Blog de mes curiosités
19 Avril 2019
Quiconque a jubilé devant les tribulations de Sabine Azema, Carmen Maura, Eddie Mitchell et Michel Serrault dans Le Bonheur est dans le Pré d’Etienne Chatillez n’a qu’une envie… voir à quoi ressemble la ville de Condom, sous-préfecture célèbre où Michel Serrault mena ses premières luttes avec les syndicats agricoles après avoir été patron d’une entreprise aux prises avec les syndicats. Condom se situe au nord du département du Gers et pour y accéder, vous devez obligatoirement passer à proximité de Lavardens.
Faire un léger détour (comme dans le Bonheur est dans le Pré) pour aller à la rencontre de Lavardens, commune labellisée « Plus Beaux villages de France » le vaut largement. Lavardens est un village castral, situé sur un éperon. La forteresse médiévale qui était la capitale militaire des comtes d'Armagnac fut démantelée avec la progression du domaine royal en 1496 par Charles VIII lors du siège de Lavardens. Le château restera à l'état de ruine jusqu’à ce qu’Antoine de Roquelaure à partir de 1620, entreprenne la construction du château actuel sur les fondations médiévales pour l'amour de sa jeune épouse Suzanne de Bassabat. Las ! Il meurt en 1625 et ne voit que le début de la reconstruction.
Ce qui impressionne dans ce château, ce sont les tours qui reposent sur les contreforts du château médiéval. Elles s’élèvent en porte à faux sur les encorbellements ou trompes. Mais en faisant le tour de ce château en travaux, c’est la fragilité de certains éléments et en particulier d’une partie heureusement étayée mais qui soutient un arc en plein cintre. A proximité du château se trouve l’église mais un visiteur averti en valant deux, évitez l’intérieur qui contredit complètement l’extérieur. Là aussi, quelques filets de sécurité indiquent que le bâtiment a atteint ses limites.
Rien de tel pour la cathédrale Saint-Pierre de Condom. Elle est solidement plantée, mousquetaires au pied, et parfaitement rénovée. Complètement détruite au XIVème siècle, elle est reconstruite puis constamment améliorée au XVIème devenant ainsi un emblème de l’art gothique méridional finissant. La cathédrale Saint-Pierre présente également deux visages selon qu’elle est vue de l’intérieur ou de l’extérieur. A l’extérieur, les énormes contreforts qui enserrent les chapelles latérales et la haute tour carrée qui domine en font un bâtiment épiscopal gothique classique mais la nef unique à l’intérieur et ses larges vitraux la rendent très lumineuse.
Sur le flanc nord, un vaste cloître aux voûtes gothiques, très minéral rappelle que Condom fut un évêché et qu’en tant que tel, un palais épiscopal était attenant à la cathédrale. Ce cloître minéral méritait-il pour autant ces guirlandes électriques qui siéraient davantage à un sapin de Noël ou au bal des pompiers du 14 juillet ? La valorisation du patrimoine est aussi affaire de détail.