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Blog de mes curiosités

Articles avec #danse catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Opéra, #Musique, #Danse
« L’Opéra » - Film documentaire de Jean-Stéphane Bron - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« L’Opéra » - Film documentaire de Jean-Stéphane Bron - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Tous les spectateurs qui avaient goûté à l’intelligente mise en scène de son film documentaire Cleveland contre Wall Street présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2010 se sont certainement précipités pour découvrir son nouveau film L’Opéra qui retrace la  saison 2015-2016 dans les coulisses de L’Opéra de Paris. Curieusement, tout le public des désormais célèbres retransmissions d’opéra en direct (comme si cela avait une incidence quelconque sur son déroulement) du Met’ brillait par son absence. Chose d’autant plus curieuse qu’il semble a priori plus cohérent de visionner un film documentaire dans une salle de cinéma et d’assister à une représentation d’opéra dans un théâtre lyrique mais peut-être ce public de connaisseurs attend-il la retransmission d’un film documentaire dans un stade de foot ou dans un lieu qui ne s’y prêterait pas.

Ceux qui avaient apprécié Cleveland contre Wall Street ne s’attendaient donc pas à un reportage avec le milieu, le début et la fin d’une production mais à une approche plus originale. En fait, loin des arcannes juridiques, financières, administratives, promotionnelles, Jean-Stéphane Bron s’est surtout attaché à remettre l’humain au cœur du dispositif. L’humanité de L’Opéra, ce sont non seulement ses différents champs (danse, concert, lyrique) mais également ses corps (les administratifs, les techniciens, les artistes, les usagers) et ses grades (soliste, choriste, musicien, directeur musical, directeur chorégraphique, directeur général, danseur, mélomane, mécène, etc.) pour reprendre un langage administratif.

Pour faciliter la visibilité dans les méandres de l’opéra, Jean-Stéphane Bron suit plus particulièrement quelques personnages : Stéphane Lissner, directeur général, Philippe Jordan, directeur musical ou Benjamin Millepied, éphémère directeur chorégraphique mais également quelques personnes plutôt habituées à l’ombre comme la régisseuse plateau. Le jeune baryton Mikhail Timoshenko endosse le rôle fort envié du fil rouge ; le public le retrouve de manière récurrente dans ses débuts à l’opéra, véritable incarnation de l’intemporalité de la scène s’ancrant dans la tradition et se tournant vers l’avenir.  

L’opéra filmé dans son quotidien évite le sensationnalisme des conflits trop marqués sans pour autant sombrer dans la candeur ou l’hagiographie. Stéphane Lissner est souvent représenté dans une grande solitude dans son bureau, dans sa loge, dans les bâtiments. Il est représenté en « dénoueur » de conflits plutôt combattif que ce soit lors des appels à la grève ou lors du départ de Benjamin Millepied. Les crispations entre le chœur et le metteur en scène reviennent de manière récurrente. Et évidemment, le renoncement à la dernière minute de Gerald Finley  pour tenir le rôle de Hans Sachs dans Die Meistersinger von Nürnberg (Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg) de Richard Wagner rajoute de l’électricité dans une équipe qui doit le remplacer au pied levé.

C’est donc bien toute l’humanité de ce microcosme qui fait la force du film dans lequel l’humour n’est jamais bien loin : les régisseuses plateau qui fredonnent  en coulisses les airs de  Die Meistersinger von Nürnberg et qui sont obligés de changer de tonalité régulièrement, la tête ahurie de Mikhail Timoshenko à qui le grand Bryn Terfel demande son aide pour apprendre le rôle de Boris Godounov, les enfants de l’opération « Les Petits violons » décontenancés par les instruments, la réunion administrative sur la quadrature du cercle « baisse du prix des billets, équilibre budgétaire »,  tout concourt aussi à la bonne humeur.

Mieux que les représentations du Met’… en direct, visionner dans une salle de cinéma enfin rendue à son objet premier le film documentaire L’Opéra de Jean-Stéphane Bron est un acte militant et mélomane. Pour les représentations d’opéra, le public pourra toujours se reporter sur la salle la plus proche, même à 200 kilomètres, pour les voir dal vivo réalisant ainsi dans la foulée un autre acte tout aussi mélomane et militant.

 

« L’Opéra » - Film documentaire de Jean-Stéphane Bron – Suisse, France - Date de sortie : 5 avril 2017 – Durée : 1h 50’

« L’Opéra » - Film documentaire de Jean-Stéphane Bron - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com « L’Opéra » - Film documentaire de Jean-Stéphane Bron - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

« L’Opéra » - Film documentaire de Jean-Stéphane Bron - Cinéma Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Arts plastiques, #arts numériques, #Patrimoine, #environnement, #Nature
Le Logoscope - Agnès Roux et Mimoza Koïke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Logoscope - Agnès Roux et Mimoza Koïke ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Logoscope - Monaco : Révolution agraire -  Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Logoscope - Monaco : Révolution agraire -  Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLe Logoscope - Monaco : Révolution agraire -  Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Le Logoscope - Monaco : Révolution agraire - Guinguette ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Epoque contemporaine, #Danse, #Racines, #Musique, #Cinéma, #Opéra
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Œuvre après œuvre, Kader Attou, directeur artistique de la Compagnie Accrorap et du Centre Chorégraphique National de La Rochelle/Poitou-Charentes, cherche, questionne, pose des jalons, laisse quelques traces, rebondit mais que cherche-t-il ? Le voyage assurément mais le voyage est-il physique ? Spirituelle ? Symbolique ? Initiatique ? Tout cela à la fois ?

Dans Roots, le Hip-hop naissait d’un vieil électrophone qui faisait résonner Break Machine et son célèbre single Street dance (http://un-culte-d-art.overblog.com/2015/05/danse-theatre-de-grasse-the-roots-de-kader-attou-accrorap-et-le-hip-hop-entra-au-repertoire.html). Sur cette évocation onze danseurs, replaçait le hip-hop dans ses origines et son contexte. Dans Opus 14, ce sont seize danseurs dont seulement deux femmes qui forment un véritable corps de ballets. Le Hip-hop se fait très collectif, laissera sa place aux individualités mais, sciemment, Kader Attou questionne le groupe, l’ensemble, la place de l’individu dans cet ensemble, les tensions qui en résultent, les souvenirs qu’il laisse et donc  l’inconscient collectif.

A la manière de la théorie des dominos, les corps réagissent souvent en chaine par réactions successives à un contact : le système action-réaction questionne la ressemblance, la différence, l’acculturation, la singularité et convoque véritablement en dehors de tout mouvement hip-hop un autre roi du mouvement : Charlie Chaplin lui-même. Comment en effet ne pas voir, dans cette série de réactions en chaine des corps, la référence au film le Cirque de Charlie Chaplin quand Charlot poursuivi par la police se transforme en automate exécutant à répétition le même geste, s’intégrant parfaitement dans cette grande construction mécanique dont il semble être le moteur tout en y étant l’élément étranger ?

Puis ces corps qui fonctionnent par réactions réagissent soudain à l’unisson se muant en autant de mers, de vagues, de ressacs, de rivages, de voyages potentiels : la chorégraphie se fait odyssée sous nos yeux. L’odyssée finit par se faire intérieure lorsque lentement, dans un craquement d’électrophone encore une fois, monte la voix d’Enrico Caruso qui reviendra une fois dans sa version vinyle, une fois dans sa version accordéon, une fois dans sa version piano désaccordé. Que chante Enrico Caruso? La complainte de Nadir extrait des Pêcheurs de perles de Georges Bizet.

Je crois entendre encore, Caché sous les palmiers, Sa voix tendre et sonore Comme un chant de ramier Ô nuit enchanteresse ! Divin ravissement ! Ô souvenir charmant ! Folle ivresse ! Doux rêve ! Aux clartés des étoiles, Je crois encore la voir Entrouvrir ses longs voiles Aux vents tièdes du soir Ô nuit enchanteresse, Divin ravissement, Ô souvenir charmant ! Folle ivresse ! Doux rêve ! Divin souvenir ! Ô souvenir charmant ! chante Nadir/Caruso  dans sa complainte qui clôturera le spectacle.

Entre références à Charlie Chaplin et référence à Georges Bizet et à Enrico Caruso c’est à un voyage dans notre inconscient que Kader Attou nous invite : il nous ramène sur les rivages de nos souvenirs et des siens, sur les berges des évocations de notre enfance, sur nos références visuelles et sonores tout simplement. Si Roots avait rattaché le hip-hop contemporain à une filiation chorégraphique, Opus 14 relie le mouvement Hip-hop à une histoire des Arts beaucoup plus large : celle des constructions artistiques et culturelles de notre enfance et de notre adolescence, celle de nos valeurs communes qui se construisent par vagues successives 

Opus 14 - Kader Attou - Compagnie Accrorap - CCN La Rochelle ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpus 14 - Kader Attou - Compagnie Accrorap - CCN La Rochelle ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Opus 14 - Kader Attou - Compagnie Accrorap - CCN La Rochelle ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpus 14 - Kader Attou - Compagnie Accrorap - CCN La Rochelle ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opus 14 - Kader Attou - Compagnie Accrorap - CCN La Rochelle ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Danse, #Patrimoine
Vincent Vatrican, directeur des archives audiovisuelles de Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Vincent Vatrican, directeur des archives audiovisuelles de Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Afin de terminer sereinement et joyeusement l’année, le Monaco Dance Forum et les Archives audiovisuelles de Monaco ont décidé de présenter un film qu’il n’est plus besoin de présenter tant il fait toujours recette : Singing in the rain, film musical américain de Stanley Donen et Gene Kelly, sorti en 1952 avec les inoubliables Gene Kelly, Debbie Reynolds et Donald O'Connor… sans oublier la voix de casserole de Jean Hagen.

Tout le public connait les démêlés de Don Lockwood (Gene Kelly) et de Lina Lamont (Jean Hagen), les amours de Don Lockwood et de Kathy Selden (Debbie Reynolds), les pitreries de  Cosmo Brown (Donald O'Connor) mais qu’importe, le plaisir est intact de revoir ce film sur grand écran en version originale sous-titrée avec une copie à la restauration parfaite.

Après The Phantom of the Opera (Le Fantôme de l'Opéra), film américain de 1925, réalisé par Rupert Julian présenté en lancement de  saison de l’opéra de Monte-Carlo (http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/10/cine-concert-archives-audiovisuelles-de-monaco-opera-de-monte-carlo-monaco-un-lancement-de-saison-a-nous-laisser-sans-voix.html), Vincent Vatrican, directeur des Archives audiovisuelles de Monaco présente le film sans omettre de  souligner la performance de Debbie Reynolds, jeune actrice à l’époque qui ne savait pas danser. Le spectateur peut encore davantage apprécier la performance du trio dans l’inoubliable chorégraphie de Good Morning.

Pendant une heure et demie, la salle a réagi aux péripéties des protagonistes, chanté silencieusement avec Gene Kelly admiré le travail burlesque de Donald O’connor ou la performance chorégraphique de Debbie Reynolds, s’est gaussée de la voix de Jean Hagen qui par une mise en abyme comique a doublé elle-même sa voix nasillarde avant de réserver au film l’ovation qui lui revient… fort de ses soixante six ans et toujours pas une ride !

Monaco Dance Forum et Archives audiovisuelles d eMonaco - Singing in the Rain de Stanley Donen ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com - Monaco Dance Forum et Archives audiovisuelles d eMonaco - Singing in the Rain de Stanley Donen ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com -

Monaco Dance Forum et Archives audiovisuelles d eMonaco - Singing in the Rain de Stanley Donen ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com -

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Amour, #Proche orient
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Au programme du Monaco Dance Forum, une pièce chorégraphique pour six danseurs intitulée OCD Love ou OCD Amour… tout un programme mais visiblement, certains qui ont rapidement quitté la salle n’avaient pas lu le programme et comme les absents ont toujours tort, petite explication.

OCD Love est la nouvelle création de L-E-V Dance Company créée en 2013 par Sharon Eyal et Gai Behar. Ni l’un ni l’autre ne sont des inconnus des scènes méditerranéennes car ils ont travaillé pour la Batsheva Dance Company de 1990 à 2008 pour Sharon Eyal, à partir de 2006 pour Gai Behar. La Batsheva Dance Company a été fondée en 1964 par Martha Graham avec le soutien de la baronne Batsheva de Rothschild dont elle tient le nom.

Cette simple curiosité aurait pu déjà mettre la puce à l’oreille de ceux qui croyaient voir Giselle. Si d’aventure ils avaient jeté un œil sur l’équipe, les spectateurs auraient noté que la musique était signé DJ Ori Lichtik, avec lequel  Sharon Eyal et Gai Behar ont déjà collaboré. Sans être grand clerc, ce très bref renseignement nous éloignait du Lac des Cygnes ou de Casse-Noisette.

Contemporain donc, et du contemporain rythmé voire pulsé au service d’une quête immémoriale … l’Amour… l’amour qui manque encore et toujours.  Pendant un peu moins d’une heure, six danseurs, quatre hommes et deux femmes, cherchent donc à nous mettre le cœur (le lev en hébreu) dans tous ses états amoureux.

Cela commence par un solo, très lent, très souple,  très beau, au son métronomique des battements d’un cœur en éveil. Le mouvement calme, apaisé semble les innocentes amours des cours d’école, celui des premiers âges de la vie.  Puis après ce long passage reposant, le cœur comme les amours connaissent un trouble énergique, obsessionnel, compulsif qui passera par plusieurs phases, plusieurs combinaisons, plusieurs trahisons, plusieurs réconciliations. Et ces amours là n’auront plus rien de cet apaisement primitif, elles seront différentes c’est tout.

Le groupe petit à petit se complète, se disperse, danse à un, à deux, à trois, à quatre, à cinq ou à six. Les mouvements  semblables puis contraires des danseurs font et défont symboliquement les couples. L’harmonie un temps atteinte s’effiloche à nouveau et passent les années et les aventures mais la mission s’avère toujours aussi périlleuse et la construction bien incertaine. Le danger vient de soi, de l’autre, d’un(e) troisième,  et la construction vole en éclat pour repartir sous une autre forme.

Certes le titre du spectacle est emprunté au texte "OCD" de Neil Hilborn, jeune slameur américain qui a affolé la toile avec son texte autobiographique résumable ainsi : Comment parvenir à trouver l'amour lorsqu'on est atteint de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ? Sans doute le texte a-t-il donné sa forme « obsessionnelle » au spectacle  mais que le jeune homme se rassure… l’humanité entière est atteinte depuis des siècles  par les mêmes troubles obsessionnels du comportement : trouver l’Amour, le faire vivre, le retenir, le faire durer.

Monaco Dance Forum - OCD Love - L-E-V Dance Company ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco Dance Forum - OCD Love - L-E-V Dance Company ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco Dance Forum - OCD Love - L-E-V Dance Company ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Epoque contemporaine, #Danse
[Musique – Auditorium Rainier III - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo – Monaco] Kazuki Yamada et la filiation monégasque

Afin d’affirmer la continuité et la pérennité de la création musicale en Principauté, Kazuki Yamada, désormais  entièrement dévoué à la direction de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo a décidé de frapper les esprits avec son concert inaugural intitulé « Nés à Monaco ».

Le concert « Nés à Monaco » a permis d’entendre ou de réentendre un certains nombre de pièces musicales qui ont vu le jour en Principauté. La Rondine de Giacomo Puccini, créée en pleine Première Guerre Mondiale  est la plus ancienne des créations présentées dans ce programme et la Dame de Monte-Carlo, dont la création remonte à novembre 1961, la plus récente. Pour ouvrir et clore chronologiquement parlant ce tour d’horizon des créations, la soprano Anne-Catherine Gillet a successivement interprété l’air de Magda Chi il bel sogno di Doretta et le monologue de la Dame de Monte Carlo. L’interprétation d’Anne-Catherine Gillet nous a immédiatement rappelé qu’à Monaco, l’opéra n’est jamais bien loin en même temps que la Dame de Monte Carlo nous renvoyait au bon souvenir de Denise Duval.

Si les deux premières pièces nous renvoyaient à la présence de l’opéra, la Suite des Biches de Francis Poulenc nous évoquait irrémédiablement les ballets russes et la création à Monte Carlo en 1921 de ce  ballet en un acte de Bronislava Nijinska sur une musique de Francis Poulenc et des décors et costumes de Marie Laurencin. Et s’il manquait dans ce programme une personnalité née à Monaco comme ses œuvres, Louis Abbiate, compositeur, violoncelliste et pédagogue monégasque était tout indiqué. Fort curieusement d’ailleurs, Le Songe d’Or, poème symphonique d'après Charles Nodier de Louis Abbiate créé en 1921, n’avait visiblement jamais été donné à Monaco confirmant au passage que nul n’est jamais vraiment prophète en son pays.

Enfin, pour achever de manière festive cette retrouvailles du public avec « ses œuvres »,  le  ballet Gaîté parisienne, œuvre la plus célèbre de Manuel Rosenthal, commandée par Leonide Massine et les Ballets russes de Monte-Carlo en 1938 a permis au public d’écouter en une ouverture et 23 mouvements, un savant montage des diverses œuvres de  Jacques Offenbach, feu d’artifice musical qui a bien entendu galvanisé une salle déjà conquise.

Ce concert inaugural, loin du mausolée, loin de la grande galerie de portraits redonnait soudain du sens à l’orchestre et à son public. Débuter une mandature en ancrant son arrivée dans l’histoire musicale de la Principauté tient d’ailleurs autant de l’hommage qui a séduit le public que du défi pour rappeler que cet orchestre a une histoire prestigieuse, une aura qu’il faut désormais assumer, poursuivre ou retrouver. Et Kazuki Yamada par la fougue qu’il a imprimée à sa direction, par son engagement physique personnel dans la direction que tout un chacun aura remarqué et par cette apparente idylle qu’il a su nouer avec les musiciens de l’orchestre semble effectivement et plus que jamais  l’homme de la situation.

 

Kazuki Yamada - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comKazuki Yamada - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comKazuki Yamada - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Kazuki Yamada - Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #fantastique, #Musique, #Enfance, #Adolescence
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Les deux pièces au programme de L’été danse proposé par les Ballets de Monte-Carlo quoique créées par deux chorégraphes différents ont les souvenirs, l’imaginaire et le fantastique en commun.

Voir la chorégraphie de l’Enfant et les Sortilèges dans le lieu même où l’œuvre de Colette mise en musique par Maurice Ravel fut créée le 21 mars 1925 ajoutait encore un peu d’émotion à la soirée. Dans la salle qui respire encore la présence de l’incontournable directeur d’alors, Raoul Gunsbourg, c’est une nouvelle interprétation de l’Enfant et les Sortilèges que nous livre Jeroen Verbruggen. Cet enfant n’est plus tout à fait un enfant ou plutôt, il voudrait sortir de l’enfance mais ne le souhaite pas vraiment. Il n’est pas l’Enfant mais celui que nous fûmes. L’excellent Daniele Delvecchio interprète à merveille ce souvenir d’enfance, cet Enfant révolté et ses gestes saccadés du début du spectacle, cet Enfant tendant le cou vers sa mère transformée en gigantesque anti-buste, cet Enfant créant son propre imaginaire, à partir de ses expériences, cet Enfant dont la gestuelle décrit parfaitement les angoisses, cet Enfant fantasmant sur des chats plutôt érotiques. L’Enfant interprété par Daniele Delvecchio est bousculé par toutes ses apparitions sorties de son imaginaire. Pour bien marquer ce passage et cette chaotique métamorphose vers l’âge adulte, Jeroen Verbruggen prolonge la musique de Maurice Ravel par un extrait de Didon et Enée d’Henry Purcell dans une version contemporaine de Ludovico Monk : Remember me, but ah! Forget my fate, Souviens-toi de moi ! Mais, ah ! Oublie mon destin. Tout est dit !

Pour la Le Baiser de la Fée, Vladimir Varnava a décidé de dépoussiérer considérablement l’œuvre. Les amoureux de Piotr Ilitch Tchaïkovski à qui Igor Stravinski rendait hommage en lui empruntant des thèmes en auront été pour leurs frais… tout comme les partisans du conte d'Andersen La Reine des neiges auquel le ballet faisait référence. Vladimir Varnava a choisi de réinterpréter musique et histoire du Baiser de la Fée. Le public était dès lors assez divisé entre partisans des réécritures et des réinterprétations et partisans du respect de l’œuvre dans son contexte d’origine. Quelle que soit la chapelle, l’ensemble s’est révélé assez déroutant. La création musicale d’Aleksandr Karpov, dédiée à Igor Stravinsky, s’éloigne de l’hommage à Piotr Ilitch Tchaïkovski et le parti pris fantastique, tire ses références de Métropolis, de l’univers des Marvel comics ou des mangas japonais. La scénographie et les costumes de Galya Solodovnikova répondent à ce parti pris et, reprenant l’exemple du Cendrillon de Maguy Marin, les danseurs hormis les deux principaux protagonistes sont rendus totalement anonymes par leur costume. Le parti pris bouscule, l’interprétation surprend mais l’ensemble est moins aseptisé, moins factice que ce que pourrait laisser une première impression.

Ballets de Monte-Carlo - L'été danse - L’Enfant et les Sortilèges - Jeroen Verbruggen - Le Baiser de la Fée - Vladimir Varnava ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBallets de Monte-Carlo - L'été danse - L’Enfant et les Sortilèges - Jeroen Verbruggen - Le Baiser de la Fée - Vladimir Varnava ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comBallets de Monte-Carlo - L'été danse - L’Enfant et les Sortilèges - Jeroen Verbruggen - Le Baiser de la Fée - Vladimir Varnava ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ballets de Monte-Carlo - L'été danse - L’Enfant et les Sortilèges - Jeroen Verbruggen - Le Baiser de la Fée - Vladimir Varnava ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Extrême orient, #Europe
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La nouvelle édition de Dance Biot sous la houlette d’Angelo Monaco avec le soutien de la municipalité offre à nouveau la possibilité aux jeunes compagnies de s’exprimer. Si les diffuseurs brillent encore une fois par leur absence, la présence de Monique Loudières et de la compagnie Sixième Étage, retenue dans l’édition de l’an dernier est un signe de la qualité de la proposition.

Trois compagnies sélectionnées, trois univers, trois complémentarités avec la compagnie marseillaise Indian Style pour le rapport au sacré et la danse extra-européenne, Exceedance, compagnie azuréenne pour le contemporain et Corps’Exion, compagnie millavoise pour le Hip-Hop.

La Compagnie Indian Style qui rassemble en son sein des danseurs d’odissi danse sacrée de l'Orissa, région du Nord-Est de l'Inde, des danseurs de Kalbélya, danse folklorique du Rajasthan et de Bharata Natya (sud) présente Namasté qui pourrait se traduire par Mon âme salue ton âme. Alliant à la fois rapport au sacré et rapport au patrimoine de la danse, cette composition pour cinq danseurs nous ramène à ce qui fut sans doute la première fonction de la danse. Ce qui impressionne le plus dans cette découverte n’est pas tant les traditionnels corps qui tournent sur eux-mêmes jusqu’à l’enivrement que la précision des micro-gestes réalisés par une des interprètes. Tout est dit dans ce mouvement qui paraît insignifiant mais qui signifie tout : précision et rigueur du geste dansé.

Le trio Hip-Hop Corps’exion vient de Millau. Toute la chorégraphie du groupe tient en cette idée simple : trois c’est souvent un de trop ! Corps’exion travaille toute une composition sur l’individu et le groupe, sur les entrées et les sorties du groupe, sur l’acceptation et le rejet, sur les alliances temporaires et fugace pour en intégrer ou en éjecter un autre. Les trois danseurs ont visiblement une habitude de travail et une grande complicité. Ils dansent au millimètre, se transmettent l’énergie sans temps morts, enflamment le public jeune qui leur était déjà acquis. Comme dans le spectacle précédent tout est dit dans leurs mouvements ralentis : là encore précision et rigueur du geste dansé.

Enfin, Sophie Boursier et Charlotte Lafaye pour Exceedance proposent leur deuxième création après le très surprenant Obsolescere (http://un-culte-d-art.overblog.com/2015/06/danse-theatre-des-varietes-monaco-le-logoscope-rajeunit-les-cadres-en-interrogeant-l-obsolescence.html. Exceedance se conjugue une nouvelle fois à deux interprètes mais cette fois-ci sans vidéo, dans une sorte d’a cappella visuel. Dans leur spectacle, Sophie Boursier et Charlotte Lafaye sont d’abord en phase, exécutent le même geste au même moment. Puis fatigue ou instant de lassitude ? Le rythme se désynchronise, les gestes sont décalés puis deviennent fondamentalement différents. Mais il en advient du duo comme de tout couple, leur côté mimétique finit inexorablement par revenir, se ressouder, repartir dans la même direction avec le même rythme, le même geste au même moment avant que soudainement, moment de fatigue ou instant de lassitude… Autant Corps’exion faisait du trio une base de réflexion sur l’individu et le groupe, autant Exceedance questionne le duo, le couple, la gémellité, leur unité, leurs désaccords, leur routine, leurs retrouvailles. La précision de l’écriture et du geste chorégraphique déjà remarquables dans Obsolescere se confirment ici : là encore une fois précision et rigueur du geste dansé.

 Dance Biot - Comapgnies Indian Style - Exceedance et Corps’Exion ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Dance Biot - Comapgnies Indian Style - Exceedance et Corps’Exion ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Dance Biot - Comapgnies Indian Style - Exceedance et Corps’Exion ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
 Dance Biot - Comapgnies Indian Style - Exceedance et Corps’Exion ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Dance Biot - Comapgnies Indian Style - Exceedance et Corps’Exion ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com Dance Biot - Comapgnies Indian Style - Exceedance et Corps’Exion ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Cinéma
[Danse – Grimaldi Forum – Ballets de Monte-Carlo - Monaco] Jiří Kylián fête les trente ans des Ballets de Monte-Carlo

Pour fêter dignement la renaissance des Ballets de Monte-Carlo il y a trente ans, Jean-Christophe Maillot a fait appel à Jiří Kylián pour qu’il confectionne une soirée « à son image ». Le chorégraphe a donc puisé dans sa malle chorégraphique trois œuvres emblématiques : Bella Figura, créée le 12 octobre 1995, Gods and Dogs, pièce créée en 2008 et Chapeau dont la création remonte à 2005. Anniversaire oblige toutefois, nos facétieux chorégraphes ne pouvaient oublier le gâteau avec Oskar, film réalisé entre mars et avril de cette année dans les ateliers des Ballets de Monte-Carlo.

Bella Figura est une variation chorégraphique de Paradoxe sur le comédien de Denis Diderot. La pièce questionne le statut des danseurs, son positionnement par rapport à l’œuvre, aux coulisses, à la scène, au public. Une représentation commence-t-elle dans les coulisses, dans les loges ou dans la salle ? S’achève-t-elle au dernier pas ? Bella Figura s’interroge sur le vrai et le faux et, pour mieux renforcer le propos, la scène est déjà animée lorsque le spectateur entre dans la salle. Échauffement ? Début de représentation ? Les interprètes à vue sèment le trouble chez le spectateur devant qui les danseurs doivent faire Bella Figura, bonne impression.

Non seulement Gods and Dogs questionne aussi le vrai et le faux mais en joue. Gods and Dogs appuie là où ça fait mal : sur nos peurs. Peur de notre ombre, le début de la représentation joue avec les ombres et les lumières pour symboliser une sorte de combat contre les forces obscures, joue également sur les échelles pour une version chorégraphique avec ombre portée de David contre Goliath. Peur du loup, peur ancestrale, le spectateur la voit informe tout d’abord cette projection vidéo qui commence à se dessiner au dessus de la scène : elle apparait, floue, disparaît, revient lancinante tandis que les danseurs en dessous semblent sous sa coupe. Elle semble un dieu, elle finit par un loup, Gods and Dogs, charmant palindrome pour décrire notre humanité faite d’angoisses souvent créées et de dieux à inventer pour les calmer.

Chapeau est une pièce d’occasion. Créée en 2005 pour le Vingt-cinquième anniversaire du jubilé de Sa Majesté la Reine Béatrix des Pays-Bas, elle agit par métonymie. Ici point de Reine, point de palais, point de défilé mais dix danseurs qui vont évoquer la Reine sur une musique de … Prince à travers sa collection de chapeaux. Bibis tous identiques dans leur forme, ils différent dans leur couleur. Ils tournent, apparaissent, disparaissent autour d’un personnage central arborant fièrement sur sa tête une construction mobile qui ne tient qu’à un fil… comme l’épée de Damoclès, comme le pouvoir.

L’hommage enfin à la puissance invitante est un petit bijou sans doute promis à un brillant avenir. Oskar est également une pièce filmée d’occasion créée par Jiří Kylián pour les trente ans des ballets de Monte-Carlo avec pour interprètes originaux, exclusifs et absolument hilarants : Jean-Christophe Maillot et Bérénice Coppieters. Avec un parti pris burlesque absolument assumé, Oskar est un hommage déjanté aux Ballets de Monte-Carlo, à son directeur et chorégraphe actuel et à sa danseuse emblématique. Mené à grand frais d’autodérision, Jiří Kylián, Jean-Christophe Maillot et Bérénice Coppieters surprennent et rappellent au passage que l’art est aussi affaire de miroir et de détournement.

Monaco - Ballets de Monte-Carlo - Grimaldi Forum - Jiří Kylián ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Ballets de Monte-Carlo - Grimaldi Forum - Jiří Kylián ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Ballets de Monte-Carlo - Grimaldi Forum - Jiří Kylián ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Amérique du Nord, #Violence, #Religion
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Soirée attendue au théâtre de Grasse avec un programme réservé à la Jazz Dance Company. Apparu dans les années 50, le modern jazz se fait rare sur les scènes régionales alors qu’il connaît un certain nombre de défenseurs dont Géraldine Armstrong.

Avec un programme composé de quatre pièces, Géraldine Armstrong propose deux de ses anciennes créations : Run Man Run (2014) et Hard Time Blues (2015) qu’elle fait dialoguer avec un extrait de I Have a dream de Bruce Taylor (21013) et Get Higher de Wayne Barbaste. Le lien entre ces créations passe à la fois par la musique (gospel et blues) et par une danse expressive rappelant à elles deux, brimades et combats du peuple noir américain.

Géraldine Armstrong montre sa fidélité à la technique de la danse modern jazz. Les danseurs sont extrêmement précis, les mouvements chorégraphiques d’ensemble sont réglés au millimètre. Les spectateurs prennent un évident plaisir visuel face à cette démonstration chorégraphique. Géraldine Armstrong reste également fidèle à l’esprit avec un programme d’une grande générosité. Get Higher de Wayne Barbaste déclenche par son rythme endiablé une vague d’hystérie dans la salle qui en redemande au point que le ballet bissera le final pour la plus grande joie du public.

Et cependant, il y a malgré tout un goût amer qui demeure une fois l’enthousiasme retombé. Outre la pièce de Wayne Barbaste qui donne à réfléchir sur le sens du modern jazz, ses origines, ses digressions, ses variantes, son succès, les trois autres pièces dont les deux de Géraldine Armstrong n’ont pas le propos aussi net au point que certains dans le public en lisant les courts synopsis du programme s’interrogeaient pour savoir si l’ordre des œuvres n’avait pas été inversé tant la description pouvait coller indifféremment à l’une comme à l’autre.

Hormis cette légère amertume, l’ambiance générale de la soirée et surtout la mine épanouie du public sortant du théâtre tout sourire, montraient que le théâtre avait rempli une de ses fonctions : un peu de bonheur dans ce monde de brutes !

Théâtre de Grasse - Jazz Dance Company - Géraldine Armstrong ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre de Grasse - Jazz Dance Company - Géraldine Armstrong ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre de Grasse - Jazz Dance Company - Géraldine Armstrong ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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