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[Théâtre – Théâtre des Variétés – Monaco] Des Farfadets falots en roue libre dans « Figures toujours libres »

©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Jusqu’à présent la compagnie des Farfadets animée par Sophie Cossu avait toujours réussi à surprendre. Avec Confessions urbaines dans les bus de la ville, Unis sont et Gelsomina sur scène, les créations souvent collectives de la compagnie offraient dans le paysage monégasque une respiration. La proposition toujours intéressante, la direction d’acteurs souvent efficace n’empêchaient pas que certains partis pris pussent se discuter, mais l'ensemble formait une belle unité.

C’est donc en confiance que le spectateur s’est rendu à la nouvelle proposition de la compagnie des Farfadets intitulée Figures toujours libres. Après le choc des attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, les Farfadets dans leur ensemble ont souhaité travailler sur la liberté d’expression, la liberté d’écrire. La tâche, ambitieuse, consistait donc à produire un spectacle en appui sur une anthologie de textes retraçant la liberté de créer.

Il sera donc avéré, neuf siècles après, que Saint Bernard de Clairvaux avait raison : L'enfer est plein de bonnes volontés ou désirs autrement dit, L’Enfer est pavé de bonnes intentions. Toute la générosité des Farfadets, bien réelle et bien visible, n’y pourra rien, la création s’est rapidement engagée dans une impasse comme si la liberté se montrait rebelle y compris à ses plus fervents défenseurs.

Le premier écueil que la compagnie n’a sans doute pas su éviter est le choix même des textes. En puisant dans un choix très classique, la compagnie n’a pas surpris comme d’habitude en reprenant des textes, certes d’une grand beauté littéraire, mais usés jusqu’à la corde dans ce type de création : l’éternelle querelle autour de Tartuffe ou l’immanquable « J’accuse » étaient tant attendus que leur effet est tombé à plat.

Le deuxième écueil tient lui davantage au parti pris de représentation : à trop vouloir coller physiquement à leurs auteurs la représentation est devenue mimétique rendant l’apparition de Simone de Beauvoir caricaturale ; à trop vouloir coller à l’époque, le propos s’est éloigné de sa dimension universelle pour devenir didactique soit aux yeux de certains spectateurs à l’inverse de l’acte de création. L’intermède de la fable Le Loup et l’agneau en version chorégraphique a finalement eu, quant à lui un effet, salutaire.

Le dernier écueil et non le moindre réside dans la direction d’acteurs étonnamment filandreuse pour cette création alors que son objet même en imposait une solide. Elle fut à l’instar du mur d’images illustrant la fin de la pièce, une succession de portraits dont il était permis de se demander ce qu’ils faisaient ensemble.

Si l’article est à la hauteur de la déception ressentie par son auteur, ne lui en veuillez pas car n’oubliez jamais que sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur ; et qu'il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits comme le répète pour l’éternité notre cher Figaro.

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"Figures toujours libres" - Compagnie Les Farfadets - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com"Figures toujours libres" - Compagnie Les Farfadets - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

"Figures toujours libres" - Compagnie Les Farfadets - Monaco ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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