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Blog de mes curiosités

Articles avec #vieillesse catégorie

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Patrimoine, #Europe, #Vieillesse
[Cinéma – Le Rialto – Nice] L’éclipse selon Manoel de Oliveira  ou comment attendre 107 ans ?

« Et je m’éclipse ». Ainsi prend fin le film testament de Manoel de Oliveira La Visite ou Mémoires et confessions. Dédié à sa femme, Maria Isabel, le film articulé autour d’un texte d’Agustina Bessa-Luis, a été tourné à Porto dans la maison familiale au début des années 80. Conservé par la cinémathèque de Porto, il ne devait être dévoilé qu’après la mort du réalisateur survenue le 2 avril 2015 à 106 ans et quelques mois. Projeté pour la première fois en public le 4 mai 2015 à Porto, sa ville natale, et le lendemain à la Cinémathèque de Lisbonne, avant d’être montré à Cannes, jeudi 21 mai dans le cadre de Cannes Classic, il est aujourd’hui proposé sur les écrans au grand public.

S’éclipser lui aura pris malgré tout quelques trente-quatre ans et vingt-six long-métrages entrecoupés par plusieurs hommages dont une Palme d'or pour l'ensemble de son œuvre à Cannes pour ses cent ans en 2008 pour laquelle il déclarera : « J'apprécie énormément de la recevoir de cette façon-là parce que je n'aime pas trop la compétition, c'est-à-dire gagner contre mes collègues ; c'est une belle façon de recevoir un prix ».

Le film de Manoel de Oliveira accompagné en off par le texte d’Agustina Bessa-Luis et le Concerto pour piano n° 4 de Beethoven commence par un cheminement dans les jardins et les pièces d’une propriété vide. Les personnages qui s’expriment en voix off semblent être des esprits revenus dans leur maison. Dans cette maison, beaucoup d’objets qui laissent peu de doute sur le propriétaire des lieux : machine à écrire, reproductions de tableaux, collection de maquettes et d’objets rappelant la tradition navigatrice des Portugais et collections d’images et de symboles pieux rappelant leur ferveur catholique.

Soudain, de manière récurrente, semblant surgir de nulle part Manoel de Oliveira apparait devant sa machine à écrire et se livre à quelques confessions : sa passion dévorante pour le cinéma qui finira par dévorer la maison familiale. Sa passion pour sa femme et ses enfants qui apparaissent à travers les photographies- portraits de famille. Son attachement à la terre portugaise et à celle de Porto et de sa campagne en particulier et enfin sa foi, qu’il interroge sans détour. Il retrace enfin son histoire, les usines familiales, leur faillite, ses débuts en cinéma, sa confrontation avec la dictature de Salazar, sa reconnaissance… en France et non au Portugal.

Hormis lui, seule sa femme Maria Isabel apparaitra à l’écran. Filmée dans un jardin de fleurs, elle témoigne de son amour et de son sacrifice pour le cinéma de son mari. « Je trouve le cinéma merveilleux en ce qu’il me fait sortir de ma routine. Je m’occupe de tous les problèmes pour qu’il puisse faire du cinéma » répondant ainsi à cette confession de son mari : « Le cinéma est ma passion. J’ai tout sacrifié à la possibilité de faire des films. »

Le spectateur regarde ce film testament en connaissant, lui, parfaitement l’ensemble de l’œuvre de Manoel de Oliveira et notamment ses vingt-six long-métrages dont trois tournés après ses cent ans. Il en connait donc en découvrant le film plus que le réalisateur lui-même qui parle de ses souvenirs. Étrange sensation mais le cinéma n’est-il pas aussi l’art de s’affranchir des humaines questions du temps ?

La Visite ou Mémoires et confessions de Manoel de Oliveira - Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLa Visite ou Mémoires et confessions de Manoel de Oliveira - Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

La Visite ou Mémoires et confessions de Manoel de Oliveira - Cinéa Rialto - Nice ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Danse, #Musique, #Théâtre, #Vieillesse
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Cela démarre comme une gigantesque plaisanterie belge, variation d’un gag déjà vu mais qui fonctionne toujours. Sur une symphonie enregistrée un homme plus très jeune attend instrument à la main le moment où il doit placer son coup de cymbales. En 1992 déjà, dans le court métrage Le Batteur du Boléro, Patrice Leconte suivait le long moment de solitude de Jacques Villeret attendant son heure d’entrer en scène dans le Boléro de Maurice Ravel. De la même manière, dans Sound of Noise des Suédois Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson, le batteur scrutait sa partition désespérément vide de la Symphonie n° 94 la Surprise de Joseph Haydn, attendant le coup de timbale fatidique.

La nouveauté ici réside dans la manière dont le personnage se joue du temps qui passe. Il avance la symphonie, rate l’entrée, revient en arrière puis le moment venu, corps tendu, il exécute LE coup précis. La précision et le temps qui passe seront effectivement deux des moteurs du spectacle. Le personnage essaiera pendant toute la durée du spectacle de mettre la mort à distance, de retenir le temps, de reculer le moment du passage de témoin car chacun l’aura compris, l’argument du spectacle est ténu : dans une fanfare municipale un vieux musicien malade passe le relai à son successeur désigné.

Petit à petit, la scène s’anime : entrent tout d’abord quatre comédiens puis sept musiciens issus d’une célèbre fanfare flamande bientôt accompagné d’autres musiciens dont il apparait, à mesure que le spectacle avance, qu’ils forment la pièce rapportée. Ce sont en effet des musiciens locaux, grands amateurs qui ont rejoint la petite troupe. La scène se fait alors salle de répétition, salle de rencontres, salle de réunion et le spectacle diffère donc d’une ville à l’autre en fonction des musiciens rapportés.

Cuivre, bois et percussions de cette fanfare rappellent bien évidemment les fanfares des désormais Hauts de France ou de Belgique. Le spectacle démarre comme le film Le Grand'Tour de Jérôme le Maire (sous-titré un very belge trip), lorgne du côté de P’tit Quinquin de Bruno Dumont dans ses parties déjantées avant d’en revenir au bout d’une heure à ses fondamentaux chorégraphiques lors d’un Jouez, sinon on est perdus lancé par le plus vieux des musiciens qui nous ramène immédiatement au Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus de Pina Bausch.

Et la danse au final servira de transmission entre la jeune génération et la nouvelle. Les amateurs de ballets qui s’estimaient jusque là floués deviennent comme au moment d’un décollage écrasés dans leur fauteuil : Wim Opbrouck et Hendrik Lebon exécutent dans la dernière partie de l’œuvre un monumental numéro de transmission chorégraphique à couper le souffle rattrapant en moins d’une demi-heure de portée, de tensions, de mouvements, de poids du corps, de glissements, tout ce que le spectacle n’avait chorégraphiquement pas dit jusqu’alors.

Ce spectacle des ballets C de la B accompagné musicalement par le KMV De Leiezonen monte en tension minute par minute. Outre la performance chorégraphique finale, le spectacle est également une performance musicale de premier plan : jouer des extraits de Traviata de Giuseppe Verdi, des extraits de symphonies de Gustav Mahler ou pianistes tiré du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns en mode fanfare relève également du tour de force.

En avant, marche ! mis en scène par Frank Van Laecke et Alain Platel sous la direction musicale de Steven Prengels impressionne car, sous son air débonnaire et déconstruit, la pièce est une fantastique allégorie de la vie, de ses joies, se ses frustrations, de ses rencontres, de ses ruptures, de ses tensions (magnifique et émouvant triangle amoureux entre Wim Opbrouck et Hendrik Lebon et la comédienne Chris Thys, époustouflante en majorette rescapée d’une troupe qui ne semble plus exister). En avant marche ! explore le temps qui passe, interroge le moment où il faut passer la main, questionne l’être et le paraître.

Un seul conseil : grande déprime ou pas, foncez voir ce bijou chorégraphico-musico-théâtral à la première occasion et retournez le voir, encore et encore.

Théâtre national de Nice - En avant marche ! de Frank Van Laecke, Alain Platel et Steven Prengels ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre national de Nice - En avant marche ! de Frank Van Laecke, Alain Platel et Steven Prengels ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre national de Nice - En avant marche ! de Frank Van Laecke, Alain Platel et Steven Prengels ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre national de Nice - En avant marche ! de Frank Van Laecke, Alain Platel et Steven Prengels ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Amérique latine, #Enfance, #Vieillesse, #environnement
[Cinéma – Le Mercury - Nice]  La Terre et l'ombre de César Augusto Acevedo : « souviens toi que tu es poussière… »

Lors de l’édition du Festival 2016, Cesar Augusto Acevedo recevait la caméra d’or récompensant un premier film toutes sélections confondues. Retour sur une récompense amplement méritée.

Le premier plan du film, long et fixe, pose d’entrée les enjeux : au milieu de deux lignes de fuite bordées par des champs de canne à sucre barrées au loin par un camion, un homme seul, valise à la main, remonte une route poussiéreuse. Le camion qui finit par le doubler, le fait disparaître dans la poussière. L’homme est de face : ce n’est donc pas un départ mais une arrivée.

Pour son premier film, le Colombien César Augusto Acevedo choisit de distiller l’information et la narration dans un tempo très lent, le tempo de l’agonie. L’agonie est réelle, l’homme revient en fait au sein de sa famille, tenir une maison qu’il a abandonnée, et veiller son fils dont la fin semble inéluctable. L’agonie de la famille est latente, la sécheresse des dialogues en témoigne.

L’agonie se fait ici allégorique passant constamment de l’agonie du fils à l’agonie d’un monde paysan traditionnel pratiquant la culture vivrière face à l’agrobusiness de la canne à sucre florissant mais destructeur. Le film décline d’ailleurs l’allégorie tout au long de sa trame : le splendide arbre jouxtant la masure familiale sous lequel le fils vient se ressourcer, sous lequel le grand-père transmet l’essentiel à son petit-fils, joue le rôle de la permanence, de la résistance face à un monde qui change. De la même manière, le rêve avec un cheval fougueux enfermé dans une pièce qui finit par s’échapper, témoigne de l’impatience et la fougue de la jeunesse, l’impatience et la fougue qui a fait fuir le grand-père jadis ?

Car le film joue aussi sur les non-dits, sur les ellipses, sur les silences : du départ, le film n’en donnera jamais les raisons. De religion, il ne sera jamais question dans ce milieu rural d’Amérique latine. Il faut dire qu’à l’extrait de la Genèse : « Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi..», le film sonne plutôt comme une liturgie catholique d’avant carême « Souviens toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ».

Comme le clame Job dans la Bible, au plus profond de la détresse : « Me voilà devenu poussière et cendre. Je hurle vers toi, et tu ne réponds pas ». Autre allégorie de l’impuissance des hommes face à la mondialisation invisible et invincible. Belle démonstration.

« La Terre et l’ombre » de César Acevedo - Film colombien avec Haimer Leal, Hilda Ruiz, Edison Raigosa – Drame - 1h 37min – Sortie 3 février 2016

La Terre et l'ombre - Cesar Augusto Acevedo - Semaine d ela Critique 2015 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLa Terre et l'ombre - Cesar Augusto Acevedo - Semaine d ela Critique 2015 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comLa Terre et l'ombre - Cesar Augusto Acevedo - Semaine d ela Critique 2015 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

La Terre et l'ombre - Cesar Augusto Acevedo - Semaine d ela Critique 2015 ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Patrimoine, #Extrême orient, #Epoque contemporaine, #Vieillesse, #Adolescence, #mort
[Cinéma - Le Rialto  - Nice] Naomi Kasawe concocte "Les Délices de Tokyo"

Le nouveau film de Naomi Kasawe AN présenté au dernier Festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard est rebaptisé Les Délices de Tokyo pour sa sortie en salle. Si AN est un des ingrédients qui sert à réaliser les dorayakis, les Délices de Tokyo en sont manifestement le résultat. Le titre japonais prend donc le parti de l’ingrédient, le titre français le résultat ; Naomi Kasawe est à la confection, le spectateur à la délectation.

Les Délices de Tokyo, s’il repend partie de la fabrication des Dorayaki n’est pas un film culinaire ; il fait plutôt partie de ces films qui prenant prétexte de la cuisine explorent une société comme le film indien The Lunchbox de Ritesh Batra en 2013. Les Délices de Tokyo durent plus qu’un dorayaki en bouche mais n’excèdent pas une saison, le film débute à la floraison des cerisiers, à la renaissance, il se terminera au seuil de l’hiver.

Les Délices de Tokyo c’est d’abord l’histoire de la rencontre de trois solitudes : celle de Sentaro (Masatoshi Nagase) qui cuisine en sauvage ses dorayakis, celle de Wakana (Kyara Uchida), collégienne isolée et celle de Tokue (Kirin Kiki) grand-mère sortie de nulle part. Chacun a sa part d’ombre, chacun a son secret que le film va révéler petit à petit, chacun épaule l’autre pour que de trois solitudes naisse non une méga-dépression mais une solidarité, une amitié.

Le film est témoin de la société japonaise actuelle et passée. Il met en scène trois générations : celle de l’immédiat après-guerre et ses éternels affres, celle des années 80 et l’actuelle : la grand-mère, le fils et la petite fille dans l’idéal car Tokue n’a pas de descendance, Wakana, guère d’ascendance et Sentaro, ni l’un ni l’autre. Le film fonctionne également avec le principe chinois du yin et du yang : douleurs et joie font partie d’une même histoire, il suffit de les équilibrer.

Le film présente régulièrement la dualité de la société japonaise, sa tradition et sa modernité notamment par l’allégorie de la fabrication des dorayakis : pâte industrielle pour les haricots rouges confits ou fabrication artisanale ? Mais il présente également sans misérabilisme les travers de cette société notamment les exclusions qu’elles soient le fruit de l’inadéquation au système scolaire, l’inadéquation au productivisme ou l’inadéquation à l’asepsie extrême.

Le film exploite finement la grande différence entre l’efficacité et le productivisme : dans leur boutique, le duo est efficace mais sans envie de passer au productivisme. Le film avance d’ailleurs avec lenteur, comme la cuisine bien faite, pour mieux nous faire savourer tous les moments de la vie, il est une ode au ravissement, un appel à la délectation, une recette pour éviter de perdre sa vie à la gagner.

Rependrez-vous un petit dorayaki ?

Nice - Cinéma Le Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Le Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comNice - Cinéma Le Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinéma Le Rialto ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Théâtre, #Amour, #Jalousie, #mort, #Enfance, #Adolescence, #Vieillesse
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Pelléas et Mélisande, opéra de Claude Debussy d’après la pièce de Maurice Maeterlinck mis en scène par René Koering déjà été présentée à Nice il y a deux ans est à l’affiche de l’opéra de Toulon. La pièce de Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande, créée en 1892, est considérée comme un des sommets du symbolisme au théâtre. A l’époque du symbolisme, le théâtre se caractérise par des pièces, dont le rythme est lent, parfois onirique ou poétique, chargées de symboles et de signes évocateurs. Dans sa mise en scène René Koering a joué avec ces codes.

Les personnages sont enfermés dans cette pièce sans lendemains qui chantent, ouverte seulement sur l’extérieur par deux portes fenêtres. Ici, point de cheveux longs, point de murailles à escalader, ni d’eau sur scène, mais un châle bleu qui prolonge les cheveux, un jeu de lumière sur le mur et une vidéo qui reprend les éléments. La vidéo n’est pas factice ; elle est un véritable élément au service de l’enjeu dramatique et apporte les éléments de contexte : l’eau, l’étang, le ciel en furie, le jour, la nuit.

La grande intelligence de la mise en scène de René Koering est l’atemporalité du propos : ici mise en scène contemporaine ne rime pas avec translation spatio-temporelle mais avec « longue durée ». Les querelles de famille, les tensions, les jalousies entre frères, les amours contrariées sont le lot de toutes les familles à travers l’histoire et c’est bien ainsi que le metteur en scène nous les montre. De la même manière, Pelléas et Mélisande s’aiment : ils parcourent ensemble la campagne à vélo comme ils le feraient à d’autres époques à pied, à cheval ou en voiture. L’image du petit Yniold dans ce spectacle nous renvoie inconsciemment à Poil de Carotte mais en même temps, le jeu auquel il joue (une voiture téléguidée) est de notre temps ; lui aussi devient intemporel.

Dans ce décor savamment orchestré, évoluent les personnages de l’intrigue. Le plateau est quasiment entièrement renouvelé depuis la production de Nice en 2013, seul Thomas Dear en docteur retrouve son rôle. Si Cornelia Oncioiu peu audible dans Geneviève, ne nous laissera pas un souvenir impérissable, l’ensemble du plateau est homogène. Chloé Briot a troqué son costume de Rosée du soir dans Le Roi Carotte de Jacques Offenbach à Lyon pour le costume d’Yniold. Si l’interprétation est excellente, Yniold semble cependant un peu grand de taille. La basse Nicolas Cavallier avait pour lourde charge de succéder à Willard White en Arkel, défi qu’il a parfaitement relevé sous son imposante toison qui semblait faite pour le rôle. Sophie Marin-Degor ne démérite pas en Mélisande mais l’interprétation de Sandrine Piau à Nice côtoyait tellement l’exceptionnel qu’elle a forcément laissé une empreinte. Guillaume Andrieux en Pelléas lui donne la réplique et c’est un jeune baryton qu’il va falloir surveiller de près. Grande aisance, belle présence scénique, le couple qu’il forme avec Sophie Marin-Degor fonctionne. La voix est belle et il possède la candeur du rôle. En Golaud, Laurent Alvaro n’incarne pas seulement le rôle, il le vit. La jalousie, la colère marquent son visage. Son amour trahi envahit l’espace. Il est aussi tonitruant dans sa colère que charmeur dans la mélodie. Il est présent physiquement, émotionnellement et vocalement, belle performance. S’il fallait un hommage à Franck Ferrari qui avait tenu le rôle dans la production lyrique niçoise, Laurent Alvaro lui a rendu le plus beau et le plus musical des hommages.

A la baguette : Serge Baudo né à Marseille le … 16 juillet 1927. Non ! Non ! Il n’y a pas de faute de frappe. Serge Baudo dont il se dit en coulisse qu’il a dirigé dimanche son dernier opéra est bien au pupitre à 88 ans. Un seul mot vient après une telle performance : époustouflant. Epoustouflant de rigueur, d’énergie, de dynamisme, il mène l’orchestre de Toulon au plus haut.

En 1962, Herbert von Karajan l’avait invité à diriger Pelléas et Mélisande à la Scala de Milan. Ils ne pouvaient pas s’imaginer tous les deux que, cinquante-quatre ans après, le public prendrait un tel plaisir à le réentendre diriger cet opéra.

Opéra de Toulon - Pelléas et Mélisandre - Direction musicale : Serge Baudo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Toulon - Pelléas et Mélisandre - Direction musicale : Serge Baudo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Opéra de Toulon - Pelléas et Mélisandre - Direction musicale : Serge Baudo ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Arts plastiques, #Photographie, #Urbanisme, #Patrimoine, #Enfance, #Adolescence, #Vieillesse
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Dans La Guerre, roman hélas méconnu publié en 1970, Jean-Marie Gustave Le Clézio fait dire à son héroïne Béa B. « Dans la rue, tout me semble écrit. La ville est une architecture d'écriture. » Il nous semble avoir retrouvé en Jacqueline Salmon, Béa.B héroïne de La Guerre. 42,84 km² sous le ciel, l’exposition actuelle de l’Hôtel des Arts de Toulon qui est consacrée à la photographe Jacqueline Salmon est d’ailleurs doublement monographique. Elle est le résultat de deux ans de résidence dans la ville de Toulon qu'elle a patiemment auscultée cherchant à en comprendre tous les ressorts historiques et contemporains.

Avec une grande patience, Jacqueline Salmon a exploré les méandres de l’histoire toulonnaise de sa rade et ses marins à son équipe de rugby en passant par les forçats sans omettre les transformations physiques de la ville. Elle a arpenté archives et bibliothèques, rencontré des Toulonnais au gré des circonstances, appris à les connaître un peu davantage, négocié parfois longuement une prise de vue. Jacqueline Salmon en a ainsi tiré une lecture à différents niveaux : une strate environnement avec le mistral comme élément moteur, une strate urbanistique avec les changements urbains, et une strate sociologique et ses mentalités collectives.

Pour collecter les prises de vues, étape importante s'il en est, Jacqueline Salmon a fait comme Béa B. dans La Guerre : « On l'a perdue de vue, comme ça, sans s'en rendre compte, un beau jour. Elle a a fondu à l'intérieur de la foule, et pas moyen de savoir ce qu'elle est devenue. », immersion totale en milieu urbain comme pour en tirer la substantifique moelle. Sauf que contrairement à Béa B. qui « s'est perdue au milieu de la ville très facilement et il y a de fortes chances qu'on ne la retrouve jamais. », Jacqueline Salmon a réapparu pour rendre l’esprit de sa quête.

« Alors [Béa B.] faisait le plan de la ville , pour arrêter le mouvement du tourbillon. Mais ça n’était pas facile(….). Le plan se défaisait sans cesse. Rien n'était définitif. Il n'y avait que du mouvement. (…) Elle recommençait (..) première nébuleuse. Deuxième nébuleuse. Troisième nébuleuse. Poche de vide. Constellation. ». Comment rendre deux ans de quête ? De rencontres ? De surprises ? Comment écrire spatialement ce ressenti, ? ces rencontres ? Ces surprises ?

Pour rendre la manière dont elle a écouté respirer la ville, Jacqueline Salmon a savamment étudié les lieux de l'exposition : au rez-de-chaussée : histoire et mentalités collectives : le port, les marins, le bagne, le rugby, les transformations urbanistiques puis comme dans les rues de Toulon, c'est le mistral qui nous pousse dans les escaliers du premier étage : mistral dont les turbulences sont marquées par de petites flèches, de petits vecteurs sur les photos, comme ces nuées d'étourneaux qui marquent périodiquement le ciel. Ce vent qui nous pousse nous propulse parmi ce qui fait l'essence même de l'exposition : les Toulonnais, multiples et un à la fois. Ils sont arrivés dans cette ville et n'en sont pas partis, du moins pas encore, voire n'en partiront plus. Cette galerie accompagnée de courtes biographies met la ville en mouvement, la montre telle qu'elle est : cosmopolite, excessive, accueillante, mutante... méditerranéenne. Chaque série de portrait est ponctué par des arbres mus par le vent qui nous propulse à nouveau de groupe e n groupe, d'âge en âge. Car la galerie dessinée par Jacqueline Salmon s'ouvre et se ferme couchée : des premiers temps de la vie à la vie qui s'en va, rendant bien compte du mouvement perpétuel de la ville … et de ses habitants.

Hôtel des Arts - 42,84 km² sous le ciel - Exposition de jacqueline Salmon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comHôtel des Arts - 42,84 km² sous le ciel - Exposition de jacqueline Salmon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comHôtel des Arts - 42,84 km² sous le ciel - Exposition de jacqueline Salmon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Publié le par Théodore Charles
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Évoquer La Mort à Venise renvoie souvent le public au film de Luchino Visconti sorti sur les écrans en 1971, plus rarement à la nouvelle de Thomas Mann publiée en 1912 et encore plus rarement à l’opéra testament de Benjamin Britten sur un livret de Myfanwy Piper créé au Festival d’Aldeburgh en 1973.

Il faut dire que la patte de Luchino Visconti, les décors vénitiens, la magie du montage permettant de se jouer des problèmes d’espace et de temps et la désormais populaire 5ème symphonie de Mahler rendaient la concurrence difficilement surmontable pour un opéra quasi monologue reposant presqu’intégralement sur le ténor avec une partition à laisser plus d’un amoureux du belcanto aussi chaud qu’un glaçon d’Antarctique.

Cette année, pourtant, l’opéra de Nice a eu l’immense courage de recréer Death in Venice de Benjamin Britten dans une mise en scène d’Hermann Schneider et sous la direction musicale de Roland Böer. De salle comble en première partie, la salle s’est fortement réduite à l’entracte : bâillement à peine étouffé à gauche, roupillon à droite, coups d’œil respectifs au moindre son strident devant et quelques « c’est chiant » susurrés derrière ont assuré à ceux qui ne boudaient pas leur plaisir une grande aisance en deuxième partie.

Si Roland Böer à la baguette imprime à l’orchestre de Nice sa rigueur et son énergie, il faut également saluer la parfaite interprétation d’Anthony Ballantyne, connu de tous les mélomanes et qui tient sa partie piano à la perfection. Inutile également de souligner l’extrême qualité de l’interprétation vocale et du jeu du ténor Hans-Jürgen Schöpflin, grand habitué du répertoire de Britten en général et de l’écrivain Gustav von Aschenbach en particulier. Il est d’ailleurs secondé à la perfection là aussi par le baryton Davide Damiani, qui, en véritable caméléon, interprète huit rôles : voyageur, vieux dandy, vieux gondolier, directeur de l’hôtel, guide à Venise, barbier de l’hôtel, chef des musicien et voix de Dionysos.

Le chœur de Nice est très sollicité pour cet opéra. Non seulement, il rend crédible la vie mondaine du Venise du début du siècle mais il imprime un tempo à l’ensemble qui contribue à la réussite générale. Du chœur se détachent tous les rôles secondaires sous lesquels on reconnait Frédéric Diquero en verrier et musicien de rue, Karine Ohanyan en mendiante, Sandrine Martin en fille française, splendide sous son ombrelle face au baryton Ioan Hotenski sous son chapeau haut-de-forme.

Si Death in Venice est une œuvre majeure, méconnue ou malaimée du XXème, la raison en est peut être sa trop grand proximité de création avec le film. Or, dans la proposition d’Hermann Schneider, le spectacle vivant et l’opéra reprend ses droits, revendique sa spécificité et renoue avec son succès. Dans sa production, Hermann Schneider ne court pas après le changement de tableau : tout l’opéra se déroulera dans un décor unique surprenant au départ le spectateur habitué que le spectacle le promène sur la plage, à la gare, sur les canaux, etc. Tout se déroule en intérieur, de grandes baies vitrées en fond de scène faisant office d’extérieur et permettant à Tadzio et ses amis de s’ébattre sur la plage.

La scénographie de Bernd Franke est clairement réaliste avec sa grande bibliothèque, son bureau et ses canapés et clairement symbolique avec ses murs lépreux qui annonce la fin d’un monde, ce décor qui s’ouvre pour symboliser les canaux (faisant ainsi entrer l’extérieur à l’intérieur) ou le fossé qui se creuse entre le mentor et son éphèbe, entre l’écrivain et son fantasme, entre la réalité et l'illusion. En effet, le parti pris de mise en scène montre clairement au spectateur l’écrivain en création, tout ce qui nous est donné à voir semble représenter le cheminement créatif de l’écrivain ; Gustav von Aschenbach ou Thomas Mann dans sa bibliothèque se lance dans un nouvel ouvrage qui convoque un lieu, une situation, une émotion, des souvenirs, un fantasme. Le fait que Gustav von Aschenbach ne quitte jamais la scène et que Tadzio termine la première partie et entame la seconde en sorte de pied de lampe posé sur le bureau de l’écrivain semblent confirmer cette hypothèse.

Prenant ainsi ce parti pris, la production s’éloigne alors radicalement de la production cinématographique, explique le choix de Tadzio non plus éphèbe blond du film mais jeune homme brun cheveux gominés, rôle dansé dans lequel Lohan Jaquet met d’ailleurs toute sa grâce et toute sa séduction. En reprenant ses codes, en les assumant, Schneider assume la scène aux dépends de l’image, nous donne une magistrale leçon de mise ne scène et redonne à l’œuvre de Benjamin Britten une place qui n’aurait jamais due se faire éclipser.

Opéra de Nice - Death in Venice (Mort à Venise) Benjamin Britten ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Nice - Death in Venice (Mort à Venise) Benjamin Britten ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comOpéra de Nice - Death in Venice (Mort à Venise) Benjamin Britten ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Opéra de Nice - Death in Venice (Mort à Venise) Benjamin Britten ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Amour, #Violence, #Proche orient, #Epoque contemporaine, #Bad boys, #Vieillesse
Winter sleep - Nuri Bilge Ceylan
Winter sleep - Nuri Bilge Ceylan

Encore une fois le festival Télérama me sauve la mise en me permettant de voir les films que j’ai laissé filer pendant l’année. Parmi ceux-ci, Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan, palme d’or lors du dernier festival de Cannes et encensé par la critique.

D’entrée, l’affiche m’a cependant laissé sceptique. Une affiche qui barre son visuel par une litanie de « un pur chef d’œuvre », « un choc », « un enchantement », « une splendeur », « un éblouissement » sont plutôt de nature à me mettre en garde mais, laissant de côté mon côté méfiant, c’est fort détendu que j’ai abordé le film m’attendant à être pris dans un tourbillon magique.

Formellement, le film a de nombreux atouts, la photographie est léchée, les paysages anatoliens incitent les amoureux des escapades au voyage, les longues séances permettent d’installer la psychologie des personnages qui se révèle petit à petit.

Mais ce qui me gène le plus dans Winter sleep, c’est son côté « attrape tout » : il fait un clin d’œil aux longues sagas version David Lean, il place ses personnages dans des grands espaces à la manière de Michelangelo Antonioni dans Zabriskie point, il analyse les rapports sociaux à la façon Bergman (Mais pourquoi sont-ils si bavards ?), etc. Quand les emprunts relèvent du parti pris esthétique comme dans Holly Motors de Leos Carax, l’œuvre en devient puissante, elle joue avec le spectateur. Mais quand les emprunts se font « à la manière de », cela donne un résultat plutôt formel auquel il manque une chose essentielle : la patte du réalisateur.

[Festival Télérama - Cinéma Rialto – Nice] Nuri Bilge Ceylan et  Winter sleep… m’endorment[Festival Télérama - Cinéma Rialto – Nice] Nuri Bilge Ceylan et  Winter sleep… m’endorment

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour, #Vieillesse, #Festival de Cannes
[Cinéma - Rialto et salle Jean Vigo - Nice] Peut-on renier son empreinte génétique ?

Peut-on rire de tout y compris de la mort ? Certaines séries dont Absolutely Fabulous s'y sont déjà risquées depuis longtemps. La mort du père d’Eddy, son cercueil ouvert au milieu d’œuvres d’art contemporaines, l’arrivée de Patsy et Edvina, rondes comme des queues de pelle (c’est de circonstance) au cimetière et leur chute dans les trous des tombes, la réflexion de la fille demandant à ce qu’on rebouche le trou. Difficile d’aller plus loin (Absolutely Fabulous - La veillée funèbre - Saison 2 - Episode 2 - Genre : Comédie - Série TV - Pays : Grande-Bretagne - Année de réalisation : 1994 - Durée : 30 mn.

Adieu Berthe aborde le genre macabre mais à travers le prisme de la privatisation du marché de la mort.

Comme si le mort n’était déjà pas un emmerdement en soi, Adieu Berthe oppose deux conceptions diamétralement opposées des funérailles : les funérailles « low coast » où le client est invité à prendre place dans le corbillard et à attendre qu'une place veuille bien se libérer et les funérailles à thèmes avec des formules comme dans n'importe quel fast-food où nos chers défunts auront le bon goût de finir enterrés qui à la mode égyptienne, qui à la mode d’antan, etc.

Ajoutez à cela une galerie de personnages haute en couleur : un pharmacien immature, petit fils de la défunte, qui se rêve magicien, qui ne sait choisir entre sa femme et sa maîtresse, une maîtresse hystérique, une belle mère créancière de la pharmacie, un ado mystérieux, une femme tiraillée.

Tout ce joyeux vaudeville se déroule alors que Berthe est morte dans l'indifférence générale dans sa maison de retraite et que tout le monde subitement veut se mêler de ses funérailles.

Finalement au milieu de cette galerie de personnages caricaturaux, une tire son épingle du jeu : celle que l'on ne verra jamais, Berthe et sa vie romanesque.

« Adieu Berthe » - Film de Bruno Podalydès - France – Numérique - 2012 - 1 h 40.

Ce film a été présenté au Festival de Cannes 2012 - sélection : Quinzaine des Réalisateurs.

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Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Festival de Cannes, #Europe, #Epoque contemporaine, #Amour, #Vieillesse
[Cinéma - Rialto et salle Jean Vigo - Nice] « Amour » est-il universel ?

Quand Caché de Mickaël Haneke a été projeté à Cannes en 2005, le rapprochement avec Lost Highway de David Lynch a été immédiat. Même si le propos et le genre du film différent ensuite, le premier ressort du film (l’envoi à un couple de vidéo représentant leur quotidien) est le même.

Je n'en ai pas cru mes yeux lorsque j'ai vu Amour de Mickaël Haneke. Frédéric Boyer nous avait proposé dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs 2010 un film islandais Efjald (Volcano), film dont on attend toujours la sortie qui met en scène l'histoire d'un couple vieillissant. Le synopsis ? Elle est victime d’un accident cérébral, il la soigne, seul, ment aux enfants, ne nous épargne rien sur la dépendance, nous parle d'amour, de cet amour fou qui nous fait supporter le pire.

Amour de Mickaël Haneke nous parle d’un couple vieillissant ; Elle est victime d’un accident cérébral, il la soigne, seul, ment aux enfants, ne nous épargne rien sur la dépendance, nous parle d'amour, de cet amour fou qui nous fait supporter le pire.

Non, je ne suis pas bègue. Mickaël Haneke transpose l'action à Paris, dans un milieu favorisé. Contrairement à Efjald, Amour est un huis clos qui accentue l’angoisse (nous ne quittons l’appartement qu’à la faveur d’un cauchemar). Contrairement à Efjald, Amour prend fin avec la fin de l’héroïne. La grande maîtrise de la mise en scène, l’excellence des comédiens qu’il a choisis parachèvent l’œuvre ; ceux de Efjald tirent leur épingle du jeu mais n’ont pas l’expérience de Jean-Louis Trintignant ou d’Emmanuelle Riva. En un mot ? Moins exotique, plus efficace.

Haneke a-t-il vu ce film Efjald ou est-ce le signe de nos temps qui pousse le cinéma à montrer notre insoutenable déchéance, à montrer la force de l'amour dans ces épreuves et à s'inviter dans le débat sur la fin de vie ?

"Amour" - Film de Michael Haneke – France – Autriche – Allemagne - Numérique - 2 h 07

Ce film a été présenté au Festival de Cannes 2012 en compétition officielle.

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