantage à une salle d’arme ou une armurerie, jonchée de cuirasses. Image cinématographique qui aurait toute sa place dans un péplum ou une œuvre de science fiction, elle symbolise l’intemporalité de l’œuvre. En revanche, comment ne pas voir un clin d’œil d’Heiner Müller à Samuel Beckett au troisième acte avec ce paysage dévasté, apocalyptique que ne renieraient ni  Fin de partie ni En attendant Godot, signe scénaristique des amours qui ne trouvent refuge que dans l’anéantissement.

Les chœurs n’interviendront comme la veille jamais sur scène. Ils seront toujours en coulisses. Sur scène, avec une économie appuyée du mouvement, les chanteurs se meuvent lentement. Annoncés souffrants, Ann Petersen (Isolde) et Alejandro Marco-Buhrmester (Kurwenal) étonnent… que doivent-ils être lorsqu’ils sont en forme ? L’Isolde d’Ann Petersen est à la hauteur de l’événement, joignant à une voix paradoxalement puissante et délicate, un jeu qui montre toutes les palettes du personnage : l’Isolde tour à tour hautaine, amoureuse, froide, fragile, combattante. Elle est parfaitement secondée par Ève-Maud Hubeaux (Brangäne). Quant aux deux derniers rôles qui doivent se sortir de deux terribles monologues en seconde partie : Daniel Kirch campe un Tristan parfait qui réussit un troisième acte redoutable et Christof Fischesser en Roi Marke apporte par sa voix sombre la touche juste à son personnage d’homme blessé et de mari trahi.

Les spectateurs ont-ils eu l’impression de voir une mise en scène datée ? Avec une telle épure, intrinsèquement intemporelle, visiblement non. L’intelligence de la mise en scène d’Heiner Müller fait et fera encore recette. Et puis, l’alliance de cette mise en scène mythique avec cette musique prodigieuse qui ne l’est pas moins, pillée par tous les cinéastes dont Lars van Trier pour symboliser la fin du monde dans Melancholia en 2011, nous transportent encore longtemps après que l’une s’est tue et que l’autre a disparu de notre champ de vision.

"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Tristan und Isolde" de Richard Wagner - Opéra de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Amour, #Jalousie
"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le théâtre de la fin du XVIIIème avait inventé le drame bourgeois, Yasmina Reza nous invente le drame bobo. Cinq personnages  occupent la scène Boris, chef d’entreprise et  Andrea, sa maîtresse d’un côté, Françoise l’amie de sa femme, Eric, son mari et Yvonne sa belle-mère de l’autre. Tous ont eu l’idée de venir diner dans ce restaurant isolé recommandé par la femme de Boris, Andrea le lui reprochant assez.

D’un côté deux personnes souhaitent se retrouver, s’isoler, de l’autre trois personnes fêtent l’anniversaire de Maman et belle Maman. Le nœud du problème est d’une évidence, d’une clarté, d’une simplicité biblique. Que va dire Françoise à Madame ? Que va dire Boris à sa femme ? Le reste n’est que bavardage, c’est bien gentil mais c’est simpliste.

La pièce écrite par Yasmina Reza pour Thomas Ostermeier est aussi mince qu’une feuille de papier bible à la simplicité légendaire, confine parfois à l’indigence. L’écriture est soit attrape-tout soit terriblement cliché : le radotage d’Yvonne, son Alzheimer naissant, la scène de cul dans les chiottes ou les pauses-pipi sur le trône pour choquer le bourgeois, la mare aux grenouilles, le restaurant en plein-air, la maîtresse un peu vulgaire, le mari peu courageux, le fils à maman, etc.

Fort heureusement, la mise en scène de Yasmina Reza est bien plus inspirée que son écriture. Rien de révolutionnaire les scènes d’intérieur et les scènes d’extérieur se succèdent avec un changement à vue dans la pénombre au rythme de vidéo-clips sonores. La scénographie est sobre mais efficace. Les acteurs parfaitement dirigés, sont tout aussi efficaces : Emmanuelle Devos tient la pièce en gentille mégère à apprivoiser, Camille Japy se fait raide comme un piquet, Louis-Do de Lencquesaing incarne le mâle dans toute son horreur, Micha Lescot la victime consentante, Josiane Stoleru est étonnante de vérité en vieille dame radoteuse bourrée de tocs.

La salle se vide un peu, ceux qui restent regardent tranquillement leur montre, ce n’est pas que la soirée soit mauvaise mais ce n’est pas le type de spectacle qui marquera les esprits. Le drame bobo est à la hauteur de ceux qu’il représente : surfait ou factice.

"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Bella Figura" de Yasmina Reza - Théâtre national de Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Extrême orient, #Epoque contemporaine, #Amour, #Jalousie
Hong-Sang-Soo Yourself and yours - Cinéma Mercury - Nice

Hong-Sang-Soo Yourself and yours - Cinéma Mercury - Nice

Les habitués du cinéaste coréen Hong Sang-Soo s’attendent forcément à voir de longs plans séquences, des gens filmés attablés, des beuveries en tout genre, des couples en crise, d’autres en tentative de recomposition, des amours anciennes qui refont surface, etc. Mais en même temps, ils se précipitent à chaque sortie pour voir quelle nouveauté Hong Sang-Soo a composé. Bref, ils attendent selon le désormais célèbre adage de Jean-Baptiste Morain des Inrocks de voir la même chose en différent.

Dans cet opus, Le peintre Youngsoo apprend que sa petite amie Minjung a bu un verre avec un homme et s’est battue avec lui. Le couple se dispute et Minjung s'en va. Le lendemain, Youngsoo part à sa recherche mais Minjung rencontre d’autres hommes. Tous les ingrédients de la comédie dramatique à la mode Hong Sang-Soo sont effectivement réunis mais…

Le film lorgne d’abord du côté de La Belle Ensorceleuse de René Clair avec Marlène Dietrich. Dans ce film, une aventurière qui se fait appeler la Comtesse cherche à se faire épouser par un riche banquier. Découverte par une ancienne connaissance, elle s’invente une cousine de mauvaise vie pour sauver ses projets. Dans Yourself and yours, Minjung rencontre d’autres hommes au bar, mais tour à tour nie être Minjung, feint de ne reconnaître personne ou   s’invente une sœur jumelle.

L’aplomb est tellement énorme  que même le spectateur finit par douter et se demande si Minjung est bien elle-même ou un stéréotype de la femme coréenne de mauvaise renommée. En effet, de manière répétée, les clients du bar jugent de la même manière ces Minjung. Elles ne devraient pas boire, en public, elles ne devraient pas fréquenter les bars, elles ne devraient pas fréquenter les hommes, elles ne devraient pas…

Puis le film se perd dans les méandres de la pensée du peintre Youngsoo. Il rêve d’un retour de sa bienaimée, il voit en songe son arrivée mais la réalité le rattrape à chaque fois. Le film prend à ce moment l’aspect  d’Un Jour sans fin d’Harold Ramis dans lequel Bill Murray revit continuellement la même journée. Youngsoo revit, revoit, répète la même scène : le retour de Minjung. Et au moment où le spectateur se persuade de ce qu’il voit, le facétieux Hong Sang-Soo nous bouscule dans nos certitudes avec sa dernière scène. Une merveille une fois de plus !

 

 

« Yourself and yours - Comédie dramatique de Sang-soo Hong avec Kim Ju-Hyeok, Lee Yoo-Young, Hae-hyo Kwon – Corée du Sud - Date de sortie : 1 février 2017 – Durée : 1h 26min

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Amour, #Jalousie, #Religion, #Politique, #Patrimoine, #Moyen âge
Tannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Tannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ce devait être l’événement de l’année à l’opéra de Monaco : la reprise de la version de Paris en français de Tannhäuser 156 ans après sa disparition prématurée. Si Tannhäuser fut créé en allemand le 19 octobre 1845 à Dresde sous la direction de Richard Wagner, une version remaniée dite « de Paris » fut montée à l’opéra Le Peletier en mars 1861 grâce au soutien de la princesse Pauline de Metternich. Rien ne fut laissé au hasard pour s’attirer les faveurs du public parisien. Paris exigeait un ballet ? Si Paris vaut bien une messe, Paris valait bien un ballet.

A la grande colère de l’influent Jockey club, habitué à débarquer dans la salle au second acte après ripailles pour voir les danseuses, Richard Wagner plaça le ballet là où il était le plus pertinent : au Venusberg dans le premier acte. Difficile de l’imaginer ailleurs, sauf pour le jockey club, ni dans la grande salle d'apparat de la Wartburg au deuxième acte, où se déroulent les concours de chant et moins encore dans La vallée de la Wartbourg au troisième acte au milieu des pèlerins revenant de Rome. Entre le chahut organisé par les habitués de l’opéra traditionnel et le charivari provoqué par le jockey club,  les représentations de Tannhäuser en français s’arrêtèrent après la troisième... jusqu’à sa résurrection en février 2017.

S’il n’était évidemment pas attendu de manifestations sonores dans la salle de la part des membres du Yacht club ou de l’Automobile club de Monaco, l’enjeu était tel que rien ne devait être négligé dans l’élaboration de cette redécouverte. C’est donc le directeur lui-même qui a signé la mise en scène de Tannhäuser. Pour pouvoir jouer des temporalités et des espaces qui diffèrent entre intérieur, extérieur et espace symbolique ou virtuel, Jean-Louis Grinda a fait appel à la scénographie de Laurent Castaingt, très habile pour élaborer un syncrétisme visuel. Le décor est unique, il consiste  en une grande voûte céleste, sur laquelle un œil observe, qui se transformera acte après acte par d’habiles projections en salle du Moyen-âge, en paysage d’hiver, en antre de Vénus. La forme permet notamment des projections très variées pouvant aller jusqu’aux multiples corps lascifs du Venusberg exprimant ainsi fort justement l’érotisme du lieu.

Il fallait bien entendu un plateau d’exception avec pour chacun, sauf à être bicentenaire, une prise de rôle. Accompagné par un chœur toujours bien en place vocalement et scéniquement dirigé par Stefano Visconti et par des apparitions récurrentes des répliques de Vénus chorégraphiées par Eugénie Andrin, les chanteurs pouvaient évoluer sereinement.  La diction de Steven Humes en Landgrave impressionne. Aude Extremo hérite du terrible rôle de Vénus, très présent dans le premier acte et revenant dans le dernier après une heure et demie de silence. Il lui sera donc pardonné les quelques petites imperfections vocales.  Annemarie Kremer (Elisabeth) conquiert très rapidement son public  et conquiert également Wolfram campé par un Jean-François Lapointe, merveilleux dans le rôle. Enfin contrairement à sa contreperformance dans cette même salle pour son très décevant concert d’il ya deux ans, Jose Cura tient le rôle titre de bout en bout et impressionne.

Il fallait enfin à la tête de l’orchestre quelqu’un qui ait suffisamment de folie pour se lancer dans l’aventure, suffisamment de rigueur  pour contenir l’ensemble, suffisamment de sensibilité pour comprendre l’œuvre et ses enjeux. Nathalie Stutzmann excelle dans la direction car elle réunit ces trois qualités. De culture franco-germanique, elle comprend tout ce qu’elle peut tirer de cette version en français qui lui permet contrairement à la version allemande de jouer sur les legati et les déliés que la langue française permet. Sa culture musicale, vocale, instrumentale lui permet un dialogue permanent avec les musiciens pour aller chercher dans les moindres détails, le son adéquat, la musique idéale. Les quelques accords au violoncelle sur le départ des pèlerins par exemple aura été recherché, discuté, négocié jusqu’à arriver à ce son qui n’est pas un beau son mais un son juste. Le bruit court que les relations entre Nathalie Stutmann et l’orchestre sont à ce point excellentes que l’envie de retravailler ensemble devient une évidente envie. Le public souscrit bien évidemment à cette idée.  

Il fallait à cette représentation exceptionnelle une équipe d’exception  pour que la résurrection dépassât la simple performance, la simple anecdote, le simple événement, elle fut à la hauteur de l’enjeu. Plus qu’un exploit, une merveille ! Plus qu’une  merveille, un enchantement !

Tannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Tannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Tannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comTannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Tannhäuser - Opéra de monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Amérique du Nord, #Politique, #Amour, #Jalousie, #mort
Opéra de Toulon - Un Bal masqué - Giuseppe Verdi ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Toulon - Un Bal masqué - Giuseppe Verdi ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Décidément cet arbre ne nous aura servi à rien » se plaint Vladimir dans En attendant Godot de Samuel Beckett. Décidément cette loge non seulement n’aura servi à rien si ce n’est à emm… tout le monde pourrait-on dire de la mise en scène de Nicola Berloffa pour Un Ballo in Maschera à Toulon.

Mais pour quelle raison Nicola Berloffa a-t-il voulu absolument caser l’assassinat d’Abraham Lincoln dans sa loge de théâtre dans une histoire qui lui est étrangère ? Mystère !  Le spectateur pense d’abord à un contresens total imaginant une transposition de personnages du gouverneur Riccardo de Warwick à Abraham Lincoln le Président des États-Unis. Dans une œuvre originale de Giuseppe Verdi qui transpose le réel (l’assassinat de Gustave III de Suède) en fiction (le gouverneur de Boston), la transposition potentielle étonne d’autant plus qu’elle risque de transformer ipso facto le meurtre politique en crime passionnel.

Puis, devant l’arrivée du vrai gouverneur, le spectateur revient à la version initiale, se demandant quand va revenir Abraham Lincoln qui, au final, ne reviendra plus. En revanche, la loge fatidique est toujours là et va déambuler sur le plateau du début à la fin, surchargeant inutilement la scénographie de Fabio Cherstich, empêchant les mouvements, mettant des séparations là où il fallait fluidité, rajoutant inutilement un niveau là où il ne s’imposait pas. La loge est présente au bal (pas pratique pour danser), chez Ulrica, dans les jardins, etc.

A cela s’ajoute un bal masqué des plus étiques, inversement proportionnel à la taille de la loge, et des partis pris de mise en scène curieux sans logique apparente ou difficilement lisibles comme l’hyper réalisme de la plante magique ou encore le rôle d’Oscar, rôle travesti déguisé … en femme ou enfin la présence de cowboys à long manteau côtoyant des habits de notables, sorte de Lucky Luke au bal masqué. Contrairement à ses Contes d’Hoffmann (http://un-culte-d-art.overblog.com/2015/03/musique-opera-de-toulon-offenbach-les-contes-d-hoffmann-le-diable-doit-en-rire-encore.html) présentés il y a deux ans sur cette même scène, l’inspiration de Nicola Berloffa ne semble pas être au rendez-vous.

Contrairement à la mise en scène hasardeuse, l’orchestre de Toulon est dirigé d’une main ferme par Rani Calderon. Comble de l’affaire : quelques  réactions négatives se feront entendre dans le public, estimant son exécution trop en force, pas assez en nuance. Pourtant, la fermeté de sa direction correspond à l’esprit de l’œuvre notamment dans le dernier acte.  Ensuite, face à la mise en scène hasardeuse, elle a le mérite d’être une interprétation plausible.

Le plateau, en revanche, est extrêmement porteur. Alexandrina Pendatchanska est une Amelia tout en fragilité et en doute.  Enkelejda Shkosa excelle en divineresse Ulrica. Anna Maria Sarra campe un Oscar très dynamique.  Chez les hommes,  Gaston Rivero en noble Riccardo s’impose et Dario Solari est un Renato  d’exception. Non seulement les voix sont belles mais les personnages évoluent avec une paradoxale aisance dans ce débordement de partis pris hétéroclites qu’ils ne semblent plus voir ou plutôt desquels ils se sont accommodés.

Il ne manquait rien a priori à ce bal masqué ni la qualité musicale, ni l’attrait et la conversation de ses invités mais quel dommage que le goût du maître de maison ne soit pas au diapason. 

Opéra de Toulon - Un Bal masqué - Giuseppe Verdi ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon - Un Bal masqué - Giuseppe Verdi ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Opéra de Toulon - Un Bal masqué - Giuseppe Verdi ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon - Un Bal masqué - Giuseppe Verdi ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Toulon - Un Bal masqué - Giuseppe Verdi ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 > >>