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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Cirque, #Musique, #Danse
[Théâtre –Théâtre des Célestins – Lyon] manipulations en série

En m’installant à ma place au Théâtre des Célestins, je constate que les comédiens sont déjà à l’œuvre sur scène. Quelques minutes après un brouhaha gagne le théâtre au point que j’ai failli demander aux placeurs d’aller calmer l’aimable foule qui, non seulement arrive en retard, mais se permet de faire du bruit. Merci ma langue d’avoir tourné automatiquement sept fois dans ma bouche … les comédiens sont dans leur rôle de techniciens de plateau, la scène représente en fait l’envers du décor et le brouhaha fictif vient de la salle de spectacle non moins fictive, censée être en fond de scène.

Le spectacle de Familie Flöz, célèbre collectif allemand qui s’est fait un nom dans les spectacles non verbaux, démarre avec une scène onirique d’une marionnette à taille humaine manipulée par les trois protagonistes. Sorte de Polymnie, elle reviendra de manière récurrente accompagnée par l’adagio de Barber pour marquer le temps entre les différents spectacles qui rythment la vie d’un théâtre.

Tous les types de spectacles vont se succéder dans ce théâtre : l’art lyrique, la danse, le théâtre, le one-man-show, le symphonique. Les trois protagonistes, transformistes de génie, nous interprètent 29 personnages de la scène, des plus sympathiques (une ballerine à contretemps) aux plus antipathiques (l’infernal vieux « jeune premier ») en passant par les plus touchants comme le vieux violoniste perdu d’un orchestre philharmonique invisible.

Affublé de masques, de costumes, de postiches dont ils se défont à la vitesse de l‘éclair, les comédiens sont tour à tour les techniciens et les artistes. Jouant sur le faux, ils disparaissent à cour pour réapparaitre à jardin, ils sortent et entrent par les cintres, par les malles placées sur scène, multiplient les entrées et les sorties pour donner l’illusion de la masse comme cette multiplication de ballerines que l’on jette sur scène.

Des travers du monde du spectacle, rien ne manque et le spectacle joue sur les clichés (la diva dans toute son acception, la ballerine qui se blesse, le chorégraphe russe homosexuel patenté, les vedettes ou pseudo-vedettes acclamées par les spectateurs, le technicien acariâtre) et sur les standards : L’éternel Lac des cygnes pour la danse, l’adagio de Barber pour le symphonique ou encore spargi d’amore pianto1, extrait de Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti ou encore o mio babbino caro1, extrait de Gianni Schicchi de Giacomo Puccini pour le lyrique … deux airs interprétés par Maria Callas évidemment !

En apportant une dramaturgie à ce qui, a priori, pourrait ressembler à une « simple » performance, en jouant sur les standards, les poncifs, sur le faux, en nous manipulant aussi bien qu’ils manipulent les marionnettes, Familie Flöz nous offre un vrai moment de gaité et une vraie réflexion sur le microcosme du spectacle vivant.

  1. Avis aux non spécialistes : Si ! Si ! Vous connaissez ! Ecoutez ci-dessous :

Spargi d’amore pianto : http://www.youtube.com/watch?v=_IEswJad7xo

O mio babbino caro : http://www.dailymotion.com/video/xx49d4_maria-callas-puccini-o-mio-babbino-caro_music

Teatro Delusio de Paco González, Björn Leese, Hajo Schüler, Michael Vogel (collectif Familie Flöz) - Mise en scène : Michael Vogel - durée 1 h 30

Teatro Delusio de Paco González, Björn Leese, Hajo Schüler, Michael Vogel (collectif Familie Flöz)Teatro Delusio de Paco González, Björn Leese, Hajo Schüler, Michael Vogel (collectif Familie Flöz)Teatro Delusio de Paco González, Björn Leese, Hajo Schüler, Michael Vogel (collectif Familie Flöz)

Teatro Delusio de Paco González, Björn Leese, Hajo Schüler, Michael Vogel (collectif Familie Flöz)

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