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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Tourisme, #Bad boys, #Europe, #Epoque contemporaine
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Ce qui frappe en premier lieu dans le film d’Erich von Stroheim Folies de femmes c’est la démesure du décor. Le public le croit réel, il n’est que trompe l’œil et carton pâte ; le public se croit sur la Riviera, il est en Californie. Pourtant le décor est bien identique à ce qu’il verra deux heures plus tard en sortant de la salle Garnier : Hôtel de Paris, Casino et Café de Paris. Les quelques différences passent pour des réaménagements, l’illusion est totale.

En fait le spectateur découvre un mythe : celui de la villégiature à la charnière de la Belle époque et des Années folles, immédiatement après le cataclysme de la Grande Guerre, qui laisse vivant dans les mentalités collectives une époque paradisiaque fantasmée, réservée à une élite… avant l’arrivée des « congés payés » selon l’expression des riches désignant les touristes populaires inventés par le Front du même nom après 1936.

L’œuvre offre en fait une gigantesque mise en abyme : elle filme un paradis fantasmé bien réel avec des images fausses et raconte l’histoire de faux aristocrates russes mais vrais bandits à la recherche d’une véritable femme riche …plutôt fausse. Est-ce une allégorie que l’escroc joué par Erich von Stroheim lui-même séduise sa nouvelle conquête sur le mythique tir aux pigeons ?

Pour un historien ou un amoureux de la période, les images auraient pu se suffire à elles-mêmes. La fête n’eut cependant pas été complète sans la participation active de l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Philippe Béran. L’œuvre muette présentée avec un accompagnement majestueux n’est pas nouveau à Monaco mais il peut prendre plusieurs aspects. L’alliance du Printemps des Arts et des Archives audiovisuelles de Monaco avait permis la présentation en 2008 de deux chefs d’œuvre du muet soviétique. Pour La Nouvelle Babylone, film de Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg, la bande originale était déjà composée, en l’occurrence par Dmitri Chostakovitch mais pour le film La Terre d’Alexandre Dovjenko, c’est l’ensemble Sphota (Benjamin de la Fuente, Benjamin Dupé et Samuel Sighicelli) qui avait reçu commande du Printemps des Arts pour une création originale.

La partition de Folies de femmes répond au deuxième cas de figure : commandée par l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo à Marco Tarelli, grâce au soutien de la So.Ge.Da ; (Société pour la gestion des droits d’auteurs), la musique originale du film est présentée conjointement avec les Archives audiovisuelles de Monaco en première mondiale quasiment cent ans après la sortie du film. Dérangeant le spectateur en début du film qui ressent l’ajout ou le sur-ajout, elle finit par prendre sa place et donner encore une fois l’illusion d’une unité transformant le spectateur non en pigeon mais en alouette attirée par le miroir de l’art.

Archives audiovisuelles de Monaco et Orchestre Philharmonique de Monate-Carlo - "Folies de Femmes" d'Erich von Stroheim ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArchives audiovisuelles de Monaco et Orchestre Philharmonique de Monate-Carlo - "Folies de Femmes" d'Erich von Stroheim ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comArchives audiovisuelles de Monaco et Orchestre Philharmonique de Monate-Carlo - "Folies de Femmes" d'Erich von Stroheim ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Archives audiovisuelles de Monaco et Orchestre Philharmonique de Monate-Carlo - "Folies de Femmes" d'Erich von Stroheim ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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