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[Musique – Opéra – Grand Théâtre - Genève] Der Ring des Nibelungen / L'Anneau du Nibelung de Richard Wagner – Götterdämmerung / Le Crépuscule des Dieux : apothéose de l’apocalypse

Genève – Grand Théâtre - Der Ring des Nibelungen / L'Anneau du Nibelung de Richard Wagner – Götterdämmerung / Le Crépuscule des Dieux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Genève – Grand Théâtre - Der Ring des Nibelungen / L'Anneau du Nibelung de Richard Wagner – Götterdämmerung / Le Crépuscule des Dieux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Dès le Prologue, l’affaire est entendue : alors qu’elles font une apparition chantée, les Nornes rompent la corde du destin qu’elles tressaient inlassablement. Incapables de vision, elles rejoignent, le Royaume d’Erda. Le compte à rebours a commencé.  La scénographie va rapidement pendre le relai. Les dieux n’apparaitront plus, ils ne seront plus que mentions de conversation  ou n’apparaitront plus que sous la forme de statues, de têtes, parfaitement alignées ; ils sont déjà passés à l’état de souvenir. Tout va de travers comme la maison-caisson du Roi Gunther et de sa sœur Gutrune. Elle repose de guingois sur des roches, prête à glisser dans le Rhin des origines ; elle s’ouvre à tout vent, elle aussi devient finalement inconsistante, aérienne, virtuelle.  L’apparition de Waltraute sur le rocher de Brünnehilde, sa sœur bannie qui annonce que la fin est proche fait presque redondant par rapport à ce que dit la mise  en scène.

Götterdämmering / Le Crépuscule des Dieux marque le retour au foisonnement de Das Rheingold / l’Or du Rhin. A la fois synthèse et conclusion de la Tétralogie, il reprend des éléments, des personnages et en rajoute quelques autres. Le rocher de Brünnhilde sur lequel les Nornes viennent de briser leur fil est présent dès l’origine, l’anneau symbole de l’Or du Rhin est toujours aussi malfaisant, le Rhin symbolisé par un drapé mu par des figurants qui font office de créatures rhénanes sera régulièrement présent d’abord en arrière plan puis sur le devant de la scène. Il représente l’alpha et l’oméga tétralogique. Les personnages de Brünnhilde, Siegfred et Alberich reviennent sur le devant de la scène et sont complétés dans cet opus par de nouveaux venus dont le Roi Gunther et sa sœur Gutrune qui provoqueront, par leur quête d’une compagne et d’un compagnon, une catastrophe largement commanditée par Hagen, leur demi-frère utérin, fils d’Alberich.   

Sur scène, Michael Weinius (Siegfried), Petra Lang (indomptable Brünnhilde) et le baryton Tom Fox (Alberich) sont toujours présents scéniquement et vocalement.  Face à eux il  fallait que les nouveaux interprètes soient compatibles.  Agneta Eichenholz, frêle Freia de Das Rheingold / l’Or du Rhin revient dans le rôle de Gutrun. Sa fragilité qui sied au rôle est parfaitement interprétée sans rien lâcher sur la consistance vocale.  Mark Stone incarne quant à lui toute la noblesse physique, vocale et scènique qui convient à son rang : celui de Roi des Gibichungen. Il fallait pour cela un Hagen absolument machiavélique tirant les ficelles pour mieux tirer les marrons du feu et Jeremy Milner fut celui-ci. Sardonique à souhait, caverneux à faire frémir, il est l’Hagen de la situation au point que le public peut s’étonner qu’il soit si peu employé dans les productions lyriques.  

Dès lors les événements s’enchainent et le fiel de la jalousie déborde d’un personnage pour s’infiltrer sur l’ensemble du plateau, sorte de gangrène finale qui viendra à bout de ce monde, sorte de rouille qui sonne le glas du vieux monde. Les dieux brûlent dans le Walhalla, Siegfried est sacrifié, Brünnnhilde se sacrifie, Hagen est emportée par les filles du Rhin, Le Rhin envahit l’ensemble. Le Rocher de Brünnhilde deviendra avec quelques transformations le lieu du sacrifice de Siegfried et la maison de guingois  deviendra son bûcher, tout semble se reconcentrer en un point, comme si l’univers se reconcentrait dans ses origines, une sorte de Big-bang à l’envers. Le monde des hommes, des héros, des dieux est consommé, tout est consommé c’est l’apothéose de l’apocalypse.

Et soudain le silence tant redouté, le silence final, pas celui de l’apocalypse mais celui de la production, de cette production. Un silence après 15 heures de musique, qui se prolonge avant d’entendre l’ovation générale qui fuse du parterre, des balcons pour cette tétralogie qui consacre la réouverture du Grand Théâtre de Genève, renaissance d’un monde pour renaissance d’un lieu, quel symbole… mérité !

Genève – Grand Théâtre - Der Ring des Nibelungen / L'Anneau du Nibelung de Richard Wagner – Götterdämmerung / Le Crépuscule des Dieux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGenève – Grand Théâtre - Der Ring des Nibelungen / L'Anneau du Nibelung de Richard Wagner – Götterdämmerung / Le Crépuscule des Dieux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comGenève – Grand Théâtre - Der Ring des Nibelungen / L'Anneau du Nibelung de Richard Wagner – Götterdämmerung / Le Crépuscule des Dieux ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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