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Blog de mes curiosités

Articles avec #arts numeriques catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #arts numériques, #Musique, #Patrimoine
Ballets de Monte-Carlo - « L’Été danse » - "Massâcre" de Jeroen Verbruggen - "Memento Mori" de Sidi Larbi Cherkaoui ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ballets de Monte-Carlo - « L’Été danse » - "Massâcre" de Jeroen Verbruggen - "Memento Mori" de Sidi Larbi Cherkaoui ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Deux habitués des Ballets de Monte-Carlo proposent dans le cadre de L’Été danse deux créations mondiales avec une contrainte de plateau : base de scénographie unique : le carré du plateau contre un disque de lumière aérien. Cette scénographie en mode « quadrature du cercle », pose immédiatement l’opposition entre le carré représentant le monde créé, la matière, le savoir et le cercle symbolisant l’infini, les puissances célestes, la Connaissance. Mais comment combiner la quadrature du cercle ?  

Jeroen Verbruggen dans Massâcre revient aux fondamentaux avec une vision du Sacre du Printemps qui tranche avec les interprétations qu’ont pu en donner les grands chorégraphes de Martha Graham à Georges Momboye ou Marie Chouinard en passant par Maurice Béjart, Pina Bausch, Jean-Claude Gallotta ou Angelin Preljocaj. Le Centenaire des Ballets russes dignement fêté en 2010 en Principauté en avait proposé plusieurs interprétations.

Sur une interprétation de l’œuvre d’Igor Stravinsky arrangée par Benjamin Magnin, Jeroen Verbruggen donne le ton : il inverse la proposition et tente de faire revivre, dans d’autres conditions, la réception de l’œuvre à ses origines. Il bouscule donc les codes d’une œuvre qui les avait déjà profondément bouleversés cent ans plus tôt. L’arrangement musical de Benjamin Magnin saccade un peu plus la partition donnant aux gestes chorégraphiques cette apparente forme heurtée. A la scénographie organique, terreuse de Pina Bauch Jeroen Verbruggen opte pour une scénographie métallique, post-humanisée que l’on retrouve dans l’asepsie de certains jeux vidéos que les costumes édulcorés à la fois gomment et renforcent. L’accueil est plutôt frais pour une proposition pourtant innovante.

Memento Mori de Sidi Larbi Cherkaoui est en revanche suivie d’une ovation. Hormis le côté virtuel, tout oppose les deux propositions, ce qui explique sans doute la différence de réception. Sidi Larbi Cherkaoui joue à plein la dimension science fiction et l’imaginaire de la Guerre des Étoiles.  Contrairement à la conception de Jeroen Verbruggen, la danse se fait ici plus ronde, plus fluide, plus onctueuse. Les mouvements collectifs ou individuels s’enchainent sans heurts simplement interrompus à deux reprises par deux interventions parlées qui tombent à plat car peu audibles et en anglais… deux bonnes raisons de s’en passer ! La création musicale de Woodkid qui accompagne finit contrairement à la chorégraphie par délaisser l’onctueux pour le poisseux, elle n’offre aucun intérêt sinon de faire entendre quelque chose qui plaît à tout le monde et à personne et effectivement, vue l’ovation, ça fonctionne !

Ballets de Monte-Carlo - « L’Été danse » - "Massâcre" de Jeroen Verbruggen - "Memento Mori" de Sidi Larbi Cherkaoui ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBallets de Monte-Carlo - « L’Été danse » - "Massâcre" de Jeroen Verbruggen - "Memento Mori" de Sidi Larbi Cherkaoui ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBallets de Monte-Carlo - « L’Été danse » - "Massâcre" de Jeroen Verbruggen - "Memento Mori" de Sidi Larbi Cherkaoui ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ballets de Monte-Carlo - « L’Été danse » - "Massâcre" de Jeroen Verbruggen - "Memento Mori" de Sidi Larbi Cherkaoui ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Patrimoine, #Photographie, #environnement, #arts numériques
Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

D’entrée de jeu Agnès Varda et JR  commencent par expliquer au spectateur où ils ne se sont surtout pas rencontrés. La facétie devient donc une évidence, elle ne les quittera quasiment pas.  En sur-jouant d’entrée leur propre rôle, ils ne laissent aucun doute quant à la spontanéité savamment orchestrée de leurs propos et de leurs gestes. Agnès Varda filme, JR photographie et colle mais le montage au final a fait son œuvre.

Visages, Villages est un Tour de la France par deux enfants, le patriotisme en moins, le patrimonial en plus. Le film fixe une certaine France, celle qui tend à disparaître sans nostalgie inutile. Il célèbre la France rurale, les éleveurs, les agriculteurs qui se retrouvent bien seuls à force de concentration des terres. Puis la caméra rend hommage à la France industrielle à travers les corons du Nord ou les dockers du Havre. Symboliquement d’ailleurs la caméra capture au passage le village atlantique fantôme, celui qui a certes disparu dans ses fonctions mais qui est toujours physiquement présent.  

Visages, Villages est une question de regards. Si le film joue sur la maladie des yeux d’Agnès Varda ou sur les lunettes noires de JR, il est un regard croisé de deux artistes, de deux générations, de deux pratiques artistiques. Dans les questions de regard, la focalisation interne n’est jamais loin et le film finit par citer ses références : Guy Bourdin, Henri Cartier –Bresson, Jean-Luc Godard pour les artistes et Pierrot le Fou, les Glaneurs et la Glaneuse, la galerie du Louvres pour les œuvres.

L’esprit même du film fait penser à Raymond Depardon et son camion, à Alain Cavalier pour les jeux de rôle, à Michel Gondry dans le rapport au public mais si le film est tout cela à la fois, il déroule son identité propre et nous entraine dans son cheminement. Villages, Visages est une bouffée d’oxygène, un enchantement et déjà une référence.

 

« Visages, Villages » - Documentaire d’Agnès Varda et JR – France - Date de sortie : 28 juin 2017 – Durée : 1h 29’

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Arts plastiques, #arts numériques, #arts appliqués, #architecture, #Patrimoine, #Urbanisme
Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Évidemment à Turin, il y a le musée égyptien qui abrite les collections pillées par Bonaparte en Égypte puis abandonnées pour rentrer plus vite à Paris mais à Turin il ya a aussi le musée national du Cinéma nettement plus original. Nul ne peut en outre le louper car il est hébergé dans la Mole Antonelliana, visible de tous les points de Turin. La Mole Antonelliana en forme de dôme d’une hauteur de plus de 160 mètres de haut, conçue par Alessandro Antonelli au XIXème devait à l'origine devenir le lieu de culte de la communauté juive de Turin. L’histoire en décida autrement et la communauté juive obtint une synagogue fort intéressante dans un autre point de la ville.

En 2000, le musée national du cinéma intègre l’édifice après transformations par l’architecte-scénographe suisse François Confino. Afin de reconstituer l’ambiance « projection », l’architecte a sciemment conçu le bâtiment comme un choc audiovisuel. A l’intérieur, la collection que  l'historienne et collectionneuse Maria Adriana Prolo a léguée à la ville en 1991 a pris place et s’est considérablement enrichie. Le musée regroupait ainsi en 2006, de 20 000 appareils, peintures et gravures, de plus de 80 000 documents photographiques, de 12 000 films, de 26 000 volumes et de 300 000 affiches venus du monde entier.

Sur une surface de 3 200 m² distribuée sur cinq étages, le musée offre des possibilités variées comme l'atrium où allongé dans des fauteuils, il est possible de regarder des films sur deux écrans géants ou encore la montée en colimaçon, le long de la paroi du bâtiment qui distribue les niches dédiées aux expositions temporaires. Plus importantes encore, les salles du rez-de-chaussée présentent des appareils optiques pré-cinématographiques comme la lanterne magique, des accessoires de cinéma anciens et modernes et des pièces provenant des premiers studios de cinéma.

Ne prenez pas de visite guidée dans un tel lieu mais faites toutes les expériences patiemment pour retrouver l’ivresse qui a dû accompagner les premiers créateurs ! Ne laissez pas un guide vous dire ce que vous devez ressentir mais fabriquez vous vos propres impressions, votre propre initiation. Quelque chose vous échappe ? Quelle importance ! Laissez-vous aller. Soyez expérimentaux et pas mouton !

Et si d’aventure vous en avez assez du cinéma, dirigez-vous vers  l’ascenseur panoramique, inauguré en 1961 et rénové en 1999, et faites-vous une frayeur dans la cabine aux parois transparentes, qui vous élève jusqu’à la plateforme panoramique du dôme 85 mètres plus haut et admirez le panorama de la ville qui se déroule à vos pieds.

Musée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Musée national du Cinéma - Mole Antonelliana - Turin ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié dans : #arts numériques, #Musique
Toulon - Théâtre Liberté - Cabaret contemporain ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Toulon - Théâtre Liberté - Cabaret contemporain ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Dans le cadre de son annuel  Festival numérique, le Théâtre Liberté de Toulon a invité cinq jeunes musiciens et leur Cabaret Contemporain à se produire dans la Salle Albert Camus. Cinq musiciens, Giani Caserotto, Julien Loutelier, Fabrizio Rat, Ronan Courty et Simon Drappier, respectivement à la Guitare électrique, Batterie, Piano préparé / Clavier MS20 et aux Contrebasses, cela se dénomme traditionnellement un quintette… rien là de très numérique a priori.

Sauf que : Alors que l’image numérique obsède le monde entier, on en oublierait presque que le son est un médium primordial dans l’immersion et l’interaction à notre environnement. La numérisation sonore et les expérimentations autour de l’acoustique sont au cœur de cette programmation, qui vient stimuler notre imagination auditive et visuelle explique l’éditorial du théâtre. Et le public du Liberté en a fait l’intéressante expérience.

Sur un visuel des vidéastes-plasticiens Thomas Costerg et Maureen Ramshaw-Lemaire, les cinq artistes pendant une heure ont produit une musique électronique à partir d’instruments acoustiques et électriques : contrebasse, guitare, batterie, clavier… les utilisant souvent le plus traditionnellement qu’il soit, et parfois de manière beaucoup moins orthodoxe.  Tout en minimalisme et en rythmique, Cabaret contemporain surprend d’abord l’auditoire qui finit par se questionner sur les codes musicaux qui se mettent en place sous ses oreilles et ses yeux.

Cela pourrait ressembler à une fête électro, cela pourrait faire penser à une musique de boîte, cela pourrait être du Philip Glass remasterisé, cela pourrait tellement être tout cela à la fois qu’il n’en est rien. Cabaret contemporain est une œuvre singulière qui comme toute œuvre s’ancre dans le passé, s’inscrit dans le présent  et questionne l’avenir. Cabaret contemporain est une sorte d’itération poétique qui agit et réagit par cycle mettant tour à tour en avant comme dans autant de concerti un instrument et un artiste soutenus et accompagnés par les autres.

Bien calé dans votre fauteuil, Cabaret contemporain vous invite à regarder, vous convie à écouter, vous permet de danser sur la piste de votre imaginaire … bravo !

Toulon - Théâtre Liberté - Cabaret contemporain ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comToulon - Théâtre Liberté - Cabaret contemporain ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Arts plastiques, #arts numériques, #Patrimoine, #environnement, #Nature
Le Logoscope - Agnès Roux et Mimoza Koïke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Logoscope - Agnès Roux et Mimoza Koïke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Logoscope - Monaco : Révolution agraire -  Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Logoscope - Monaco : Révolution agraire -  Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Logoscope - Monaco : Révolution agraire -  Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Logoscope - Monaco : Révolution agraire - Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts appliqués, #arts numériques, #architecture, #Patrimoine, #environnement
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Que fait donc un centre d’art dédié à l’art contemporain sur l’île de Vassivière en plein cœur du Limousin ? C’est la question que je me pose depuis la fin des années 90 lorsque j’ai commencé à recevoir régulièrement des plaquettes du centre d’art contemporain de l’île de Vassivière. Avant le bâtiment, il y eût un barrage puis un lac. Puis avec le lac, il y eût le tourisme social avec son camping, ses résidences familiales, ses loisirs nautiques puis il y eût des sculptures en plein air qui occupaient l’espace puis enfin, cette idée incongrue d’ouvrir un centre d’art pour les vacanciers. S’ils ne vont pas au centre d’art, que le centre d’art aille à eux.

Pour concevoir un centre d’art en pleine nature, Xavier Fabre et Dominique Marchès décident à l’époque de s’adjoindre les talents de l’architecte italien Aldo Rossi. Choix a priori paradoxal dans la mesure où la ville constitue le thème central de son œuvre comme le souligne la publication en 1966 de son traité théorique L'Architettura della città. Mais l’architecte, qui travaille sur les formes et les bâtiments traditionnels, est également auteur, artiste, professeur et théoricien. Il devenait donc un allié précieux.

Reprenant les idées de départ de Xavier Fabre et Dominique Marchès et en s’appuyant sur un de ses concepts Un bâtiment n’a jamais autant de sens que quand il change d’usage, l’équipe fait de l’architecture romaine, de l’architecture religieuse et du site ses points de référence et construit un bâtiment et son phare qui évoquent tour à tour, l’île et donc les littoraux sur lesquels nous sommes, l’aqueduc romain et les nombreux vestiges antiques de la région et plus sûrement les nombreuses églises romanes des environs avec sa salle d’exposition en nef d’église avec voûte en carène de bateau renversé.

Le Centre fête aujourd’hui son 25ème anniversaire, ses 50 sculptures de commande publique, ses 100 expositions, ses 1500 œuvres exposées et ses 300 artistes qui ont occupé certes temporairement l’espace. Pour célébrer le centre et Aldo Rossi aujourd’hui disparu, le centre a demandé à huit artistes de répondre dans un espace confiné au vocabulaire et à la pensée d’Aldo Rossi. Le titre même de l’exposition Oublier l’architecture est un clin d’œil au livre Autobiographie scientifique de 1981, dans lequel Aldo Rossi nous invite à relire son œuvre au travers du prisme de la mémoire.

Les huit artistes (Karina Bisch, Anne Bourse, Nicolas Chardon, Adelaïde Feriot, Étienne de France, Ernesto Sartori, Mathilde du Sordet, Sarah Tritz) sont issus de la scène contemporaine française, ils précédent tous de peu le centre d’art car nés de 1974 à 1985. Chacun travaille à sa manière en reprenant les fondamentaux de l’architecture : maquette, dessin, croquis et emplissent le bâtiment de leurs constructions, formes géométriques épurées, succession d’espaces intérieurs/extérieurs, mis en espace avec des éléments bruts ou des matériaux colorés (brique, granit, bois, zinc).

Huit constructions dialoguent avec le lieu comme celles d’Ernesto Sartori dont la maquette en bois composée d’objets du quotidien vous accueille dans la nef ou celles Nicolas Chardon dont les séries de remises en forme du carré changent selon le point de vue et la position que vous adoptez ou encore les sculptures d’Adélaïde Fériot, disséminées dans toutes les salles, qui semblent des gardiens de la mémoire traversant le bâtiment.

Alors à Vassivière, pensez à vos joutes nautiques et « oublier l’architecture ».

« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » avec Karina Bisch, Anne Bourse, Nicolas Chardon, Xavier Fabre, Adelaïde Feriot, Étienne de France, Aldo Rossi, Ernesto Sartori, Mathilde du Sordet, Sarah Tritz – exposition du 26 juin AU 6 novembre 2016 - Commissaires : Marianne Lanavère avec la complicité de Guillaume Baudin et de Xavier Fabre

« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« Oublier l'architecture : 25 ans d'architecture à Vassivière » ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Patrimoine, #environnement, #architecture, #Arts plastiques, #arts numériques, #Tourisme
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S’approcher du site des confluences sans jamais le fouler finissait par devenir une promenade classique du touriste moyen à Lyon. L’architecture déconstructiviste imaginée par le cabinet Coop Himmelb reposant sur d'importants porte-à-faux dessinait le futur musée des confluences. Année après année, la forme de ce gigantesque insecte se précisait jusqu’à son ouverture il y a un an.

Long de 190 mètres, sur 90 de large et 41 mètres de haut, l’ensemble architectural se compose désormais de ses trois grandes parties enfin terminées : le Socle qui accueille le visiteur en jouant sur les intérieurs-extérieurs, le Cristal entièrement vitré, qui se compose de circulations autour d’un vortex symbolique et le nuage, espace des expositions permanentes et temporaires.

Il ne restait plus qu’à pénétrer dans le Saint des Saints pour déambuler dans cette architecture, voir la collection permanente, issue du Muséum de Lyon, et découvrir les expositions temporaires. Et c’est là que les Athéniens s'atteignirent, que les Perses se percèrent, que les Satrapes s'attrapèrent, et que les Mèdes s'...

Amis visiteurs, la première épreuve qui vous attend demeure la file d’attente d’une heure et demie qui vous conduit directement non à la billetterie mais à la fouille minutieuse (passage au détecteur compris) de vos effets personnels. Certes, certains se sentent davantage en sécurité oubliant au passage que lors des attentats de Paris, c’est aux terrasses des cafés et des restaurants que les gens ont d’abord été fauchés, oubliant également que, pour entrer au Bataclan, les terroristes ont flingué les responsables de sécurité d’abord et sans autre formes de procès. Mais, amis visiteurs, si vous ne souhaitez pas casser l'ambiance, abstenez-vous de toute remarque.

La seconde épreuve consiste à rester stoïque au milieu des poussettes désertées par autant de petits génies à leur papa et à leur maman qui viennent au musée comme ils iraient à Disney … en consommateurs. A cela s’ajoute l’épreuve non facultative de supporter patiemment les cris, caprices et autres colères desdits bambins sur lesquels les parents n’essaient même plus d’étendre désespérément leur chimérique empire. Amis visiteurs, un bon geste, dites-vous que d’autres ont sans aucun doute supporté les vôtres !

La troisième épreuve, beaucoup plus classique, est une preuve sportive visant à tenter désespérément de se frayer un chemin dans les quatre espaces de la collection permanente répartie en quatre espaces d’exposition, appelés Origines, les récits du monde pour le premier, Sociétés, le théâtre des hommes pour le deuxième, Espèces, la maille du vivant pour le troisième et enfin, Éternités, visions de l'au-delà pour le dernier. Amis visiteurs, un conseil : repérez le Mammouth de Choulans, repérez Camarasaurus, le dinosaure, repérez les momies égyptiennes et tournez immédiatement les talons, il y aura beaucoup moins de monde ailleurs !

Si vous avez passé brillamment ces trois épreuves, vous pourrez alors dans une plus grande quiétude attaquer les collections temporaires loin des poussettes sagement parquées auprès de leur propriétaire assis dans les espaces circulaires, loin des petits génies qui depuis belle lurette, préfèrent courir dans les couloirs en attendant l’heure de la sortie. Les expositions temporaires sont elles aussi réparties en quatre espaces et proposent une entrée thématique chacune sous la houlette d’un commissaire spécialiste particulier. De grande qualité, de grande exigence, elles permettent de découvrir en un espace des œuvres issues des collections de plusieurs musées et se prêtent volontiers au jeu du multi-format ou de la confrontation à l’art et notamment l’art contemporain. L’exposition temporaire L’art et la machine par exemple a permis cet hiver de découvrir les rapports que l’homme entretient avec la machine des premiers aéroplanes aux sculptures de Tinguely ou aux compressions de César en se frottant à des arts aussi divers que la peinture classique, le cinéma ou la sculpture contemporaine.

Enfin visiteurs, fourbus et néanmoins amis, pour respirer tout le charme du bâtiment, n’hésitez surtout pas à faire le tour des espaces, à déambuler dans les escaliers, à admirer le Rhône, la Saône, la confluence, La ville de Lyon et son agglomération de ce point de vue absolument extraordinaire.

Musée des confluences de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée des confluences de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMusée des confluences de Lyon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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Dans le cadre de l’année russe, l’association monégasque pour la connaissance des arts (A.M.C.A.), jeune et fringante trentenaire cette année, présidée par Elisabeth Bréaud, a décidé de réserver son ouverture de saison dédiée au thème « Mythes, symboles et allégories » à un hommage du pianiste Mikhaïl Rudy au peintre Marc Chagall. Hasard des calendriers ou bégaiement de l’histoire ? La proposition de Mikhaïl Rudy croise également musique et vidéo avec une illustration musicale des esquisses animées du plafond de l’Opéra de Paris de Marc Chagall.

Mikhaïl Rudy a bien connu Marc Chagall dans ses dernières années. Son premier concert en Occident avec Mstislav Rostropovitch et Isaac Stern (excusez du peu !) était d’ailleurs le cadeau pour le 90ème anniversaire de l’artiste.

En première partie de soirée, Mikhaïl Rudy, sans doute pour se délier les doigts, a interprété devant un public conquis les Vingt Visions fugitives de Serge Prokofiev puis la Sonate n°10 et deux Danses d’Alexandre Scriabine soit trois quart d’heure d’hommage endiablé à la musique russe.

Comme pour s’effacer, c’est du coin de la scène que Mikhaïl Rudy a interprété la deuxième partie de son programme, pour laisser place à la projection sur écran d’un film d’animation rendu possible par l’utilisation de nombreuses esquisses inédites pour le plafond de l’Opéra Garnier avec la complicité de la famille Chagall.

Les esquisses du très statique plafond se sont alors mises à se mouvoir pendant que Mikhaïl Rudy les accompagnait avec la Mélodie d’Orphée et Eurydice de Christophe Willibald Glück transcrite pour piano par Giovanni Sgambati, la Fantaisie en Ré mineur de Wolgang Amadeus Mozart, La Mort d’Isolde de Richard Wagner transcrite pour piano par son beau-père Franz Liszt et enfin, l’étude pour les quartes et l’étude pour les huit doigts de Claude Debussy et la Valse de Maurice Ravel transcrite par lui-même pour le piano.

Cette proposition originale qui permet de découvrir l’univers de Marc Chagall de manière fort ludique n’échappe pas à la règle commune des propositions croisées musique et vidéo, comme si certaines œuvres, certaines pièces voire certains compositeurs étaient plus « compatibles » avec l’image. Si l’impression d’un accompagnement musical s’est fait sentir avec les trois premiers compositeurs, l’osmose entre le son et l’image s’est révélée totale avec les interprétations de Claude Debussy et Maurice Ravel, le tourbillon du plafond répondant au tourbillon enivrant de la Valse.

Est-ce une coïncidence ou les compositeurs nés avec le cinéma sont-ils plus ciné-compatibles ? Cela n’aurait d’ailleurs rien d’étonnant !

Association monégasque pour la connaissance des arts (A.M.C.A.) - Mikhaïl Rudy : Chagall, la couleur des sons ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comAssociation monégasque pour la connaissance des arts (A.M.C.A.) - Mikhaïl Rudy : Chagall, la couleur des sons ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Association monégasque pour la connaissance des arts (A.M.C.A.) - Mikhaïl Rudy : Chagall, la couleur des sons ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Premières en cascade à l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo pour ce début de saison.

Donné dans son intégralité pour la première fois à Monaco, la Trilogie Romaine de l'italien Ottorino Respighi, contemporain de Maurice Ravel, se compose de trois poèmes symphoniques : Fêtes romaines, Les Fontaines de Rome et Les Pins de Rome, créées entre 1917 et 1929. Quel bonheur de venir écouter des œuvres peu données !

Autre symbole de bon augure, Kazuki Yamada dirige pour la première fois en tant que « futur chef titulaire », cette Trilogie romaine avant de prendre officiellement les manettes de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, à l’automne 2016. S’engager sur un concert multimédia pour signer son arrivée laisse évidement les curieux sur leur faim, impatients qu’ils sont de découvrir la prochaine saison.

Car troisième première, ce concert multimédia a été mis en scène par La Fura dels Baus, troupe de spectacle catalane qui fait actuellement une tournée remarquée en France avec son spectacle "M.U.R.S.", qui dénonce la dictature de des Smartphones.

Si la première impression est la bonne, l’Orchestre Philharmonique de Monaco aura de la chance d’être dirigé par un chef comme Kazuki Yamada : jeunesse, fougue, précision, rien n’a manqué dans la direction de cette œuvre qui alterne mouvements puissants et mouvements d’une infinie douceur, couleurs rouge sang et teintes plus reposantes des soirs italiens, impétuosité des hommes et profondes méditations.

Reste que la mise en images par la Fura dels Baus s’affiche souvent comme un simple soutien de l’interprétation de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo plutôt qu’une réelle création allant, dans les Fontaines de Rome, jusqu’à la paraphrase. En revanche, dès qu’elle s’écarte du simple sur-lignage, l’interprétation de La Fura dels Baus entre en écho avec la musique et son interprétation y compris lorsqu’elle semble se poser en contrepoint de ce que le spectateur entend. Ainsi la référence au mythe d’Apollon et Daphné pour Les Pins de la Villa Borghèse, allusion à la splendide sculpture du Bernin conservée à la Galerie Borghese à Rome, vient-elle à la fin rappeler également que, comme Daphné se transformant en laurier pour échapper à son divin poursuivant, Rome sera toujours la Ville Éternelle malgré ses transformations.

OPMC - Monaco : Trilogie Romaine d'Ottorino Respighi - Direction : Kazuki Yamada - Mise en images : La Fura dels Baus ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com OPMC - Monaco : Trilogie Romaine d'Ottorino Respighi - Direction : Kazuki Yamada - Mise en images : La Fura dels Baus ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com OPMC - Monaco : Trilogie Romaine d'Ottorino Respighi - Direction : Kazuki Yamada - Mise en images : La Fura dels Baus ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

OPMC - Monaco : Trilogie Romaine d'Ottorino Respighi - Direction : Kazuki Yamada - Mise en images : La Fura dels Baus ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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A 18 h 30 pétantes, les premiers invités arrivent, Agnès Roux s’active et Louïe de Finesse fait résonner des airs de guinguette : La Foule, Nini Peau d’chien, Le petit Vin blanc, Les grands Boulevards, Vesoul, la guinguette s’anime et la croisière s’amuse. Devant brioches-pilons, création culinaire d’Agnès Roux Herself, pissaladières, charcuterie, boissons diverses et variées, chacun discute avec ses connaissances, ses inconnus, ses proches et ses lointains.

Les premières nourritures spirituelles composées de quelques vidéos d’art du programme d'imagespassages (arts visuels et numériques contemporains d’Annecy) entrecoupées des interludes de Frédéric Nakache sont à consommer sans modération à la manière du Furby de Jeanne Susplugas, présenté dans ce cadre, jouet en peluche qui engloutit tous les médicaments qu’on lui donne et qui en redemande.

« Ce n’est pas vous qui écrivez pour un blog ? » me demandent Sophie Boursier et Charlotte Lafaye du Collectif Exceedance. Saperlipopette ! Moi qui me pensais à l’abri avec mon air de ne pas y toucher. Règle numéro 1 : se méfier de la jeunesse ! Je suis fort heureusement sorti de ce guêpier dans une sorte de mise en abyme circonstancielle, quand, s’extirpant des anonymes, sept comédiens (Les belles Clara Lefort, Julia Mevel, Eléonore Pasquet, Marina Reynaud, et les non moins beaux Thomas Lesous, Bastien Steenkiste et Tarek Bouhouch) s’animent, se dévêtent, se revêtent. Ballhaüs se met en place ou plutôt s’est déjà mis en place car le nom des invités crié à chaque arrivée, les serpentins qui s’amoncellent, les comédiens déjà dans la place à passer de l’un à l’autre, faisaient déjà partie de l’installation, de la création mais nous n’y avons vu que du feu.

Ballhaüs créé, scénographié et mis en scène par Leslie Bourgeois, fonctionne par bribes, par collages, par scènes successives qui évoquent à la fois, les rave party d’hier, les clubs d’aujourd’hui, les bals populaires d’avant-hier. Ballhaüs évoque également les jeunes qui danse encore, les vieux qui dansent toujours, quel que soit le lieu, quelle que soit l’époque, quelle que soit la musique. Mais Ballhaüs est aussi l’expression du geste amoureux qu’il soit érotique, sentimental, réflexif, sexuel, langoureux, bestial comme l‘expression des ambiances de groupe avec ses ivresses, ses illusions, ses tensions, ses joies, ses peines, ses désillusions. Ballhaüs fait évidemment penser au Bal d’Ettore Scola mais s’y rajoute une proximité intrusive très agréable, une énergie débordante et un montage de textes savamment composé qui marque les époques comme les anti-bustes des danseurs ponctuaient les époques dans le film.

Le texte projeté si proche de nous, la parole si proche de nos oreilles nous plongent dans le quotidien d’hier, d’aujourd’hui, de demain. Le spectateur passe d’auteurs en dramaturges comme il passe de conversation en conversation dans les lieux publics. "La valse, c'est le maintien du couple. C'est l'ange gardien du ménage" entend-il sans se douter qu’il côtoie jacques Gamblin et Le Toucher de la hanche. « M’inquiéter quand tu es en retard et m’émerveiller quand tu es en avance et te donner des tournesols et aller à la fête et y danser à en devenir bleu » s’exclame alors « A », personnage tout droit sorti de Manque de ma très regrettée Sarah Kane. « Ritter Hans von Wittenstein zu Wittenstein » se présente enfin martialement Tarek Bouhouch devant l’Ondine de Jean Giraudoux.

Si leur voix font résonner dans cet extérieur sonore des poètes comme Jacques Prévert (Je suis comme je suis) ou Pablo Neruda (Le Tigre), des dramaturges comme Howard Barker (L’extase de la femme muette) ou Anja Srnec Todorovic (Respire!), les sept comédiens dirigés au millimètre par Leslie Bourgeois font résonner leur corps fougueux dans un espace contraint avec une virtuosité impressionnante avant d’inviter évidemment les spectateurs à une dernière valse.

Ne voulant pas faire tapisserie, Agnès Roux reprend la main dès le dernier pas dansé et, devant une vidéo de circonstance de Loic Delucis (si ma mémoire est bonne), nous invite à déguster quelques choux à mains nues... histoire d’achever notre goguette d’anniversaire en guinguette du même nom.

Joyeux anniversaire, cher Logoscope… longue vie à toi et à l’année prochaine pour tes 19 ans.

Le Logoscope - Guinguette d'anniversaire - Agnès Roux - Louïe de Finesse - Mimoza Koïke -  Les comédiens de Ballhaüs ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Logoscope - Guinguette d'anniversaire - Agnès Roux - Louïe de Finesse - Mimoza Koïke -  Les comédiens de Ballhaüs ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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