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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Théâtre, #Europe, #Epoque contemporaine, #Violence, #Bad boys, #Amour, #mort
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Changement complet d’ambiance, d’époque et de parti pris esthétique avec Liliom de Jean Bellorini au théâtre national de Toulouse. Jean Bellorini, nouveau directeur du théâtre Gérard Philipe de Saint Denis, fait partie avec David Bobée à Caen, de cette nouvelle génération de jeunes directeurs de centres dramatiques nationaux qui régénèrent la création française.

Liliom (ou la vie et la mort d'un vaurien) est une pièce de théâtre hongroise de Ferenc Molnár créée en 1909. Cette pièce éponyme sur un homme dont on ne sait presque rien, ni d'où il vient ni où il va, a fait le tour du monde au théâtre et au cinéma où elle a été adaptée par Fritz Lang en 1934 avec Charles Boyer. Parlant de marge de dérive, de petite délinquance, elle est universelle et intemporelle.

Jean Bellorini fait de la fête foraine en général et des auto-tamponneuses en particulier le cadre de vie de Liliom. Liliom, fainéant à la dérive, bonimenteur de foire et bonimenteur à femme, trouve ici un cadre tout approprié. Son univers est réduit, cadré, borné par le manège mais il ne rêve que d’une chose en sortir. Sa vie est faite d’auto-tamponneuses qui font rêver, heurtent, avancent par à coup, changent de direction mais lui est sur le marchepied, à la marge de la marge. Liliom vit avec Julie dans la roulotte proche mais Liliom n’y est jamais. Julie lui donne sens, il esquive, lui donne de l’amour, il la frappe, lui donne un enfant, il se suicide.

Dans ce milieu où tout le monde se connaît et chacun s’ignore, les personnages font tous les métiers. Les comédiens, tour à tour musiciens dans un groupe musical qui accompagne le récit en marge de la scène et protagonistes du drame, offrent ainsi une unité à l’ensemble de la pièce. Débutée sur les auto-tamponneuses, la pièce se termine sur la grand ‘roue céleste où officie le grand secrétaire du ciel.

Le choix du plateau artistique et sa direction au millimètre par Jean Bellorini contribuent largement à la réussite. Véritable Pierrot lunaire, Julien Bouanich, frêle, vif, immature est un Liliom parfait en contraste complet avec une Louise (Clara Mayer) tout en silence. Madame Muscat, la propriétaire du manège, est incarnée avec intelligence par la jeune Delphine Cottu. Jacques Hadjaje amuse beaucoup le public en Mère Hollunder mais il est très impressionnant en Secrétaire du ciel.

Contrairement à la suraccumulation vaine de Martin Duncan, la veille à l’opéra, Jean Bellorini travaille la rigueur, le dosage, la référence, le cadre. Rien ici n’est inutile, tout fait sens et nul besoin de se creuser la tête à se trouver des références a posteriori pour justifier l’amoncellement a priori. Il est très difficile de faire simple, il est très difficile de faire sens avec le minimum. Jean Bellorini le réussit parfaitement et c’est sans doute cela le talent !

Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées - Liliom - Ferenc Molnár - Jean Bellorini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées - Liliom - Ferenc Molnár - Jean Bellorini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comThéâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées - Liliom - Ferenc Molnár - Jean Bellorini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées - Liliom - Ferenc Molnár - Jean Bellorini ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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