Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

un-culte-d-art.overblog.com

Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #cinéma, #Extrême orient, #Amour, #Politique, #Racines
Nice - Cinméa Mercury - « Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » –  Jero Yun ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinméa Mercury - « Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » – Jero Yun ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Soutenu par l’ACID (Association du Cinéma indépendant pour sa diffusion) lors du dernier festival de Cannes, Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne se promène depuis de festival en festival et sort enfin sur les écrans. Son réalisateur, Jero Yun est né en 1980 à Busan, en Corée du Sud. Il arrive en France en 2001 pour parfaire ses études. En 2012, il fait partie des six réalisateurs de la Résidence de Cannes dans le cadre de la Cinéfondation.

Jero Yun a mis en exergue de son site officiel deux citations l’une orientale, l’autre occidentale qui résume bien son travail et la philosophie de ses films. Elles seront reprises plus loin. Mais qui est Madame B. ? Madame B. comme le titre l’indique est Nord-Coréenne. Madame B. est l’histoire d’un périple : celui d’une femme qui, fuyant la Corée-du-Nord par la Chine doit au préalable se rendre en Thaïlande pour pouvoir être conduite en Corée-du-Sud. Le trajet le plus court pour arriver à ses fins n’est pas ici la ligne droite.

 Mais Madame B. est vendue à son arrivée en Chine et de trafic en trafic dans lequel elle est devenue experte, elle réussit à faire sortir son mari et ses deux fils. Si sa famille s’installe en Corée-du-Sud, souci pour Madame B. qui, désormais mariée à un Chinois, est coincée en Chine. Elle doit donc à son tour partir pour la Thaïlande avec la bénédiction de son mari chinois.

Film documentaire, Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne oscille constamment entre fiction et documentaire. Il prend tour à tour l’apparence des deux. Dans sa première partie sur les trafics de passeuse de Madame B. il est filmé caméra sur l’épaule, paysages et cadres tronqués par mesure de sécurité et il fait réellement documentaire. Les images ne sont pas léchées mais Auguste Rodin ne disait-il pas : Il n'y a réellement ni beau style, ni beau dessin, ni belle couleur : il n'y a qu'une seule beauté, celle de la vérité qui se révèle.  

Dans sa deuxième partie, la vérité se révèle effectivement car le film se polarise sur l’heure des choix. L’image se fait plus belle, le film prend l’apparence de la  fiction. Que veut faire Madame B. ? Rester avec son mari coréen, retrouver son mari chinois comme elle les appelle ? Souhaite-t-elle vivre en Corée-du-Sud où la désillusion guette ? Retourner en Chine ? Madame B. retrouve Confusius : Les oreilles et les yeux ne sont pas faits pour penser et se laissent facilement affecter par les influences extérieures. L’esprit pense et, s’il pense, accède à la vérité.

Les grandes forces du film lui viennent de ses adultes qui n’expriment jamais une amertume destructrice semblant avoir atteint la sagesse et du fait qu’il renonce aux clichés traditionnels sur les deux Corées. Il n’y a pas dans ce film une bonne Corée-du-Nord contre une méchante Corée-du-Nord, il y a deux Corées qui chacune à sa manière, a développé une paranoïa à l’égard de sa puissante voisine.  En fait, Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne manie facilement le Yin et le Yang. Le monde est certes dichotomique mais chaque partie a besoin de l’autre pour réussir.

 

 

« Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » – Film documentaire de Jero Yun - France, Corée-du-Sud - Date de sortie : 22 février 2017 – Durée : 1h 11min

Nice - Cinméa Mercury - « Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » –  Jero Yun ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Nice - Cinméa Mercury - « Madame B., histoire d’une Nord-Coréenne » – Jero Yun ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Commenter cet article