Blog de mes curiosités
12 Janvier 2019
La beauté n’est que la promesse du bonheur. C’est cette maxime de Stendhal qui donne son titre à l’exposition du Nouveau Musée National de Monaco consacrée à Tom Wesselmann qui réunit vingt-six œuvres – peintures, dessins, et sculptures – réalisées entre les années 1963 et 1993. Les commissaires de cette exposition (Chris Sharp avec la coordination scientifique de Cristiano Raimondi) sondent dans cette proposition le rapport à la sexualité mais également le statut de la femme dans l’œuvre de Tom Wesselmann.
L’exposition est complétée pour ceux qui ont eu le bonheur de choisir le bon jour par le documentaire Pop art etc... de Brigitte Cornand qui permet de remettre en contexte le Pop art et qui aborde sa relation avec les Nouveaux Réalistes. L’exposition présentée et son parti pris prennent tout leur sens à la vision de ce documentaire qui aborde le statut de la femme, à la fois actrice de l’abondance matérielle d’après-guerre et objet de représentation, entre beauté et érotisme.
Un petit cartel en début d’exposition prévient le public que certaines œuvres de l’exposition peuvent choquer les âmes sensibles. Nul ne sait si les scolaires ou le club Le Temps de Vivre pour les séniors, habitués des lieux, ont eu droit à la visite. Et pourtant l’exposition pose de véritables questions comme le rapport au sexe et à sa représentation à l’ère de la marchandisation en général et à la marchandisation des corps en particulier ou encore la question du féminisme au sens large.
Le visiteur qui déambule dans cette exposition peut justement philosopher sur les critères et les époques. Nul doute que la représentation féminine de Tom Wesselmann avec les critères actuels fait indéniablement polémique, comme fait sourire dans la tombola-consigne, organisée par les Nouveaux Réalistes, relatée dans le film documentaire, le rôle attribué à Niki de Saint-Phalle qui s’occupe… de la caisse évidemment. Mais, en remettant la création dans son contexte, Tom Wesselmann questionne avant tout la représentation des corps et du sexe a une époque d’abondance matérielle de laquelle il ne peut être exclu. Alors libération ou marchandisation des corps : le débat reste ouvert.
Nouveau Musée National de Monaco - Site officiel