Blog de mes curiosités
23 Décembre 2014
La roue tourne et Anna Bolena qui a trahi pour devenir la femme la plus puissante d’Angleterre, provoquant un schisme au passage, est à son tour trahie par sa suivante Giovanna Seymour. Rien de nouveau sous le soleil pour quoi connaît l’histoire de l’Angleterre ou à défaut celle de Barbe bleue mais l’intérêt de l’opéra de Gaetano Donizetti et de son librettiste Felice Romani réside dans la psychologie du personnage d’Anna Bolena dont la chute est clairement annoncée.
Musicalement, la production est une réussite. De Giuliano Carella à la baguette jusqu’au chœur de Christophe Bernolin, rien n’est négligé. Les artistes sont en grande forme : le duo de femme Ermonela Jaho, reine en déchéance et Kate Aldrich, future Reine sans illusion, fonctionne à merveille et leur duo attendu est applaudi. Ismaël Jordi, dans le rôle de Percy est convaincant ainsi que, dans une moindre mesure, Simon Orfila en Henry VIII. Svetlana Lifar interprète un Smeton très en forme et Thomas Dear (Rochefort) et Carl Ghazarossian (Hervey) sont efficaces.
C’eut pu être une réussite pour peu que la mise en scène fût à la hauteur (je ne suis pas sûr de l’avoir grammaticalement bien descendu). Le souci majeur de cette production c’est la maladresse de la mise en scène de Marie-Louise Bischofberger qui cherche à compenser ses manques par de l’outrance ou des artifices éculés. Comment peut-on concevoir une mise en scène en laissant de tels tunnels scéniques notamment à la fin. Il n’est certes pas question que la reine d’Angleterre, aussi déchue soit-elle, se mette à sauter à la corde pour combler les vides mais il y a mille idées pour qu’il se « passe quelque chose scéniquement » sans mettre musicalement le plateau en péril. Le spectateur cherche désespérément la parti pris artistique de la production et ce ne sont ni l’accoutrement très « Joséphine, ange gardien » de Smeton, ni les costumes « passe-partout » du plateau, ni le jeu de lumières convenu qui suit les personnages, ni les tentatives de faire coexister deux scènes sur le plateau pour symboliser le rêve qui peuvent lui donner l’ébauche d’une réponse.
Tous les efforts sont vains, la roue tourne pour Anna Bolena qui tourne elle-même en rond ; elle est heureusement sauvée par la musique et par son chant ...du cygne.
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