Blog de mes curiosités
26 Octobre 2015
Les temps passe, les films défilent et toujours la même verve, toujours la même ardeur. Dans son nouvel opus, L’Homme irrationnel, Woody Allen suit un enseignant de philosophe et questionne le crime parfait. Abe, le professeur de philosophie interprété par Joaquin Phoenix sera t-il dès lors un des protagonistes d’un film authentiquement hitchcockien ? se demande immédiatement le spectateur.
Dans La Corde, Alfred Hitchcock lançait Brendon et Philipp, deux étudiants dans la réalisation d’un crime parfait car nullement lié aux mobiles habituels (la vengeance, l’argent, la rivalité amoureuse, etc.) ; dans L’Homme irrationnel, le mobile est présent, le crime permet en effet de résoudre une situation par élimination d’un élément contrariant mais il n'est pas non plus habituel.
Parallèlement, Alfred Hitchcock dans L’inconnu du Nord-Express ou dans Le Crime était presque parfait, creusait l’hypothèse du crime parfait reposant sur l’intervention d’un tueur parfaitement inconnu de la victime soit par embauche d’un tueur à gages, soit par échange d’assassinats programmés. Dans L’Homme irrationnel, l’assassin est effectivement un meurtrier « indirect » qui n’a avec sa victime aucun lien physique.
Comme dans les trois films Hitchcock, l’élément humain prend une importance capitale dans L’Homme irrationnel et, si tout a été pesé, pensé, mûrement réfléchi, il reste toujours un certain nombre de grains de poussière qui viennent dérégler la splendide machine théorique à tuer. Les assassins sont humains, hélas terriblement humains.
Intervient alors dans le film de Woody Allen, une jeune fille, lointaine descendante d’Hercule Poirot qui reconstitue pièce après pièce le long puzzle sans bouger de son fauteuil en se servant uniquement de ses petites cellules grises. Le film d’ailleurs rend un autre clin d’œil à Agatha Christie car, comme dans les énigmes de Miss Marple, un crime quel que soit son statut en appelle un autre.
Comme nul n’est si bien servi que par lui-même, Woody Allen finit par se citer lui même et L’Homme irrationnel devient un anti-Match Point. Comme dans Match Point l’arrestation d’un innocent, devient un des tournants du film. Mais là s’arrête la ressemblance car dans Match Point, Chris Wilton le personnage interprété par Jonathan Rhys-Meyers, passe d’une apparente candeur au début du film à un arrivisme abject mais le spectateur éprouve malgré tout pour lui une forte empathie. Le propos de L’Homme irrationnel est à l’inverse. L’image de l’assassin ne permet pas une franche empathie et surtout, le film se fait moral voire moralisateur dans son épilogue.
Non ! Rien ne sera révélé dans cet article. Mieux vaut voir le film.