Blog de mes curiosités
17 Avril 2019
En ces temps d’émotion pour la destruction des toitures de Notre-Dame de Paris, pourquoi ne pas parler de ce que beaucoup apparemment ignorent : les bizarreries patrimoniales ou architecturales du Gers. Il existe dans le Gers un patrimoine civil et religieux très riche qui, non seulement a résisté ou s’est reconstruit après la Guerre de Cent ans, les Guerres de religion fort vivaces dans la région ou encore les affres de la Révolution Française, mais est de surcroît très bien entretenu.
Signe qui ne trompe pas dans ces terres disputées, la présence en dehors d’Auch de deux cathédrales dans des villages gersois : Mirande au sud et Lombez à l’Est. En 1410, lors du Grand Schisme d'Occident, le pape désigna l’église Sainte-Marie de Mirande comme siège épiscopal, titre qui fut révoqué trois ans plus tard mais qui éleva définitivement l’église au rang de cathédrale. Moins éphémère, Lombez, qui fut élevée en 1317 au rang d'évêché et qui le demeura jusqu’en 1790, conserve encore les traces patrimoniales de son glorieux passé épiscopal.
Si le patrimoine religieux de Lombez est riche, son architecture est des plus classique ce qui n’est pas le cas des trois autres cités. Mirande est une bastide et forcément, une bastide impose par son plan à damier des impératifs de construction. L’église, pardon ! la cathédrale Sainte-Marie dut donc s’adapter à la fois à la morphologie de la ville et aux temps incertains. L'église qui enjambe la rue pouvait donc servir de citadelle en cas d'attaque de la ville pourtant entourée par une solide enceinte fortifiée percée de quatre portes qui subsistèrent en partie jusqu'au XIXème siècle.
A Gimont, au Nord-est d’Auch, ce n’est pas le patrimoine religieux qui surplombe la route mais le patrimoine civil. En effet, La bastide de Gimont s'étend sur 1000 mètres sur un promontoire étroit ; la rue principale est posée sur la crête et passe sous la halle en bois du XIVème d’où son nom de halle-rue. Il ne faut pas cependant bouder l'église Notre-Dame, seule rescapée des trois églises construites jadis dans la ville.
Enfin, à l’Isle Jourdain, la collégiale Saint-Martin intrigue en présentant dans son architecture même les troubles qu’elle a traversés. L’église collégiale Saint-Martin est le quatrième édifice élevé sur ce lieu. Érigée en collégiale en 1318 par le Pape Jean XXII, l’église fut détruite en 1580 par les Huguenots venus avec Henri IV occuper militairement la ville. Il ne reste de cette église que la tour clocher de la collégiale actuelle. Reconstruite, sans doute sur les ruines de la précédente, l’église sera rasée en 1585 par les hommes de Georges du Bourg, seigneur de Clermont et gouverneur de la ville. Une nouvelle est construite au milieu du XVIIIème siècle mais elle est interdite au culte en 1779 car jugée trop délabrée. L’actuelle collégiale reconstruite entre 1779 et 1785 entrera en fonction… à l’époque de la Révolution Française la privant temporairement de ses ornements.
Si vous ajoutez que dans ces communes rurales du Gers, le patrimoine culinaire n’est jamais bien loin… et toujours fort intéressant, pourquoi attendre davantage pour sillonner les routes gersoises ?
Gimont - halles (photos 1 et 2) / L'Isle-Jourdain - Collègiale Saint-Martin (photos 3 et 4) / Mirande - Cathédrale (photos 5, 6 et 7) / Lombez - Cathédrale (photos 8) ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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