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[Musique – Printemps des Arts – Lycée hôtelier – Monaco] « Oktophonie » de Karlheinz Stockhausen : voyage au bout de l’univers musical

Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Printemps des Arts ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Pour Oktophonie de Karlheinz Stockhausen, le gymnase du Lycée hôtelier de Monaco a fait peau neuve et est devenu méconnaissable pour la circonstance. Le sol jaune a été entièrement recouvert d’une moquette à la teinte neutre, des rideaux obturent l’entrée, la salle est plongée dans une demi-pénombre et des poteaux sont disposés autour de la pièce. Au centre, les spectateurs sont placés en cercles concentriques ce qui pourrait faire penser en vue aérienne à un haut-parleur alors que les sièges immaculés évoquent un endroit plus anxiogène sans qu’il soit possible encore de dire s’il s’agit d’un centre psychothérapique, d’une secte ou d’un vaisseau spatial. 

Oktophonie est en fait un extrait… d’un extrait de Licht (Lumière) sous-titré Les Sept Jours de la semaine, cycle de sept opéras de Karlheinz Stockhausen qui dure au total vingt-neuf heures et dont chaque morceau porte le nom d’un jour de la semaine. Comme le cycle est construit de manière modulable, chaque opéra peut se suffire à lui-même comme chaque scène voire portion de scène. Plus précisément, Oktophonie est un extrait (la couche électronique) du cycle Dienstag (Mardi), lui-même extrait de Licht. Cet opéra fonctionne en fait comme un jeu de construction ou de déconstruction.

Se positionnant sur son siège comme il l’entend, plongé dans une semi-pénombre bleutée avec des projections vidéo sur les murs et le plafond du gymnase, le public est en fait entouré de poteaux sur lesquels sont fixés des enceintes qui vont pouvoir laisser entendre les huit pistes musicales. Le public ainsi placé est en fait entouré par les sons qui sortent, qui arrivent dans son dos et qui l’enveloppent passant notamment d’une oreille à l’autre. Les sons entendus laissent chacun à son imaginaire : certains sons font penser à des bruits du quotidien, d’autres à univers industriel évoquant le monde du travail, certains évoquent clairement la guerre ou le conflit, les plus cinéphiles percevront des sons qui évoquent  tantôt des films de guerre et notamment Apocalypse Now, tantôt des films de science fiction comme 2001 Odyssée de l’Espace, deux films ayant emprunté d’ailleurs au registre de la musique classique.

Oktophonie définit ainsi pendant un peu plus d’une heure un espace sonore vivant et varié. La création d’Oktophonie a eu lieu du vivant du compositeur à Francfort en 1997. En France, elle n’a été interprétée qu’une seule fois à Paris en 2010, trois ans après le décès de Karlheinz Stockhausen. Le public monégasque, beaucoup plus jeune qu’à l’accoutumée,  présent ce soir a eu la chance de l’entendre et dommage pour ceux qui manquent singulièrement de curiosité.

Monaco - Printemps des Arts - « Oktophonie » de Karlheinz Stockhausen ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Printemps des Arts - « Oktophonie » de Karlheinz Stockhausen ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Printemps des Arts - « Oktophonie » de Karlheinz Stockhausen ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Printemps des Arts - « Oktophonie » de Karlheinz Stockhausen ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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