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[Musique – Opéra de Monte-Carlo – Monaco] « Die Entführung aus dem Serail - L’Enlèvement au Sérail » de Wolgang Amadeus Mozart : train sans issue

Monaco - Opéra - "L’Enlèvement au Sérail" de Wolgang Amadeus Mozart ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Monaco - Opéra - "L’Enlèvement au Sérail" de Wolgang Amadeus Mozart ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

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Die Entführung aus dem Serail (L'Enlèvement au sérail) est un singspiel, équivalent de l’opéra comique français en trois actes de Wolfgang Amadeus Mozart sur un livret de Gottlieb Stephanie d'après la pièce de Christoph Friedrich Bretzner qui raconte la tentative par le noble Belmonte d'enlever sa fiancée Konstanze retenue prisonnière dans le palais du Pacha turc Selim. C’est une pièce enjouée à la conclusion heureuse ce qui est plutôt rare dans le répertoire lyrique et dont la dernière proposition donnée en 2017 à l’Opéra de Toulon avait été particulièrement réussie (http://un-culte-d-art.overblog.com/2017/04/musique-opera-de-toulon-provence-mediterranee-toulon-un-enlevement-au-serail-bien-enleve.html).

Autant le dire tout de suite, la proposition de Dieter Kaegi retenue sur la scène de l’Opéra de Monte-Carlo qui transpose l’œuvre du Palais du Pacha Selim au mythique Orient-Express non  seulement ne fonctionne pas mais n’est de surcroît pas exempte de contresens. La didascalie du premier acte précise que la scène se passe devant le Palais du Pacha Selim au bord de la mer et l’action démarre de la gare de Monte Carlo avec un décor en fond de scène qui indiquera les kilomètres qui s’écoulent. De manière répétitive et assez stéréotypée, les grandes gares seront symbolisées par des marchands de souvenirs qui apparaitront sur scène grâce à un tapis roulant pour représenter le mouvement. Lors des pauses, le bruit du train réapparaitra de manière régulière.

Forcément le texte coince d’entrée : Mais comment entrer dans le Palais ? Est-ce là, le Palais du Pacha Selim ? chante Belmonte en montrant le train. L’Orient-express montre vite ses limites lorsqu’il faut tordre le texte pour faire place au parti pris de mise en scène. Cela pourrait être mineur si le Pacha interprété par Bernhard Battermann ne se retrouvait avec des mains plus que baladeuses devant Konstanze or que dit Konstanze dans la dernière scène de l’opéra ? Seigneur, pardonne ! J’estimais alors la noblesse de ton âme, mais à présent je l’admire…  L’attitude du Pacha ne semble pas réellement coller avec cette noblesse d’âme que Konstanze lui reconnaît.

Si le parti pris de mise en scène ni ne tient, ni ne fonctionne, tout n’est cependant pas négatif  dans cette proposition. Les costumes et les lumières rehaussent l’ensemble, les panneaux coulissant auraient permis d’adapter l’espace avec une autre idée… un Palais par exemple mais surtout, la direction d’acteurs est bonne et les chanteurs comme le chœur sont fort habilement utilisés. Il n’y a aucun temps mort et les déplacements animent intelligemment l’espace. 

Sur scène, le plateau est inégal allant du décevant à l’excellent. Albert Pesendorfer offre une belle incarnation scénique d’Osmin mais il n’a absolument pas la voix du rôle. Il est inaudible dans le registre grave ce qui est particulièrement  gênant pour ce rôle dont l’intérêt est justement là. Dans une moindre mesure, Rebecca Nelsen ne tient pas non plus toutes ses promesses dans Konstanze. En revanche, le reste du plateau est exceptionnel. Dans le rôle parlé, Bernhard Battermann incarne un pacha Selim occidentalisé mais avec une belle présence scénique. L’américain Brenton Ryan brille en Pedrillo : non seulement son aisance scénique est évidente mais sa voix claire s’impose rapidement. Si Konstanze déçoit, l’explosive Blonde interprétée par Jodie Devos lui pique la vedette. Piquante, rebelle, précise,  elle est parfaite de bout en bout. Enfin, Cyrille Dubois en Belmonte possède toutes les qualités du rôle. Le timbre est clair et agréable, il module sa voix et son jeu pour incarner toutes les facettes du rôle, tour à tour combattif, jaloux, charmeur, il est idéal dans ce personnage.

Dans la fosse, Patrick Davin embarque l’orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dans la sarabande. Sa direction rythmée imprime le tempo à l’action. Dieter Kaegi nous proposait un voyage, il aurait dû nous mener à destination.

Monaco - Opéra - "L’Enlèvement au Sérail" de Wolgang Amadeus Mozart ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.comMonaco - Opéra - "L’Enlèvement au Sérail" de Wolgang Amadeus Mozart ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com
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