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Blog de mes curiosités

Publié le par Théodore Charles
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Littérature, #Epoque moderne, #Europe, #Amérique latine
Candide - Théâtre du capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Candide - Théâtre du capitole - Toulouse ©Théodore Charles/un-culte-d-art.overblog.com

Créé le 1er décembre 1956 au Martin Beck Theater de New York, Candide d’après l’œuvre éponyme de Voltaire est un opéra de Leonard Bernstein en deux actes sur un livret de Hugh Wheeler remanié à plusieurs reprises. C’est à la nouvelle version de John Caird (version du Royal National Theatre, 1998) que s’attaque Francesca Zambello à Toulouse.

Candide pose de multiples problèmes à un metteur en scène de théâtre en raison de la multiplicité des lieux et des personnages, il les décuple dès qu’il s’agit de la version lyrique dans la mesure où le Candide de Leonard Bernstein tient à la fois de l’opéra (la difficulté de l’air de Cunégonde), de l’opérette (mélange de chant, de comédie et de danse), de la comédie musicale (rôles écrits pour des voix non lyriques) et de l’opéra comique compte tenu de la place tenue par le texte parlé. Candide de Leonard Bernstein est tout cela et rien de tout cela à la fois c’est ce qui en fait sa richesse et sa rareté sur les scènes actuelles.

Pour éviter ce double écueil, Francesca Zambello s’est entourée d’une équipe d’exception permettant la mise en mouvement constante du plateau et rendant également tout son foisonnement, toute son agitation au conte de Voltaire. Pour éviter l’écueil des changements de lieu, Candide navigant entre le château du baron de Thunder-Ten-Tronckh en Westphalie et la montagne italienne en passant par le Surinam , Montevideo, le Portugal entre autres, Francesca Zambello a opté pour le décor unique modulable à vue.

Comme le conte de Voltaire est une œuvre fortement marquée par les périples aqueux (Venise, les océans, la rivière de l’Eldorado, les ports, etc.), James Noone, le scénographe a constitué un décor en bois symbolisant le pont d’un bateau qui se mue successivement en champ de bataille, en château allemand, en claque notoire, etc. Jennifer Moeller complète le dispositif avec d’ingénieux costumes modulables et réversibles permettant au chœur de changer de statut en un tournemain et aux personnages d’incarner leurs multiples facettes. Mark McCullough avec ses créations lumières module l’ensemble.

Sans la participation du chorégraphe Sean Fogel , le spectacle tomberait à plat : les scènes chorégraphiées de bataille, de vie sur le bateau, d’activités portuaires mettent chœur et artistes en mouvement. Non seulement, ils font vivre le décor mais ils rendent fort bien l’impression de mouvement permanent, d’agitation constante, de rebondissements en tout genre contenus dans l’œuvre de Voltaire.  Dans la fosse James Lowe est à la direction musicale. Ce chef d’orchestre connu pour diriger entre autres Sweeney Todd renforce l’aspect Broadway de la production.

Selon la métaphysico-théologo-cosmolonigologie chère à Maitre Pangloss, Tout devait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles quand une annonce nous indiqua qu’Andrew Stenson (Candide) malade jouerait le rôle tandis que qu’Andrew Maughan tiendrait à la fois le rôle de Cacambo  et les parties chantées du rôle titre. Comme dans ce meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux et madame la meilleure des baronnes possibles (sic), il ne pouvait advenir que le spectacle ne puisse pas être le meilleur des spectacles possibles …

En fait la solution s’est avérée parfaite, Andrew Maughan s’isolant sur le bord de scène pour les parties chantées de Candide et éviter la confusion. L’ovation que le public lui a réservée et les remerciements chaleureux d’Andrew Stenson lors des saluts ont suffi à témoigner de la parfaite réussite de sa performance. Sur le plateau, Voltaire (Wynn Harmon) lit son propre conte se muant de temps à autre en Maître Pangloss. Ils donnent  ainsi à deux l’auteur réel et le philosophe virtuel le tempo au plateau. Ashley Emerson est une Cunégonde absolument exceptionnelle à l’aise sur scène comme dans les notes, elle maîtrise son air de bout en bout tout en poursuivant son jeu de scène qui rend bien compte des différentes facettes cuégondiennes.  En Duègne monopyge, Marietta Simpson remporte son succès, la voix est belle, bien timbrée, le personnage truculent. Christian Bowers en Maximilian et en Révérend Père, Kristen Choi en Paquette complètent un plateau d’exception faisant vivre les personnages essentiels dit secondaires.

Francesca Zambello qui s’était illustrée dans le Vaisseau fantôme de Richard Wagner en janvier 2009 à l’opéra de Monte-Carlo démontre l’étendue de ses compétences … Ce soir, l’optimisme est de rigueur, visible à tous, la jovialité s’est invitée, quel beau cadeau pour les fêtes de fin d’année.  

Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. Que les grands de ce monde vous écoutent cher Candide.

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