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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Cirque, #Théâtre, #Patrimoine, #guerre
La Fille du Régiment de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

La Fille du Régiment de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Si la  proposition artistique de Vincent Vittoz  et son parti pris de mise en scène vous laissent totalement de marbre, il est fort possible que vous n’entriez jamais dans cet univers de La Fille du Régiment mais si vous vous laissez tenter ne serait-ce qu’une seule fois, alors vous pourrez alors goûter tout le sel  de cet opéra comique de Gaetano Donizetti.

Sur scène, surprise ! Une voiture et des soldats que l’on pourrait qualifier de fatigués avec une colline stylisée en grand plan incliné. Si le livret original situe l'action près de Bologne, à l’aube du Risorgimento (milieu du XIXème siècle) avec des soldats autrichiens, l'action se situe en 1805 dans le Tyrol, occupé par les troupes de Napoléon Ier avec des soldats français dans toutes les représentations. Pourquoi une autre guerre,  fictive, hors temps, anachronique, ne serait-elle pas possible ? Nous ne sommes ni dans le drame historique ni dans un grand réalisme. La maison contemporaine de la marquise de Berkenfield au deuxième acte toute droit sortie du cabinet de Le Corbusier confirme la tendance contemporaine du contexte.

Dans ce décor la soldatesque, œil poché, bras en écharpe, s’active autour de sa fille collective Marie. Tout le plateau joue intelligemment avec la scénographie d’Amélie Kiritzé-Topor. Le plan incliné de la maison devient praticable pour la leçon de chant, la maison toute jolie soit-elle se mue en prison pour Marie, le piano à queue de guingois est une périphrase de la leçon de chant. Le plan incliné comme les escaliers descendants dans la maison rajoutent une dimension verticale à l’ensemble. Surréaliste ? Non moins que le livret car l’adoption collective par un régiment d’une fille abandonnée qui se retrouve être la fille naturelle de la marquise de Berkenfield nous laisse loin du réalisme si ce n’est du réel.

Le premier écueil de l’opéra comique, sauf pour qui ne vient que pour les voix, réside dans la clarté de tout le texte parlé. Aucun souci avec ce plateau à la diction parfaite où même le léger accent de Marie contribue à la rendre originale.  Il faut ensuite passer le second écueil qui est le sens de la mise en scène : Vincent Vittoz ayant opté pour l’excès il va falloir… en faire des caisses. Marie semble trop délurée ? Elle a plutôt adopté les façons peu raffinées de s’assoir de la soldatesque et l’effet comique fonctionne. Le dernier écueil est bien sûr la performance vocale et le plateau fait un sans faute : le baryton-basse Frédéric Goncalves à la fois acteur et chanteur excelle comme par définition dans la duplicité qui est la sienne sur scène, Daniella Fally très à l’aise vocalement se joue des pièges et représente une vivandière plus vraie que nature sorte de Calamity Jane revue par Morris et Frédéric Antoun joue de tous les registres, de tous les codes, de son physique avantageux, passe d’un état à l’autre et aborde le célèbre Ah ! Mes amis sans difficulté.  Il se dit d’ailleurs dans les couloirs de l’opéra que la production a usé de quelques ténors avant de tenir « son » Tonio.

S’ajoutent à ce plateau trois rôles peu ou pas chantés qui accompagnent l’ensemble en forçant sur le registre comique : la mezzo-soprano Anne-Marguerite Werster en duchesse de Berkenfield, Francis Dudziak en Hortensius et Nicole Monestier en Duchesse Crakentorp. Quelques ajouts de textes accentuent l’effet comique mais après tout, l’œuvre elle-même n’a-t-elle pas emprunté à son époque et n'a-t-elle pas été pillée à son tour comme en témoigne la récurrente chanson Madame Arthur mise en musique en 1892 par la chanteuse de café-concert Yvette Guilbert jouée ici au violon.

Dans la fosse, Roberto Rizzi-Brignoli a la lourde tâche de rendre à l’œuvre toute sa brillance sans pour autant couvrir les voix, casse-tête dont il s’acquitte avec brio.

"La Fille du Régiment" de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon - Frédéric Antoun - Frédéric Goncalves - Daniela Fally©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com "La Fille du Régiment" de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon - Frédéric Antoun - Frédéric Goncalves - Daniela Fally©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com "La Fille du Régiment" de Gaetano Donizetti - Opéra de Toulon - Frédéric Antoun - Frédéric Goncalves - Daniela Fally©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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Angelilie 11/03/2017 16:35

toujours un plaisir de flâner sur vos pages. au plaisir de revenir