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Blog de mes curiosités

Articles avec #photographie catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #architecture, #Patrimoine, #Moyen âge, #Musique, #Photographie, #Religion, #Tourisme
Abbaye de l'Épau - Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Abbaye de l'Épau - Sarthe ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Qui veut comprendre la subtilité monastique du Moyen-âge peut se rendre dans la Sarthe et aller à la rencontre de deux abbayes si proches et si lointaines à la fois : l’abbaye de Solesmes et l’abbaye de l’Épau. L’une vit encore au rythme des laudes, sexte, none, vêpres et complies tandis que la seconde a adopté un rythme plus touristique. Si elles sont toutes deux bénédictines, la clunisienne Solesmes est encore habitée par les moines tandis que la cistercienne abbaye de l’Épau appartient désormais au conseil général de la Sarthe.

La plus ancienne est l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes dont les origines remontent à 1010. La charte de fondation est confirmée le 30 mars 1073 par Guillaume le Conquérant, suzerain du nouveau seigneur de Sablé, Robert le Bourguignon. Le Templier Robert de Sablé, seigneur de Sablé, grand-maitre de l'Ordre du Temple et compagnon de Richard Cœur de Lion durant la troisième croisade lui fait don d’une partie des redevances. La  dalle funéraire de ce généreux bienfaiteur est d’ailleurs toujours  visible dans l'église abbatiale.

L'abbaye de l'Épau est en revanche fondée en 1229 par la reine Bérangère veuve de Richard Cœur de Lion décédé trente ans pus tôt. Agée de 59 ans âge respectable pour l’époque, elle cherche à s’attirer avant de succomber les grâces du Très Haut qui la fera d’ailleurs passer de vie à trépas l’année suivante lui permettant de rester définitivement dans l’abbaye qu’elle a fondée.

La révolution vide les lieux de ses occupants : l’abbaye de Solesmes devient la maison de campagne d'un certain Henri Lenoir de Chantelou tandis que l’abbaye de l’Épau est transformée en gigantesque hangar agricole. Le cloître disparaît vers cette époque.

L'abbaye de l’Épau qui a failli disparaitre à plusieurs reprises se trouve définitivement sauvée par le conseil général de la Sarthe qui l’acquiert en 1958. L’abbaye de Solesmes connaît une autre trajectoire. Le 11 juillet 1833 la vie monastique reprend au prieuré de Solesmes grâce à un groupe de jeunes prêtres du diocèse du Mans emmenés par l'abbé Prosper Guéranger. Ré-expulsés au moment de la séparation de l’Église et de l’État, les moines ont la permission de revenir au cours de l'année 1922 accueillant plusieurs personnalités par la suite notamment le poète Pierre Reverdy.

L’une comme l’autre, les deux abbayes ont une mission culturelle désormais assumée dans le siècle : celle de Solesmes, haut-lieu du chant grégorien, est également connue pour les nombreux enregistrements de musiques ancienne et baroque. Si elle ne se visite que très partiellement, elle ouvre les portes de son église abbatiale pour une simple visite patrimoniale entre deux offices ou pour lesdits offices. Seul bémol, les moines que le public croise  semblent porter toute la misère du monde sur leurs frêles épaules et ça a l’air plutôt lourd à l’exception de celui qui officie au magasin et qui doit livrer quotidiennement un combat contre le démon  qui le harcèle : l’ordinateur relié à sa caisse enregistreuse.

L’abbaye de L’Épau a choisi une autre voie : des expositions photographiques accueillent le visiteur. Si abondance de biens ne nuisait pas, l’abbaye de l’Épau pourrait sembler de ce point de vue exceptionnelle. Mais le parti pris de l’accumulation d’expositions diverses et variées dans le dortoir des moines, l’église abbatiale, le scriptorium, la salle capitulaire et les jardins frise l’indigestion. Les différentes expositions sont inégales, quelques unes montrent un certain intérêt mais rien ne semble les rattacher au lieu dans lequel elles se trouvent, comme si elles étaient étrangères  en ce monde, comme une greffe qui ne prendrait pas, comme une paire de guêtres à un lapin.

Cependant, ni la mélancolie des moines de l’une, ni la surexposition de l’autre ne sauraient  détourner            le public de ces deux lieux qui invitent au calme, à la retenue et à la méditation.

abbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comabbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
abbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comabbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
abbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comabbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
abbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comabbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

abbaye Saint-Pierre de Solesmes et Abbaye de l’Épau ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Patrimoine, #Photographie, #environnement, #arts numériques
Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

D’entrée de jeu Agnès Varda et JR  commencent par expliquer au spectateur où ils ne se sont surtout pas rencontrés. La facétie devient donc une évidence, elle ne les quittera quasiment pas.  En sur-jouant d’entrée leur propre rôle, ils ne laissent aucun doute quant à la spontanéité savamment orchestrée de leurs propos et de leurs gestes. Agnès Varda filme, JR photographie et colle mais le montage au final a fait son œuvre.

Visages, Villages est un Tour de la France par deux enfants, le patriotisme en moins, le patrimonial en plus. Le film fixe une certaine France, celle qui tend à disparaître sans nostalgie inutile. Il célèbre la France rurale, les éleveurs, les agriculteurs qui se retrouvent bien seuls à force de concentration des terres. Puis la caméra rend hommage à la France industrielle à travers les corons du Nord ou les dockers du Havre. Symboliquement d’ailleurs la caméra capture au passage le village atlantique fantôme, celui qui a certes disparu dans ses fonctions mais qui est toujours physiquement présent.  

Visages, Villages est une question de regards. Si le film joue sur la maladie des yeux d’Agnès Varda ou sur les lunettes noires de JR, il est un regard croisé de deux artistes, de deux générations, de deux pratiques artistiques. Dans les questions de regard, la focalisation interne n’est jamais loin et le film finit par citer ses références : Guy Bourdin, Henri Cartier –Bresson, Jean-Luc Godard pour les artistes et Pierrot le Fou, les Glaneurs et la Glaneuse, la galerie du Louvres pour les œuvres.

L’esprit même du film fait penser à Raymond Depardon et son camion, à Alain Cavalier pour les jeux de rôle, à Michel Gondry dans le rapport au public mais si le film est tout cela à la fois, il déroule son identité propre et nous entraine dans son cheminement. Villages, Visages est une bouffée d’oxygène, un enchantement et déjà une référence.

 

« Visages, Villages » - Documentaire d’Agnès Varda et JR – France - Date de sortie : 28 juin 2017 – Durée : 1h 29’

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comCinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Cinéma Rialto - Nice - « Visages, Villages » d’Agnès Varda et JR ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Photographie, #Opéra
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Pour tous ceux qui par habitude lisent les programmes de l’opéra de Monte-Carlo dans les moindres recoins ou qui sur le site prennent l’habitude de jeter un œil sur le copyright des visuels, il est loin d’être un inconnu. Mais il reste un nom, un indice, une patte car peu de personnes sauraient le reconnaître. Alain Hanel est un photographe spécialisé dans les portraits d'artistes en représentation, danseurs ou chanteurs lyriques. Il pose ainsi son regard sur les scènes de la principauté en général et depuis dix ans de l’Opéra de Monte-Carlo en particulier.

Pour célébrer cet anniversaire, le choix de présenter une infime partie de son travail avec l’Opéra aurait pu être montré dans l’atrium du casino, le hall du Grimaldi forum ou encore le hall de l’auditorium Rainier III… au risque d’être vu uniquement par ceux qui fréquentent habituellement les institutions culturelles de la Principauté au détriment du plus grand nombre. Si d’aventure vous observez les flux pendulaires de migration à Monaco, vous vous rendrez vite compte que l’un des endroits le plus courus (au sens propre) de la Principauté se trouve être la galerie qui mène des ascenseurs de la promenade Honoré II au centre commercial de Fontvieille.  

C’est certes une gageure de placer des œuvres dans un endroit de passage privé de toute lumière naturelle mais cela fait sens. Non seulement une présence artistique dans ce non-lieu qu’est ce couloir marmoréen est déjà un embryon de vie en soi mais en plus, les œuvres d’Alain Hanel sont ainsi mises à disposition du plus grand nombre. Quand bien même l’endroit est traversé au pas de charge par  une population toujours pressée, gageons que la présence des photos aura ralenti,  le flux voire l’aura temporairement arrêté dans une un instant fugace de surprise artistique.

Et c’est là que le parti pris esthétique d’Alain Hanel croise le public visé. Comme le public visé, Alain Hanel doit travailler sur le mouvement rapide, comme le public visé, il est contraint par la lumière artificielle du lieu, comme pour le public visé, Alain Hanel doit arrêter le mouvement, comme pour le public visé, Alain Hanel doit capter le mouvement. En résumé, pour ses œuvres comme pour le public visé, Alain Hanel est l’artiste du fugace, de l’éphémère, celui qui doit capter l’instant, l’attention de personnes artistes ou non qu’il ne connaît pas forcément.

Quelle place occupe réellement l’Art dans notre société en dehors de ses lieux de représentation ? C’est bien toute la question posée par cette initiative de remettre des œuvres dans la ville, dans des lieux qui font sens. Souhaitons simplement que cette expérience se renouvelle et s’amplifie.

Galerie Carrefour - Exposition Alain Hanel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGalerie Carrefour - Exposition Alain Hanel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGalerie Carrefour - Exposition Alain Hanel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Galerie Carrefour - Exposition Alain Hanel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #arts appliqués, #Urbanisme, #Photographie, #environnement, #Epoque contemporaine
Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

La nouvelle exposition de l’Hôtel des Arts de Toulon rend hommage à l’œuvre de l’artiste marseillais Richard Baquié, disparu il y a vingt ans. Présenter une vie d’artiste en quelques salles, quelques œuvres, quelques performances n’est jamais chose aisée. C’est donc par la thématique des déplacements que l’œuvre de l’artiste est présentée. Je fabrique des machines pour créer des situations. Je cherche une sculpture qui agit. Ce que l’on y projette en figure l’aperçu. La distance entre le projet et le résultat est le sens même de mon travail, disait Richard Baquié.

La première chose qui saute aux yeux des visiteurs lorsqu’ils pénètrent dans l’hôtel des Arts c’est le recyclage et le détournement d’objets ou plus exactement le recyclage de parties d’objets. Ici trainent portières de voitures, fenêtre de wagon SNCF, débris de carlingue, restes de contenants alimentaires. Richard Baquié questionne les trente glorieuses et la société de consommation à travers les déchets industrielles qu’elles nous ont laissés et qu’elles nous laissent encore.

Simple recyclage ? Non ! Richard Baquié comme ses contemporains Judith Bartolani et Claude Cayol détourne l’objet de sa fonction première, lui inflige une métamorphose parfois radicale. De contenant alimentaire, objet de vie, la boîte métallique devient mitrailleuse donc objet de mort. Souvent la métamorphose se fait moins violente plus poétique : accompagné de mots, de phrases, de citations, l’objet se met à se transformer en invitation au voyage, en invitation à l’amour. Le Via Air mail combine ainsi carlingue d’avion, cartes postales qui se défraichissent : que restera-t-il

L’exposition présente également le projet de commande publique de 1988 dans le cadre d'un programme de rénovation urbaine à la Cité des Cèdres à Marseille. Pensée pour être une installation comprenant une fontaine ainsi qu'une voiture enterrée et des lettres en métal, la fontaine devait faire apparaître sur quatre pans, une photographie panoramique de Marseille d’Yves Gallois. Minée par la malfaçon et le manque d’entretien, il ne reste de visible aujourd'hui qu'un parallélépipède de béton. Triste fin pour une œuvre publique, triste fin pour les souvenirs d’une époque, triste fin pour les souvenirs de l’époque composant l’œuvre.

Une des œuvres de Richard Baquié datée de 1985 est accompagnée de l’interrogation Que reste-t-il de ce que l’on a pensé et non dit ?... L’œuvre Via Air mail combine carlingue d’avion, cartes postales qui se défraichissent comme si chaque partie de l’œuvre avait commencé son inégal combat pour la survie… que restera-t-il tout simplement ?  

 

Richard Baquié "Déplacements" - Exposition du 4 mars au 7 mai 2017 - Hôtel des Arts – Toulon

Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comRichard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comRichard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comRichard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Richard Baquié - Déplacements - Hôtel des Arts - Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Photographie
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Pour donner vie à la ville, le Centre contemporain d’art photographique de Niort en collaboration avec la ville présente depuis trois ans l’univers artistique d’un photographe dont les œuvres sont disséminées au centre d’art de la Villa Pérochon, au Pilori, ancien hôtel de ville d'architecture Renaissance et en extérieur sur la place de la Brèche quasiment à mi-chemin des deux autres lieux. La Bréche étant un vaste quadrilatère que les Niortais arpentent, utilisent comme lieu de rencontre, de repos, de jeu, il fonctionne donc comme une invitation à se rendre dans les deux autres espaces.

L’artiste à l’honneur cette année est Claude Pauquet qui présente son parcours à travers six séries : Family, Lussac au Pilori; quelques clichés de Private/18-35 dans la galerie mobile à La Brèche, d’autres clichés de Private/18-35 à la Villa Pérochon accompagnés de Portraits de jeunes brahmanes et Crossing Madrid dans les jardins en arrivant et de 35 ans d’ancienneté et Fake au rez-de-chaussée de la Villa.

De son premier travail de reporter à l’agence Viva et de son travail de reportage sur l’instant et de photographe de rue, Claude Pauquet n’a rien perdu de sa capacité intrusive. Que ce soit dans la rue, dans les lieux de travail ou dans les lieux d’habitation, Claude Pauquet s’introduit dans l’espace, observe, rencontre et capte les moments soit sous forme de portrait comme pour Portraits de jeunes brahmanes soit sous forme de scènes de rue comme pour Crossing Madrid. Certaines fois, Claude Pauquet questionne le travail ou les rapports au travail soit sous forme de portrait comme pour 35 ans d’ancienneté (immersion pour Libération parmi un groupe d’ouvriers licenciés) soit sous forme d’espaces plus larges scénarisés dans les grands salons commerciaux parisiens comme dans la série Fake.

Si apparemment, chacune de ces séries se déroule dans la sphère publique, c’est bien la frontière entre les sphères publiques et privées que Claude Pauquet questionne. Les activités des personnes prises dans les différentes séries relèvent-elles de la sphère publique ou privée ? Questionner l’ancienneté dans une entreprise appartient-il à la sphère publique ? Dans les deux dernières séries Family, Lussac et Private/18-35, Claude Pauquet s’invite chez les gens : les familles de Lussac pour la première, des jeunes de 18 à 35 ans pour les seconds. Ces scènes d’intérieur et ces portraits sont clairement pris dans la sphère privée, dans les lieux de l’intimité.

Ici le doute ne semble plus possible et pourtant… loin de se faire oublier et de prendre des milliers de clichés, tout dans le travail de Claude Pauquet indique clairement sa présence : les poses sont travaillées, les portraits aussi, l’utilisation d’objets, d’éléments de décor font que même dans une sphère privée, les individus se comportent comme dans une sphère publique avec non pas un masque mais une posture : ces deux séries sont à l’inverse des premières elles questionnent la sphère publique dans des espaces plus intimes et nous laissent avec nos interrogations : où donc est la limite ?

Claude Pauquet - Centre d’Art photographique - Niort ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comClaude Pauquet - Centre d’Art photographique - Niort ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comClaude Pauquet - Centre d’Art photographique - Niort ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Claude Pauquet - Centre d’Art photographique - Niort ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comClaude Pauquet - Centre d’Art photographique - Niort ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comClaude Pauquet - Centre d’Art photographique - Niort ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Claude Pauquet - Centre d’Art photographique - Niort ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Photographie, #Urbanisme, #Patrimoine, #Enfance, #Adolescence, #Vieillesse
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Dans La Guerre, roman hélas méconnu publié en 1970, Jean-Marie Gustave Le Clézio fait dire à son héroïne Béa B. « Dans la rue, tout me semble écrit. La ville est une architecture d'écriture. » Il nous semble avoir retrouvé en Jacqueline Salmon, Béa.B héroïne de La Guerre. 42,84 km² sous le ciel, l’exposition actuelle de l’Hôtel des Arts de Toulon qui est consacrée à la photographe Jacqueline Salmon est d’ailleurs doublement monographique. Elle est le résultat de deux ans de résidence dans la ville de Toulon qu'elle a patiemment auscultée cherchant à en comprendre tous les ressorts historiques et contemporains.

Avec une grande patience, Jacqueline Salmon a exploré les méandres de l’histoire toulonnaise de sa rade et ses marins à son équipe de rugby en passant par les forçats sans omettre les transformations physiques de la ville. Elle a arpenté archives et bibliothèques, rencontré des Toulonnais au gré des circonstances, appris à les connaître un peu davantage, négocié parfois longuement une prise de vue. Jacqueline Salmon en a ainsi tiré une lecture à différents niveaux : une strate environnement avec le mistral comme élément moteur, une strate urbanistique avec les changements urbains, et une strate sociologique et ses mentalités collectives.

Pour collecter les prises de vues, étape importante s'il en est, Jacqueline Salmon a fait comme Béa B. dans La Guerre : « On l'a perdue de vue, comme ça, sans s'en rendre compte, un beau jour. Elle a a fondu à l'intérieur de la foule, et pas moyen de savoir ce qu'elle est devenue. », immersion totale en milieu urbain comme pour en tirer la substantifique moelle. Sauf que contrairement à Béa B. qui « s'est perdue au milieu de la ville très facilement et il y a de fortes chances qu'on ne la retrouve jamais. », Jacqueline Salmon a réapparu pour rendre l’esprit de sa quête.

« Alors [Béa B.] faisait le plan de la ville , pour arrêter le mouvement du tourbillon. Mais ça n’était pas facile(….). Le plan se défaisait sans cesse. Rien n'était définitif. Il n'y avait que du mouvement. (…) Elle recommençait (..) première nébuleuse. Deuxième nébuleuse. Troisième nébuleuse. Poche de vide. Constellation. ». Comment rendre deux ans de quête ? De rencontres ? De surprises ? Comment écrire spatialement ce ressenti, ? ces rencontres ? Ces surprises ?

Pour rendre la manière dont elle a écouté respirer la ville, Jacqueline Salmon a savamment étudié les lieux de l'exposition : au rez-de-chaussée : histoire et mentalités collectives : le port, les marins, le bagne, le rugby, les transformations urbanistiques puis comme dans les rues de Toulon, c'est le mistral qui nous pousse dans les escaliers du premier étage : mistral dont les turbulences sont marquées par de petites flèches, de petits vecteurs sur les photos, comme ces nuées d'étourneaux qui marquent périodiquement le ciel. Ce vent qui nous pousse nous propulse parmi ce qui fait l'essence même de l'exposition : les Toulonnais, multiples et un à la fois. Ils sont arrivés dans cette ville et n'en sont pas partis, du moins pas encore, voire n'en partiront plus. Cette galerie accompagnée de courtes biographies met la ville en mouvement, la montre telle qu'elle est : cosmopolite, excessive, accueillante, mutante... méditerranéenne. Chaque série de portrait est ponctué par des arbres mus par le vent qui nous propulse à nouveau de groupe e n groupe, d'âge en âge. Car la galerie dessinée par Jacqueline Salmon s'ouvre et se ferme couchée : des premiers temps de la vie à la vie qui s'en va, rendant bien compte du mouvement perpétuel de la ville … et de ses habitants.

Hôtel des Arts - 42,84 km² sous le ciel - Exposition de jacqueline Salmon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comHôtel des Arts - 42,84 km² sous le ciel - Exposition de jacqueline Salmon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comHôtel des Arts - 42,84 km² sous le ciel - Exposition de jacqueline Salmon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
Hôtel des Arts - 42,84 km² sous le ciel - Exposition de jacqueline Salmon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comHôtel des Arts - 42,84 km² sous le ciel - Exposition de jacqueline Salmon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comHôtel des Arts - 42,84 km² sous le ciel - Exposition de jacqueline Salmon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Photographie, #Europe, #Epoque contemporaine
Looking for Emanuele Timothy Costa
Looking for Emanuele Timothy Costa

Pérégriner dans une ville en dehors des sentiers battus et des endroits convenus est non seulement le seul moyen de rencontrer les vrais gens mais également de faire d’heureuses rencontres. C’est donc en revenant d’une visite sur le port de Gènes et en empruntant la première des rues qui s’ouvrait à moi que je suis tombé sur l’exposition Thousand People d’Emanuele Timothy Costa.

C’est un peu l’expédition des Mille1 de Garibaldi mais en restant sur place. Si ce ne sont pas les Mille qui partent en Sicile depuis Gènes, ce seront donc les Siciliens qui pourront le cas échéant tomber dans les filets photographiques de l’artiste car vous l’avez compris, point de guerre, point de bagarre, point de combats, les mille protagonistes ne sont pas des guerriers mais mille personnes qui ont croisé au même point central du centre historique de Gènes à l’heure H et le jour J l’objectif de l’artiste.

Il sont cadres, jeunes, chômeurs, socialistes, hétérosexuels, femmes, athées, policiers, libéraux, médecins, négligés, chrétiens, glabres, beaux, bouddhistes, ouvriers, musulmans, démocrates-chrétiens, italiens, clochards, communistes, vieux, étrangers, barbus, homosexuels, fonctionnaires, juifs, hommes, moches, moustachus, anarchistes, apprêtés… qu’importe ! En passant près de l’objectif, ils sont devenus cette humanité d’un instant, métonymie de celle de tous les jours dans son entière diversité. La seule ressemblance avec les Mille de Garibaldi devenant du coup l’unité, celle du pays jadis, celle de l’Humanité aujourd’hui.

Et en ces temps troublés, la moindre humanité trouve un écho retentissant.

Il me manquait cependant quelqu’un dans cette immense galerie… Emanuele Timothy Costa lui-même et mon côté joueur a immédiatement repris le dessus. J’ai fouillé, en vain, pour trouver à quoi pouvait ressembler l’artiste et j’ai fini, dans cette exposition, par jeter mon dévolu sur une personne que j’ai baptisé Emanuele Timothy Costa pour compléter ma galerie personnelle.

Je ne saurai sans doute jamais si j’ai vu juste mais je continuerai à chercher !

1 Expédition menée, en 1860, pendant l’unification italienne par Garibaldi et ses compagnons, au nombre d'un millier, contre le royaume des Deux-Siciles, dont elle provoqua l'effondrement

Gènes - Loggia dei Banchi - Thousend People - Emanuele Timothy Costa ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGènes - Loggia dei Banchi - Thousend People - Emanuele Timothy Costa ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGènes - Loggia dei Banchi - Thousend People - Emanuele Timothy Costa ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Gènes - Loggia dei Banchi - Thousend People - Emanuele Timothy Costa ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Photographie, #Nature
[Arts Plastiques - Théâtre de la Photographie et de l'Image - Nice ] Denis Brihat : au détour des virages

Photo : Tulipe virage au sélénium 1981 © Denis Brihat

Organiser une exposition de Denis Brihat au Théâtre de la Photographie et de l’Image – Charles Nègre en même temps que l’ouverture du lieu au festival Manca ne saurait être une coïncidence. Confronter le traitement musical contemporain des instruments et autres sources sonores à un artiste qui a passé son temps à faire «virer» les couleurs des tirages photographiques de ses fleurs et autres plantes pour en créer quelque chose d'infiniment différent est un heureux mariage.

Denis Brihat, qui a longtemps séjourné à Biot et dans le Vaucluse, présente au Théâtre de la Photographie et de l’Image – Charles Nègre une exposition monographique grâce à la complicité du commissaire de l'exposition et directrice artistique du lieu : Marie-France Bouhours.

Les sujets photographiques de Denis Brihat, toujours très simples (une tulipe, une pelure d'oignon, un coquelicot), sont toujours représentés sur fond blanc ou noir. Mais l'artiste y apporte une «patte chimique» bien à lui qui transforme une plante du quotidien en un objet unique.

Cet artiste scientifique qui passe autant de temps dans la nature que dans son laboratoire recrée grâce à des virages chimiques une couleur originale sur tout ou partie de l’image. Une bien curieuse nature à découvrir au détour des virages.

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