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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Amour, #Mythe, #Bad boys
[Musique - Opéra de Lyon] les (trois fois) quatre fantastiques

Avis à tous ceux qui pensent qu’il n’y a rien de fantastique autour des contes d’Hoffmann, je vais vous conter par le menu mon étrange expérience. J’avais très envie de passer un moment avec Laurent Alvaro que j’avais rencontré dans une production lyrique très étrange à Monaco. Je lui ai donc laissé un message mais comme il devait tenir le rôle des quatre diables dans la production que j’allais voir et que je l’avais sollicité tardivement, je ne me suis pas étonné de son silence me promettant d’aller en tong à l’opéra en signe d’expiation.

Dimanche soir, Lyon, veille de la dernière représentation des contes d’Hoffmann de Laurent Pelly à laquelle nous devons assister, nous décidons donc d’aller au restaurant. Choisir un restaurant à Lyon, c’est choisir une pâquerette dans un pré normand. Nous optons pour « Chez Léon », institution de Lyon, restaurant qui se compose d’une enfilade de salles qui forment autant de salons pour une vingtaine de personnes. Une fois installé … qui s’installe en famille à la table voisine ? … Laurent Alvaro. « Est-ce la main de Dieu ? Est-ce la main de Diable » fredonnait Barbara … c’est quadruplement de circonstance.

Le lendemain, retour aux choses sérieuses : la production des Contes D'Hoffmann, opéra en cinq actes de Jacques Offenbach dans une mise en scène de Laurent Pelly d'après la nouvelle édition de Jean-Christophe Keck dont je cherche désespérément le nom dans le programme. La dernière fois que j’ai assisté à une représentation des Contes d’Hoffmann, c’était au Teatro Regio de Turin dans une production de Nicolas Joël. M’étant largement ennuyé dans cette débauche scénographique envahissante qui masquait mal le manque d’inventivité, je m’étais carrément dispensé de la fin de la production… redoutant (à juste raison) pour la scène se déroulant à Venise de voir débouler la gondole grandeur nature.

Je dois vous avouer qu’Offenbach n’est pas ma grande passion, à moins de n’avoir vu jusqu’à présent que des interprétations et des mises en scène sans intérêt. Il faut pourtant que je trouve une solution, les spectacles d’Offenbach devenant de plus en plus les incontournables des fêtes de fin d’année.

A Lyon, la proposition de Laurent Pelly s’appuie sur le travail de Jean-Christophe Keck, grand « restaurateur » des œuvres d’Offenbach, qui donne à l’opéra inachevé une cohérence d’ensemble avec une fin entièrement retravaillée. La direction d’acteurs de Laurent Pelly fait mouche et les quatre diables brillamment interprétés par Laurent Alvaro, peut-être encore un peu trop en retenue, viennent en écho aux quatre rôles féminins (Olympia, Antonia, Giulietta, Stella) même si Patrizia Ciofi est par définition moins à l’aise dans le rôle de Giulietta. Cyrille Dubois, jeune ténor que toutes les productions lyriques semblent vouloir s’attacher en ce moment, remplit à merveille les quatre emplois bouffes et John Osborne ne compose qu’un Hoffmann mais quel Hoffmann !

Outre l’impeccable direction musicale de Stéphane Denève, le dispositif scénique imaginé par Chantal Thomas crée, par l’architecture fluctuante de ses panneaux amovibles, une atmosphère fantastique. Elle surprend le plus « Hoffmanophile » des spectateurs par quelques touches scéniques géniales comme l’élévation de la poupée Olympia qui finit par tourbillonner musicalement dans les airs comme une baudruche qui se déballonne ou encore le vol du reflet d’Hoffmann par un « miroir-vidéo ».

Promis ! Juré ! Je ne dirai plus que je déteste Offenbach … je me contenterai de dire que je n’aime pas Offenbach mal interprété !

[Musique - Opéra de Lyon] les (trois fois) quatre fantastiques[Musique - Opéra de Lyon] les (trois fois) quatre fantastiques

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