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[Musique – Printemps des Arts - Auditorium Rainier III – Monaco] « Aimez-vous Brahms ? »(bis) ou détestez-vous Mauricio Kagel ?

Monaco - Printemps des Arts - Récital Johannes Brahms et Mauricio Kagel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Printemps des Arts - Récital Johannes Brahms et Mauricio Kagel ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Pour pousser à l’extrême, il y avait deux public à l’auditorium Rainier III : celui immensément majoritaire qui était venu pour entendre  le Concerto pour violon et violoncelle en la mineur opus 102 et la  Symphonie n°3 en fa majeur, opus 90 de Johannes Brahms et celui infinitésimal venu découvrir Recitatievarie, pour clavecin chantant de Mauricio Kagel. La première partie du public était donc venue au mieux pour entendre une autre interprétation d’un concerto ou d’une symphonie qu’elle connaissait, au pire pour le nom du compositeur. Et une partie de ce public n’entendait pas se faire perturber par une pièce contemporaine. La seconde partie était venue découvrir une pièce contemporaine et n’avait pas forcément envie d’entendre  les billevesées habituelles sur la musique contemporaine. Une sorte de guerre entre les néo-anciens et les néo-modernes.

Recitatievarie, pour claveciniste chantante peut surprendre d’autant que, à peine le discours de Marc Monnet terminé, Matthias Geuting au clavecin chantant fait une entrée remarquée en automate scandant des mots.  Très rapidement, ceux qui étaient venus pour Johannes Brahms ont manifesté leur impatience sans chercher le moins du monde à comprendre comment fonctionnait l’œuvre qui était soumis à leurs champs visuel et sonore. Très rapidement aussi, il était pourtant lisible que Recitatievarie était une variation sur Jean-Sébastien Bach, sa musique cyclique, ses textes. Au clavecin, Matthias Geuting lance des mots a priori sans aucun sens entre eux puis des morceaux de phrases qui relèvent du registre religieux et les ponctue par quelques notes mécaniques. En fait, exclusivement tirées des vers des 371 chorals à plusieurs voix, les paroles du texte Recitatievarie sont isolées de leur contexte d'origine mais le public, pour peu qu’il accepte d’écouter, en reconnaît l’origine ou en reconnaît l'allure.

Est-ce l’effet Kagel ? Le Concerto pour violon et violoncelle en la mineur opus 102 avec Jean-Guihen Queyras au violoncelle et Daishin Kashimoto au  violon avec l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo sous la direction de Kazuki Yamada ne finit par ravir que ceux qui étaient venus pour Brahms. Pour la partie du public qui ne tombe pas immédiatement sous le charme de la musique de Johannes Brahms, l’ennui a commencé à gagner en dépit de la qualité des artistes sur scène. Et ce qui devait advenir, advint à l’entracte. Certains anti-Kagel forcenés estimant à haute voix que l’œuvre de Mauricio Kagel ne présentait aucun intérêt se sont vus entendre que l’œuvre de Johannes Brahms n’en présentait guère davantage renforçant ainsi leur incompréhension mutuelle totale.

Si la Symphonie n°3 en fa majeur, opus 90 de Johannes Brahms finit par laisser place à un vague consensus, c’est bien l’alliance  de deux musiciens dans la même soirée qui a cristallisé les oppositions… cela ne se serait sans doute pas produit dans un concert Hector Berlioz/Mauricio Kagel ou  Claude Debussy/Mauricio Kagel mais l’immense majorité du public de ce soir fut-il venu écouter ce type de programme ?

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