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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Jeune public, #Enfance, #Epoque contemporaine
[Théâtre - Théâtre national de Nice] Une trop sage "Grosse Patate"

Le Journal de Grosse Patate, pièce de Dominique Richard parue en 2002, est un écrit théâtral décliné sur le mode du journal intime entrecoupé de récits de rêves. Il est le journal d’une petite fille gloutonne d’une dizaine d’années qui s’interroge, version Mafalda, sur sa vie, ses premiers émois amoureux, l’amitié, l’identité, les dynamiques de groupe.

La compagnie Gorgomar centre sa mise en scène sur la chambre de Grosse Patate. La chambre est composée d’un lit en hauteur dans lequel s’incrustent trois tables gigognes aux couleurs vives ; elles font office de boîte à joujoux avec leurs tiroirs et coffres d’où sortiront les accessoires. Se séparant du lit, les tables vont servir tour à tour, de table de cuisine, de pupitre, de refuge, d’escaliers.

Le metteur en scène choisit trois niveaux de jeu pour adapter le journal à la scène : le récit de Grosse Patate, le dialogue paradoxal avec Rémi, rôle muet et des marionnettes-poupées qui représentent la copine Rose-Marie et le bellâtre Hubert. Ces scènes sont métronomiquement coupées, comme dans le texte, par des interludes qui représentent les rêves de Grosse Patate hantés par un géant.

Représenter le journal intime d’une petite fille dans le quotidien de sa chambre avec les histoires, vraies ou fausses, qu’elle se raconte, avec les personnages qu’elle convoque, avec ses poupées qui l’aident à recréer son quotidien, à vaincre ses peurs et ses angoisses, était une idée riche. Mais à trop vouloir coller au texte, à trop vouloir le conserver, le dispositif scénique s’épuise. L’impression « qu’on nous le sert comme c’est écrit » gagne à mesure que le temps passe et le ressort du départ n’agit plus même si le jeune public, présent dans la salle, est resté concentré jusqu’au bout.

Le spectacle ne manque pas d’atouts comme la création musicale de Thomas Garcia ou les vidéos poétiques projetées lors des interludes. Mais en bousculant, en triturant l’écriture, le spectacle aurait gagné en force ; en s’engageant davantage dans son parti pris de départ, il aurait perdu en sagesse mais gagné en audace à l’image inverse de son héroïne.

Le Journal de Grosse Patate de Dominique Richard - Mise en scène Thomas Garcia et Aurélie Péglion avec Aurélie Péglion et Emma Laurent - Musique : Thomas Garcia - Scénographie et lumière : Philippe Maurin - Construction marionnettes : Charlotte Libeau - Costumes : Emilie Bouneau

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