Blog de mes curiosités
27 Janvier 2015
Encore une fois le festival Télérama me sauve la mise en me permettant de voir les films que j’ai laissé filer pendant l’année. Parmi ceux-ci, Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan, palme d’or lors du dernier festival de Cannes et encensé par la critique.
D’entrée, l’affiche m’a cependant laissé sceptique. Une affiche qui barre son visuel par une litanie de « un pur chef d’œuvre », « un choc », « un enchantement », « une splendeur », « un éblouissement » sont plutôt de nature à me mettre en garde mais, laissant de côté mon côté méfiant, c’est fort détendu que j’ai abordé le film m’attendant à être pris dans un tourbillon magique.
Formellement, le film a de nombreux atouts, la photographie est léchée, les paysages anatoliens incitent les amoureux des escapades au voyage, les longues séances permettent d’installer la psychologie des personnages qui se révèle petit à petit.
Mais ce qui me gène le plus dans Winter sleep, c’est son côté « attrape tout » : il fait un clin d’œil aux longues sagas version David Lean, il place ses personnages dans des grands espaces à la manière de Michelangelo Antonioni dans Zabriskie point, il analyse les rapports sociaux à la façon Bergman (Mais pourquoi sont-ils si bavards ?), etc. Quand les emprunts relèvent du parti pris esthétique comme dans Holly Motors de Leos Carax, l’œuvre en devient puissante, elle joue avec le spectateur. Mais quand les emprunts se font « à la manière de », cela donne un résultat plutôt formel auquel il manque une chose essentielle : la patte du réalisateur.