Blog de mes curiosités
24 Décembre 2014
« Sur le printemps de ma jeunesse folle,
Je ressemblais l'hirondelle qui vole,
Puis ça, puis là; l'âge me conduisait
Sans peur ni soin où le cœur me disait. »
Et au hasard des rencontres, pourrais-je dire pour terminer cet églogue de Clément Marot, je faisais des découvertes qui n’arrivaient pas à étancher ma curiosité. C’est donc « sur le printemps de ma jeunesse folle » à l’époque de mes études universitaires que j’ai découvert les bandes dessinées d’Enki Bilal. Pour ma jeune personne, nourrie au graphisme d’Hergé, de René Goscinny, d’Albert Uderzo ou de Marcel Gottlieb dit « Gotlib », le choc fut rude et il me fallut un temps d’adaptation pour découvrir autre chose, une autre sensibilité qui venait perturber ma perception du 8ème art.
L’Hôtel des Arts de Toulon rend hommage à Enki Bilal et indirectement à ma jeunesse dans un foisonnement qui correspond à l’artiste … et à moi-même : multiplicité des supports (murs, toiles, pellicules), multiplicité des formats et multiplicité des techniques (gravures, peintures, films). L’exposition a, en outre, l’immense mérite de mettre de côté la simple chronologie des albums et des personnages ce qui aurait été très tentant au profit d’une mise en regard des thèmes et des emprunts.
Et au milieu de ces visions futuristes, dont la justesse parfois surprend toujours un peu, surnagent les thèmes intemporels : l’amour, la violence, la solitude et surtout quelques portraits aisément reconnaissables comme Montaigne ou Georges Perec qui traversent et traverseront les siècles comme autant de contrepoints aux utopies futuristes comme autant de bouées pour notre humanité.